‹ Dictionnaire des sciences dentaires ou répertoire général de toutes les sciences nécessaires au dentiste. 2e édChapitre 162 sur 403 · ÉROSION · texte numérisé non relu

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quelques cas, par une compression constante, qui empêche l’abord du sang dans la tumeur, et qui tend à oblitérer les capillaires dilatés. Dans d’autres cas , on est forcé de lier les vaisseaux qui les alimentent, ou bien d’avoir recours à la ligature , à l’excision de la tumeur, ou à sa destruction, avec le cautère actuel.

ÉRIGNE. C’est le nom d’un instrument employé "dans la chirurgie dentaire et qui est formé d’une tige d’acier, aplatie dans son milieu et dont les extrémités sont pointues et recourbées en crochet. Quelques érignes ou airignes sont munies d’un manche à l’une de leurs extrémités, tandis que l’autre porte un ou deux crochets. Ces dernières sont nommées des érignes doubles : leurs crochets sont tantôt inamovibles, et tantôt ils peuvent s’écarter ou se rapprocher l’un de l’autre au moyen d’un anneau coulant. Les érignes servent, dans les opérations* que l’on est obligé de faire, dans les cavités, telles que la bouche ; on tire à soi , au moyen de l’érigne , la tumeur qui y proémine , tandis que de l’autre main, armée d’un bistouri ou de ciseaux , on en sépare la base des tissus environnants.

ÉROSION. On donne ce nom à la destruction , lente et graduelle, de la surface d’un os ou d’une dent. L’érosion des os peut avoir lieu à la suite de toute violence qui ébranle l’os lui-même , qui en produit la dénudation ou qui en lèse le périoste. L’érosion des dents n’est autre chose que l’atrophie de ces organes. C’est une maladie particulière à l’émail , et qui, dans son développement, présente plusieurs variétés. Chez certains sujets, elle se montre sous ta forme de lignes saillantes, ondulantes et transverses, qui apparaissent sur la couronne des dents. Chez d’autres, ce sont des rainures rugueuses et des enfoncements pointillés. Dans quelques cas, il y a destruction totale de l’émail , avec amincissement de l’organe dentaire et irrégularité de grosseur entre les dents pareilles. Cette érosion, ou atrophie des dents, dépend des maladies constitutionnelles, qui sont quelquefois héréditaires,

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et c’est un état maladif de ces organes contre lequel l’art est impuissant.

ÉRUPTIF. Qui est accompagné d’éruption de taches, de tumeurs, etc., à la peau. On nomme ainsi fièvres éruptives celles qui précèdent et qui accompagnent la variole, la rougeole, la scarlatine, la milière, etc. Pendant la durée de quelques-unes de ces maladies, les dents éprouvent une altération dans leur couleur, qui les défigure, mais qui se dissipe le plus souvent après la disparition de ces maladies.

ÉRUPTION des dents. On donne ce nom aux phénomènes qui accompagnent la sortie des couronnes des dents des alvéoles à travers le tissu gencival dont ces dernières, en bas âge, sont recouvertes. Les causes de l’éruption des dents sont rapportées aux trois théories suivantes ; l’une consiste à admettre une force extérieure à la dent , un gubernaculum dentis qui conduirait , selon M. Serre , cet ostéide dans sa marche et l’attirerait hors des gencives. Selon un autre observateur, le follicule membraneux de la dent se continue par son extrémité supérieure avec un canal étroit qui s’ouvre sur la gencive. Il pense qu’à mesure que la dent s’élève, elle dilate ce canal qu’il appelle iter dentis, et qui s’ouvre pour la laisser passer. Une autre consiste à n’attribuer l’éruption des dents qu’à leur seule évolution; et une troisième théorie est fondée sur les rapports qui existent entre le développement des follicules dentaires et celui des os maxillaires. En effet, les alvéoles ne sont pas toutes delà même profondeur; celle de la première incisive est moins profonde que celle de la seconde, celle-ci, moins que la première molaire; celle-ci moins que celle de la canine ; cès alvéoles présentent la même différence que les deux marcheâ consécutives d’un escalier, et le fond de chaque alvéole, en s’épaississant, soulève par degrés la dent correspondante. Quoi qu’il en soit, à mesure que la dent se développe sur son noyau pulpeux par l’addition des nouvelles couches qui se forment à sa surface interne, elle s’allonge, et le sommet de la couronne s’éloigne du fond

