DESSÈCHEMENT
les acides sulfureux , chlorydrique , nitrique , acétique et le chlore en vapeur ou dissous dans l’eau. Ce dernier, qui est le plus employé , agit , en se combinant avec l’hydrogène des émanations végétales ou animales qui forment les miasmes, et par conséquent en les décomposant. ■ DÉSORGANISATION. On nomme ainsi une altération complète dans la structure d’un organe ou même la destruction totale de son tissu. Tous les organes de la bouche, comme ceux de l’économie, en général, peuvent être atteints de désorganisation. Celle des os des mâchoires peut être due à la carie ou à la nécrose. Celle des parties molles de la bouche, aux ulcères, à la gangrène et à des dégénérescences de natures diverses qui peuvent y siéger. La désorganisation de la pulpe dentaire est quelquefois le résultat des maladies constitutionnelles ,. et cause l’ébranlement de la dent et son expulsion hors de l’alvéole. Elle est souvent employée comme moyen curatif des douleurs qui se développent dans les dents cariées , et la désorganisation prend alors le nom de cautérisation et de broiement. La désorganisation des dents mêmes est connue sous les noms de carie et de décomposition chimique.
DESPUMER. Ce mot se dit de l’action d’enlever l’albumine coagulée et autres matières qui peuvent former de l’écume sur des liquides chauffés, tels que certains sirops, miels, etc., que le dentiste emploie dans la composition de ses collutoires, gargarismes et lotions dentifrices.
DESSÈCHEMENT. Ce mot est employé en plusieurs sens; ainsi, en hygiène, on dit le dessèchement des marais pontins et autres, pour détruire les émanations qui produisent les fièvres intermittentes. Le dessèchement des plaies et des ulcères, se fait au moyen de poudres absorbantes, etc., qui tendent à empêcher la formation du pus, ou à l’enlever à mesure qu’il se forme. Le mot dessèchement est quelquefois employé pour désigner l’état de marasme, d’amaigrissement du corp^,
DÉVELOPPEMENT
qui est le résultat de certaines maladies chi’oniques ; et il est employé par les dentistes pour désigner une sorte de dépérissement des dents dans laquelle ces organes s’atropliient et se réduisent en fragments au moindre effort. Le dessèchement de la surface cariée d’une dent est la première chose que l’on fait dans l’opération du plombage; et on l’effectue en promenant un cautère rougi au feu sur tous les points de la surface malade.
DESSICATION. Opération qui consiste à priver un corps de l’humidité qu’il contient. Les pharmaciens et les herboristes opèrent la dessication des plantes qui contiennent des principes médicamenteux en les plaçant dans des fours ou des étuves, étendues sur des clayons d’osier garnis de papier gris , pour qu’elles présentent autant de surface que possible à l’action de l’air chaud.
DÉTERSIFS. On donne ce nom à certaines sübstances qui ont la propriété de déterger, d’absorber la sanie et de mondiüer la surface des plaies et des ulcères. En général , ces substances qui favorisent la marche de la cicatrisation sont choisies parmi les médicaments stimulants et toniques.
DÉTRITUS. On désigne sous le nom de détritus la matière inorganique qui recouvre la surface des dents cariées et d’autres organes qui se désorganisent.
DÉTÜMESCENCE. Ce mot , qui a la même signitication que le mot désenüure, se dit de la diminution du gonflement qui a lieu dans les tumeurs inflammatoires ganglionaires, etc., qui se développent dans lés organes de la bouche et dans les régions cervicales et sous-maxiUaires.
DÉVELOPPEMENT des mâchoires. Ce mot est employé pour désigner l’augmentation graduelle de volume qui a lieu dans un organe depuis sa première apparition dans l’économie , jusqu’à l’époque où son accroissement est complété. Nous parlerons d’abord du développement de l’os maxillaire inférieur, puis de celui des dents mômes. L’os maxillaire inférieur est le plus précoce de tous les os du corps, excepté
DÉVELOPPEMENT
la clavicule; il est très apparent dès le trentième jour de la vie fétale. Il se développe par deux points d’ossification , un pour chaque moitié latérale du corps. Quelques anatomistes ad^ mettent trois autres points d’ossification, un pour le condyle, un autre pour l’apophyse corônoïde , et un troisième pour l’angle de l’os. C’est le bord inférieur du corps de l’os qui paraît le premier; il s’étend en arrière pour former la branche , et en avant pour former la portion qui soutient les dents incisives. Ces deux moitiés de l’os maxillaire inférieur restent distinctes jusque dans la première année qui suit la naissance de l’enfant; mais alors elles se joignent, et les traces de leur soudure ne tardent pas à s’effacér. Une gouttière, commune à la fois aux alvéoles et au canal dentaire, se montre dans l’épaisseur de l’os maxillaire inférieur vers le cinquantième jour après la conception. Cette gouttière devient bientôt considérable, et, de son fond, on voit s’élever des cloisons qui convertissent la gouttière en une série d’alvéoles dont les parois occupent bientôt toute la hauteur du corps de l’os. En bas âge, l’angle de la mâchoire est excessivement obtus, et l’axe de mouvement passe par les condyles mêmes; mais à mesure que l’on avance en âge, le corps se développe et forme, avec la branche, un angle très marquant. Ce changement , dans la longueur du corps, fait que les arrièremollaires qui étaient cachées dans la portion oblique de l’os formée par la réunion du corps et de la branche , trouvent de la place pour se mettre en rang avec les autres dents. Il donne aussi à la physionomie une expression plus mâle; et, en influant sur l’inclinaison de la ligne faciale , il prive la figure de cette beauté enfantine qui est l’attribut de nos premiers ans. Selon quelques anatomistes , le cercle alvéolaire antérieur des mâchoires ne se développe pas à l’époque de la deuxième dentition, et l’accroissement de ces os ne se fait que vers les extrémités. Si l’on tire une ligne derrière les dernières dents d’un enfant de cinq ans , l’arc de cercle qui lui est antérieur est égal en longueur à celui que l’on obtient
DÉVELOPPEMENT
en faisant passer la ligne derrière les secondes petites molaires d’un adulte. C’est par ce défaut de développement du cercle antérieur que s’expliquent les déviations et les déplacements des incisives et des canines permanentes; et qui nécessite l’extraction d’une des petites molaires pour leur donner artificiellement de la place.
