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A'son apparition, Y Encyclopédie du Dentiste di reçu
du public l’accueil le plus flatteur.
Nous extrairons un seul passage de V Encyclopédie, qui fera connaître combien il a fallu d’études [»our arriver aux résultats obtenus par M. Rogers.
« Passionné pour mon art, que j’exerce avec con- « science et amour, dit-il, j’ai voulu connaître leso[ti- « nions de tous les auteurs qui ont écrit sur les dents, « de[tuis les temps les plus reculés jusqu’à nos jours ; « j’ai entrepris ces recherches avec courage, et les « moments de loisir que me laisse ma nombreuse et « brillante clientelle, je les consacre à des travaux sur « les sciences dentaires. Je me suis convaincu que la « plupart des ouvrages sont incomplets, parce que les « auteurs n’yontlraité que des spécialités. L’idée m’est « alors venue de réunir, dans un seul livre, toutes les « connaissances relatives à l’art du dentiste. J’ai fouillé « dans toutes les bibliothèques, j’ai traduit les ouvrages « anglais, allemands, hollandais, espagnols et italiens ; « j’ai fait un tableau synoptique de toutes les inven- « tions, de toutes les opinions émises, de tous les pro- « cédés. Ces matériaux une fois réunis, j’ai commencé « mon ouvrage quej’ai intitulé : V Encyclopédie du Den- « tisie, parce que je croisn’avoir omis aucune branche « dessciencesdentaires. Après quinze années derecher- « ches, je livre aujourd’hui mon livre au public, pour ff que mes confrères y tntuvent réunis les documents « dont ils ont besoin cliaquejour, pour que les gens du
monde le consultent comme un guide sûr qui leur
PRÉFACE
« indiquera les moyens les plus simples pour conserver « les dents, et en prévenir les maladies. »
Rendant compte de L’ Encyclopédie, un auteur, après avoir cité ce même passage, dit :
« On peut juger, par celte simple citation, du carac- « tère et du savoir' de M. Rogers. Ce n’est pas là le « demi-savant dans l’art qu’il exerce, redoutant une « concurrence qui effraie toujours le faible en présence « du fort; c’est au contraire l’homme convaincu de sa <r supériorité, qui donne largement à ses confrères le « produit de ses veilles, de ses travaux ; c’est l’homme « sùr de son mérite réel, qui sait ce qu’il vaut et qui ne » craint point de protéger d’une égide puissante tous « ceux qui désirent exercer ou qui exercent déjà la « même profession que lui. »
V Encyclopédie du Dentiste est aujourd’hui trop connue dans le monde scientifique pour qu’il soit nécessaire de faire une plus ample analyse ; qu’il nous suffise de dire que cet ouvrage répond à son titre dans toute la rigueur du mot, c’est-à-dire qu’il est un compendium de toutes les connaissances dentaires, depuis l’antiquité la plus reculée jusqu’à nos jours, un exposé clair et succint des moyens les plus approuvés et les plus efficaces pour conserver les dents saines et belles, et pour arrêter la perte de celles déjà atteintes par la maladie.
Ce tribut payé à la science, M. Rogers aurait laissé son œuvre incomplète, s’il n’avait fait suivre la publi-
PIIÉFACE.
cation de son Encijclopédie (Vnn autre ouvrage, abrégé de ses doctrines, où seraient exposés, pour chaque circonstance de la vie, pour chaque âge, pour chaque profession, les soins qu’il convient de prendre pour conserver le don d’une belle dentition.
La nombreuse clien telle de M. Rogers le mettait à même, par la diversité des cas qu’il rencontrait dans la pratique journalière, d’observer et de signaler les causes auxquelles il faut attribuer la beauté ou la perte des dents.
Ce devoir de tout praticien en renom, M. Rogers n’a pas tardé à le remplir ; il vient de faire paraître le Manuel de l'Hygiène dentaire, à l’usage de toutes les classes et professions.
Cet ouvrage a un but d’utilité pratique qu’on ne saurait contester; aussi ne ^doutons-nous point qu’il n’obtienne un succès populaire en très peu de temps. Il n’est pas d’homme, en effet quel que soit le rang qu’il occupe dans la société, qui n’y trouve des préceptes particuliers.
La réputation des Osanores (1) est européenne; cette invention, a déjà fait oublier les autres modes de prothèse, tant par la matière parfaite dont les nouveaux
(1) Que 1 auteur cependant a si supérieih’ement perfectionnées comme on le verra dans le courant de ce Dictionnaire.
{Note de l' Editeur.)
PRÉFACE
raielfers composés, que par le mode simple et facile de les ^ser.
^Vis ne décrirons pas leur supériorité : elles ont eu toit ce qui donne la renommée : les poètes les ont mantées, et leurs détracteurs s’efforcent, mais en vain, de les contrefaire.
