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AVERTISSEMENT

f H travail comme etlui dont nous offrons aujour" d'haï la iroisiimt édition * au public ne saurait

I jamais être complètement exact, ni surtout abso^ lument complet. La pseudonjmie contemporaine, — et c'est de celle-là seulement que ce livre s'occupe puisque les re/iieignements qu'il contient ne remontent guère au delà de vingt ans, — a pris en effet, dans ces dernières années, des développe^ ments considérables et jusqu'alors inusités. Jadis un écrivain donnait ses ouvrages sous un pseudonyme unique et perma^ nent qu'il substituait tout à fait à son nom réel, et parfois la loi elk-mime en consacrait la légitime et personnelle possession. Aujourd'hui la pseudonymie s'est généralisée et étendue à un tel point que les mêmes pseudonymes servent souvent à

I. La première Mitioo de cet ouvrage a piru en 1868 en un petit volume in-18, chez Rouquette, libraire au passage Choiseul, oà il est encore aujourd*hui établi. Ce volume avait 1 s8 pages.

La deuiième édition, grand in- 18 de 391 pages, a été éditée chez Dentu en 1869. Elle est depuis longtemps épuisée.

Il ATERTISSEMENT

des écrhalns différents, tt que U$ titulaires de ces pseudo-^ nymts, presque toujours éphémères, ne paraissent plus y attacher ni importance ni intérêt, attendu qu'ils en ont ainsi un grand nombre de rechange, qu'ils abandonnent ensuite pour tn prendre sans cesse de nouveaux. Il est même des écrivains,

— et ce volume en cite un certain nombre, — qui ont usé ju»quà vingt masques différents sous lesquels il devient très . difficile de rechercher et de constater à coup sûr leur person* nalité. En un mot, la pseudonymie, . — en littérature surtout,

— était autrefois un titre fixe et déterminé; aujourd'hui ce titre esi constamment changeant et variable.

S*U fallait tenir un compte rigoureux de tous ces change^' Tients inhérents à la pseudonymie actuelle, le double des pages qui composent ce volume deviendrait insuffiseutt pour leur seule nomenclature, qui serait d'ailleurs sans intérêt. Nous avons donc cru devoir, dans la présente réédition de notre Dictionnaire des pseudonymes, ne donner que des recherches et des indications aussi certaines que possible^ négligeant intentionnellement quantité de documents insuffisants ou douteux.

f. L'auteur tient encore à ajouter que, dans ce volume de

^ personnalités de tous les genres, il n'a entendu grouper, à

^V propos iT elles, que des renseignements d'un caractère exclu-

sivement biographique, artistique ou littéraire. Il a laissé de côté, OHC un soin scrupuleux, tout ce qui touchait, de près i-^ ou de loin, à la vie privée, s'en tenant aux seuls faits qui

j. ' intéressent les lettres ou les arts, ce livre étant avant tout

r» ^ un ouvrage de curiosité documentaire.

[^' ' La présente édition du Dictionnaire des pseudonymes ne

AVIRTISSEMENT

ni

renferme qu*une minime partit, — et encore très modifiée, refondue et « mise au point », — de V édition précédente^ qui compte actuellement dix'huit ans de date. Vauteur a augmenté déplus d'un tiers le contenu même de cette précédente édition; il en a donc fait un liwre tout à fait nouveau, mais en y cofisen^ant le plan et tordre da matièra tels qu'il les await suitis dans tancien. Toutefois il a cru dewoir, — contrairement à ce qu'il avait fait dans la précédente édition, — réunir dans une seule table alphabétique générale tous les noms réels et tous les pseudonymes qui figurent dans le présent volume ^ rappelant à ceux qui voudront y faire utilement des recherches, Fobligation absolue pour eux de se reporter à cette table, «-« qui le termine.

Mai 1887.

iy,

mMÉm^.

DES

Abel. A citer, au nombre des écrivains qui se sont ser*> vis de ce nom biblique comme pseudonyme :

lO Un architecte, M. La/iur« (Abel), qui a collaboré sous ce nom à quelques pièces de théâtre ;

20 Un Marseillais, M. Bousquet, pour un article relatif à un projet de port nouveau à créer aux Catalans [GazttU du Midi, 27 septembre 18S6];

3<' M. Kieunier (Abel), qui a publié sous son pténom deux brochures relatives à notre colonie de la Cochinchine (in-8, Challamel aîné, 1864).

