‹ Dictionnaire des sciences dentaires ou répertoire général de toutes les sciences nécessaires au dentiste. 2e édChapitre 78 sur 403 · CAPILLAIRES · texte numérisé non relu

CAPILLAIRES

Winter. Les plaques sont roulées sur elles-mêmes, blanches et épaisses. Elle jouit des propriétés stimulantes, stomachiques et antiscorbutiques plus prononcées même que celles de la cannelle précédente.

CAOUTCHOUC. Cette substance, nommée aussi gomme élastique, découle des incisions faites à l’écorce de l’arbre hevea quianensis de la famille des tithymales, qui croît dans l’Amérique méridionale. C’est d’abord un suc laiteux qui prend de la consistance en absorbant l’oxygène de l’air. Le caoutchouc pur est blanc ; celui du commerce est brun à cause de la fumée à laquelle il est exposé par les Indiens pour le dessécher. Il est soüde, mou, fort élastique, flexible et plus léger que l’eau. Il est insoluble dans l’eau et dans l’alcool; l’eau bouillante le ramollit, le gonfle et le rend ainsi soluble dans les huiles volatiles : il n’offre pas un grand intérêt aux dentistes. Quelques-uns d’entre eux cependant se servent d’un ruban de cette substance pour remédier à la trop grande obliquité des dents en avant. Les extrémités du ruban se fixent aux grilles métalliques adaptées aux molaires de chaque côté, et la pression exercée sur la face antérieure des dents incisives et canines par le rétrécissement graduel du caoutchouc, tend à faire prendre à celles-ci une position plus érecte.

CAPELINE. Nom d’un ancien bandage à deux globes, employé autrefois dans les cas d’écartement des sutures crànéennes, dans les plaies avec fraction de la tête, et dans les cas de luxation de la mâchoire inférieure. Il n’est plus employé.

CAPILLAIRES. On donne ce nom en anatomie aux extrémités ténues des artères et des veines. Leur ensemble constitue le système capillaire, qui est intermédiaire aux systèmes artériel et veineux. Les vaisseaux capillaires sont répandus en grande profusion dans tous nos organes, et deviennent, dans les cas de phlegmon, le siège d’un flux sanguin remarquable.

CARIE

CAPSULE. C’est un creuset en forme de bol et d’une épaisseur partout égale. Les creusets sont faits de poterie, de grès, de faïence, de la terre nommée wedgenvood , de verre dépoli, de cuivre et de platine, suivant l’usage qu’on veut en faire. On se sert de ces capsules dans la fabrication de l’émail tendre employé par quelques dentistes arriérés dans la formation des gencives artificielles.

CARIE. La carie des os n’est que l’ulcération de ces organes. Les os de l’une et de l’autre mâchoire peuvent être atteints dé carie, et celle-ci peut être due à des violences extérieures ou à des vices de constitution, tels que la syphilis, les scrofules, etc., ou bien à l’extension de l’inflammation chronique des parties molles, ou bien à la présence des racines de dents gâtées dans les alvéoles. La carie de ces os est ordinairement précédée d’une douleur locale de quelque durée : l’os malade se gonfle, la membrane qui tapisse ses cellules sécrète du pus^ et celui-ci, au moyen de la communication qui existe entre toutes les cellules, se ramasse en foyer. Ce travail morbide, borné d’abord à l’intérieur de l’os, se communique au périoste, et de là aux parties molles qui le recouvrent, et une fistule ne tarde pas à s’établir. La matière déliée qui échappe de ces sortes de fistules n’a jamais la consistance du bon pus ; c’est une sérosité noirâtre, qui est d’abord inodore, mais qui devient plus tard, par le contact de l’air, excessivement infecte. Pour s’assurer d’une manière positive que l’os même est malade, on fait parcourir au trajet fistuleux l’extrémité mousse d’une sonde en acier, et celle-ci, arrivée au siège primitif du mal, fait entendre un bruit de craquement distinct provenant du brisement des lames osseuses amincies de l’os et des fongosités saignantes qui s’y trouvent. Cette maladie peut avoir son siège dans toutes les parties des os m.axillaires, et il n’est pas rare de la voir opérer la perforation de la voûte palatine et établir ainsi une communication entre la bouche et les fosses nasales, ou bien entre celle-là et l’intérieur du sinus

CARIE

maxillaire. Dans les maladies de cette espèce, qui attaquent les organes de la bouche, le dentiste doit s’assurer si le mal ne dépend pas d’une maladie générale de l’économie ; scrofule , scorbut ou syphilis, et dans les cas où la carié est due à ces états généraux, il se hâtera de les combattre par des moyens appropriés à chacun d’eux. Quand la maladie est purement locale, et quand elle persiste après que le vice constitutionnel qui l’avait produite est guéri, il faut chercher à dessécher, à changer de nature la surface sanieuse de l’os, au moyen des poudres absorbantes, des injections irritantes, telles que les dissolutions de nitrate acide de mercure, de sublimé corrosif, etc., ou, ce qui vaut mieux, quand la chose est possible, c’est de porter sans timidité un stylet ou un cautère quelconque chauffé au blanc sur la surface malade et de brûler radicalement toute la partie cariée. ^

