‹ Dictionnaire des sciences dentaires ou répertoire général de toutes les sciences nécessaires au dentiste. 2e édChapitre 128 sur 403 · DÉMANGEAISON · texte numérisé non relu

DÉMANGEAISON

l’estomac, en passant parle pharynx et l’œsophage. L’action de la déglutition ne s’exerce qu’à l’aide d’un mécanisme très compliqué, et exige le concours d’un très grand nombre de muscles.

DÉGROSSIR. C’est un terme d’atelier qui veut dire ôter le gros d’une pièce quelconque, pour commencer à lui faire prendre la forme convenable.

DÉJETER. Ce mot se dit d’une substance quelconque qui se courbe, s’étend et s’enfle. Les dents artificelles en os de bœuf, de cerf et même en ivoire, déjettent beaucoup, chose qui est due probablement aux propriétés hygrométriques de ces substances.

DÉLÉTÈRE. Ce mot a la même signification que le mot nuisible, et se dit de toutes les substances qui exercent sur les dents une influence contraire à leur beauté et à leur composition. Toutes les choses, émanations et autres,. qui agissent d’une manière nuisible sur le corps en général, sont également délétères aux dents. Il en est de même des substances aigres, des fruits verts, des corps durs, des acides minéraux et des préparations métalliques employés si souvent comme médicaments et comme cosmétiques.

DÉLIG-4TI0N. Ce mot se dit quelquefois de l’application régulière et méthodique des bandages , et quelquefois aussi des ligatures placées pour fixer les dents artificielles, ou pour affermir les dents chancelantes.

DÉLIQUESCENT. Ce nom est donné à un certain nombre de sels qui tombent en déliquescence, c’est-à-dire qui se résolvent en liqueur par l’absorption de l’humidité de l’air. Le chlorure de calcium, l’acétate de potasse et la potasse elle-même, sont des corps déliquescents.

DÉMANGEAISON. C’est une sensation plus incommode que douloureuse, qui a son siège à la surlàce du corps. Les éruptions dartreuses, qui se développent à la suite de certaines douleurs dentaires et pendant les difficultés de la première dentition, sont accompagnées de démangeaison. Dans

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certains cas d’odontalgies, le prurit, ou démangeaison , aux deux pouces et aux mâchoires, est un indice sûr que les douleurs vont cesser.

DENSITÉ. La densité d’un corps est la quantité absolue de matière qu’il contient sous un volume donné. C’est le poids d’un corps quelconque comparé au poids d’une quantité d’eau égale en volume au sien. Ainsi, par exemple, la densité de l’eau étant ww, celle du mercure est treize et demi, celle de l’or est dix-neuf, celle du platine vingt-et-un. La glace, les liqueurs spiritueuses, les éthers et les huiles, ont moins de densité que l’eau. Un corps est d’autant moins dense qu’ilest plus poreux.

DENTS naturelles. Les dents sont de petits corps très durs, implantés dans les alvéoles de l’une et de l’autre mâchoire, et qui servent à retenir, à couper, déchirer et triturer les substances alimentaires. L’homme,, et tous les mammifères, les reptiles et les poissons, ont des dents.

Les dents de l’homme , à l’époque de la première dentition, sont au nombre de vingt, et, à l’âge adulte, elles sont au nombre de trente-deux, c’est-à-dire seize pour chaque mâchoire. Chaque dent est composée de trois parties distinctes : la couronne, qui est libre , et qui contribue à la formation de l’arcade dentaire; la racine, qui est implantée dans les alvéoles ; et le collet, dépression circulaire intermédiaire aux deux autres, qui est embrassée par la gencive. Les dents sont de trois sortes ; les incisives, les canines, et les molaires. Les dents incisives^ ou cunéiformes, sont au nombre de huit , quatre pour chaque mâchoire. Elles ont une couronne, comme leur nom l’indique, en forme de coin, qui est tranchante et mince au bord, libre et triangulaire sur les côtés; leur collet est parabolique, et la racine de ces dents est simple, alongée, conique et aplatie transversalement. Les incisives supérieures sont plus volumineuses que les inférieures. Les dents canines^ qui sont au nombre de quatre, deux à chaque mâchoire, ont une couronne conique dont le

