‹ Dictionnaire des sciences dentaires ou répertoire général de toutes les sciences nécessaires au dentiste. 2e édChapitre 298 sur 403 · OBTURATEUR · texte numérisé non relu

OBTURATEUR

dans plusieurs salons de Versailles. Nous ne croyons pas devoir donner une description minutieuse de chacun des obturateurs qu’on a inventés depuis le temps de Pétronius et d’Ambroise Paré. Il suffit de dire que les obturateurs à tampon étaient tous essentiellement nuisibles, et que l’introduction de la cire, du coton, de l’éponge, des chapeaux et des boutons en métal entre les bords de la perforation, met un obstacle permanent au rapprochement spontané des bords de l’ouverture anormale du palais, quand même elle n’opère pas rulcération de ces bords, et l’agrandissement du mal existant. Les seuls obturateurs reconnus efficaces aujourd’hui par les bons dentistes sont, comme nous l’avons dit, les obturateurs-Rogers dont nous avons donné la description, et les plaques palatines simples soutenues par des tiges arquées qui se fixent sur les dents molaires. Nous mettons ici cependant pour satisfaire à la curiosité de nos lecteurs deux des obturateurs anciens, les plus connus r OBTURATEUR des ailes. Il est du à l’invention du célèbre Fauchard, et se compose d’une plaque qui s’adapte exactement aux bords de l’ouverture qu’elle dépasse de deux lignes pour continuer le plan de la voûte palatine et de deux ailes mobiles articulées par charnières à la base d’une tige à canon qui est elle-même soudée à la surface nasale de la plaque. Ces ailes peuvent, à l’aide d’une vis de rappel, mise en jeu par une clé de montre qui s’introduit dans une ouverture qui contient un carré et qui est pratiquée dans la surface palatine, de la plaque, être abaissées ou relevées a volonté. Pour appliquer cet appareil, on tient relevées et adossées l’une à l’autre les deux ailes jusqu’au moment où elles ont franchi la perforation. Alors au moyen de la clé on les sépare et on les abaisse sur les bords de l’ouverture qu’elles serrent entre elles et la plaque palatine, et l’appareil est établi.

OBTURATEUR à verrous. Celui-ci, d’une invention plus récente que celui qui précède, n’est qu’une modification de

ODONTÂGRE.

l’obturateur à deux plaques d’Ambroise Paré. En effet, il sé compose comme lui d’une plaque palatine qui sert de platine à deux verrous coulant à volonté, et en sens opposés sur la surface nasale, et qui se logent au-dessus des bords de l’ouverture qui leur servent de support. Ces deux obturateurs, comme tous ceux qui prenaient leur point d’appui sur les bords de l’ouverture palatine, sont avec justice abandonnés.

OBTURATION, Ce mot est moins employé que le mot plombage pour exprimer l’opération qui consiste à combler les excavations des dents cariées avec les feuilles d’or, d’argent, de plomb, d’étain, des pâtes minérales, du mastic et d’autres matières semblables. Nous parlerons de celte opération à l’article Plombage.

ODAXISME. Nom donné au prurit douloureux des gencives qui accompagnent l’éruption des dents de lait.

ODEURS, Les odeurs sont, selon la plupart des auteurs, des particules matériellesdu corps odorant qui, émanées de sa substance, vont impressionner le sens de Uodorat. On ne sait cependant si les particules odorantes forment un élément unique et particulier des corps, c’est-à-dire un arôme ou esprit recteur, ou si elles sont les molécules intégrantes du corps odorant, qui ont été volatilisées par le calorique et dissoutes dans l’air. Les odeurs ont été classifiées en animales, végétales et minérales. Haller les distinguait en ambrosiaques, en fétides et en mixtes. Linnée en établissait sept çlasses, les aromatiques.^ fournies par les labiées et les laiirinées ; les fragranles^ données par le lys et le Jasmin; les amhroisiaques., telles que celles du musc et des roses ; les alliacées, de l’ail, etc. ; les fétides^ celles de la valériane et autres ; les cireuses., comme celles qui proviennent de l’opium et des plantes narcotiques; les nauséeuses des plantes cucurbitacées. Elles se dissolvent sur la muqueuse pituitaire, et fournissent au cerveau des sensations spéciales.

ODONTAGRE. Nom donné à une douleur rhumatismale

ODONTALGIE. 477

OU goutteuse des dents qui est souvent accompagnée d’un gonflement fluxionnaire delà joue.

ODONTALGIE. On désigne par ce mot toute douleur fixe qui a son siège dans une ou plusieurs des dents, et qui se distingue des névralgies maxillaires par la fixité de la douleur et par sa continuité. Les causes qui peuvent produire rodontalgie sont très diverses, telles sont les violences extérieures qui produisent la fracture ou l’entamure de ces organes, l’inflammation des membranes ou de la pulpe contenues dans la cavité dentaire, le transport des vices rhumatismaux, goutteux, érésipélateux et dartreux, sur une portion des arcades dentaires, le contact des aliments trop chauds ou trop froids, l’air froid et une foule d’autres causes semblables. Mais il est une cause qui est beaucoup'q)lus fréquente que toutes les autres, et qui produit des odontalgies, des souffrances atroces dans les dents qui en sont affectées : c’est la carie ou décomposition spontanée de la portion dure des dents, dont nous avons établi une variété d’espèces que l’on trouvera décrites au mot Carie. Voici la classification des diverses espèces d’odontalgie établie par le célèbre auteur du livre intitulé Doctrina de morbis dentium^ et que nous croyons utile de conserver.

