DARTRES
que le denUste loge le rouleau de cire ramolli qui doit recevoir l’impression de la bouche, et dont on trouvera plus de détails aux mots Cire et Empreinte. Au début de notre carrière de dentiste, nous fûmes frappés de la forme défectueuse que Fon donnait à l’instrument qui fait le sujet de cet article, aussi nous nous livrâmes à quelques investigations à cet égard, et nous eûmes bientôt le bonheur d’apporter des améliorations importantes dans la manière de les confectionner. Ces instruments faits d’après la description qué nous en avons donnée dans notre Encyclopédie du dentiste et dans les planches qui s’y trouvent, sont aujourd’hui trop répandus dans les bons ateliers, pour que nous entrions ici dans de nouveaux détails sur la manière de les faire. Ce n’est pas cependant sans un juste sentiment d’orgueil que nous avons vu nos idées sur le sujet si rapidement adoptées par tous nos confrères de la capitale, et nous sommes loin de vouloir dissimuler le plaisir que nous éprouvons en voyant nos cuvettes-Rogers employées seules aujourd’hui par tous les dentistes de quelque mérite, en France comme dans les autres parties de l’Europe.
DARTRES. On désigne par ce môt une maladie cutanée, Caractérisée par de petits boutons qui causent de la démangeaison et sont réunies en plaques plus ou moins larges. Communément arrondies , sur lesquelles se forment ensuite des écailles, des croûtes et quelquefois des ulcérations. Les éruptions dârtreuses qui se développent au cuir chevelu diëz les enfants, portent ordinairement le nom de teignes. Les dermatologistes ont divisé les dartres en Une foule de Classes. Nous avons ici seulement à remarquer que plusieurs affections des dents, la simple carie, la consomption de la pulpe et du cordon dentaire, et les difficultés qu’éprouvent les dents à percer pendant la durée des deux dentitions, produisent et entretiennent des dartres au visage et au cuir chevelu , qui ne guériront que difficilement , tant que persiste la maladie ou le malaise des organes de la bouche : aussi convient-il au
DEALBATION.
dentiste de redoubler ses soins par rapport à l’état morbide de ces derniers organes.
DATTES. C’est le fruit du phœnix dactylifère, ou dattier commun , arbre très élevé, qui croît abondamment dans la Barbarie et dans toutes les parties du Levant. Ce fruit a une saveur sucrée et très agréable. Il est rangé parmi les médicaments adoucissants. Quelques dattes bouillies dans une pinte de lait , avec un peu de tête de pavot j, forment une excellente émulsion, qui sert à calmer les névralgies dentaires , et à diminuer la sensibilité des membranes dans quelques états inflammatoires de la bouche.
DATURÂ. Ce mot désigne un genre de plantes de la famille des solanées, dont toutes les espèces sont plus ou moins narcotiques et vénéneuses. Nous parlerons du datura stramonium, ou pomme épineuse , au mot Stramonium.
DAYIER. On nomme ainsi un instrument en forme de pince, dont les mors, terminés en pied de biche, sont droits et égaux ou bien recourbés et d’une longueur inégale. Cet instrument, destiné à l’extraction des dents incisives, canines et petites molaires des deux mâchoires , est dû à l’invention du dentiste anglais Narsmith. On se sert du davier droit comme des pinces droites. Le davier courbe est employé le plus souvent dans l’extraction des dents antérieures de la mâchoire inférieure. Ses serres sont cintrées dans le sens de leur articulation. La supérieure est de deux ou trois millimètres plus longue que l’inférieure, qui mesure près de quatorze millimètres en longueur. Le peu d’épaisseur de ces mors ou lèvres, à leur extrémité libre, leur donne la forme d’un bec de perroquet. Il est- inutile de dire que les deux branches sont courbées dans le même sens. Voyez le mot Extraction.
DEALBATION. Ce mot , qui vient du verbe latin dealbo, je blanchis, est employé dans les anciens traités d’odontotechnie , pour désigner les moyens mis en usage pour produire et pour entrelenir la blancheur des dents.
DÉCHAUSSEMENT. 161
Déboîtement. Expression populaire, par laquelle on désigne la sortie de la tète d’un os, ou la racine d’une dent liors de la cavité qui la recevait, quand cela a lieu par violence ou par accident.
DÉBRIDEMENT, On n’emploie ce mot dans l’art du dentiste que pour indiquer la division méthodique des brides et des fausses membranes qui s’observent dans les adhérences anormales de la langue et des gencives avec les autres parties de la bouche, adhérences qui peuvent être dues à des brûlures, à des ulcérations anciennes ou à des vices congéniaux. On opère ces débridements avec un bistouri boutonné, guidé sur une sonde cannelée, ou bien sur le doigt, ou autrement avec des ciseaux courbés sur leur plat. Voyez le mot Adhérence.
DÉCANTATION. C’est une opération qui a pour objet la séparation d’un liquide , des matières solides déposées ou précipitées; la décantation se fait ordinairement en versant doucement, par l’inclinaison du vase, la partie claire et limpide du liquide,
DÉCAPER. Ce mot se' dit de l’action d’enlever l’oxyde et la crasse qui recouvrent la surface des métaux que le dentiste emploie dàns la confection des pièces artificielles pourla bouche. C’est principalement au moyen de l’acide chlorydrique pur ou étendu d’eau , employé à l’état froid ou bouillant, que l’on opère le décapage des plaques.
DÉCHAUSSEMENT {sculptwa dentium). C’est une opération qui consiste à détruire les adhérences naturelles qui existent entre les gencives et le collet de la dent dont on veut opérer l’extraction. Le déchaussement se pratique en insérant la pointe et le tranchant d’un instrument , nommé déchaussoir , entre la dent et le tissu congénial qui l’environne. Pour ne pas léser ce dernier, il faut avoir le soin de tenir la pointe de l’instrument appliqué contre la dent et de détruire, en grattant, les attaches filamenteuses qui Funissent aux gencives. On ne doit jamais négliger cette petite opé-