LIQUEUR
LIQUEUR de Kœclilin. C’est iin remède puissant contre les engorgements ganglionaires des mâchoires et autres symptômes de l’affection scrofuleuse chez les enfants. On donne de cette liqueur une forte cuillerée à café tous les jours après le principal repas, et, par-dessus, un huitième de verre de bon vin. Cette liqueur est fortement préconisée par Helvétius, Baudeloque, et autres. Voici sa formule :
Teinture de cuivre ammoniacal 64 grammes.
Acide chlorhydrique 20 —
Eau distillée 320 —
LIQUEUR philontique et anti-spasmodique. Elle combat certaines affections nerveuses des dents, dissipe la mauvaise odeur de la bouche, rétablit et entretient la fermeté des gencives, et prévient la carie dentaire, si l’on s’en sert à temps et à propos. On en verse 1 0 gouttes dans un quart de verre d’eau, et, dans ce mélange, on trempe la brosse dont on se sert pour nettoyer les dents et les gencives. Sa formule est :
Alcool à 38 degrés 2 litres.
Huile essentielle de menthe anglaise 32 grammes.
Huile essentielle de néroli 16 —
Essence de cannelle 8 —
Esprit d’ambre musqué et rosé 4 —
LIQUEUR de Swediour. Elle est principalement employée contre les aphthes. On en imbibe un plumasseau de charpie avec lequel on touche les aphthes plusieurs fois dans la journée. Sa formule est ;
Borax en poudre 5 grammes.
Teinture de myrrhe 32 —
Eau de rose distillée 32 —
Miel rosat 64 —
F.OTION.
LIS. iJhiule (le lis faite ou infusant les pétales de lis blanc ou lilîcim condidum^ dans de riinilc d’olives, est quelquefois employée en frictions conlro les névralgies dentaires.
LITRE. Mesure qui contient 1 décimètre cube d’eau distillée à 4® du lliermornètrc, point où ce liquide est à son maximum de densité.
LOCALITÉS. On peut appliquer aux organes dentaires ce que les savants ont écrit sur l’influence des localités, sur la santé générale, depuis le temps d’Hippocrate jusqu’à nos jours. Les localités basses et humides sont nuisibles aux dents. Dans les pays secs et élevés, l’homme conserve ses dents sans beaucoup de précautions; mais le voisinage des marais est pestilentiel pour la bouche.
LOTION. En hygiène, ce mot exprime l’action de laver le corps en partie ou en totalité. On doit se garder de mouiller la tête des enfants qui font leurs premièJ’es dents; on doit se borner à la frotter avec des brosses de chiendent, etc., ou à la nettoyer avec un morceau d’éponge ou de laine. En lotionant les autres parties du corps il faut avoir soin quel’eau ne se refroidisse pas, car les jeunes nourrissons pourraient en éprouver des souffrances vives.
LOTION. On emploie également le mot lotion pour désigner quelques médicaments liquides au moyen desquels on lave, on nettoie, on déterge certaines parties du corps qui sont devenues le siège de souffrances. Les lotions peuvent être émollientes, détersives, toniques astringentes, anti-psoriques, anti-odontalgiques, anti-rhumatismales, etc. Elles se pratiquent avec la main seule, ou avec des éponges, du linge ou de la charpie. L’art dentaire emploie les lotions simples et composées ; les premières, quand il s’agit seulement d’entretenir la fraîcheur et la santé des organes , et les secondes, lorsqu’il faut prévenir une lésion ou y couper court. Les lotions dentaires composées sont connues sous les noms de collutoires, d’opiats, d’élixirs, d’eaux balsamiques, etc.
LUXATION. 385
Les lotions simples ou d’eau pure et traîelie, sont très favorables à l’entretien des dents.
LOUPE. On nomme ainsi un instrument d’opticpie formé d’un verre bi-convexe, dont les dentistes se servent pour examiner les objets qui sont trop petits pour pouvoir être appréciés par l’œil nu. Pour que la loupe soit bonne, il faut que le verre ait au moins 30 millimètres do diamètre, et un foyer d’environ 39. Un verre plus grand ne grossirait pas assez; plus petit il grossirait trop les objets que l’on regarde,
LUETTE, On nomme ainsi l’appendice ou prolongement charnu suspendu au milieu du bord libre du voile du palais. Elle est de forme conique, et plus ou moins volumineuse, selon les individus. Elle donne au bord libre du voile du palais l’apparence d’une arcade à double cintre, qui se termine de chaque côté par deux piliers qui se continuent avec la langue et avec le pharynx. La luette est formée par un dédoublement de la membrane muqueuse palato-pliaryngienne qui renferme dans son épaisseur des folliculles mucipares, et un faisceau défibrés musculaires qui constitue le petit muscle palato-staphylin, ou releveur de la luette.
