DUBOIS
Didot la jeune, de la famille des célèbres imprimeurs. Elle s'est ainsi elle-même appelée dans un drame intitulé Us Voyageurs égarés ou Quelques Traits dt la vit de M. Dotid, qui a été publié il y a une cinquantaine d'années ! Dans ce drame figurent Tonde de M"^ Didot, qu'elle appelle Dar^ toum (Moutard); Aimé Martin, qui devient MfW-Tarnf'm ; Bernardin de Saint- Kepirrf (de Sainte Pitrre)^ etc. Les œuvres de M(n« Didot la jeune forment 3 volumes in-i8, sans doute bien introuvables aujourd'hui.
Dougplass. Écrivain américain, auteur de mémoires t
célèbres. Né esclave, il parvint à s'enfuir, se réfugia à New- l
York et changea son nom véritable, Frédéric BaiUy, contre celui de Douglass, afin de mieux échapper aux poursuites, Il est aussi très connu comme orateur et comme publiciste politique. — Né en 1818.
Dracia. Poésies données sous ce nom, qui n'est que son vrai nom retourné, par M. Jean Aicard^ poète et auteur dramatique, né en 1848.
Dracira (Justin). Publiciste et journaliste, attaché à diverses feuilles de province, né Antoine Kicard, en 18S6. Il a encore signé Katon de Carini.
Draduog de Saint-Clair (A.). Publiciste, né Goudard; a retourné son nom pour signer de ce singulier pseudonyme une petite étude de mœurs, l'Art de voyager gratis (1873), qui a eu deux éditions (Dentu).
Draner. Dessinateur, né Renard, et qui a retourné son nom. Il a encore signé Paf au Charivari, Il a souvent dessiné des costumes pour les revues et les féeries.
Dreux. Ancien acteur des théâtres du boulevard, mort en 1876. Né Pottier, à Dreux (Eure-et-Loir), il avait pris le nom de sa ville natale comme pseudonyme.
Dubois (Th.). Le fondateur et directeur du Temps,
DUIOULOZ
Auguste Ntfftur, a signé de ce nom une iraduction des œuvres de l'empereur Maximilien du Mexique, publiée en feuilleton dans son journal (1867). Il était entré dans le journalisme en 184 4 comme rédacteur 4 la Presse d'Emile de Gtrardin. Il quitta ce journal en 1861 pour ressusciter /e Temps, et prit sa retraite définitive en 1872. Il est mort en Suisse le 28 août 1876, Agé seulement de 56 ans.
Dubouloz. Peintre d'histoire, né en 1800 Dubouleau (Jean- Auguste), mort en août 1870. Sa fille, née Sophie DubouleaUf est connue en peinture sous le nom également arrangé de Sophaya Dubouloz. Elle a fait plus spécialement des portraits au pastel.
Duboorg (Adam). M^^ Rochehlape, née en 1819 tM%*Adam'BoUgontier,z écrit sous ce pseudonyme. Elle a fait parler d'elle assez bruyamment une fois dans sa vie, au moyen d'un petit subterfuge innocent d'ailleurs, et qui a été parfois renouvelé depuis avec le même succès. Le début au thé&tre de cette dame qui a « commis » divers romans, nouvelles ou comédies, eut lieu au Gymnase en 18S4 et fut entouré d'un certain mystère. Avant la représentation de sa première pièce, une petite comédie d'intrigue, assez habilement imaginée par elle ou par la direction du Gymnase, fut otferte au public à l'etfet de donner plus de piquant et d'attrait à l'œuvre qu'on allait représenter. L'administration du théâtre fit insérer dans les journaux une note annonçant que le manuscrit d'une comédie intitulée la Paiîure de Jules Denis avait été déposée chez le concierge de la salle sans aucune indication du nom de son auteur; le comité avait lu la pièce, qui avait été trouvée charmante, et on venait d'en distribuer aussitôt les rôles. En conséquence, on invitait le trop modeste auteur ï faire connaître son nom.
DUCLBUT 137
Vingt jours après, deuxième note ; la Pariure de JuUs Denis était sue; l'auteur n'avait pas jugé à propos de se désanonjrmer, et la pièce allait néanmoins être jouée le lendemain ou le surlendemain. Elle le fut en effet, mais avec un petit succès, qui fut dû surtout à l'intrigue que je viens de raconter. — Morte en 1 876.
