‹ Dictionnaire des sciences dentaires ou répertoire général de toutes les sciences nécessaires au dentiste. 2e édChapitre 142 sur 403 · DOULEUR · texte numérisé non relu

DOULEUR

DISTILLATION. C’est une opération au moyen de laquelle des principes tels que l’alcool, les huiles volatiles, etc., sont* séparés des matières solides et liquides qui les renferment; ces matières, chauffées dans des alambics ou des cornues, dégagent les principes qui sont plus volatiles qu’elles, et ces derniers passent par des alonges dans un récipient froid, où ils ne tardent pas à se condenser.

DIVISIF. On nomme ainsi un bandage destiné à tenir écartées les lèvres d’une plaie , les bords d’une division des téguments , ou deux parties du corps , dont on veut empêcher le rapprochement. Il n’offre pas d’intérêt au dentiste.

DIVISION. La division des téguments du corps peut être accidentelle, ou le résultat des incisions faites dans un but thérapeutique.

DOSE. On donne ce nom à la quantité d’un médicament que le malade doit prendre en une seule fois; ainsi , 40 grammes de sulfate de magnésie et 5 centigrammes de tartre stibié, sont des doses de ces substances. . ' •

DOUCE-AMÈRE. Cette plante, qui appartient à la famille des solanées, est très peu narcotique; mais on la conseille en tisane contre les affections rhumastimales, vénériennes et dartreuses , qui exercent une action si pernicieuse sur les . dents et les autres organes de la bouche.

DOULEUR. La douleur est morale ou physique, et c’est de cette dernière que nous avons, comme dentiste, à nous occuper. La douleur est une sensation pénible, difficile à bien définir; mais que tout le monde connaît pour l’avoir éprouvée. Les causes les plus fréquentes, de la douleur sont l’altération morbide de nos tissus , le contact de corps étrangers, les sympathies qui existent entre des organes sains et un organe souffrant , et souvent des changements dans la manière d’être de la partie, dont la nature nous est entièrement inconnue. La douleur se fait sentir avec de nombreuses modifications, dont les principales ont reçu des noms particuliers. Ainsi, il y a des douleurs leuhives e,\. cjravatwes, que

DüCTüS.

Ton peut remarquer dans la première période des phlegmons qui se développent aux joues, aux lèvres et aux gencives; pulsatives quand , dans ces tumeurs phlegmoncuses, le pus commence à se former; les douleurs lancinantes sont propres aux squirrhes et aux névralgies. Il y a en outre des douleurs térébrantes, contusives^ brûlantes, pruriginieuses, pongitives et autres, qu’il serait inutile d’énumérer. Les douleurs se nomment quelquefois d’après les organes qu’elles affectent; ainsi celles qui occupent les nerfs d’une partie apparemment saine, sont connues sous le nom de névralgie. Celles qui se font sentir dans rintérieur du crâne se nomment céphalalgie ; et l’on désigne sous le nom d’odontalgies toutes celles qui ont leur siège dans les dents. Le lecteur trouvera au mot Odontalgie des détails sur les douleurs qui affectent ces derniers organes.

DRASTIQUES. On donne ce nom aux médicaments purgatifs dont l’action sur le canal intestinal est très vive , tels que la résine de jalap , la coloquinte, etc. Le dentiste est rarement obligé d’avoir recours aux purgations violentes que ces substances produisent..

BRÈCHE. On donne ce nom à l’orge dont on a arrêté la germination au moyen de la chaleur. La drèche est employée dans la fabrication de la bière , et quelquefois aussi comme médicament antiscorbiitique et tonique.

DRILLE. C’est le nom d’une sorte de porte-foret qui tourne sur son axe à l’aide d’une traverse en bois fixée par une lanière en peau d’anguille, à l’extrémité du foret et aux deux bouts de la traverse. Cet instrument est mis un mouvement au moyen d’un archet (voyez ce mot) , et serre des plaques métalliques de différentes espèces, et les rondelles d’hippopotame et d’ivoire dont on se sert dans la fabrication des dents artificielles.

DUCTUS salivalis. Nom latin des conduits salivaires.. Voyez le mol Canal.

EÀü. 1 99

DURE-MÈRE. On nomme ainsi la membrane fibreuse qui enveloppe le cerveau. •

DYSODIE. Nom donné par Sauvage aux maladies des dents et des autres organes qui sont caractérisées par des émanations fétides.

DYSPEPSIE. On nomme ainsi une difficulté de digestion qui a souvent pour cause une irritation chronique de la membrane muqueuse de l’estomac, produite .par la perte des dents et la mastication imparfaite des aliments.

