‹ Dictionnaire des sciences dentaires ou répertoire général de toutes les sciences nécessaires au dentiste. 2e édChapitre 297 sur 403 · NITRATE · texte numérisé non relu

NITRATE

rieuremeiit par le lobe qui surmonte les narines (Voyez ce mot). Ces dernières sont bornées en dehors par une portion arrondie et bombée, appelée aile du nez. Il est rare de voir le nez occuper exactement la ligne médiane de la figure ; il est presque toujours déjeté plus ou moins à droite. Peutêtre cette disposition est due, comme le pense le célèbre Beclard, à l’habitude qu’on a de se moucher avec lamain droite. La configuration générale du nez offre un certain nombre de variétés, telles que le nez aquilin.^ qui est.alongé, pointu et incliné en bas, le nez camard ou épaté, qui est comme écrasé, et dont les ouvertures, au lieu de regarder directement en bas, se tournent plus ou moins en avant, et le nez retroussé ou à la roxelane dont le lobe est fortement relevé. (Voyez les mots Narines et Fosses nasales).

NICKEL. C’est le nom d’un métal de la cinquième classe de minéral, qui se trouve dans la nature allié avec d’autres métaux ou à l’état de sulfure. Il est d’un blanc argentin très difficile à fondre, mais malléable et susceptible d’être tiré en fils très fins. Ce métal ne sert ni dans la médecine, ni dans la prothèse dentaire, mais son oxyde est employé pour colorer l’émail des dents artificielles. (Voyez les mots Émail, Coloration et Minérale).

NICOTIANE. Nom botanique du tabac. (Voyez ce mot.)

NITRATE. Nom d’un genre de sels formés d’une base et d’acide nitrique. Quelques-uns d’entre eux doivent être connus du dentiste.

NITRATE d’argent. C’est un sel qui cristallise en lames minces et brillantes qui sont très solubles dans l’eau. Sa saveur est amère et caustique; il tache la peau en violet, et, quand il est fondu et coulé dans des moules, il constitue la pierre infernale employée par le dentiste contre les aphthes, les épulies et autres maladies de la bouche.

NITRATE de bismuth. Ce sel, employé dans la préparation du blanc de fard, cristallise en tétraèdres comprimés. Il est blanc et soluble dans l’eau quand il est acide. Quand

il ne l’est pas, il se sépare dans l’eau en deux portions, une portion qui reste dissoute, c’est le nitrate acide, et une portion qui se précipite, c’est le sous-nitrate de bismuth ou blanc de fard, très connu comme cosmétique, et dont nous avons parlé au mot Blanc.

NITRATE de mercure. Il y en a de plusieurs sortes le nitrate acide de mercure , employé dans l’art du dentiste pour cautériser certaines tumeurs de mauvaise nature qui se développent dans les divers organes de la bouche,, pour réprimer les chairs fongeuses des plaies des gencives, et une foule d’autres usages semblables,, est liquide, incolore, et doué d’une saveur âcre et styp tique; on lui donnait autrefois les noms d’ruM mercurielle, de remède du capucin, et remède du duc d’Antin.

NITRIQUE. L’acide nitrique, connu dans le commerce sous le nom d’eau-forte, d’esprit de nitre, etc,.j sert, dans l’atelier et dans le cabinet du dentiste, à cautériser les plaies de la bouche, à séparer l’argent des autres limailles, à découper les plaques en or et en platine, à faire l’eau secondé, et une foule d’autres objets de première utilité.. On en trouvera une description au mot Acide.

NITRO-HYDROCHLORIQÜE. Nom donné à l’eau régale.

NŒUD d’emballeur. Bandage compressif employé dans les plaies faites à l’artère et dans celles de la tête.. Inutile pour le dentiste.

NOIX.. Nom donné par tes naturalistes à tout fruit revêtu, comme celui du noyer, d’une coque dure et ligneuse.

NOIX d’arec. C’est le fruit de l’arec de l’Inde, de Vareca eatethu, sorte de palmier qui croît aux Moluques et à Ceylan. L’amande de cette noix, qui a une saveur âcre et astringente , entre en grande proportion dans la composition masticatoire connue sous le nom de bétel. (Voyez Arec et Bétel.')

NOIX de Ben. Elle fournit une huile fine qui ne rancit

OBTURATION.

pas, et dont on se sert pour la fine horlogerie. (Voyez Ben.)

NOIX de cacao. C’est le fruit du cacaotier qui fournit le beurre végétal, et dont l’amande sert à faire le chocolat.

NOIX de Galle. Excroissances dures et ligneuses, qui naissent sur les feuilles et sur les rameaux de certains chênes du Levant, par suite de la piqûre du cynips. Elles contiennent beaucoup d’acide gallique et de tannin.

NOURRICE. L’état de santé et la constitution morale et physique de la nourrice ont une très forte influence sur la dentition des enfants. Voyez, à cet égard, ce que nous avons dit m mot Allaitement.