Dubourgf (Léon). Le vaudevilliste et journaliste Léon Rossignol a écrit sous ce pseudonyme. f
Du Boys (Jean). Auteur dramatique et romancier, né |
Dubois (Jean-Charles). C'était un garçon de talent et qui f
avait tout ce qu'il fallait pour arriver k la réputation ; 5
comme tant d'autres, il est resté à mi-chemin, et il est mort '
à la peine après une existence surmenée et finalement -;>
désespérée. — Mort en iSyî, à l'âge de 37 ans. " ^
Dubréau (Louise). Tableaux exposés* sous ce nom par une artiste grande dame, la marquise d'Htrvcy dt Saint- Denis»
Dubuc. Chansonnier, né en 1814, à Lille, où ont surtout été publiées ses chansons, toutes relatives d'ailleurs à son propre pays. Il se nomme Louis Debuire,
Suclacoir. Auteur d'une parodie du fameux drame romain en vers Caligula, d'Alexandre Dumas, joué en i838 au Théâtre-Français, et dont la chute fut d'autant plus éclatante que cette tragédie avait été à l'avance exaltée et prônée d'une manière inusitée. On alla jusqu'à frapper une médaille en l'honneur de la soirée triomphale, avant la représentation de l'œuvre qui n'est pas l'une des meilleures de l'auteur d'Antony.
La parodie en question, qui était signée Romnm Duclacoir, citoyen gaulois de Ponloise, était de M. Jules Lan/i/i.
Ducleut Abdon). Pseudonyme par anagramme du
DUCRE
docteur Abd Ducondut, et sous lequel il a publié des poésies. — Né en iSSi.
Ducré (Pierre . C'est sous ce pseudonyme que l'illustre compositeur Hector Btrlioz, — mort en 1869, à l'âge de 66 ans, — a fait exécuter le premier morceau composé par lui, de son célèbre oratorio VEnfanct du Christ, Il a raconté lui-même, dans une lettre peu connue, Porigine de la supercherie musicale qu'il se permit alors. Voici cette lettre qui a été publiée en Angleterre en 18S2 :
A M. ELLA Dir«aeur du Musical Union.
Jt mt trouvais un soir chci U baron d< M... avtc rarchi'ttctt Duc, un de mes anciens camarades de l'Académie de Rome, On jouaS, les uns le whist, les autres Vécarté ; j'ai les cartes en horreur, et je m'ennuyais. Duc, me voyant si dêsaupré, me demanda de lui composer un peu de musique pour son album. Je prends une feuille de papier, trace quelques portées^ et bientôt se monfre un andantino à quatre voix pour orgue. Il me semble y voir l* expression d'une sorte de sentiment mystique et naïvement pastoral; Vidée me vient d^y adapter des paroles de même nature, le morceau d'orgue disparait et fait place à un chœur de bergers de Bethléem chantant leurs adieux à l'enfant Jésus au moment du départ de la sainte famille pour l'Egypte, Ici les parties de whist et d'écarté s'interrompent ; on veut entendre ma légende, qui réussit grâce à la couleur moyen âge tant des vers que de la musique. * Ecoute, dis-je à Duc, j'ai envie de te compromettre en la signant de ton nom. — La belle affaire! quand tous mes amis savent que je ne me doute pas de la composition, — Ce serait en effet un motif pour ne point composer; fiutû, puisque ta vanité se refuse à ce que tu me prêtes ton
DUCué 129
nom,i'tnnux invtnter un qui U contienne et signe ce morceau
du nom de Pierre Ducré, organiste de la Sainte^hapeUe au
XVlï' siècle, ce qui donne tout de suite à mon manuscrit la
valeur d'une curiosité archéologique, » Ainsi j'entrai dans
la voie de Chatterton, Quelques jours plus tard, Récrivis le * *
morceau suivant. Cette fois je commençai par les paroles et f[
par une petite ouverture fuguée pour un petit orcheitre dans 1
un petit style innocent en fa mineur sans dominante, mode ' \
qui n'est plus à la mode, remonte au chant grégorien, et - f
dont les savants pourront dire qu*il dérive du phrygien, du . f,
lydien ou du mixolydien , ce qui assurément ne fait rien à <
l'affaire, mais vous aide singulièrement à reproduire le carac^ {^
tère mélancolique et un peu niais des vieilles choses popu^ A
laires. Un mois après, je ne pensais guère plus à ma parti'
tion rétrospective, lorsque j'eus à diriger un concert. Un J
chaur me manquait pour le programme, et je trouvai plai" • -^
sont d'y intercaler le chaur de bergers de mon mystère, que je ^
signai bravement du nom de Ducré, 1679. Dès les premières
répétitions, cette musique patriarcale mérita la plus vive
adhésion des choristes. « Où diable avez-vous déterré cela ?
s^écriait^n de tous côtés. — Déterré est bien le mot, on Ta
trouvé lors de la restauration de la Sainte- Chapelle, au fond
d'un vieux coffre scellé dans le mur. Seulement le morceau
était écrit sur parchemin selon la vieille notation , et j'ai eu
toutes les peines du monde à le déchiffrer. » Le concert a
lieu : même succès. Les critiques louent et me complimentent
sur ma découverte. Un seul laisse voir quelque doute sur
Vâge et l'authenticité du chef^dauvre, ce qui vous prouve
qu*ily apartout des gens avisés. Plusieurs cependant s'api--
toient sur le sort de cet infortuné maître de chapelle dont les
inspirations ne nous arrivent qu'après avoir traversé une nuit
de cent soixante-trois ans, car, ajoutent^ils ^ personne de
nous n'avait entendu parler de ce Ducré, et le dictionnaire