GAZUL
traducuon de chants patriotiques et autres de la Grèce, alors si malheureuse et si exaltée. La vogue en avait été immense. La librairie Levrault demanda à Mérimée s'il ne saurait trouver, lui aussi, quelques poésies originales et oubliées, dont la traduction pourrait avoir la même vogue. Il s'engagea aussitôt à fournir un volume de ce genre, sans trop savoir, certes, comment il s'y prendrait pour découvrir lé texte national qu'il lui fallait traduire, et moins d'un an après, en 1827^ la maison Levrault publia simultanément à Paris et à Strasbourg la Guzla (i), ou Choix de poésies illyriqueSj traduites du poète Hyacinthe Maglanovich^ par Mérimée, avec biographie dudit poète par son traducteur.
Le livre eut du succès, et on loua partout dans le monde et dans la presse le charme, la naïveté et l'originalité de ces chants si pleins de fraîcheur, et, disait-on surtout, de si sincère et authentique provenance. On aurait cependant dû se défier de Mérimée, qui riait sous cape de l'effet de sa supercherie. Il avoua en effet, peu de temps après, que le recueil la Guzla n'était pas plus original que le Théâtre de Clara Cazulj et qu'il était l'inventeur du poète illyrien aussi bien que de ses poésies.
Ce fut d'ailleurs la dernière tentative de ce genre risquée par Mérimée, qui depuis nous a donné, sans les attribuer à d'autres qu'à lui seul, une série de petites nouvelles et de chroniques historiques qui sont des chefs-d'œuvre.
Son troisième livre fut d'abord publié sans nom d'auteur, la Jacquerie^ scènes féodales, par l'auteur du Théâtre de Clara-Gazul {lizS, in-S^).
Le quatrième et suivant, Chronique du règne de Charles IX ,
(1) Guitare dont se servent les improvisateurs dans les provinces des bords de l'Adriatique.