CARIE dentaire. A proprement parler , le mot carie n’est plus applicable à la destruction lente delà substance calcaire des dents que l’on voit souvent dans l’état maladif de ces organes. Le mot carie suppose dans l’endroit qui en est le siège, la présence d’une trame organique de tissus vivants capables de produire le pus sanieux qui èn découle. Mais des recherches récentes sur la nature des dents ont établi, au-delà de doute, que les parties dures de ces ostéides ne sont nullement organisées, pas plus que ne le sont les couches calcaires qui constituent l’écaille de l’huitre, et qui sont simplement le produit d’une matière épanchée par la membrane sécrétoire qu’elles recouvrent. La substance purement minérale qui compose la coque de la dent ne peut donc pas être affectée de carie, mais bien de la décomposition chimique des sels qui la forment. Cependant le droit- de citer ce mot dans le langage de notre art, est depuis trop longtemps établi pour que nous cherchions à lui substituer un mot de formation nouvelle, d’autant plus qu’il peut servir à exprimer aussi bien que tout autre le fait de la destruction de la ma- . tière calcaire des dents, sans préjuger en aucune manière

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CARIE

SUT la nature de celte dernière. La carie est donc la destruction graduelle de la portion dure des dents. Elle peut avoir . son point de départ à l’intérieur comme à l’extérieur, et à la racine comme à la couronne de ces organes; mais les dents molaires sont certainement plus fréquemment affectées de carie que ne le sont leurs voisines les incisives et les canines. Nous rejetons de prime-abord l’absurde division des caries en sèches et humides, qui était autrefois à la mode, et nous croyons rendre à nos lecteurs un service réel, en leur plaçant sous les yeux la classification des différentes sortes de carie dentaire, établie par un auteur qui a rendu les plus grands services à notre art et dont la précision et l’exactitude sont confirmées par les expériences de tous les jours.

Les espèces de carie qu’il a établies sont au nombre de sept, et nous allons ici les énumérer.

r Carie calcaire qui consiste dans une légère dépression circulaire qui se forme auprès de la gencive, et où l’on voit l’émail devenir beaucoup plus blanc qu’il n’est naturellement, et devenir en même temps inégal, friable et d’une sensibilité morbide extrême.

T Carie écorçante. Dans cette espèce, la maladie commence par une tache jaune qui se forme sur l’émail de la couronne. L’émail lui-même, devenu friable, se détache sou-, vent en totalité, et laisse apercevoir l’ivoire plus ou moins altéré, de couleur jaune ou même brune, plus mou que de naturel, et doué d’une sensibilité obscure.

3“ Carie perforante. Cette espèce commence par une tache plus ou moins foncée sur l’émail qui, avec le temps, dégénère en une petite cavité qui croit en largeur et en profondeur, et dont les parois, qui sont jaunâtres ou noires, sont très sensibles , à l’impression du froid ou des corps étrangers et pénétrées d’une humidité fétide.

4® Carie charbonnée. Le caractère principal de cette espèce est une taché de couleur noire, circulaire, qui prend soq

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origine dans l’ivoire ou à la face interne de l’émail, et qui est très visible à travers ce dernier, qui, à cet endroit, est transparant et bleucàtre. Peu-à-peu fémail se détruit, et l’on voit dans l’épaisseur de l’ivoire une cavité à parois ' sèches, friables et noires, qui s’agrandit rapidement, mais qui ne donne pas d’odeur, et qui est privée dé sensibilité.

5® Carie stationnaire. La marche de la maladie, dans celle-ci, ne diffère guère de celle qq’elle affecte dans l’espèce précédente, et peut-être n’en est-elle qu’une variété. On y voit la même tache noire suivie d’une excavation à parois insensibles et inodores comme dans le cas précédent, mais qui, loin d’être friables, sont aussi dures et aussi compacte:- que l’est le tissu naturel de la dent. Après une marche plus ou moins rapide au début, la maladie ne fait que des progrès très, lents et semble même cesser complètement, d’où vient ce nom qu’on lui a imposé.

6® Carie curée. Cette espèce de carie n’affecte que la couronne des molaires; elle se distingue par une dépression superficielle au milieu de laquelle se trouve une tache jaune ou brune. L’émaib dans cet endroit, est détruit, mais la matière éburnée qui le remplace est aussi consistante et aussi peu impressionnable que l’émail même. L’état poli de la surface de cette substance ferait croire que la dépression n’était que l’effet de l’usure produite par le contact de la dent correspondante de l’autre mâchoire; mais l’examen attentif de celle-ci fera voir que la dépression dont nous parlons ne lui est pas due, et que cet état de la dent n’est que le résultat d’un moyen que la nature a employé pour curer ou guérir une autre maladie.

T Carie diruptide. Cette sorte de carie se montre à l’endroit de la dent qui unit la couronne à la racine, mais elle agit principalement sur cette dernière qui devient es^cessivement sensible au froid, au chaud, aux acides et au moindre contact des corps étrangers. Il y a d’abord une tache Jaune et un ramollissement de la partie qui se change ensuite en

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