Dans un petit ouvrage (l), simple et court, par lequel il débuta dans le monde scientifique, M. Rogers fait connaître les avantages des râteliers à succion sur tous les autres procédés connus d’Odontotechnie.
Nous allons laisser M. Rogers révéler lui-même le secret de sa découverte :
« Je m’étais ému, dit-il, en considérant : et la mate tière impropre employée pour les dents, et surtout U le mode barbare de les assujétir ; je me livrai à des ' « recherches bientôt couronnées de succès, et décou- « vris une substance que je puis dire sans égale. Légè- « reté, solidité, transparence, animation, elle réunis- « sait tout î Au lieu de la plaque et de dents isolées,
« je n’avais plus qu’une seule pièce; avec la même « facilité, je pouvais y tailler un râtelier, un demi-râ- « telier, une fraction moindre encore. Dans le cas où « il aurait fallu conserver une ou plusieurs dents, je « n’avais qu’â ouvrir sur ma pièce une alvéole ou un « plus grand nombre, le tout s’emboîtait alors avec « une harmonie pcU’faite. Sculptées sur le socle même,
(l)Piil>li(! en 1838.
PRÉFACE
« mes dents ne pouvaient me faire craindi leur « peu de fixité. D’un autre côté, n’étais-je pt t^^ès ras- « suré pour la ressemblance, quand je poiivak tailler « l’ensemble selon les règles d’une précision mtbé- « mathique?
« Toutefois, la tâche que je m’étais imposée n’étaii <1 pas remplie jusqu’au bout ; la principale difficulté « étail vaincue sans doute ; la matière propre à faire « les dents était trouvée ; mais il restait encore à dé- « couvrir le moven de les fixer.
« Après bien des veilles, des expériences, des dépen- « ses infructueuses, je me réveille une nuit en sur- « saut Un jeu de mon enfance m’avait frappé...
« Quelle était, me disais-je, la force qui tenait ce « caillou qu’aux jours heureux du collège nous mon- « trions dans nos promenades anx paysans ébahis, et « qui demeurait suspendu à un cuir mouillé, sans que « personne pût y assigner de lien visible?
« En ce moment la puissance de la pression atmos- « phérique s’était révélée à moi, je décidai que mes <t râteliers n’auraient pas d’autres moyens d’attache. <( Plein d’ardeur et d’espoir, je prislesocle d’un de mes « râteliers ; pour donner plus de surface, j’en creusai « la partie inférieure. La solidité de la matière me per- « mettait de le faire jusqu’à l’épaisseur prèsd’une feuille <( de papier; je l’adaptai à une mâchoire factice en
plâtre, je le retouchai jusqu’à ce qu’il s’y emboîtât « parfaitement, et bientôt, ô prodige ! la mâchoire et
PRÉFACE
« mon râtelier ne firent qu’au seul corps. Si ce râtelier, « dis-je, reste adhérent sur un marbre poreux et sec, que « ne sera-ce pas sur une mâchoire chaude et humide?
« Comme on le pense bien, je ne fus pas longtemps « sans en faire l’essai. Dès ce jour l’art du dentiste a « subi une résolution complète. Désormais plus de « liens, plus de douleur, plus de malpropreté. Chacun « peut à volonté placer et déplacer un râtelier et deve- « nir son propre dentiste. »
M. Rogers a déjà beaucoup fait, mais il est jeune encore ÿ l’art du dentiste attend de lui de nouvelles améliorations, de nouveaux ouvrages. Depuis quelques années il marche à grands pas vers la célébrité ; tout nous porte à croire qu’il ne s’arrêtera pas en si beau chemin (1).
Pour terminer cette appréciation critique, nous dirons, après avoir lu attentivement le Manuel d' Hygiène dentaire, que cet ouvrage se trouvera bientôt dans toutes les bibliothèques, et deviendra le conseiller habituel de toutes personnes connaissant le prix d’une belle dentition. Nous lui garantissons un favorable acceuil du public; et comment en serait-il autrement, lorsqu’on lira sur le frontispice le nom du savant docteur Lalle-
(1) Nous apprenons que M. Rogers prépare un grand ouvrage qui ne pourra qu’ajouter à sa réputation scientifique. L’auteur a tenu parole par la |)ublicatiou de son Dictionnaire dont aujourd’hui nous donnons au public une nouvelle édition.
{Note (le l’Éditeur.)
PRÉFACE
mand (de Montpellieijj membre de l’Instilut, qui a accordé son patronage à M. Rogers emlui adressant la lettre suivante :
« Monsieur,
« Convaincu de Tutilité que le public retirera de voce tre Manuel d'Hijgiène dantaire, c’est avec plaisir que « j’en accepte la dédicace.
« J’ai l’honneur, etc.,
c< L ALLEMAND. »