‹ Dictionnaire des pseudonymesChapitre 31 sur 142 · DU CROISY · texte numérisé non relu

DU CROISY

de Fétis, qui contient tant de choses extraordinaires^ ne U nomme même pas. Le dimanche suivant, Duc visitant une belle dame fort éprise d ancienne musique et qui, d'ailleurs, ne professait qu'un goût très médiocre pour les nouveaux compositeurs, lui demanda ce qu'elle pensait de notre dernier concert, c Fort mélangé comme toujours, répondit'clle. — Et U morceau de Pierre Ducréi — Admirable, charmant^ de la vraie musique, à laquelle le temps n'a rien été de sa fraîcheur, A la bonne heure, voilà de la' mélodie comme les compositeurs d'aujourd'hui ne nous en donnent guère, et comme votre Berlioz n'en fera jamais, » Duc, à ces mots, part d'un éclat de rire, et commet cette imprudence extrême de livrer mon secret. Sur quoi la belle dame se mord les lèvra, U$ roses du dépit colorent la blancheur de son teint^ €t, tournant le dos à mon camarade Farchitecte, elle mur^ mure d'une voix de pie^grièche : c Eh bien, votre Berlioz n'est, qu'un impertinent!,,, »

c H. Beruox. »

Une semblable supercherie musicale fut tentée plus tard, dans les mêmes conditions, par l'illustre ténor Duprez, mais avec moins de succès. (Voir Sorezî.)

DuCroisy (Pierre). M. Ernest Dubr^ui'/, auteur dramatique et surtout librettiste, a donné, sous ce nom, des articles au Figaro, k l'Étoile belge, au Petit National, etc. — Il est mort le 28 avril 1886, à S3 ans.

Dudlay (M"« Adeline). Sociétaire de la Comédie- Française depuis le i5 décembre 1882. Elle y avait débuté le 27 septembre 1876 dans le rôle d'Opimia de Rome vaincue, tragédie de M. Parodi. Elle se nomme Dulait (Adeltne-Élie-Françoise), et elle est née à Bruxelles, ea 18S9. C'est M. Perrin qoi a quelque peu anglicanisé son nom au moment de ses débuts. A Bruxelles, M^^ Dudiaj

DUMÉNY »5l

a été rélève d*une ancienne tragédienne de la G>médie- Française, M^^ Tordeus ; à Paris, elle a reçu des leçons de M. Régnier.

Dufrêne (H.). Pseudonyme commun aux auteurs dramatiques, dont les deux noms sont depuis si longtemps presque toujours inséparables au théâtre, Henri Chivot, né en i83o, et Alfred Duru en 1839. Cette heureuse collaboration ne s'est que rarement démentie; signalons cependant la part prise par Duru à Tune des plus célèbres et des meilleures pièces de Labiche : Doît-^n U dîrti

Dllg^ard (Louis). Les pièces de théâtre signées de ce nom sont de M. Durand de Bcauregard, ancien conseiller d'État, qui a également pris le pseudonyme de LuigL

'Dugevs (Paul). Pseudonyme du journaliste, publiciste, créateur et administrateur de journaux , Ulysse Pic, qui a encore signé Adam Lux des brochures de propagande politique et d'actualité.

Dulac (Henri). Inventeur et auteur, sous ce pseudonyme, du premier recueil d'adresses, Almanach des 2 5,ooo adresses des principaux habitants de Paris (1845), un vol. in-12, chez Panckoucke, qui, continué par Bottin et Didot, est devenu l'Almanach des 5oo,ooo adresses. Il se nommait Wissemans (Henri).

Dumaine. Célèbre comédien du boulevard, ancien directeur du théâtre la Gaîté, né Person (Louis-François) le 18 juin i83i.

Sa sœur, Béatrix Person, née en 1838, a eu jadis une . certaine vogue dans les drames d'Alex. Dumas, sous le nom de M")' Person. Elle avait épousé le directeur de l'École d'agriculture de Grand-Jouan (Loire-Inférieure), M. Jules Godefroy. — Elle est morte en i883.

Dumény. Acteur du Gymnase, puis de l'Odéon. Il a

lit DUMONT

surtout réussi à ce dernier théâtre par des qualités d'entrain et de belle humeur très communicatives et qui lui ont valu un très sympathique accueil du public. — Né Kichommt.

Dumont (Paul). L'érudit publiciste Armand Baschct a donné des articles sous ce pseudonyme. — Mort en janvier 1886, à S7 ans.

