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DATE

PRÉFACE

La science dentaire, tout le monde le reconnaît, a fait depuis quelques années d’immenses progrès. A la tête de cette régénération marche M. William ^logers qui, par ses inventions et ses doctrines, s’est acquis une renommée européenne ; si nous voulions considérer seu-; lement M. Rogers comme professeur de prothèse, nous montrerions en quoi l’art du dentiste est redevable à son talent de procédés merveilleux qui ont simplifié et considérablemont amélioré l’Odontotechnie ; mais en ce (*)

(*) Nous avons cru que la meilleure préface du Dictiomiaire des Sciences dentaires^ était une esquisse de la vie de notre auteur que nous avons puisée dans la Biographie des hommes du jour y par MM. G. Sarrut et B. Saint-Edme, 13® volume. La rapidité avec laquelle s’est écoulée la première édition de ce dictionnaire, ne nous laisse aucun doute sur la manière dont le public accueillera cette nouvelle édition, que nous avons acquise, et qui a été revue, corrigée et considérablement augmentée par l’anlGur. [Note de VlUilcur.')

PREFACE

moment nous voulons surtout envisager le célèbre dentiste comme auteur. En effet, ses ouvrages ont un si grand retentissement que nous croyons plaire à nos lecteurs en portant à leur connaissance les doctrines du grand dentiste.

Inventeur des Osanores, ou râteliers à succion , M. Rogers, non content d’avoir mérité par cette découverte la reconnaissance publique, a écrit plusieurs ouvrages dont quelques extraits suffiront pour prouver d’une manière incontestable qu’il ne s’est pas borné à la pratique matérielle de la prothèse, mais qu’il a étudié tous les secrets de la science dentaire.

Originaire de Londres, compatriote des Fox, des Hunter, Beedmore, Downing, Faller et autres célèbres dentistes, M. William Rogers se sentit, dès son enfance, une vocation irrésistible vers l’étude des sciences dentaires. A un âge où le commun des hommes cherche à deviner le secret de sa vocation, il avait fait dans cette profession de très grands progrès. Tout autre que lui se serait contenté de ces premiers travaux qui le mettaien! à même de lutter avantageusement avec les plus habiles praticiens de son pays : il pensa autrement , quitta sa patrie pour aller compléter ses études dans les écoles de la Hollande et dans les universités d’Allemagne ; il vint ensuite en France, terre classique des améliorations et du progrès.

Isolé d’abord dans notre grande capitale, il eut besoin de toutes les ressources de son courage pour y acquérir droit de bourgeoisie parmi nos dentistes les plus

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célèbres. Cependant la lutte ne fut pas longue , car jM. Piogers avait reçu de la nature le don des inventions avec lequel tout homme arrive à la célébrité.

Nous allons faire connaître quelques-unes de ses principales decouvertes:

Les Obturateurs, ou palais artiti ciels-Rogers , sont regardés parles praticiens comme un chef-d’œuvre d’Odontotechnie. En effet, les plus fameux dentistes, Fox lui-même, croyait qu’il était impossible de remédier à cette difformité de la bouche; cependant les palais artificiels-Rogers, à l’instar des Osanores , tiennent par la pression atmosphérique, et l’on conçoit qu’il est facile de les ôter, de les remettre et de les nettoyer.

Les Dentifrices, qui sont des moyens non-seulement de calmer, mais de prévenir les affections dentaires, ont été l’objet de l’attention particulière de M. Rogers. Composés de substances végétales, ils ne renferment aucun des ingrédients empruntés à la minéralogie, qui blanchissent pour un instant les dents, mais qui corrodent, dissolvent l’émail et prédisposent à la carie.

Veau Rogers , guérit radicalement les odontalgies les plus aiguës, raffermit les gencives et arrête la carie dans les cas les plus rebelles.

L’odeur de ce dentifrice est des plus agréables.

[.'Eau anti-scorbulique-Rogers est précieuse surtout pour les gonflements de gencives ; lorsque l’air est humide et vicié, ou que l’on a xme prédisposition au scorbut.

M. Rogers est aussi l’invenlenr d’une brosse (pii

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porte son nom et dont personne n’a nie la supériorité. Les bords sont garnis de crins fins; les crins du milieu offrent seuls de la consistance. On comprendra sans peine qu’avec une brosse si habilement confectionnée , on peut aisément se nettoyer les dents sans avoir besoin de prendre les précautions que nécessitent les brosses ordinaires avec lesquelles on est sans cesse exposé à déchausser les gencives.

Le Régulateur, inventé par M. Rogers, est un petit instrument à l’aide duquel on peut facilement redresser les dents qui ont pris ou qui tendent à prendre une fausse direction.

M. Rogers a reçu, à l’occasion du Régulateur , les éloges les plus flatteurs des dentistes et des médecins français et étrangers. Cet instrument est si ingénieux , que chacun peut le faire fonctionner, et suivre journelement la marche progressive de son opération.

Nous n’en finirions pas si nous voulions énumérer toutes les autres découvertes de M. Rogers, et les divers instruments de toute sorte par lesquels il a simplifié et perfectionné la prothèse dentaire.

Nous mentionnerons encore l’inappréciable Ciment- Rogers, mode nouveau qui permet de plomber à froid, sans douleur, sans pression.

M. Rogers, dont l’activité est infatigable, a cru devoir faire connaître, par plusieurs écrits, l’importance de ces ameliorations et les faire entrer ainsi à jamais dans le domaine de la science.

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Toutefois, ces nombreux perfectiomiemeiits apportés à la prothèse dentaire , tout en cornmandaiit au plus grand nombre un certain repect pour leur auteur, n’ont pas laissé d’exciter chez quelques-uns ces sentiments de jalousie qui trop souvent s’attachent aux personnes d’un talent supérieur.

Dans le siècle où nous vivons, la jalôusie n’est-elle pas la conséquence presque inévitable des plus utiles découvertes? En effet, le savant ou l’artiste qui invente, perfectionne, soulève des haines, et la routine, repoussée honteusement, ne manque pas de s’armer du poignard de la calomnie.

Loin de s’arrêter à ces attaques , M. Rogers a constamment travaillé : ainsi, pendant que ses adversaires faisaient des efforts inutiles pour détourner la confiance publique, qu’il méritait ajuste titre, lui, réunissait les matériaux de plusieurs ouvrages.

En tête de tous se place naturellement V Encyclopédie du Dentiste.

Ce répertoire général de toutes les connaissances médico-chirurgicales, est sans contredit ce qu’il y a de plus complet sur l’anatomie et la pathologie dentaires. On y remarque un traité parfait sur les deux dentitions, et surtout la partie de l’ouvrage où se trouvent dévelo[)pés, avec le plus grand fruit pour le lecteur, les conseils aux mères, aux nourrices, aux gens du monde, sur les soins de la bouche, et les moyens de conserver les dents saines et belles.

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