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sommet est mousse ; le collet est circulaire, et la racine simple, conoïde, alongée, sillonnée et aplatie sur les côtés. Les dents molaires^ ou cuspidées, sont au nombre de vingt, dix pour chaque mâchoire. Elles sont divisées en petites molaires, ou bicuspidées, et en grandes molaires, ou multicuspidées. Ces dernières, dont il y a six à chaque mâchoire, ont une couronne cuboïde, surmontée de quatre ou cinq tubercules, séparés par des rainures qui se croisent. La racine est divisée en trois, quatre ou cinq branches divergentes, dont chacune est percée d’un trou à son sommet. Les petites molaires nombre de huit, quatre à chaque mâchoire, ont une couronne également cuboïde, surmontée de deux tubercules seulement, et dont l’externe est le plus gros. Le collet est circulaire; et la racine, qui est simple et quelquefois bifurquée à son. sommet, est creuse sur chaque face d’une rainure profonde. La couronne de toutes les dents est creusée d’une cavité qui se prolonge en se rétrécissant dans le centre de la racine, et qui vient s’ouvrir au sommet du cône représenté par la racine simple ou par chacune des divisions de la racine. Gette cavité, qui est destinée à contenir la pulpe de la dent, offre des dimensions beaucoup plus considérables dans les premiers temps de la vie. que dans la vieillesse, où elle finit par s’oblitérer complètement. La dent se compose de deux substances, dont l’une, extérieure, de consistance pierreuse, et non organisée, est nommée la portion dure ; l’autré, intérieure, qui est organisée, et de consistance pulpeuse, est nommée la portion molle.

La portion molle, ou pulpe dentaire, qui remplit exactement la cavité de la couronne, affecte la même forme que la dent qui la renferme; elle se continue avec le petit cordon vasculo-nerveux qui provient des vaisseaux et des nerfs dentaires pour pénétrer dans la dent par l’ouverture dont est percé le sommet de la racine. La pulpe dentaire n’est ellemême qu’un renflement nerveux pénétré d’un grand nombre de vaisseaux. Elle est douée d’une sensibilité exquise, et

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c’est à elle qu’il faut rapporter les douleurs des dents et de tout ce qui a été dit de la sensibilité et de la vitalité de ses organes. La pulpe dentaire est coiffée d’une membrane d’une lénuilé si grande qu’il est difficile de la démontrer. — La portion dure de la dent est composée de deux substances , qui sont rémail et l’ivoire.

L’émail est une couche de matière vitreuse qui ne revêt que la couronne de la dent : sa couleur est d’un blanc bleuâtre, laiteux et demi-transparent; ses fibres sont perpendiculairement implantées sur l’ivoire, etfortement pressées lesunes contre les autres. L’émail est excessivement dur, faisant feu avec le briquet, et usant même la lime que l’on passe dessus. La couche d’émail qui revêt la couronne de la dent présente son maximum d’épaisseur à la surface triturante, et cette épaisseur va en diminuant jusqu’au collet de la dent, où l’émail cesse de se montrer. Cette substance , qui est très friable, n’offre pas de trace de matière animale.

L’ivoire est d’un blanc Jaunâtre, et comme satiné. Il est formé de couches concentriques , de cornets emboîtés, et dont les fibres sont, en général, parallèles à la longueur de la dent. 11 est moins dur que l’émail, et s’use beaucoup plus vite, quand ce dernier cesse de le protéger. Le tableau suivant indiquera la composition chimique de ces deux substances, et fera en même temps voir que la présence d’une matière cartilagineuse, dans l’ivoire, est la principale différence qui existe entre elles.

Ivoire.

Phosphate de chaux. . 61,95

Fluate de chaux . 2,10

Phosphate de magnésie. .... i ,05 Carbonate de magnésie .... 5’ 30

Soude et chlorure de sodium . l ’ 40 Cartilage et eau . . 28, Oo

Au reste, l’émail et l’ivoire sont d’un grain plus ou moins .dur et plus ou moins altérable, selon les individus, ce qui ex-

Email.

Phosphate de chaux . 85,3

Carbonate de chaux . 8,0

Phosphate de magnésie . , 1.5

Soude et eau .

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plique les différences dans la durée et dans l’altérabilité des dents. Pour les autres renseignements, par rapport aux dents naturelles de l’homme, nous renvoyons le lecteur aux mots Développement^ Dentaire^ Dentition^ Couronne, Racine, Nerf, Artère ^Arcade, etc.

DENTS artificielles. Les matières que l’on a employées dans les différentes époques de la civilisation , ancienne et moderne, dans la fabrication des dents artificielles pour substituer à celles que les maladies, les accidents et les progrès de l’âge font disparaître des arcades dentaires, sont très va- . riées. Parmi les principales, se trouvent l’or, l’os, les défenses de quelques animaux, tels que l’éléphant, l’hippopotame, le sanglier, etc. ; des dents provenant de la bouche des personnes mortes, ou de celle des personnes qui vendaient leurs dents au plus offrant ; aux précédentes nous pouvons ajouter les différentes espèces des dents dites minérales, dont l’origine est due à un pharmacien de Saint-Germain-en- Laye, et qui sont toutes formées d’une matière argileuse qui a le kaolin pour base. Il n’est pas dans notre dessein de parler longuement des mérites ou des démérites de ces matières diverses. L’or, par sa cherté aussi bien que par son inaptitude totale à simuler les attributs d’une vraie dent, a dû ces ser de bonne heure d’être choisi pour l’objet dont nous parlons. Quant à l’os, les émanations putrides que la chaleur tiède de la bouche y développait, le faisaient bientôt rejeter comme moyen de prothèse. L’hygiène est venue depuis longtemps s’unir à la juste répugnance des dentistes et de leurs clients pour faire cesser la pratique révoltante de mettre dans la bouche d’une personne saine des dents arrachées à des ca-' davres et à des êtres vils qui faisaient un trafic des leurs.. Les défenses d’éléphant et de marse ne sont plus employées que dans quelques cas pour la fabrication des socles qui servent de supports à des dents de diverses espèces. Quant aux dents dites minérales^ nous fûmes, dès le commencement de notre carrière (comme le sont la plupart des deii-