DISPHAGIE. C’est une difficulté de la déglutition qui peut être due à des tumeurs développées dans l’arrièrebouche, et à l’inflammation des amygdales et du voile du palais.

DISPHANIE. Difficulté que Fun éprouve dans l’émission et dans l’articulation delà voix. Les consonnes dento-labiales et dentales ne pouvant se former qu’à l’aide des dents incisives, la prothèse dentaire est un des moyens auxquels il faut avoir recours pour faire disparaître cette infirmité.

EAU. C’est le nom d’un liquide connu de tout le monde; il est incolore, transparent, inodore, insipide, compressible et élastique. Privée de la chaleur qu’elle contient, l’eau passe lentement à l’état déglacé, et les cristaux qu’elle forme pendant cette transformation paraissent souvent sous forme d’aiguilles ou groupés comme des feuilles de fougère. Quand, au contraire, on augmente sa chaleur, l’eau se transforme en vapeur, et occupe un espace dix-sept cents fois plus considérable que celui qu’elle occupait à l’état liquide. Ce corps est mauvais conducteur de ta chaleur et de l’électricité, à moins que l’on n’y ajoute un peu de sel ou d’acide. Sa densité varie avec les températures auxquelles on l’expose, car, prise à zéro, et chauffée graduellement, l’eau, au lieu de se dilater immédiatement comme les autres corps, se contracte de plus en plus jusqu’à 4®; c’est là son maximum de densité. A partir de cette température, elle se dilate uniformément jusqu’à 100®, où elle entre en ébullition sous la pression atmosphé-

EAU

rique ordinaire. L’eau, en passant à l’état de glace, prend une force expansive si considérable, qu’elle brise les tonneaux, les rocs et les tuyaux en fonte, etc., qui la renferment. Quand l’eau est pure, elle est formée d’un volume d’oxyg^ène, et de deux volumes d’hydrogène combinés. Lavoisier, le premier, analysa l’eau en lui faisant traverser, à l’état de vapeur, un tube en porcelaine contenant des fils de fer d’un poids connu ; l’eau, décomposée en traversant le tube, donna son oxygène au fer pour l’oxyder, tandis que son hydrogène passa dans une vessie purgée d’air qui s’adaptait à l’extrémité du tube. L’eau est rarement pure ; elle contient presque toujours des sels de soude et de chaux, de fer et de magnésie, de l’acide carbonique, de, l’acide sulfurique combiné, et du nitrate de soude après de forts orages.

EAU anti- scorbutique de Rogers. Nous conseillons aux personnes qui ont les dents vacillantes , soit par suite de maladies , soit par suite d’accidents, de se bien nettoyer la bouche et de la rincer ensuite avec cette admirable eau antiscorbutique. On fera bien de mettre ensuite sur la brosse, déjà mouillée, quelques gouttes d’une eau spéciale, connue sous le nom* d’èaw Rogers, et de frotter souvent la gencive tout autour de la dent ébranlée.

EAU bénite. Nom donné à une solution formée de tartre et d’eau ordinaire que l’on donne comme remède contre la colique de plomb.

EAU blanche. Elle est aussi nommée eau végéto- minérale, eau de Goulard. C’est l’extrait de Saturne ou souscétate de plomb liquide, étendu d’une quantité considérable d’eau. C’est un excellent topique astringent employé dans les cas de foulures, d’entorses, de leucophlegmasie, etc. Mais on ne doit pas la faire entrer dans la composition des gargarismes ni des collutoires, car elle est vénéneuse, et, comme toutes les préparations de plomb, elle a la propriété de noircir les dents.

EAU céleste. C’est de l’eau chargée d’ammonium de

EAU

cuivre. Elle était autrefois très employée comme astringente dans les cas d’inflammation de la muqueuse palpébrale. Elle ne sert aujourd’hui que pour embellir les fenêtres des pharmacies. ,

EAU-FORTE. Nom vulgaire de l’acide azotique ou nitrique dont nous avons parlé. Voyez le mot Acide.

EAU oxygénée. C’est de l’eau ordinaire, à laquelle^ on fait absorber six cents fois son volume de gaz hydrogène. Cette eau, connue aussi sous le nom de deutoxyde d’hydrogène, blanchit l’épiderme et y détermine des picottements. Jusque dans ces derniers temps, elle n’était connue que dans' les laboratoires de chimie, ou employée pour nettoyer les vieux tableaux; mais aujourd’hui on en vend dans les pharmacies pour servir, comme l’eau de Seltz, de boisson qui facilite les digestions et stimule l’organisme.