Dunan-Mousseux. Connaissiez-vous la HalU aux habiti, qu*on voyait au passage du Grand-Cerf, avec des succursales rue Saint-Denis et boulevard Saint-Martin, cette fameuse Halle aux habits que dirigeait si bien ledit Dunan-Mousseuxà coups de réclames insensées et d'affiches mémorables ? Quelles affiches ! Tout Paris en était couvert. De loin, on était attiré par des lettres immenses qui vous annonçaient un cataclysme universel', une guerre européenne, un événement considérable ; on s'approchait, et au milieu de ces capitales colossales on voyait apparaître en lettres ordinaires, quoi? la simple annonce de pantalons, de gilets et de vareuses de ladite Halle aux habits. Les habits, malgré « la blague » des affiches, ne lui rapportant pas ce quYl en espérait, Dunan-Mousseux jugea à propos de se faire vaudevilliste. On a joué de lui aux anciens Délassements et aux Folies-Dramatiques quelques revues et vaudevilles qui ne sont ni meilleurs ni plus mauvais que bien d'autres, si l'on considère surtout que le théâtre ne s'apprend guère en taillant des habits ou en rédigeant des affiches. Informons donc la postérité que l'illustre confectionneur de vaudevilles ou d'habits précité se nommait en réalité Gadon. — Mort en août 1868.

I. On cite encore aujourd'hui, comme modèle de mystification cêkèbre. le début de Tune de ces étonnantes afficbei : « Enfin, nous •Toos fait faillite!... ■ i-

DUSSY i33

Dupiney de Voi*epierré. Docteur en médecine, auteur d'un célèbre dictionnaire encyclopédique et illustré (i8S6-64)qui a eu de nombreuses éditions. Il a également publié un dictionnaire de géographie et un dictionnaire des noms propres. — Né en 1811, BcrM-Dupmty (Jean- François-Marie).

Duplessy (M"«). Ancienne actrice des Folies-Dramatiques où elle brillait du temps du père Mourier. Nous Pavons vue ensuite au Vaudeville. C'était une très agréable comédienne de second plan. Elle se nommait VirginU Duhamel.

Dupuy (Denis). Articles donnés sous ce nom dans la VU parisienne par feu Emile Lamé.

c Sous le pseudonyme de Denis Dupuy, dit Charles Joliet, Emile Lamé, l'auteur de Julien l Apostat ^ a publié des articles et des nouvelles d'une finesse exquise. Il fut enlevé aux lettres au début de sa carrière... »

Duran (Carolus). Ce peintre distingué est né le 4 juillet 1837, à Lille où son père tenait un hôtel. Son nom s'orthographie Durant et il se prénomme Charles^ Auguste^ Emile, Il a épousé la sœur de M''^ Croizette, l'ancienne et regrettée sociétaire de la Comédie-Française que les bonheurs de la maternité ont trop prématurément enlevée au théâtre.

Durand (Auguste). Organiste et compositeur, on l'a entendu successivement dans les grandes églises de Paris. Il a donné aussi des articles à différentes feuilles spéciales et publié un grand nombre de compositions musicales. — Né en i83o, Massacrie (Marie-Auguste).

DUTUOf. Célèbre aéronaute, né Claude-Jules Dufour, à Paris, en 1841.

Dussy (Marie). Ancienne cantatrice de TOpéra,

l54 DUVEKGER

qu'elle a quitté pour se marier. Elle se nommait Marie CotUrtt.

Duverger |^M"«). Ancienne actrice du Palais-Royal, où elle était surtout célèbre par ses beaux yeux et par ses diamants. En quittant ce théâtre de la comédie ultrabouffonne, elle joua le drame k la Gaîté, à Cluny, et même la tragédie à la Porte-Saint-Martin. Elle j obtint quelques succès, notamment dans une reprise d*Antony, en 1867, où Laferrière jouait avec elle. — Née, en 1816, VaultraUi it Saint-Urhaln (Jutie-Joséphine-Augusta).

Du Vistre. Un secrétaire-rédacteur de la Chambre . des députés, M. Eugène Bonhoare, a donné sous ce nom, entre autres publications, un almanach illustré des coulisses parlementaires (187 S). — Né en 1 83 1.

Duvray. L'ancien directeur du MonîUurgrec, M. Ma* rmo Vrétos ou Vrtto, a publié sous ce nom, à Paris, une étude sur la Grèce contemporaine, intitulée : Lts Grecs modtrnts (i863). Il a longtemps collaboré à notre Moniîtur, à la Ktvut d< Paris et à d'autres journaux. — Né en 1828, il est fils du célèbre biographe et archéologue grec Papadopoulos Vrétos.

Du Wast. Ancien ténor du Théâtre- Lyrique, puis de rOpéra-Comique. — Né Toussaint.