BENTS,

listes instruits d’aujourd’hui ) , frappé des inconvénients qu’elles offrent, non-seulement au mécanicien qui les travaille, mais aussi aux personnes qui se laissent encombrer et léser la bouche par le lourd appareil métallique que leur pose exige. Nous prîmes donc à cœur de trouver quelque chose qui pût leur être avantageusement substitué, et les deux sortes de dents que nous allons signaler à l’attention de nos lecteurs, et dont nous restons le seul et unique possesseur, leur prouveront au moins que nos efforts pour faire avancer la science n’ont pas été infructrueux.

DENTS minérales. Pour la manière de fabriquer ces dents, voyez le mot Minéral.

DENTS osanores. Les osanores Rogers, qui ont fixé pendant tant d’années l’attention du public, ne sont autre chose que de l’hippopotame d’un grain choisi, soumis à l’action continue de quelques agents chimiques qui ont pour effet d’introduire une matière siliceuse dans les pores de cette substance et de la substituer en partie à la matière animale qu’elle renferme. Nous avions voulu changer l’hippopotame en une substance cristalline ; mais nos espérances ne furent qu’à moitié réalisées. Nous n’àvons pas rendu cette matière entièrement inaltérable, mais nous lui avons fait subir des modifications qui ont pour effet de faire doubler et tripler même le temps de sa durabilité ordinaire. Quelques-uns ont voulu imiter notre procédé , mais le succès n’est pas venu pour répondre à leurs efforts. D’autres , suppléant à leur défaut de connaissance dans les sciences naturelles par ta hardiesse et par l’effronterie., ont paré du nom d’osanores des dents qu’ils savent n’être autre chose que de Thippopotame pur, et ils continuent même aujourd’hui d’exploiter ta crédulité du public par une manœuvre indigne qui déshonore, et quinuit à l’art qu’ils ont la prétention d’exercer.

DENTS Rogers. Du moment où des expériences répétées nous avaient fait voir qu’il était impossible de donner aux dents osanores une durée illimitée, nous donnâmes à nosre-

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cherches une direction toute différente ; car, dans la marche progressive des sciences, aujourd’hui, on ne peut se contenter de ce qui est bien, quand ce qui est meilleur reste encore à découvrir.

Aidé dans nos recherches, par le savant concours des célèbres chimistes français et étrangers, nous pouvons avec assurance et orgueil offrir à nos nombreux clients un genre de dents qui dépasse de beaucoup, en bonté et en beauté, toutes celles que l’art du dentiste a encore vu produire. Ces dents, qui sont parfaitement exemptes des défauts que l’on reproche avec, tant de raison aux dents dites minérales , supportent le feu le plus actif du fourneau ou de la lampe, sans danger d’en éprouver ni fêlure ni défaut. Elles se travaillent à la lime ou à l’émeri avec une parfaite facilité. Leurs tubes, qui sont en or, sont tellement confondus avec le corps de la dent, que ni un accident ni un effort ne peuvent les en détacher. Elles s’adaptent également aux palais d’or, d’ivoire et de platine et, quant à leur apparence dans la bouche, la nature même n’a jamais donné aux dents de l’homme un aspect plus vivant, ni une blancheur et un éclat plus animé, plus limpide et plus pur. Nos efforts donc, pour augmenter les ressources de l’art du dentiste, n’ont pas été vains ; et , des deux sortes de dents artificielles dont nous l’avons doté, on peut garantir, aux unes, une durée d’une dizaine, d’une quinzaine même d’années, et aux autres, une durée qui est éternelle, comme celle du temps,

DENTAIRE. Ce mot se dit de toutes les parties qui ont rapport aux dents. Pour les mots, arcades dentaires, artères dentaires, canal dentaire, nerf dentaire, pulpe dentaire, nous renvoyons le lecteur aux mots Arcade^ Artère, Canal, Cavité, Nerf^ Pulpe^ etc.'

DENTES acùti. Nom donné dans les anciens livres aux: dents incisives.

DENTES adversi. Autre expression employée pour désigner les mêmes dents.

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