ALB
+ (33°, acquiert une teinte opaline à -{- 70 et est complètement coagulée à + 75°, c'est à dire transformée en une masse solide , cohérente , blanche, qui contient encore 85 pour cent d'eau.
L'eau se mêle en toutes proportions à l'albumine liquide et forme avec elle une solution qui mousse par l'agitation; cette solution qui se coagule en flocons encore par le feu lorsqu'elle est faite dans le rapport d'une partie d'albumine et de 5 à 6 parties d'eau , devient laiteuse seulement lorsque la proportion d'eau est de plusieurs centaines de fois son poids.
L'alcool et l'éther mêlés avec l'albumine pure la coagulent en s'emparant de l'eau-, ils agissent de la même manière sur sa solution aqueuse.
Compositi07i. L'albumine d'œuf, desséchée, abstraction faite des sels qu'elle contient, est formée d'après l'analyse de MM. Gay-Lussac et Thénard de :
Azote 15,705 ^.i
Carbone.^. 52,883 :
Hydrogène. 7,540 ' - '
Oxigène . . . 23,872
En poids.
En atomes
d'après Thomson.
2 atomes.
17 atomes.
13 atomes.
G atomes.
Azote > . . . .
Carbone . . .
Hydrogène.
Oxii;ène . . «
Caractères distmctifs. 1^ La coagulation par le calorique de la solution concentrée d'albumine peut servir à la distinjjucrdéjà des autres principes immédiats soîublcs.
2° Mise en contact avec les acides nitrique , hydroclilorique et sulfuiique, la solution d'albumine est précipitée CM llocons blancs; l'acidephosphoriquesecomportecomme les précédents lorsqu'il a été fondu ou calciné au rouge et
iU ÀLC
rccemmenl dissous, d'après les observations curieuses d'Engelhart. L'aride acétique faible s'y unit sans la troubler.
3° Les solutions de potasse, de soude, d'ammoniaque et de chaux , ne la précipitent point , mais l'eau de barite y forme au bout de quelques minutes un léger précipité, puhérulent.
4" Le chlore et le brome dissous dans l'eau y occasionnent des précipités floconneux; les sels à base de plomb, dV'tain, de cuivre, de bismuth, d'ar[;ent et de mercure précipitent aussi l'albumine en formant avec elle des composés blancs insolubles.
Certains chlorures métalliques agissent de la mcuîc manière; tel est surtout le biclilorure de mercure (sublime corrosif) qui produit avec ce principe immédiat une combinaison si peu soluble qu'ilen indique, d'après le docteur Bostock, l/iî(X)0 en dissolution.
o° Parmi les principes organiques , l'acide tannique et toutes les infusions ou décoctions des vé;;élau\ ou dos produits qui on conliennont, précipitoniralbuminc dosa solution aqueuse en s'unissant à elle pour former un tannatc d'albumine insoluble-, l'alcool par son alîinilé pourTcau la coagule en la privant de son dissolvant.
Usages. Comme réactif, l'albumine est employée quelfois pour rccomiaître de petites quantités de sublime corrosif en solution j sa précipitation par l'acide tannique peut la faire employer pour séparer celui-ci dos autres acides organiques avec lesquels il est mélangé. En médecine, la solution d'albumine est un précieux antidote pour le sublimé corrosif et les sels mercuriels. Dans les arts, c'est sur sa coagulation par la chaleur , et les liqueurs alcooliques, qu'est fondé l'emploi de cette substance dans la clarihcation des sirops , du petit lait et dos vins.
ALC.VLIS ou Alk\t,is. Le nom d'alcali, dérivé de la parculca/ot duniot /«/a, nom delà |)lanto, d'où l'on retirait
âûciennement l'un d'eux , a cte donné d'abord à la potasse et à la soude , et par extension à tous les composés qui jouissaient de leurs propriétés cliîmiques, ou qui s'en rapprochaient par les caractères suivants, 4° une saveur acre particulière appelée lixivîelle , 2** la propriété de verdir le sirop de violettes , l'infusion de chou rouge et de ramener au bleu la teinture de tournesol rougi pal* les acides, 3" enfin leur saturation par les acides avec lesquels ils forment des sels neutres.