OBLITÉRATION. On nomme ainsi, dans la chirurgie dentaire, le rapprochement et l’adhérence entre elles des parois d’un canal ou vaisseau, de manière à détruire le calibre de ce dernier, et à l’empêcher de laisser passer les fluides qui le parcourent dans son état normal. Les conduits salivaires, surtout les canaux de Sténonet de Wharton, peuvent être oblitérés dans un de leurs points, à la suite de stomatites aiguës et chroniques, dont l’inflammation se propage souvent dans ces conduits, à la suite de plaies faites aux parois de la bouche, etc. La salive, dans ce cas, s’amasse derrière le point oblitéré , et forme une tumeur salivaire qui s’enflamme, et donne naissance à une fistule qui peut s’ouvrir dans la bouche ou en dehors. (Voyez les mots Grenouillette et Fistule.

OBTURATION. On nomme ainsi les appareils d’espèces différentes employés par les dentistes pour boucher et obturer les ouvertures anormales qui se font à la voûte palatine, et qui établissent une communication entre la bouche et les fosses nasales. Pétronius, qui écrivait en 1 565, paraît être le premier qui ait parlé des obturateurs, et il conseille la cire, l’éponge, le coton, etc., comme objets à employer pour les confectionner. Trente ans après, Ambroise Paré fit graver deux modèles d’obturateurs qui, malgré leurs grandes imperfections, furent presque les seuls dont on se servit en

ORTURÀTION.

France jusqu’en '1728, quand Fauchard indiqua, dans son Traité des maladies delabouche, cinq nouveaux obturateurs, plus compliqués dans le mécanisme, mais infiniment préférables à ceux qui étaient employés avant son temps. C’est à lui que nous devons l’obturateur à ailes, vanté à outrance comme un modèle d’ingénuité, mais auquel une foule de résultats pratiques ont depuis longtemps enlevé ses mérites prétendus; car il partage, avec la plupart des obturateurs de ce temps, le vice radical de comprimer les bords des perforations , et de s’opposer au rétrécissement de l’ouverture eonlre laquelle il s’appuie. Il animait aussi les portions saisies entre la plaque elles ailes, de sorte que les parties comprimées étaient graduellement détruites, et ta perforation énormément agrandie. Il nous est arrivé, en deux occasions, d’être appelé pour extraire des fosses nasales cet appareil, qui était entièrement passé par l’ouverture qu’il s’était faite au palais. De ces- sortes de palais artificiels ou obturateurs qui prenaient tous leur point d’appui sur les bords de l’ouverture anormale, ou passait à l’ohturaleur à chapeau qui consistait en un cylindre creux, fermé en tous sens, et d’une dimension un peu moindre que celle de l’ouverture dans laquelle il pénétrait ; on soudait au bas du cylindre un bord circulaire qui recouvrait les bords de la perforation, et qui se fixait antérieurement à deux dents artificielles dont les pivots métalliques s’enfonçaient dans, les racines des dents incisives naturelles, coupées exprès pour faciliter la mise de l’appareil. Cette invention, qui avait cela d’utile qu’elle ne tendait pas' à agrandir l’ouverture palatine ou à en ulcérer les bords, fut bientôt abandonnée à cause de la douleur de l’opération, de la perte des dents incisives, et de son peu de stabilité dans la bouche du malade. Plus tard sont venus les obturateurs à plaques, maintenus par des tiges qui s’arc-boutent aux dents grandes molaires, et ce sont ceux-ci qui sont aujourd’hui le plus employés. Bourdet fut le premier à faire appliquer à la voûte palatine perforée des [ plaques simples que

OBTURATION.

l’on cherchait d’abord à fixer au moyen de cordonnets de soie qui se liaient sur les dents voisines; mais ces fils contenaient mal l’appareil; et, outre cela, ils remontaient trop haut en pénétrant sous la gencive qu’ils excoriaient et qu’ils séparaient d’avec le collet des dents. C’est à ces cordonnets de soie que l’on a substitué les arcs-boutants métalliques dont nous venons de parler.

J’ai cité dans mon Encyclopédie du dentiste^ page 287, tes palais artificiels connus dans le monde, sous le nom d’obturateur s-Rogers^ et qui se distinguent des autres appareils de ce genre, en ce qu’aucune particule métallique n’entre dans leur composition. Ils sont faits d’une matière douce et légère, et tenus contre le palais par la force de la succion seule, et on peut les ôter et les remettre avec la plus grande facilité. Il y a quelques années, il s’est présenté chez moi une jeune dame américaine, pour me prier de prendre soin de sa bouche. Je vis à la première inspection qu’elle n’avait pas de palais. Les incisives garnissaient le devant des mâchoires, mais toutes les molaires étaient absentes. Le nez et les joues n’étant pas soutenus par les os du palais, pendaient de la manière la plus désagréable, et donnaient un aspect repoussant à la jeune dame que je devais rendre belle quelques jours après. En effet, je pris exactement la dimension de sa bouche, et je fabriquai un palais artificiel que je parvins à assujettir parfaitement, Yoici comment je procédai : je mis à profit l’absence des dents molaires de la jeune dame, pour établir dans la place qu’elles avaient dû occuper la base de mon obturateur; le procédé réussit à merveille, et la jeune Américaine eut en même temps des dents molaires et un palais qui ne la gênaient en rien, car cet appareil gracieux et léger se tenait, comme nous l’avons dit, par la succion seule. Cette opération fit grand bruit dans le monde, car la jeune dame qui pouvait à peine se faire comprendre, s’exprima avec pureté et facilité, et chanta peu de temps après de manière à sé faire applaudir

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