EAU potable. L’eau, pour servir de boisson, doit contenir de l’air, car l’eau distillée et celle que Ton a fait bouillir, ou qui provient de la fonte des neiges et des glaces est fade, indigeste, et de mauvaise qualité. Les meilleures eaux sont celles des grandes rivières qui coulent rapidement sur un lit de sable ou de roc, et les eaux de pluies qui tombent après que quelques ondées ont balayé les impuretés de l’atmosphère. Les eaux de puits et de source ne valent pas les précédentes, car elles contiennent souvent une trop grande quantité de sels calcaires pour être salubres, et elles ont de plus le désavantage de ne pouvoir dissoudre le savon ni servir à la cuisson des légumes farineux. Pour être bue, l’eau doit être limpide, froide, inodore, et sans saveur. C’est par la filtration en grand que l’on prépare à Paris l'eau qui sert de boisson et à l’usage culinaire de la population. Cette filtration se fait en la faisant traverser des couches successives de sable de différents degrés de finesse, de mousse, d’éponge et de charbon superposées les unes aux autres. L’eau pure est, sans contredit, un excellent dentifrice, et uji puissant préservatif pour les personnes dont les dents ne sont pas

EAU

encore souillées par les premières atteintes de la carie. Outre Teau potable dont nous venons de parler, nous allons énumérer quelques autres espèces qui peuvent intéresser le dentiste.

EAU pure. C’est l’eau ordinaire distillée par les pharmaciens pour la débarrasser des matières étrangères qu’elle renferme, et qui sert chez eux pour dissoudre une multitude de substances, telles que l’émétique, le sublimé corrosif, le nitrate d’argent, etc., qui ne pourraient être décomposées par l’eau ordinaire.

EAU régale. C’est un mélange des acides chlorhydrique et azotique, dont nous avons parlé au mot Acide.

EAU Rogers. C’est un remède héroïque contre la carie dentaire, qui est connu depuis longues années pour ses admirables effets. Cette eau arrête la suppuration, remplit les pores de la dent malade, cautérise les nerfs sans qu’il soit besoin de recourir à la brûlure, et dépose dans la cavité de la dent un émail qui permet d’en opérer le plombage sans accident ni douleur. Ainsi, on n’a plus à craindre la pression du métal, ni son action galvanique, qui est rendue impossible par la couche intermédiaire. Le moyen de se servir de l’eau Rogers est très simple ; il faut d’abord se rincer la bouche pour la délivrer de tout dépôt de matières; imbiber ensuite de cette eau une petite parcelle de coton que l’on introduit dans la cavité de la dent deux fois par jour; huit jours suffisent pour obtenir la guérison dans les cas les plus rebelles. L’odeur de l’eau Rogers est très agréable, et elle ne nuit pas aux dents ni aux gencives, avantage qu’elle a incontestablement sur tous les autres spécifiques employés jusqu’à ce jour, car ils rongent les gencives, et laissent dans la bouche une odeur insupportable.

EAU seconde. On donne ce nom à un mélange d’eau et d’acide azotique dont nous avons déjà parlé. Nous allons empriuiter au Manuel de l'Essayeur, de M. Vauquelin , la manière qu’il indique de se servir de cette eau pour séparer

EAU. 203

des liquides qui ont servi à dérocher l’or, les quantités de métal qu’elles contiennent.

« 1® Réunissez, dit-il, vos eaux dans despots deTalvanne; lorsque vous en aurez une quantité, tirez ces eaux à clair de dessus le marc, par le moyen qui vous paraîtra le plus commode ;

« 2® Mettez ces eaux claires dans un autre pot, versez sur le marc resté dans le premier vase de l’eau commune en quantité suffisante pour bien laver le marc; agitez ce mélange et laissez ensuite reposer jusqu’à ce que la liqueur soit éclaircie; décantez-la à son tour, et, après l’avoir tirée à clair, réunissez-la avec la première liqueur.