Avant que leur cotnpositîon fût exactement connue, on les avait divisés en trois classcsdistinctcs, {"alcalis^ 'il^terres alcalines, 5° terres proprement dites. Dans la première classe se trouvaient la potasse, la soude et l^ammoniaque ; cette dernière, en raison de sa volatilité, et par opposition aux deuxautres, a été désignée sous le nom d'alcali volatil. Dans la deuxième classe étaient rangées la chaux, la harite, la sfrontiane et la magnésie, caractérisées par leur moindre solubilité dans l'eau et les sels insolubles qu'ils forment avec l'acide carbonique; enfm dans la troisième classe, ou avait placé V alumine , la silice , Vyttria, la zircone, etc., ([ue leur insolubilité dans l'eau et la présence de quelques unes de celles-ci dans les diflerentes couches qui composent le sol , ont fait distinguer des précédents par l'épithèle dé terres.
Tous ces composés, a iVxccption de l'ammoniaque et de la silice, sont regardés aujourd'hui comme des oxides métalliques particuliers.
Alcalis caustiques. Nortï donne aux alcalis purs , privés entièrement d'acide carbonique et jouissant alors d'une grande causticité.
Alcali fluor. (Voyez yïmmonîùque.)
Alcali marix ou minéiial. Nom donné autrefois à la soude coinnic provenant des plantes marines et eu raison de sa présence dans certains minéraux.
Alcali végétal. Sous ce nom on désignait autrefois la potasse, parce quon la retire des cendres des végétaux.
Alcalis végétaux ou organiques. Dans la chimie moderne, on a donné ce nom à des principes immédiats des végétaux , tels que la morphine , la strychnine , la quinine, etc., etc., quin'ont de commun avec les alcalis, que de verdir le sirop de violettes et de former des sels en s'unissant aux acides-, on les désigne aussi sous le nom cTa/caldides.
Ces bases organiques qui renferment en général du carbone, de l'hydrogène , de l'oxigène et de l'azote, sont toutes douées d'une action énergique sur l'économie animale, qui en fait des poisons violents ou des médicaments puissants, auxquels il faut attribuer les propriétés médicinales ou toxiques des végétaux qui les contiennent.
ALCALIMÈTRE. Instrument inventé , en IHOi, par M. Descroizilles aine, pour estimer les quantités d'alcali contenues dans les potasses et soudes du commerce.
Cet instrument est fondé sur ce principe que les diverses quantités d'alcali pur ou de carbonate que renferment les potasses et soudes du commerce , sont proportionnelles aux quantités d'acide qu'elles exigent pour leur saturation. •
L'alcalimètre consiste en une éprouvette de verre de 25 centim.
de hauteur, sur 2 de diamètre intérieur (voyez la figure ci-contre), portée sur un pied, de manière à pouvoir se tenir verticalement-, son bord supérieur est renversé et terminé par un petit bec. (Voyez cicontre.) Celubee8ldivisé,àpartirduhaut, en72partiesoudcgré5
dont chacun contient un demi- {gramme d'eau distillée, et représente une capacilé d'un demi-millilitre. On emplit ce tube jusqu'au 0 d'une liqueur acide qui porte le nom de liqueur alcalime trique et qui est composée de 9 parties d'eau distillée et 1 partie d'acide sulfurique à 66°.
Essai aie al iyné trique des potasses. Pour faire l'essai d'une potasse du commerce, on commence par en peser avec soin 10 grammes, on les place dans un verre à boire avec un demi-décilitre d'eau distillée et on agite le mélange avec un tube de verre, ou un brin de bois pour faciliter la dissolution; lorsqu'elle est opérée on ajoute de nouveau dans le verre un demi-décilitre d'eau pour compléter le volume d'un décilitre, et après avoir bien mélangé, on laisse déposer. La liqueur étant éclaircie, on en mesure exactement un demi-décilitre qu'on verse dans une capsule de porcelaine on dans un verre ordinaire.