LUXATION, On donne ce nom à une maladie dans laquelle les surfaces articulaires des os ou des dents ont perdu en totalité ou en partie leurs rapports naturels, soit par l’effet d’une violence extérieure accidentelle, soit à la suite des efforts faits pour détruire momentanément ces rapports, et cela dans un dessein curatif. S’il s’agissait ici de la luxation des os, en général, il nous faudrait entrer dans quelques détails sur les genres d’articulation qui sont le plus exposés à ces accidents, sur la direction du déplacement de l’os luxé, et sur l’étendue de ce même déplacement ; car, dans la généralité de^ cas, ce déplacement se fait à divers degrés, ou, en d’autres mots, la luxation peut être complète ou incomplète. Ces détails, dans un livre spécialement en rapport avec l’art du dentiste, seraient au moins supertlus, et nous
UIXATION.
u’aiiroiis à nous occuper (|ue dos luxations suivantes : LUXATION de l’os maxillaire inrérieur. Cette luxation a toujours lieu en avanl-^ la luxation en arrière osl impossible, en ce que la rencontre des dents de cette màclioirc avec les dejîts supérieures empôclie le menton de s’élever assez pour que le condyle puisse passer au-dessous de la crête vaginale du temporal. L’opposition que met l’apophyse épineuse du spliénoïde aux mouvements latéraux trop étendus de cet os, empêche la mâchoire de se luxer de côté. Chez les enfants, cet os ne peut se luxer, même en avant, à cause du parallélisme presque complet qui existe entre la branche et le corps de cet os, disposition qui fait que les mouvements d’élévation et d’abaissement de cet os se font autour d’un axe qui passe par les condyles, et que dans la plus grande ouverture de la bouche, ces éminences ne tendent guère à sortir de la cavité glénoide qui les loge. Chez l’homme fait, au contraire, les branches de la mâchoire font un angle considérable avec le corps de cet os, et les mouvements d’élévation et d’abaissement se font autour d’un axe fictif qui passerait par le milieu des branches; aussi, quand le menton s’abaisse, les condyles se portent en avant et en bas, au-dessous de l’apophyse zygomatique du temporal, en décrivant ainsi un arc de cercle en sens inverse de celui que décrit le menton.
Les causes immédiates de cette luxation sont toutes celles qui sont susceptibles d’abaisser trop fortement le menton. Aussi, elle a lieu quelquefois dans les vomissements, dans les bâillements, et dans les efforts exagérés que font quelques individus pour ouvrir largement la bouche, pour faciliter l’extraction des dents, et autres opérations que l’on est quelquefois obligé de faire aux organes contenus dans cette cavité.
Le mécanisme de cette luxation est facile à comprendre : une fois que, par l’abaissement exagéré du menton, par l’action des muscles sus-hyoïdiens, le condyle se trouve porté au-dessous de la racine transverse, la contraction subite des
LUXATION
muscles plérygoïdiens lui imprime uu mouvement qui le porte eu même temps en avant et en haut, de manière à l’appliquer contre la face antérieure de cette racine, et rendre la fermeture de la bouche impossible. C’est par un mécanisme semblable qu’a lieu la luxation d’un seul des condyles; mais, dans ce cas, celui qui se déplace se porte à la fois en bas, en avant et en dedans, de manière à décrire un arc de cercle autour du condyle qui conserve ses rapports naturels.
Les symptômes de cette luxation sont l’écartement prononcé des deux mâchoires; mais bientôt l’inférieur, relevé par la contraction du muscle crotaphyte ou temporal, se rapproche de la supérieure, jusqu’eà ce que son apophyse coronoïde se trouve arrêtée par l’éminence molaire de l’os maxillaire supérieur, par la dent de sagesse supérieure, ou par ces deux obstacles a la fois. Dans cette position, la bouche est ouverte, les mâchoires écartées d’au moins quatre centimètres, les dents inférieures dépassent en avant les supérieures, le menton est allongé, les lèvres ne peuvent se rapprocher, et l’articulation des sons et des voyelles labiales est impossible. En portant le doigt du côté du conduit auditif, on ne sent plus sous la peau la saillie formée par la présence du condyle, mais une dépression considérable qui marque son absence; et, en touchant par le côté intérieur de la bouche, on sent dans l’épaisseur des joues une saillie remarquable formée par l’apophyse coronoïde de la mâchoire. La salive, dans ce moment, coule en abondance et échappe à la bouche, tandis que le tiraillement auquel sont soumis les muscles crotaphite et masseter aplatit d’une manière très marquée la fosse temporale et la joue.