DÉVELOPPEMENT des dents. Les germes des dents de lait sont visibles dès le deuxième mois de la vie intrà-utérine. Ils consistent en des follicules membraneux, situés sous la gencive, dans la gouttière que présentent alors les os maxillaires. Ces follicules ont la grosseur d’une tête d’épingle, et leur forme est ovoïde; ils tiennent, par leur extrémité profonde , à un pédicule vasculaire et nerveux , tandis que l’extrémité superficielle est adhérente aux gencives. Ces follicules paraissent formées de deux membranes dont l’extérieur est fibreux, et l’intérieur, qui est de nature séreuse, renferme un liquide inodore et limpide sécrété par elle. Ces deux membranes sont séparées l’une de l’autre par un fluide séreux, qui* devient moins abondant à mesure que le fœtus se développe. Selon Meckel , c’est dans l’intérieur même de la cavité du follicule que l’on voit paraître la pulpe dentaireau milieu du fluide qu’elle contient; mais , selon lui, la surface de la pulpe est recouverte d’une pellicule mince, et vasculaire qui lui est propre. Bichat prétend qu’elle se développe entré les deux membranes ; qu’elle soulève l’interne qui se replie pour former deux feuillets par un mécanisme semblable à celui que présente la membrane de la matrice lorsque l’ovule y arrive. Sans vouloir nous décider entre ces deux opinions, nous dirons seulement qu’au moment de l’ossification , la pulpe dentaire a pris exactement la forme que doit avoir plus tard la dent à laquelle elle appartient. C’est vers le troisième mois que l’ossification a lieu dans les incisives ; mais les molaires ne commencent à s’ossifier que vers la fin du sixième mois. Pour chaque dent, l’ossification commence -plus tôt à la mâchoire inférieure qu’à la mâchoire
DÉVELOPPEMENT
supérieure j mais elle se fait dans le même temps pour les dents correspondantes de chaque côté. L’ivoire se forme le premier et apparaît sous forme de petites calottes, dont le nombre est égal à celui des tubérosités de la dent; aussi ces calottes sont uniques pour les incisives et pour les canines , tandis qu’elles sont multiples pour les dents molaires. Les calottes partielles de ces dernières ne tardent pas à se réunir par leurs bords pour n’en former qu’une seule. La calotte, alors devenue unique, comme celle des incisives et des canines , augmente d’épaisseur par des couches successives , qui se superposent de dedans en dehors , jusqu’à ce que, pressée par, la capsule qui la coiffe, elle se trouve obligée de descendre le long des côtés de la pulpe et du pédicule vasculaire et nerveux qui l’unit au fond de l’alvéole. C’est de cette manière qu’elle forme les côtés de la couronne, et la racine qui sera simple ou multiple , selon le nombre des pédicules qui s’y trouvent. C’est la membrane interne, ou feuillet du bulbe qui sécrète cet ivoire. Quant à l’émail, quelques autres prétendent qu’il est aussi sécrété par le bulbe et transude à travers les couches de l’ivoire; d’autres on dit que c’est une matière qui se cristallise aux dépens du liquide qui baigne la dent ; mais l’opinion de Hunier est celle qui est adoptée par tous les dentistes d’aujourd’hui , c’est-à-dire que l’émail est le produit de la sécrétion de la membrane externe de la pulpe , ou , si l’on aime mieux , de son feuillet pariétal. Quant aux denU permanentes, leur développement se fait à-peu-près de la même manière que celui des dents précédentes. Les follicules sont visibles dès le troisième ou quatrième mois, excepté ceux des petites molaires qui ne deviennent visibles que dans l’année qui suit la naissance de l’enfant. Les germes des dents grandes molaires sont situés aux extrémités des arcades dentaires ; ceux des petites sont cachés entre les racines des molaires infantila ; et ceux des incisives et des canines permanentes se trouvent derrière les dents de lait correspondantes. Dans le commencement, les