I. Il est indispensable, pour faire utilement des recherches dans ce ▼olmne, de recourir à la table générale qui le termine, et où figurent en ordre alphabétique tous les noms et pseudonymes cités dans tout Touvrage.

t AIEL

Abel Mli« Lucj). Ancienne chanteuse légère des petits théâtres, connue d*abord sous le nom de Lucy Cahd, qu'elle dut modifier ensuite sur la demande de la célèbre cantatrice Marie Cabel. Son vrai nom est Louise Potier,

Abel. Jeune premier de TAmbigu et autres lieux dramatiques du boulevard, né Vidal (Eugène). Il a épousé, le & 28 décembre 1882, une de ses camarades de théâtre,

^^ Mll« Gabrielle EUain, beaucoup plus connue sous le nom

d^EUuini, et qui a fait aussi quelque bruit par l'étalage exagéré de ses opinions politiques. Cette union n*a pas été heureuse et a donné lieu, dès l'année suivante (juin), k de curieux débats judiciaires.

Abel de Pnjol. Célèbre peintre d'histoire. Il était le fils naturel de M. Pujol de Moriry, baron de La Grave, ancien émigré, et se prénommait Alexandre-Denis. Né en 178S, c'est seulement en 181 1, alors qu'il obtint le grand prix de Rome, que son père le reconnut légalement. Il St. ''. conserva cependant toujours le nom d'Abel sous lequel il

rii*^ avait concouru.

^V^ Sa seconde femme et son élève, M"« Adrienne-Marie-

^'' ' Louise Grandpierre-Deverzjr, qu'il épousa en i856 (il avait

^ê^^ 71 ans et elle 58), a été longtemps connue sous son nom

K de famille comme artiste de talent. Elle n'a exposé qu'une

& -. seule fois sous le nom de son mari, au Salon de 1857. —

Abel de Pujol est mort en 1861.

Abraham (Le patriarche). Pseudonyme littéraire d'un ^ ; ancien avocat de Rouen, M. Henri Vauquier.

Ih ' Achard. Célèbre famille d'artistes dramatiques con-

j* nue sous ce nom. Le père, Pierre-Frédéric Achard, a été

longtemps applaudi comme l'un des plus agréables acteurs V. du théâtre du Palais- Rojral. Il chantait surtout le couplet

r - avec un goût et un charme exquis. Né en 1808, il est mort

ADELAR i

en i856. — Son fils aîné, Léon, a chanté et chante encore avec succès Topéra-conilque et l'opéra. Un autre fils, Frédéric, qui a également une' fort jolie voix, a réussi dans la comédie de genre et dans l'opérette.

C'est à tort que divers recueils ont attribué à Achard le nom de Pochonnd comme nom patronymique. Voici le début de l'acte de naissance de cet excellent comédien :

Le quatre novembre mit huit cent huit, par-devant nous, mtire de Ljoo, a compara Pierre Achard, fabricant, 8, rue Comfort, lequel a présenté un enfant mâle, né aujourd'hui, i midi, de lui comparant et de Marguerite Catinon, son épouse, auquel enfant on a donné les prénoms de Pierre-Frédéric...

Adama. Les bustes et médaillons signés de ce nom ont pour auteur le sculpteur photographe Adam-Salomon (Antony-Samuel), né en 1818 et mort en avril 1881.

Sa femme et son élève, Mll« Georgine-Cornélie CoutcU lUr, qu'il avait épousée en 18S0, a été également connue comme sculpteur de talent, et a aussi abordé la littérature. Elle est morte en février 1878.

Addison. Articles publiés sous ce nom dans l'ancien Figaro bi-hebdomadaire par le regretté Alphonse DuchesM. Il a encore signé Philippe d'O au même journal, puis Des^ fonclières au Rabelais. Enfin, il a donné au Figaro, sous le titre de Lettres de Junius, une série d'articles anonymes qui ont fait alors grand bruit, et qu'on a tour à tour attribués à Philarète Chasles, à Monselet, à Barbey d'Aurevilly et même à Jules Vallès. Une partie de ces lettres, qui ont paru depuis en volumes, ont été écrites en collaboration avec Alfred Delvau, autre remarquable publiciste mort en 1867, à 42 ans. — Né en 1826, Duchesne est mort le 4 juin 1870.