On saisit ensuite de la main gauche l'alcalimètre rempli de liqueur d'épreuve, et en l'inclinant légèrement on fait tomber par gouttes précipitées la liqueur acide dans la solution de potasse, en ayant soin d'agiter pendant ce temps la solution de potasse avec une petite baguette de verre ou de bois pour faciliter le dégagement du gaz acide carbonique. Lorsqu'on voit l'effervescence diminuer , il faut ajouter avec précaution la liqueur acide goutte à goutte, agiter continuellement, et essayer si l'on approche du point de saturation. On reconnaît aisément ce point en disposant sur une assiette plusieurs gouttes de sirop de violette ou de teinture de tournesol, puis, avec l'extrémité du tube de verre, on y porte une goutte de la solution qu'on veut essayer et on mêle les gouttes ensemble. Les gouttes de sirop prendront une teinte verte si la potasse n'est pas entièrement saturée, ou elles vireront au violet si le point de saturation est atteint, ou au rouge si ce point est (h'passé;; dans ce dernier cas la teinture de tournesol prendrait
i3,S ALG
une leinte roiipje. On arrive à connaître que la saUiralion est complète en essayant de temps en temps, au moyen de petites bandes de papier teintes en bleu par le tournesol ordinaire, et en rou(]e par le tournesol rou^i parun peu d'acide acc'lique. Ces papiers réactifs sont très utiles pour s'assurer du point de saturation de la Solution, car les plus petites quantités d'alcali libre bleuissent le papier* rourje et les pins petites quantités d'acide en excès rouvrissent le papier h/cu. C'est lorsque le papier de tournesol est lé[jèrement rougi et que la couleur persiste à loir, qu'on cesse d'ajouter de la liqutnr acide. On replace alors ralcalimèlrc dans sa position verticale, et l'on observe sur réchelJc graduée quel est le niveau de la liqueur d'épreuve. La division à laquelle il correspond indique le degré alcalimétrique de la potasse qu'on examine.
On peut encore, pour opérer avec plus d'exactitude faire une série de petites bandes de papier bleu depuis le moment où ils commencent à virer au violet foncé, jusqu'à celui où ils tournent au rouge clair, et numérotant chaque fois avec une plume sur un des bouts qu'on trempe dans la sohuion, le nombre qui marque le niveau de la liqueur dans Talcalimètre. Alors on choisit la nuance qui est d'un violet rougeâtre et on regarde î\ quelle nuance de l'échelle il correspond, adtneltonspar exemple que ce chiflVesoitfîO", on en conclut que la potasse est à 00 degrés, c'est à dire qu'il a fallu OO/lOO de son poids en acide sulfurique pour sa sattH'ation.
On voit en effet, d'après c(' que nous avons dl( plus haut sur la comjiosition de la li(iuenr acide ([ue chatjue degré de ralcalimèlre contient un demi-gramme de liqueur d'épreuve représentant 1 denii-décigramme ou 1 dixième de son poids d'acide salfnri(pic à (Hi** ; et conntie la saturation est faite sur un demi-décilitre de solution renfermant 5 grammes ou cent demi-décigrauHucs de potasse ù essayer, chaciuc
ALG 159
degré de ralcalimèlre contient en acide sulfurique un centième du poids de la potasse.
Connaissant la quantité d'acide sulfurique à GG° pour la saturation exacte de la potasse du commerce qu ou essaie , il devient facile de connnaître soit la quantité de potasse pure, soit celle de carbonate qu'elle contient -, car, d'après la composition de l'acide sulfurique à 60*^ et celle du sulfate de potasse, on trouve que chaque degré de l'alcalimètre doit correspondre à Oe% 018, dépotasse pure et àO«'',0707 de carbonate de potasse-, il suffira donc de multiplier le nombre de degrés obtenu dans l'essai d'une potasse titrée par 0,048, pour avoir la quantité réelle de potasse pure contenue dans 5 grammes, on par 0S'',0707 pour avoir la proportion de carbonate de potasse pur. Ainsi 00° X 0^% 048, représentent ^S"" 880 de potasse pure dans la quantité de potasse essayée qui est de 5 grammes, ce qui fait 57,(30 pour cent.
