‹ Dictionnaire des pseudonymes (volume 3)Chapitre 144 sur 231 · MAYRET · texte numérisé non relu

MAYRET

moins illustre, U^^ Leblanc {Léonie ou Léonide), Ce livre était son second ouvrage. Le premier, les Petites Comédies de VamouTy paru chez le même éditeur, portait le vrai nom de l'auteur, et il était orné de son portrait et d'un autographe (1865). Enfin, ladite M"** Leblanc avait d'abord écrit en tête d'un volume de M. Lemonnier, Us Amours de théâtre (i 864), une préface qui étaille premier produit desa plume. Elle a joué au Vaudeville, tirée de ces mêmes Comédies de Vamour, une pièce dont le véritable auteur était aussi M. Lemonnier, qui a également écrit les Joueuses, et sans doute encore la préface précitée, signée de M"® Leblanc.

Cette belle princesse de théâtre a collaboré personnellement, ou par la plume de l'un de ses servants, — je ne sais au juste, — à un journal sur papier rose, qui parut pendant quelques semaines, en 1866, sous le titre de Co^ lombine, et qui était absolument rédigé par quelques-unes de ces dames et par MM. leurs soupirants.

On connaît les aventures de M"^ Leblanc ; je n'ai pas à les raconter ici, mais je dois dire, pour l'édification des biographes à venir, que cette jolie demoiselle est née Place Royale, dans la loge du portier de Thôtel Chariemagne, où son père tirait le cordon ; qu'elle a joué le vaudeville un peu partout, à Belleville, aux Variétés, au Gymnase, etc., et qu'elle a fait beaucoup parler d'elle pour mille raisons

tout à fait étrangères à la littérature.

Mayret (Jules). L'écrivain dramatique et socialiste, Félix Pyaty a donné quelques nouvelles et divers articles sous ce pseudonyme.— Né en 181 8.

Mazilier, maître de ballets à l'Opéra. Il a d'abord dansé à la Porte-Saint-Martin, puis au grand Opéra de Saint-Pétersbourg. Il a mis en scène, à Paris, les ballets les plus célèbres du répertoire^ et il a même collaboré à

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quelques livrets. Son nom est Mazelier. — Né en 1797, il est mort en 1868.

Mazy (Louis de), pseudonyme d'un habile sportmann, M. Bigot y qui a donné sous ce nom, et encore sous celui de de Chefboutonne, des articles aux divers journaux qui s'occupent spécialement des chevaux et des courses.

MéderiCy romancier et journaliste, un moment rédacteur sous ce nom du nouveau Gaulois, né Emile Zola en 1840. Il a rédigé, avec beaucoup de verve, de tact et d'esprit, la critique littéraire de r Événement (^\i66). On lui doit un curieux roman : Thérèse Raquin , dont on peut blâmer les exagérations multipliées et la crudité par trop forcée, mais qui n'en est pas moins une œuvre de vigueur et détalent. En 1868, M. Zola est entré comme chroniqueur au journal la Tribune, feuille dirigée par les députés Pelletan et Glais-Bizoin. Il est depuis revenu au Gaulois, où il signe de son vrai nom des articles de critique littéraire.

Meilhan (EdgardoE). Voir Launay (vicomte de).

Meissonier, célèbre peintre, membre de l'Institut, Commandeur de la Légion d'honneur, né en 181 j Meissonnier (Ernest).

Mélanie (M^*®), actrice un moment célèbre aux anciens Délassementâ-Comiques, où de beaux cheveux, de beaux yeux et un peu de laisser-aller à l'endroit des habi* tués de l'orchestre, tenaient lieu de verve et de talent. Elle se nomme Gousset^ et elle a, dit-on, quitté le théâtre pour contracter des nœuds sérieux et légitimes.

Melcy (Adrien de), auteur de nombreux ouvrages d'histoire, et aussi de nouvelles et de romans, né Richommef (Charles) en 181 6, et employé à la Bibliothèque impériale.

2i6 MÉLESVILLE.

Il a encore signé dans les journaux des articles du nom de Marie Desmares.

Mélesville, pseudonyme illustré au théâtre par l'auteur dramatique Duveyrier (Anne- Honoré), mort en 1865, à 78 ans. Il a signé l'une de ses premières pièces POncle r/viîi (1811), du pseudonyme féminin M"* de LesparaU Son fils a publié plusieurs pièces non jouées, sous le double nom de Duveyrier Mélesville fils.

Mélin (Pauline de), tragédienne de l'Odéon et autres lieux, qu'un procès intenté par elle à Francisque Sarcey a mise plus en évidence que son propre talent. Son vrai nom est Grosjean,

Ménard (Théophile). Un ancien professeur du collège RoUin, M. Roy (Just-Étienne), a composé une série assez considérable de livres d'éducation : Charlemagne et son siècle (1838); Histoire de Fénelon (1839); Drames moraux ( 1 840) , et je ne sais combien d'ouvrages du même genre que nous avons eus tous jadis entre les mains, lesquels, édités par les librairies religieuses de Tours, Limoges, Paris, etc., étaient signés du pseudonyme précité, ou publiés anonymement. — Né en 1795.