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de Talvéole pour se rapprocher de plus en plus de la gencive. Bientôt son sommet presse contre le feuillet externe du follicule que la pression de la dent finit par détruire, ainsi que la gencive à laquelle il adhère. Il se fait une absorption qui perce le follicule, et qui permet à la dent de sortir. Quand la couronne n’a qu’une seule pointe, il ne se fait qu’une ouverture, et la dent sort en s’agrandissant; mais lorsqu’elle est multicuspidée, il se forme autant d’ouvertures qu’elle a de tubercules, et il reste entre ses pointes une portion de gencive qui finit par être détruite. La matrice dentaire, ou follicule membraneux, se continue avec le tissu dès gencives par un canal étroit, et à mesure que la dent s’élève elle dilate ce canal qui se raccourcit de plus en plus , jusqu’à ce que la dent paraisse sur le bord gencival. Lorsque la dent est sortie de la gencive, la membrane externe des follicules qui a cessé de recouvrir sa couronne, continue d’envelopper la racine qu’elle unit aux parois de l’alvéole, en formant ce que l’on appelle le périoste alvéo-dentaire, qui n’est autre chose que le prolongement de la gencive avec laquelle il se continue au niveau du collet de la dent. Le sommet de la racine, comme le dit M. le. professeur Cruveilhier, ayant atteint le fond de l’alvéole, et l’accroissement de la dent ne pouvant plus se faire de ce côté , cet accroissement s’effectue du côté de la gencive , laquelle est comprimée, s’enflamme légèrement, et se perfore sans que, du reste, cette perforation soit le résultat exclusif de la distension produite par la dent; car la muqueuse gencivale est très peu distendue quand elle s’ouvre. La perforation de la gencive par les dents qui doivent la traverser, est une opération laborieuse; mais cependant elle est loin d’expliquer l’apparition des accidents graves qui accompagnent souvent l’époque orageuse de la première dentition. L’éruption des dents n’a point lieu simultanément; elle est successive, et l’ordre dans lequel se fait cette éruption est assujetti à des lois qui ne comportent que peu d’exceptions : les dents de la même espèce apparaissent

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par paire, l’une à droite, l’autre à gauche; 2” les dents de la mâchoire inférieure précèdent, dans leur apparition, celles de la mâchoire supérieure ; 3® les incisives moyennes précèdent les incisives latérales, celles-ci les premières molaires, après lesquelles viennent les canines, puis les deuxièmes molaires. Voici, au reste, à peu près l’ordre de l’éruptmi des dents de lait : du quatrième au dixième mois apparaissent les incisives moyennes inférieures, et bientôt les incisives moyennes supérieures ; du huitième au seizième mois les incisives latérales inférieures, puis les incisives latérales supérieures; du quinzième au vingt-quatrième, les premières molaires inférieures; du vingtième au trentième, les canines inférieures, qui sont, peu de temps après, suivies des canines supérieures. Dans certains cas, l’éruption des canines et celles des premières molaires sont simultanées, et quelquefois les canines paraissent avant ces dernières; [du vingt-huitième au quarantième mois, on voit apparaître les secondes molaires, pour, compléter les vingt dents de la première dentition. — Ordre d’apparition des dents de remplacement. Les premières grosses molaires précèdent de beaucoup les autres dents permanentes, et sont connues sous le nom vulgaire de dents de sept ans. L’éruption des autres dents de remplacement se fait dans le même ordre que celle des dents de lait. Voici cet ordre :

Incisives moyennes inférieures . de 6 à 8 ans.

» moyennes supérieures . de 7 à 9 »

» latérales . . de 8 à 1 0 »

Première petite molaire . de 9ài1 »

Canines . . de tO à »

• Deuxième petite molaire . . . de 41 à 43 »

Deuxième grasse molaire . de 4 2 à 4 4 »

Troisième grosse molaire ou dent de sagesse. . de 18 à 30 »

Ainsi, l’éruption des dents de lait, qui commence vers l’âge de six mois, est complète entre la troisième et la quatrième

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