Essais alcalimélriques des soudes. On suit absolument la même marche pour faire l'essai des soudes naturelles et artificielles, ou de sels de soude du commerce; seulement il faut multiplier les degrés alcalimétriques qu'on a trouvés par la méthode rapportée ci-dessus par Os% 0527, pour déduire la quantitéabsolue de soude pure, ou par 0^''',<)-')58 pour connaître la proportion correspondante de carbonate de soude.
Nous ferons remarquer que, dans l'essai des soudes naturelles et artificielhîs qui contiennent environ les deux tiers de leur poids de matières insolubles, il est essentiel de broyer et de pulvériser dans un mortier de fonte ou de cuivre l'échantillon qu'on veut essayer. Après en avoir pesé 10 grammes, on les broie dans un mortier en y versant un décilitre d'eau par petites portions, et décantant le liquide trouble à chaque fois. On continue de la sorte jusqu'à ce que toute la soude ait été bien délayée. On verse alors la
liqueur dans un verre à boire, et après l'avoir laissée déposer, on en prend exactement la moitié qu'on sature comme dans l'expérience avec la potasse. Il est important dans l'essai des soudes artificielles de n'employer que de l'eau froide attendu qu'elles renferment une grande quantité de sulfure de calcium qui est soluble à chaud, et qui en réagissant sur le carbonate de soude, produirait du sulfure de sodium et du carbonate de chaux, de manière que le résultat qu'on obtiendrait serait erronné.
Une autre source d'erreur se rencontre dans la présence du sulfure de sodium et du sulfite de soude dans les soudes du commerce. Ces composés étant décomposés et saturés par une certaine quantité d'acide sulfurique élèveront d'autant le degré de la soude au préjudice de l'acheteur. C'est pour obvier à ces inconvénients qui rendent alors l'essai incertain que MM. Gay-Lussac et Welter, en 18ÎÎ0, ont apporté un j)erfeclionnemeut important à cet essai. Leur méthode consiste à calciner au rouge, dans un creuset de platine, 10 granmies du sel de soude que l'on essaie avec 2 ou 5 grammes de cldorate de potasse. Par l'action du calorique l'oxigèue du cldorate transforme le sulfure et le sullile en sulfate en passant lui-même à l'état de chlorure; ou redissout dans l'eau le résidu de la calcination et l'on opère la saturation à la manière ordinaire.
L'essai des soudes brutes ne présente pas plus de difficultés que celui des sels de soude. Après avoir dissous leurs parties solubles dans l'eau froide, on doit ajouter un peu do chlorate de potasse à lasolution, on évapore ensuite à siccité dans une capsule de platine, et on calcine au rouge comme précédemment . Parmi les matières étrangères qui peuvent altérer le titre des sels de soude il faut aussi citer l'hyposullile de soude (jui au reste ne se présente que très rarement et sui tout dans les soudes d'une très mauvaise fabrication. Tans ce cas, (ju il serait facile de reconnaître à l'odeur d a-
ALC 1 il
cide sulfureux qu'exhalcrail la solution, et an trouble jaunâtre qui se manifesterait lorsqu'on y verse de l'acide sulfurique, il ne faudrait point les calciner avec du chlorate de potasse, car l'acide qui se formerait dans cette circonstance saturerait plus de soude qu'il y en avait en combinaison avec l'acide hyposulfureux, et par conséquent le titre réel en soude serait jugé trop faible.
Une autre précaution que MM. Gay-Lussac et Welter indiquent dans leurs observations sur l'essai des soudes, c'est de colorer en bleu la solution de soude par une certaine quantité d'une forte infusion de tournesol, et de la placer dans un bocal assez grand pour qu'elle ne fasse qu'une couche de 3 à 4 centimètres d'épaisseur ; en mettant ce vase sur une feuille de papier blanc , on apprécie bien les changements de couleur. L'acide carbonique de la soude qui est déplacé par l'acide sulfurique ne se manifeste pas d'abord, parce qu'il se combine avec la portion de carbonate de soude non décomposée, et forme un bicarbonate. L'effervescence ne commence à se manifester que lorsqu'on a saturé à peu près la moitié du carbonate, et ordinairement la couleur du tournesol ne change point pendant la formation du bi-carbonate, mais aussitôt qu'il est produit et que l'acide qu'on ajoute peu à peu le décompose, la couleur bleue du tournesol vire au rouge, et l'effervescence se montre. On se tient alors sur ses gardes et ou ajoute l'acide sulfurique par cinquièmes ou par dixièmes de mesure en faisant, à chaque addition, un trait sur du papier tournesol avec la baguette de verre qui sert à agiter la solution. On réitère ces opérations jusqu'à ce que le dernier trait sur le papier de tournesol soit décidémeiit rouge, et qu'on ait même dépassé la saturation : on retranche ensuite autant de cinquièmes ou de dixièmes de degré qu'il y a de traits rouges, moins un , et l'on a alors le véritable litre de la soude.