Dux. Articles donnés sous ce nom au Gaulois par l'auteur dramatique Èiitnnt Tréftu,

r Dyas (Paul). Le journaliste, romancier et auteur dra-

^^^t* matique Charles Bataille a donné sous ce pseudonyme et

^ sous celui d'Anfom'o des articles à divers journaux, notam-

fsè*^ ment ati Figaro. — Mort à $7 ans, le 10 décembre i868.

Eaque. Rédacteur judiciaire du Gil Blas, dont te ?r8t nom est Éroilien Chesneau.

Ecrevisse. Pseudonyme de Técrivain belge Jansuns^ Monrtcéc (Gustave), né en 1839.

Édianez de Saint-B... (Anna). W^ Zéivaîde- Marie-Anne Fleuriot a publié, soit sous son nom véritable, soit sous le pseudonyme précité, un grand nombre de nouvelles et de romans à l'usage de la jeunesse, et dans ces séries spéciales qui, comme la Bibliothèque rose (Hachette), empruntent leur titre à la couleur de leur couverture. — Née en 1829.

Édile (Paul L'). Sous ce pseudonyme le romancier et auteur dramatique Auguste Maqutt, né en i8t3, a publié jadis un certain nombre d'articles dans la KevM mu-' nicipaU,

Dans une des listes de personnes enrôlées pour assurer le succès de la première représentation fïHtrnani, d'orageuse et tapageuse mémoire, on trouve, en compagnie de Th. Gautier, Pétrus Borel, Balzac, Berlioz, Cabat, Préault, Bouchardy, Gigoux, Langlé, Piccini, etc., Auguste Maquet, sous le nom irlandisé de Augustus Mac-Keat. 11 a donné des poésies dans les journaux et les revues de cette époque sous ce singulier pseudonyme.

Edward (Sir). Articles donnés, sous ce nom, dans l'ancien Figaro par le publiciste Edouard Siebecker, auteur

l36 EGERTON

d*uDe physiologie estimée des chemins de fer (1867) et qui a collaboré plus tard au Courrier français de Vermorel, au RéptU de Delescluze, au Nain jaunr, au National, etc. — Né en 1829, il a été d'abord et successivement secrétaire d'Alei. Dumas et d'Augustin Thierry. ^

Egerton (Henri). Pseudonyme du publiciste et journaliste Albert de La Fizelière, né, en 1819, Palin de La Fixt- Hère. Il a encore signé A. André, A. D, L. F., le Capitaine Pompilius, au Petit Journal et au Courrier de la Moselle, et surtout Ludopic de Marsaj, qui était son pseudonyme le plus fréquemment employé.

f J*ai donné aussi çà et là, écrivait-il & un ami qui nous a communiqué sa lettre, quelques articles d*art ou de critique sous le nom de Chouippe.

f Cela nécessite une anecdote :

f En 1843 et 1844, "^"^ étions un groupe d'artistes, d'hommes de lettres et de jeunes désœuvrés qui nous réunissions de temps en temps au café des Variétés. Un jour, par plaisanterie, il nous amusa de créer un personnage sur le dos duquel nous mettJon> tout ce qui se passait alors de singulier ou de bruyant.

« Un sportsman faisait-il courir sous un nom supposé, c'était Chouippe.

< Paraissait-il dans la Kcvue des Deux-Mondes, dans le National, dans les Débats ou ailleurs, un article à succès, le vériuble auteur était Chouippe.

« L'un de nous venait toujours de le quitter, de Taccom-

[^ pagner au bois dans son merveilleux équipage, de dîner

«'/^ avec lui chez Vachette ou chez Voisin. Et personne ne pou-

.^r vait le voir, et chacun brûlait de le connaître. Nous de-

^~ vions toujours famener, et, au jour fixé, arrivait un laquais

'^^ ' chargé d'une vaste enveloppe. C'était une lettre d'excuses

^r de Chouippe : il partait pour le Caucase ou pour Taïti.

EHRI.ER

Quand on avait l'air de douter de son existence réelle, je « lâchais » un article signé de lui. Nous avons même fait paraître sa charge quelque part. Elle fut dessinée par Léon Pellenc et Jules Duvaux, nos associés dans cette mystification. Le fait est que, pendant un hiver et un printemps, Chouippe fut presque célèbre. » — Albert de La Fizelière est mort en 1878. Sa femme, née Sarah Bouclier^ a donné des traductions de Tanglais.

Eg^g^er (Cari). L'un des pseudonymes du généalogiste et bibliographe André Sorti d'HauUrtpt, conservateur à la Bibliothèque Sainte-Geneviève et frère du fameux poète excentrique et romantique Pierre dit Pétrus Borel, mort en 1859.