Adelar. Sous ce pseudonyme-anagramme, une institutrice française, alors en Allemagne, M<ne E. de Lara, y a

ADEMERT

^. publié d«s nouvelles et des romans antérieurement à la

' guerre de 1870.

Adelbert. Une dame poète, M»"* Gcnton, femme d'un magistrat de Saint-Marcellin, née Adèle des Essarts, a donné sous le nom précité de nombreuses pièces à divers recueils. Plusieurs ont paru en volumes.

Adèle (W^). Ancienne actrice des anciens Délassements-Comiques, ceux du boulevard du Temple, où Ton voyait des danseuses si nues et des revues si drôles, où les jeunes gens du meilleur monde venaient applaudir aux sousentendus égrillards des rôles d'Alphonsine et, plus tard, encourager tes premiers pas du c talent » naissant de la Rîgolbocbe! où, dans une revue, une jeune première, déguiséeen Cbinoise, pouvait dire, offrant une tasse de thé à un pas- ^ ' sant : c Monsieur, voulez-vous mon thé ? » les Délasse-

ments Sari et Rolland enfin, qui avaient la foule et la vogue, que leurs successeurs n'ont point retrouvées. — Née Cuintt (Adèle), l'ex-premier rôle des Délassements de ce temps-U a joué depuis les duègnes comiques sur diverses autres scènes. — Elle a épousé, en 1868, M. Martin Jevelot, chef d'orchestre d'un petit théâtre du boulevard.

Adenis (Jules). Auteur dramatique, surtout librettiste. ^ •-.' — Né de Colombtau (Jules-Adenisj, en 182 3.

1^, ^ Adrien-Robert. Journaliste et romancier. Fils

^r\. d'Alexandre Ba$stt, ancien directeur de la PatrU et du

vv Pajs^ mort en 1870, il a donné quelques vaudevilles et

signé Charles Newil des Contes excentriques souvent réimprimés. — Né Basset (Charles-Alexandre) ; mort en mai

J^'. . .Smilia-Julia. Dame anglaise, auteur de poésies,

^' d'un roman, Sapho (1857), d'une tragédie» le Prince du

^' Liban (1861), etc. — Née Clarke (Emilie).

ACAR 5 ' j

Ag^ar (MH«). Tragédienne d'un talent réel, mais artiste malheureusement nomade, irrégulière, inconstante, et qui a joué un peu partout sans parvenir à se fixer définitivement quelque part. Née Charvin (Léonide-Florencc) le i8 septembre i836, elle a d*abord joué sous son premier prénom comme pseudonyme. Mais lors de ses débuts au tbéfttre Beaumarchais, en 1859, ^^^ maître Ricourt lui imposa le nom biblique é*Agar, prétendant que depuis Rachel toutes les tragédiennes étaient tenues de prendre leurs noms dans l'histoire sainte. C'est en i863, le 12 mai, après avoir appartenu d*abord à la Porte-Saint-Martin et à l'Odéon, qu'elle débuta une première fois à la Comédie- Française dans P/i^dr«. Une chute qu'elle fit en scène, au milieu de la tragédie, l'empêcha d'achever son rôle, et elle ne le reprit que le 9 juin suivant. Ce premier début n'eut pas de suites pratiques pour Mlle Agar, et elle quitta bientôt la rue de Richelieu. Elle y reparut le 6 juin 1869 dans Cinna, au lendemain de son grand succès dans U Passant k rOdéon. Mais ce deuxième début ne lui donna pas davantage accès définitif dans la maison, et elle quitta encore une fois le Théâtre-Français après la Commune. Ce n'est que le 8 avril 1878 qu'elle y rentra, très triomphalement d'ailleurs, dans sa belle et puissante créatlc^de M^^ Bernard des Fourchambault d'Emile Augier. SSn succès personnel j fut très vif, et on put même lui prédire le sociétariat à courte échéance. Mais le sociétariat ne lui venant pas aussi vite qu'elle le désirait, M^le Agar disparut encore une fois pour aller courir la province. Elle avait alors M. Mardis pour imprésario de ses tournées dramatiques, et elle l'épousa en 1881. Quatre ans plus tard M^l^ Agar est rentrée une quatrième fois à la Comédie-Française. Il nous semble qu'elle peut y rendre encore de très honorables et très utiles services si elle parvient enfin à s'y fixer.

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