FISTULES
On a soin de condamner en même temps le malade à l’abstinence et au silence, et de toucher souvent les bords de la plaie avec un stylet rougi au feu pour hâter la cicatrisation. Quand le calibre du canal de Stenon est rétréci par une maladie organique de ses parois , ou par du mucus endurci, ou par des concrétions calcaires, il faut chercher à le débarrasser des corps étrangers qu’il peut contenir et lui donner une dilatation suffisante par le moyen suivant, recommandé par le célèbre chirurgien Louise t , pour cette opération. On introduit un stylet boutonné par l’orifice fistuleux dans le canal de Stenon; on le dirige en bas , en dedans et en avant pour parcourir ce canal jusqu’à son arrivée dans la bouche. Les matières qui obstruent le canal cèdent facilement aux efforts de l’instrument, mais comme il faut assurer au canal une dilatation suffisante, on a soin d’y faire passer un ruban de linge de volume croissant que l’on fait agir, à la manière d’un séton, en introduisant chaque jour une nouvelle portion de la bande dans le canal, après avoir eu la précaution de l’enduire avec du cérat; dans les intervalles des pansements, les extrémités du ruban sont nouées à l’angle de la bouche, et attachées au bonnet du malade. Le calibre du canal une. fois rétabli, la salivé cesse de couler par la plaie dont on hâte la cicatrisation en la touchant du crayon de nitrate d’argent ou avec un bouton de feu.
FISTULES dentaires. On donne ce nom à des trajets anormaux qui établissent une communication entre la surface cariée des os maxillaires et la face libre des gencives. Ces fistules ont souvent leur origine dans les différentes espèces de carie dentaire qui affectent les racines des dents, et surtout dans la maladie connue sous le nom de consomption de la racine. (Yoyez le mot Consomption.) Elles sont aussi dues à l’opération du plombage quand la cavité nerveuse de la dent sur laquelle on opère est déjà ouverte, et le siège d’un suintement séreux ou purulent , et quelquefois ,
VISTULES.
mais plus rarement, elles sont produites par la présence, dans les os maxillaires, des tiges métalliques des dents à pivot. Ces fistules sont toujours précédées de vives douleurs et d’une tuméfaction circonscrite du tissu gencival , vis-à-vis de la portion cariée ou nécrosée de l’os maxillaire : tuméfaction qui est souvent accompagnée d’un appareil fébrile des plus intenses. A mesure que la maladie se prolonge, la tumeur devient de plus en plus circonscrite; elle se ramollit, se blanchit à son sommet et s’ouvre le plus souvent dans un seul point, mais souvent aussi il se forme plusieurs ouvertures fistuleuses, qui donnent au tissu perforé l’apparence d’un crible. La matière qui s’en échappe est un mélange de sérosité et de pus , qui devient plus tard une sérosité sanieuse, noirâtre et fétide. Les bords de ces orifices sont tuméfiés et calleux; la circonférence est, en général, peu œdématiée, mais rougeâtre et mamelonnée. Quelquefois l’ulcère n’a qu’un petit trou, presque obstrué par l’ichor séreux qui en découle et qui est desséché par le contact de l’air. Au bout d’un certain temps, si l’on examine l’état des parties situées sous l’ulcère, on reconnaît facilement, à l’aide de la sonde ou du stylet, que l’os est non-seulement dénudé, atteint de carie et de -nécrose, mais aussi qu’il y en a des portions qui sont complètement détachées et mobiles. Les fistules dentaires ne doivent pas être confondues avec une autre maladie qui affecte les environs de la mâchoire inférieure et qui est due à des engorgements scrofuleux. Les vraies fistules dentaires ont leur point de départ dans la racine des dents et dans l’os même des mâchoires, et guérissent assez promptement après l’avulsion de la dent qui les a produites ou des esquilles qui les entretiennent, et elles peuvent affecter les personnes de tout âge et de toute constitution , tandis que les fistules scrofuleuses ne se voient guère que chez les enfants et chez les adolescents d’une santé débile et chez lesquels on voit en même temps des masses de ganglions engorgés, s’étendant souvent depuis l’occiput jusqu’à la cia-