ODONTALGIE aiguë, ou rage de dents. Elle produit des élancements insupportables dans les dents, les gencives, les Joues et même dans les oreilles; elle peut occasioner des syncopes, des convulsions, la fièvre, les spasmes : elle prive entièrement du sommeil. Lorsque la joue et les gencives se gonflent, que la salive devient abondante, c’est un signe de soulagement prochain. Nous renvoyons pour le traitement à l’article consacré à la névralgie maxillaire ou dentaire.

Quant aux odontalgies qui dépendent de la carie des dents on les calme en les entourant d’un morceau de coton imbibé de laudanum et d’une solution de morphine. Aussitôt que la violence de la douleur est passée, on doit cautériser toute la surface cariée avec un cautère chauffé au rouge-blanc et tam-

ODONTÀLGIE.

ponner l’excavation formée avec de l’or ou une des autres substances employées pour l’obturation de ces organes.

ODONTÂLGIE arthritique ou odontagre. Cette espèce a pour cause une métastase goutteuse et disparaît lorsque la goutte a été rappelée à son siège primitif.

ODONTALGIE catarrhale. Elle est caractérisée par le gonflement des gencives, par la tuméfaction pâteuse de la joue, et par une supersécrétion de la salive ; elle se déclare ordinairement dans des temps froids et humides. On oppose à cette espèce, quand elle est encore récente, les moyens locaux et généraux antiphlogistiques ; quand elle se prolonge, on la combat par des collutoires aromatiques et sialagogues, les embrocations et les fumigations narcotiques^ les purgatifs et les sudorifiques.

ODONTALGIE gastrique ou vermineuse. Elle est entretenue selon Pleuck, par un état saburral despremièers voies, etpar la présence des vers intestinaux. On la guérit en les expulsant.

ODONTALGIE inflammatoire. Elle ne diffère de la précédente que par plus d’intensité ; elle exige d’ailleurs le même traitement.

ODONTALGIE névreuse. Nous l’avons déjà décrite au mot Névralgie dentaire.

ODONTALGIE rhumatismale. Elle peut se développer dans lès dents saines ou affectées de carie ; elle survient particuliérement dans les temps froids et humides, et alterne chez quelques sujets avec des ophthalmies et des affections rhumatismales. Les gencives, dans cette espèce d’odontalgie, ne sont ni rouges ni gonflées. On la combat par des remèdes sudorifiques, des frictions chaudes et aromatiques sur tout le corps, dés sangsues aux gencives, des -vésicatoires à la nuque, et des sinapismes aux pieds.

ODONTALGIE sanguine. Elle Survient particulièrement chez les jeunes sujets, les femmes enceintes et les nourrices. Elle reconnaît pour cause la suppression d’une hémorra-

ODONTOTFXHNIE.

gie nasale habituelle, des hémorroïdes, du flux menstruel et l’usage des aliments irritants. Les gencives, dans cette espèce, sont rouges, gonflées, et la douleur est pulsative. On conseille la saignée du bras, les sangsues à la mâchoire, les mouchetures sur les gencives, les lavements et les bains. Il faut aussi chercher à rétablir l’évacuation sanguine supprimée.

ODONTÂLGÏQÜE. Ce mot est vicieusement employé dans le sens d’antiodontalgique, et s’applique aux lotions, élixirs, poudres et moyens généraux que l’on met en usage pour faire cesser les douleurs dont les dents peuvent devenir le siège.

ODONTAGLYPHON. Sorte de rugine employée par les anciens dentistes, pour enlever le tartre qui s’amasse sur les dents.

ODONTALITHE. Nom donné au tartre des dents, sorte d’incrustation de couleur jaune-verdâtreet quelquefois presque noire qui se forme à la base des dents et qui est formée de phosphate de chaux, de mucus et d’une matière animale, soluble dans l’acide chlorhydrique. (Voyez Tartre.')

ODONTOLOGIE. On désigne ainsi la partie de l’anato mie qui traite spécialement de la structure et des rapports des organes dentaires.

ODONTOPHYE. Nom que l’on donnait autrefois à l’accroissement des dents et. à leur sortie hors des alvéoles. Voyez à ce sujet les mots : Dent., Démloppement et Eruption.

ODONTOTECHNIE. On désigne ainsi l’art du dentiste, dont le but est de conserver les dents, de remédier à leurs maladies, et de fabriquer et de poser des dents artificielles. La partie de l’odontotechnie qui s’occupe des moyens mécaniques inventés pour réparer la perte des dents naturelles porte le nom àQ prothèse dentaire. Quoique le célèbre Urbain Henard ait fabriqué des dents artificielles en \ 581 , l’odontotechnie ne fit aucun progrès avant le dix-huitième siècle.

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