Mendez (M^*«), cantatrice de l'Opéra, où elle a chanté beaucoup de suivantes, qui ne chantaient pas grand'chose. Elle est née Low/o/z/ieflu, et avait débuté à TOpéra-Naiional, lors de sa réouverture en 1852, dans un opéra de Boisselot : Mosquita la sorcière. Elle a ensuite abordé la carrière italienne, mais sans grand succès, sous son nom de famille ainsi italianisé : M"« Lustani.

Ménier (Paulin). L'un des plus remarquables comédiens du boulevard, né en 1829 Lecomie (René). Ménier est l'un des plus curieux chercheurs du théâtre

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moderne. Il creuse et fouille un rôle avec un soin tout particulier ; il a sa façon à lui de le comprendre, et il n'accepte les avis de personne quant à la manière de le jouer. Il résulte de ce travail, absolument personnel, une création tout à fait réussie ou tout à fait manquée. Ménier n'est donc jamais médiocre, et l'on peut dire de lui à coup sûr que lorsqu'il est bon dans un rôle, il y est parfait, mais que si, au contraire, il y est seulement passable, il y est exécrable.

Mercier (Pol), auteur dramatique, sous-chef au ministère de la marine, né, en 1819, Mercier (Polydore).

Mercier (Mary). Voir BlondeU

Méreaux (Amédée), célèbre professeur et compositeur de musique, né en 1802 Lefroid de Méreaux (Jean- Amédée). De père en fils, les de Méreaux ont eu une réputation musicale des plus sérieuses. Le père du compositeur actuel, né en 1767, tenait l'orgue au Champ-de-Mars à la fameuse fête de la fédération, le 14 juillet 1790. Son grandpère, mort en 1797, a composé des opéras, des oratorios et des cantates.

M. de Méreaux, qui, à l'encontre de tant d'autres, a supprimé sa particule, et signe simplement Amédée Méreaux, a publié une foule de compositions musicales, et aussi quelques articles et ouvrages relatifs à son art.

Méric-Liablaclie (M^^ de), cantatrice des Italiens, née Deméry; elle a épousé le fils deLablache et dérangé son nom pour le joindre au sien.

Méric-Lalande (M™« Henriette de), célèbre cantatrice, née Lalande^ et longtemps connue sous son nom de jeune fille. Mariée en 1822 à M. Jules Méric, lui-même artiste distingué, elle a continué sa carrière sous le double nom de Méric-Lalande. — Morte en 1 867.

2l8 MÉRICLET.

La particule qui a très-souvent précédé son nom sur les affiches ou dans les journaux ne lui a jamais légalement appartenu. Ceux qui la lui ont donnée la confondaient avec M™c de Méric-Lablache, qui, d'ailleurs, n'y a pas plus droit qu'elle.

Mériclet (A. G. de), publiciste dont le nom véritable est Guitton, Il a donné, en 1847, un petit livre encore assez connu et recherché de nos jours, Physiologie de hsprit (in-18).

Mérinos. Un avocat spirituel et érudit, ancien procureur impérial à Rodez, Mouton de son vrai nom, a signé du pseudonyme précité, à l'ancien F/g^ro, deux fantaisies charmantes, les Mouches et l'Invalide à la tête de bois.

Merville, célèbre auteur dramatique, d'abord médecin, puis comédien, puis enfin écrivain. On lui doit, entre autres pièces, une comédie en vers qui a fait beaucoup de bruit en son temps, parce qu'on soupçonna et avec raison, dit-on, le roi Louis XVIII d'y avoir très-particulièrement collaboré : la Famille Giinety ou les premiers temps de la Ligue, cinq actes en vers ( 1 8 1 8),

Né, en 1781, Camus (Pierre-François), cet écrivain est mort en 1853. Il avait pris comUlF'pseudonyme le nom même de sa mère, Villemer^ mais en le transformant en celui de Merville, sous lequel il débuta au théâtre.

Méry (Gabrielle). Nom sous lequel était d'abord connue aux théâtres des Délassements, de Beaumarchais et des Bouffes-Parisiens, M"*-* Moisset, prix de chant du Conservatoire aux concours de juillet 1 868, et engagée aussitôt à l'Opéra-Comique, où elle a débuté avec succès sous ce deuxième nom au mois de septembre suivant.

Mesentlière (Le docteur). On représenta en 1832, sur un théâtre de genre^ une revue de l'année 1831, sous

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ce titre : les Pilules dramatiques, ou le Choléra-morbuSj et signée de ce pseudonyme commun, pour cette seule fois, aux quatre auteurs de la pièce, MM. Michel Masson, Edmond Rocheforty Vallou de Villeneuve et de Leuven,

Meulan (Pauline de). L'illustre M. Guizot a écrit pendant quelque temps pour le compte d'un autre écrivain qui portait ce nom et dans des circonstances assez romanesques dont le récit, détaillé et amplifié, donnerait lieu à une nouvelle intéressante.