Le procédé deM. Descroizilles est encore suivi dans Tessai des alcalis en y apportant les niodilications dues aux observations de MM. Gay-Lussac et Welter. ÎJn nouveau perfectionnement y a encore éLé fait, il y a plusieurs années, par M. Gay-Lussac : ce chimiste conseille avec raison d'employer l'acide sulfurique distillé de i ,842 de densité , à la place de l'acide sulfurique du commerce qui est toujours impur, pour composer la liqueur d'épreuve^ il la forme de 900 grammes d'eau et 100 d'acide sulfurique. L'alcalimètre est une éprouvclle graduée en 100 parties qui contiennent exactement 5 {grammes dacide sulfurique en poids. Cette quantité d'acide prise pour unité, il faut pour la saturer o^^^jlBo de soude pure, ou 4fc''",807 de potasse. En opéiant donc constamment sur des poids égaux à ces derniers, ou de soude ou de potasse du commerce , on mesure la richesse de ces alcalis par la fraction des 5 grammes d'acide qu'elles demandent pour leur saturation.
ALCOOL. (Alkool anciennement.) Ce mot d'origine arabe, usité d'abord par les savants, est employé presque généralement aujourd'hui pour désigner la partie la plus volatile et la plus pure qu'on extrait des liqueurs sucrées qui ont subi la fermentation spiritueuse.
Retiré du vin , et rectifié par plusieurs distillations telles qu'on les pratique dans les arts, il est connu vulgairement sous le nom ^Esprit de vin', sous cet état il renferme encore do l'eau dont on ne peut le débarrasser que par des procédés chimiques usités dans les laboratoires.
Propriétés. L'alcool anhydre est un liquide incolore, très linqiide , d'une odeur pénétrante, d'une saveur forte, chaude et brûlante. Sa densité à -H 15" est de 0,7917; à + 17% elle est de = 0,7923 , d'après M. Gay-Lussac. Il reste liquide à toutes les basses températures qu'on a pu produire j sous la pression de 0'",70, il bout à 78M1, et
se vaporise sans éprouver de décoinposilion. Exposé à Tair il se volatilise peu à peu et enlii-renienl sans résidu , mais son afUnilé pour l'eau esl si (jrande qu'il condense une partie de la vapeur aqueuse de Tair, et l'absorbe de manière que les dernières portions qui s'évaporent ont augmenté de densité.
L'eau se combine en toutes proportions avec l'alcool anhydre, il eu résulte toujours un dégagement de calorique plus ou moins sensible, et une contraction dans le volume qui augmente jusqu'à certaines proportions des deux liquides. D'après les observations de M. Thillaye fds , il se produirait une légère dilatation en ajoutant à de l'eau de l'alcool alTaibli.
Composition. L'alcool pur et anhydre est formé d'après
les expériences de divers chimistes , savoir : :!'.;<; 'muuo'i
Carbone. . . . 5!2,GoO ou 2 atomes.' ' ^ -' ;»
Hydrogène.. dSjSOi- 0 atomes, • J >> ^ î
'''''■ Oxigène .... 54,"io6 \ atome. ' -i •• "";
Sa formule est = C^ H"^ 0'. , " -'''^ l' "'" ''^■"''^-
Caractères distinctijs. 1° Aux caractères pliysiques que nous avons indiqués ci-dessus en exposant les propriétés de l'alcool pur, il faut joindre celui qu'il présente de s'enflanimer facilement à l'approeiie d'un corps enflammé et de brûler avec une flamme bleuùlre peu intense en lumière.