Borel d'Hauterive a encore signé Ernest Valéry, Adrien Moreau, Hippolyte Kaineval et MaltéphiU Lerob, ce dernier pseudonyme au journal la Liberté des arts, feuille éphémère créée par son frère. — Né en 181 1.

Ego. Un roman Isola, qui a fait quelque bruit en 1876, et qui était signé tout simplement Ego, en caractères grecs, avait pour auteur (avec ou sans collaboration ?) une dame célèbre dans le demi-monde sous le nom de M}^ Valteste, et qui se nomme en réalité Louise Delabigne,

Ehrler (Cari). L'auteur dramatique Louis Leroy avait d'abord été peintre. Ayant exposé un tableau. Un Sermon sur la tempérance^ qui représentait une assemblée de chats écoutant les exhortations d'un m&tin, il avait mis comme explication les vers suivants au livret :

Les yeux écarquillës, le nombreux auditoire Admirait de Noiraut le talent oratoire.

Le jeûne aux plut ventrus

Paraissait plein de charme.

Cependant un intrus,

Glouton comme un vieux carme»

l38 ELGET

Prolétaire •flamé, ialoutait la pitance

Do saini prédicateur qui prêchait Talminenca

Et disait dam &a barbe, avec un air piteux :

» Mein Gott! que ventre plein prêche bien ventre creux!»

( Traduit de l'allemand de Carl Ehrler.)

Or, les vers en question avaient été bel et bien inventés» pour les besoins de la cause, par Louis Leroy luimême, ainsi que le nom dont il les avait signés.

Ce spirituel écrivain a longtemps collaboré au Charivari — r II est mort en juillet 188 5, à 7 3 ans.

Elget (D'). Ouvrages d'hygiène et de médecine à la portée des gens du monde publiés sous ce nom par le médecin militaire italien Géminien Luppi — Né en 1801, à Modène.

Eliacin. Le publiciste Paul Htrvtcu, auteur de nouvelles et de chroniques remarquées, a également écrit sous ce pseudonyme.

Eliot (George). Les romans anglais publiés sous ce nom, et dont un grand nombre ont été traduits en français, ont pour auteur M^^ Marie Evans, très connue aussi par des travaux de religion et de philosophie. Le père de cet écrivain, né Evans, était un simple pasteur de campagne ; un de ses collègues, le pasteur Eliot , ayant adopté sa fille, lui donna son nom. — Devenue par mariage M'^ Cross et morte en 1880, à 65 ans.

EUdn. Le docteur Klein a donné à l'ancienne Opinion nationale des causeries médicales signées de ce pseudonyme-anagramme.

Ellen-Andrée (Mii«). Artiste des théâtres de genre, née André (Hélène).

Ellived ^Edlitham). Artiste peintre , née à Montevideo, de parents français, et dont il faut lire le pseudo-

EMERY i39

njrme à l'envers pour avoir son véritable nom, Mathitde DevilU,

Ellivedpac (Auguste). Nom renversé d'un journaliste et poète, collaborateur de nombreux journaux de province et qui a, en outre, publié plusieurs brotluires contenant des chants et cantiques, des sonnets, sonnettes et sornettes >, etc. — Né à Béziers le 24 juillet i8S5.

Élomire. — Célèbre actrice des Variétés, où die a brillé de 1799 à 1817, et qui est tout à fait inconnue de la génération actuelle. Brazier, dans son Histoirt des petits théâtres*, parle avec quelques détails de cette amusante comédienne, qui excella surtout dans le genre grivois. — Née, le 9 mai 1784, Marie-Joséphine- Victoire JoUain, elle est morte seulement en 1868 aux Batignolles, plus de cinquante ans après avoir quitté définitivement le théâtre.

Eltea (Comtesse d'). Un volume. Faire l'aumône sans argent (Douniol, i865), signé de ce nom, avait pour auteur la comtesse Guyonneau de Pambour,

Ely-Star. Physicien-prestidigitateur, né Jacobs,

Blzéar (Pierre). Romancier et auteur dramatique, né Bonnier (Pierre-EIzéar), fils de feu Edouard Bonnier, professeur à la Faculté de droit k Paris, qui avait épousé, en 1844, la fille du célèbre professeur Ortolan. Il a joint à son nom patronymique celui de son grand-père. — Né en 1849, il a épousé la fille de Richard Lesclide, ancien secrétaire de Victor Hugo.

Emery (Mme Marie). De nombreux livres destinés à l'amusement de la jeunesse ont été publiés sous ce nom,

I C'est le titre exact d*un recueil poétique d'Auguste Capdevtlle ; Sonn€t$, Sonntitts ei Sornettes, i885, à Béziers.

1. Voir rëditioQ que nous stods donnée de cet amusant ouvrage: 1 vol. chez Rottvejrre, 188 3

Page 1