« 3® Faites dissoudre dans l’eau du sulfate de fer ou couperose verte, 1 kilogramme suffit, si les eaux ne contiennent que 70 grammes d’or ;

« 4® Versez cette dissolution de sulfate dans vos eaux contenant de l’or ; remuez continuellement avec un morceau de bois, jusqu’à ce que les liqueurs soient exactement mêlées, c’est-à-dire le moment où l’or se sépare, et donne au mélange une couleur brune de marron;

« 5® Laissez pendant deux jours la liqueur en repos, pour que les parties de l’or, qui sont très divisées, aient le temps de se déposer; quand la liqueur sera éclaircie, décantez-la comme la première fois, mais avec précaution, afin que l’or ne puisse pas être entraîné ;

« 6® L’eau étant décantée, lavez le dépôt avec de l’eau dans laquelle vous avez mis une quantité d’huile de vitriol (acide sulfurique; suffisante pour lui donner une saveur acide, comme le fort vinaigre. Quand cette eau aura resté pendant deux heures sur le marc, décantez-la comme la première ; passez ensuite un peu d’eau ordinaire sur le même marc, et décantez de nouveau, en ayant toujours soin de ne pas entraîner l’or.

« 7® L’or étant ainsi lavé, il faut le ramasser soigneusement, le faire sécher dans un poêlon de terre cuite, ensuite

ÉAÜ.

faite fondre l’or dans un creuset avec une petite quantité de salpêtre et de borax pour le réunir. Cet or sera fin.

« 8" Avant de jeter les eaux dont vous avez séparé l’or, prenez-en un litre environ, versez-y 125 grammes de couperose verte dissoute, comme il est dit ci-dessuS;, et si l’eau ne change pas de couleur, ce sera une preüve qu’elle ne contient pas d’or; si, au contraire, elle se troublait et devenait brune, il faudrait ajouter à la totalité de cette liqueur 125 grammes de couperose dissoute, et opérer comme la première fois.

« 9® Quant au sédiment blanc, ou marc laissé dans le premier pot, il faut, après l’avoir fait sécher, le fondre dans un creuset avec un peu de salpêtre et de borax mêlés , ensemble ; cette matière donnera de l’argent qui contiendra 2 pour 100 d’or. •

EAU de Botot. C’est un autre excellent dentifrice dont la composition doit être connue du dentiste. Pour la préparer on prend ;

Semence d’anis, 32 grammes; girofle et cannelle, de chaque, 8 grammes; huile volatile de menthe;, 2 grammes. Faites infuser ces ingrédients pendant sept ou huit heures dans un litre d’eau-de-vie, puis filtreZ;, et ajoutez 4 grammes d’alcoolat d’amhre. -

EAU de chaux. C’est de l’eau qui tient en suspension un sept centième de son poids de chaux. Elle est employée en médecine comme lithontriptique ; et, mêlée à l’huile d’olive, elle forme le Uniment oléo-calcaire pour le pansement des brûlures. On la regarde comme tonique, et, coupée avec du lait, elle corrige les aigreurs de l’estomac et remédie au dévoiement des adultes et des enfants.

EAU-DE-YIE de gaïae. On la prépare en faisant infuser 64 grammes de sciure de bois de gaïae dans un litre d’eau-de-vie pendant dix ou douze jours, en ayant soin d’agiter de temps en temps le vase; oïl la filtre ensuite. On se sert de cette eau , en en mettant quelques gouttes dans un

EAU

demi- verre d’eau fraîche, pour gargariser la bouche, après s’être frotté les dents avec la brosse et la poudre, ou l’opiat.

EAU de madame de la Vrillère. C’est un dentifrice aromatique stimulant, et antiscorbutique, dont on se sert avec beaucoup de^succès. Il est composé des ingrédients suivants :

Cannelle. ..........

Girofle . •

Écorces récentes de citrons.

Roses rouges sèches . . . .

Cochléaria .

Alcool . . . .

62 gram.

1/2 litre.

Après avoir concassé la cannelle et le girofle, on ajoute le cochléaria, les roses et les écorces de citron , que l’on a spin de diviser. On fait macérer le tout pendant vingt-quatre heures dans l’alcool, puis on distille au bain-marie,

EAU de Mélisse composée. Cette eau, dont nous allons indiquer la composition, est stomachique, tonique, et céphalique; elle calme les maux de dents, et dissipe les vapeurs et la mélancolie. La dose varie de dix gouttes à une cuillerée à café. On peut aussi s’en servir extérieurement comme de l’eau vulnéraire, et elle facilite l’éruption des dents permanentes.

Voici les ingrédients dont YEau de Mélisse se compose ;

Mélisse citronné en fleur récentes . 373 gram.

Restes de citrons récents . 63

Noix-muscades . . 31

Coriandre. ... ; . 16

Girofle. . 32

Cannelle . 32

Racines sèches d’Angélique de Bohême . 16

Esprit de vin rectifié . 2 litres.

Page 1