2" Mêlé à l'eau distillée, il s'y combine sans se troubler et avec un allaiblissement de son odeur seulement; cette solution n'a aucune action sur la teinture de tournesol ni sur le sirop de violettes-, les solutions alcalines, ainsi que celles d'acide hydrosulfurique, de nitrate de barite, de nitrate d'argent, de sulfure de potassium, ne doivent non plus exercer aucune action sur l'alcool pur étendu d'eau.
5° Evaporé dans un vase il ne laisse aucun résidu et ne se colore point lorsqu'on le mêle avec son volume d'acide
i44 ALC
sulfurique à 66", ce qui a lieu lorsqu'il contient en solution quelques matières organiques.
4" Distillé dans une cornue avec une partie ou quatre parties d'acide sulfurique , il est transformé en éther ou en huile douce de vin et gaz hydrogène bicarboné.
Des alcools du comtnerce. Indépendamment de l'alcool de vin on en trouve d'autres dans le commerce sous divers degrés de concentration et qui ont été obtenus, de la fermentation des grains ou de la pomme de terre, soit de celle de la fécule ou du marc de raisin; ces divers liquides sont formés essentiellement d'alcool pur et d'eau en proportion variable , ils contiennent parfois de petites quantités d'huiles volatiles auxquelles il faut attribuer l'odeur et surtout la saveur particulière qu'ils ont. Ces produits alcooliques sont communément désignés sous le nom d'ej/>nV^, et distingués entre eux par le nom de la substance d'où on les a retirés. Le nom d'eau-de-vie est particulièrement affecté à l'alcool faible, usité pour boisson dans le commerce. Les degrés de concentration des alcools sont évalués en général au moyen d'aréomètres particuliers ou pèse-ligueurs, ou de l'alcouniètre centésimal. Les commerçants sont dans l'habitude de distinguer les divers degrés de spiriluosité, c est iî dire le plus ou moins d'eau mêlé à l'alrool, par des nombres qu'on écrit sous formes de fractions. Ces nombres r,e sont pas arbitraires; ils indiquent quelle est la quantité d'eau qu'il est nécessaire d'ajouter à chaque partie d'esprit, pour la ramènera l'état d'eau- de-vie ordinaire ou à 19 degrés.
Ainsi on nomme esprit irais-cinq de l'alcool à 29 1/2 , parce qu'en en prenant ô volumes et y ajoutant 2 volumes d'eau , on obtient 5 volumes d'eau-de-vie à 19"; par la même raison on a donné le nom de trois-six à l'alcool à 55°, de trois-sept à l'alcool à 55° et de trois-huit à l'alcool à 57 1/2,
L'odeur particulière à certains alcools du commerce
due soit à la présence d'une huile volatile, soit à un produit empyreumatique dépendant de leur mauvaise préparation , fait souvent exclure ces alcools de plusieurs opérations. Cette odeur, souvent masquée par celle de l'alcool, peut toujours être rendue sensible en ajoutant à celui-ci 4 à 5 fois son volume d'eau. L'odeur fragrante de l'alcool ainsi affaiblie permet de distinguer celle de la substance étrangère volatile qu'il renferme.
Un moyen qui est souvent employé pour s'assurer de l'absence de toute odeur étrangère dans l'alcool, consiste à verser dans le creux de la main un peu d'alcool , et à en faciliter l'évaporatiou par le frottement des deux mains l'une contre l'autre -, l'alcool pur s'évapore sans laisser aucun résidu odorant, tandis que celui qui renferme de l'huile volatile ou empyreumatique, laisse celle-ci à la surface de la peau , et l'odeur en devient aussitôt manifeste.
Quant à la quantité d'eau contenue dans les alcools du commerce ou la détermine soit par la densité, soit à l'aide d'aréomètres particuliers, à une température fixe de + 15° centigrades.
liG
Tableau indiquant hs rapports de la densité de tnlcool aux degrés de V aréomètre de Cartier à + VS,
Ce tableau a clé extrait des tables rapportées dans la pharmacopée raisonnée de M. Guibourt , deuxième édition.
DENSITÉ
DEGRÉS
de Cartier.