C^était au commencement du siècle, en 1807; jeune, sans fortune, mais ayant déjà noué de hautes relations et de profitables amitiés, M. Guizot voyait la société la plus intelligente et la plus lettrée du premier Empire. Il s'essayait alors timidement dans les lettres, et préludait à ses futures études historiques par des articles de journaux, et un peu plus tard par des revues de salon. Dans l'un des cercles célèbres où il était admis, chez M. Suard, secrétaire perpétuel de l'Académie française, il avait rencontré deux dames, peu favorisées de la fortune, mais d'une haute distinction de race et de manières, M™« veuve de Meulan et sa fille Pauline. Ces dames écrivaient pour vivre. La fille collaborait, depuis 1802, au Publiciste, journal fondé par Suard, et auquel elle envoyait une ou deux fois par semaine une sorte de revue de la vie parisienne qu'on appellerait aujourd'hui une chronique ou un courrier de Paris, et qu'elle signait de l'initiale de son nom ou de son prénom. Ces articles étaient payés au numéro, et constituaient le plus clair du revenu des deux dames.

M. Guizot avait remarqué M"® de Meulan; il avait admiré son esprit^ sa délicatesse et sa distinction ; sans le dire à qui que ce soit, peut-être moins à lui- même qu'à tout autre, il avait ressenti plus que de la sympathie pour cette belle et intelligente personne.

220 MEULAK.

Tout à coup M™* de Meulan et sa fille cessèrent de fréquenter le salon de M. Suard, et M. Guizot apprit bientôt que M"« de Meulan était malade, et même assez gravement pour avoir été obligée de cesser d'écrire, abstention forcée qui nuisait singulièrement à ses ressources, déjà bien précaires, et que sa maladie même devait plus facilement épuiser. Tout semblait perdu pour les deux dames, et la misère allait sans doute envahir leur foyer malheureux, lorsqu'un matin un paquet est remis à U^^ de Meulan pour sa fille, avec la lettre suivante :

« Mademoiselle,

« Un inconnu a appris votre maladie ; il sait combien de chagrins de toutes sortes elle vous cause ; il sait surtout le tort qu'elle vous fait relativement aux articles que vous ne pouvez plus donner au PuhlicisU. Cet inconnu a l'honneur de vous adresser ci-joint un article où il a essayé d'imiter votre style et votre manière, et qui, si vous le jugez convenable, pourrait être publié dans le journal, au jour fixé pour vos envois. Vous recevrez ainsi pendant tout le temps dfe votre maladie, et à époques régulières, un article tout fait destiné à remplacer celui que votre état de santé vous empêche d'écrire vous-même.

« Signé : l'Inconnu. »

L'article était excellent et si parfaitement pastiché, que les lecteurs du Publiciste s'y laissèrent prendre. Pendant la durée de sa M"' maladie, de Meulan reçut chaque fois un semblable article, et, grâce à cette collaboration anonyme, elle put se soigner et guérir sans inquiétude. Ces articles, qu'on peut retrouver dans le Publiciste, à partir de mars 1807, sont signés de l'initiale F.

On le devine sans peine, l'inconnu en question était M. Guizot lui-même. Quand celte douce et galante supercherie fut plus tard découverte. M"* de Meulan consentît, . en 1812, à devenir M'"^ Guizot.

Elle avait quatorze ans de plus que son mari ; elle était

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catholique, il était protestant. On connaît ses écrits, la plupart consacrés et dédiés à l'enfance et à l'éducation des jeunes mères; on les lit encore aujourd'hui. M. Guizot perdit, en 1827, cette première et digne compagne de sa vie. Sa mort fut des plus touchantes. Elle exigea de son mari qu'il se remarierait avec sa propre nièce à elle, M^^^ Élisa Dillon, et, mourant dans la religion catholique, elle voulut être enterrée selon le rite protestant, dans Tespoir de retrouver un jour, dans la vie éternelle, celui qui lui survivait

De ce premier mariage M. Guizot eut un fils, François, traducteur de Shakespeare, mort en 1837.

Sa seconde femme, M^^^ Dillon, avait près de vingt ans de moins que lui; il la perdit en 1833 (i). Il en avait eu quatre enfants : un fils, Guillaume, auteur de travaux sur l'antiquité, et professeur au Collège de France, et trois filles ; l'une est morte, les deux autres ont épousé les frères de Witt.

M. Guizot a signé de l'initiale G... une traduction d'Aug. Lafoi)taine, le Presbytère (1830), et F. G. son volume Rome et ses papes (in-8®, i83o). Il est l'un des trois seuls Français, avec les ducs de Noailles et de Valençais, portant l'ordre de la Toison-d'or (Espagne), qu'il a obtenue à l'occasion du mariage du duc de Montpensier. — Né en 1787.

Meiiret (André), historien belge né en 181 5 Hénaux (Ferdinand), et qui a encore signé ses nombreuses et intéressantes dissertations historiques N. et Naud.

Meyer, pseudonyme du publiciste Alfred d'Almbert, ancien secrétaire du prince Louis, lors de l'affaire de Boulogne (1840), et auteur d'une intéressante Physiologie du

(i) Elle a aussi écrit et laissé quelques contes et des articles de journaux, réunis en volumes après sa mort.

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