Conséquences. Cette maladie, quand elle est négligée , se termine de deux manières : dans la première, l’os d’abord comme enclavé dans sa nouvelle position, reprend peu-à-peu ses mouvements qui cessent d’être douloureux, les lèvres s’allongent par leurs efforts répétés de s’approcher l’une de
LUXATION
l’miire, ol linissciit par sc nioKro cmi contact; les dents incisives inférieures fortement portées en avant, ne peuvent rencontrer les supérieures, mais les molaires qui sont plus ou moins en contact opèrent, mal il est vrai, la mastication qui, comme l’articulation des sons, est pour le reste de la vie très imparfaite. Dans l’autre cas, qui est le plus grave, les mouvements de l’os maxillaire ne se rétablissent pas, et il se forme un ankylosé, par la soudure du condyle avec les parties osseuses voisines.
Traitement. Les indications à remplir sont d’abaisser les condyles au-dessous de la racine transverse de l’apophyse zygomatique, et les pousser en arrière d’elle. Aussitôt qu’un pareil accident arrive, et que le dentiste a reconnu la maladie, il fait asseoir le malade sur une chaise basse et solide, en faisant assujettir, par un aide, la tête que ce dernier appuie sur sa poitrine en croisant les mains sur le front. Le dentiste, alors placé devant le malade, et ayant les deux pouces garnis de linges^, les porte aussi loin que possible entre les arcades dentaires, et appuie leur face palmaire sur la couronne des dernières molaires. Embrassant alors tout le corps de l’os maxillaire avec les autres doigts portés sous le menton, il presse fortement avec ses pouces sur l’arcade dentaire inférieure, de manière à abaisser fortement la mâchoire, sans faire éprouver au menton aucun mouvement de bascule; et lorsqu’il a dégagé les condyles et les a ramenés au-dessous du niveau de la racine transverse de l’apophyse zygomatique, il les porte en arrière en appuyant avec ses pouces sur les dents molaires inférieures, en même temps qu’avec ses doigts croisés sous le menton il relève doucement cette partie. Cette dernière partie de la réduction exécutée, l’opérateur jette rapidement ses pouces en dehors entre les arcades dentaires, et les joues, d’abord pour n’ètre pas mordu par le brusque rapprochement des mâchoires, et pour ne pas s’opposer au retour complet des condyles dans la cavité glénoïde. On doit ensuite soutenir le men-
LUXATION
tou avec une fronde pendant un mois après raccidcnt.
LUXATION des dents. Nous devons ici considérer la luxation de ces organes comme une maladie, et non pas comme un moyen thérapeutique ou d^’orlhopédie dentaire qui aurait pour effet de faire cesser des douleurs ou pour corriger la difformité naturelle, la position anormale des dents. Nous traiterons dans un article à part la luxation des dents considérée sous ce dernier point de vue, et nous n’en parlerons ici que comme un accident, un état morbide de ces organes auquel il faut se hâter de porter remède. La maladie dont il s’agit, consiste dans le déplacement d’une ou plusieurs dents, qui leur fait perdre leurs rapports avec les parois des alvéoles dans lesquels elles sont implantées. La luxation des dents présente plusieurs degrés : dans le premier, la dent peut être simplement ébranlée; mais de manière que les fibriles de tissu serré qui l’assujettissent au périoste alvéolaire soient en grande partie déchirées, et que la solidité naturelle de leur réunion avec l’alvéole soit détruite; dans le second, la dent est soulevée hors de sa place, et follement inclinée en avant ou en arrière de Tarcade dentaire, sans cependant que les parties molles qui constituent les moyens d’union entre la racine et l’alvéole soit complètement rompues; dans le troisième, ces derniers cessent de la retenir, et la dent est jetée par la violence de la cause corn-, plètement hors de la bouche. La luxation peut arriver à une dent fracturée, cariée, ou à une dent saine; elle peut être simple ou compliquée des contusions, des plaies, des gencives de rupture de bords alvéolaires et d’hémorragie. Toutes ces considérations font varier à l’infini la gravité de l’accident et les moyens de traitement auxquels il faut avoir recours. Les causes de la luxation des dents sont en général les violences extérieures, telles que les chutes, les corps et les missiles qui peuvent rencontrer ces organes; mais elle est aussi due dans l’opération de l’extraction à la maladresse, à la négligence, ou à la coupable préoccupation de l’opéra-
LUXATION
leur qui luit uyir sou inslrumuiit sur uiic dent saine, au lieu de la dent malade, el qui la lait sauter de son alvéole seule, ou eu même temps que la dent malade. Dans le cas où la luxalion n’cst qu’au premier degré, il suffit d’exercer une légère pression continue sur la couronne de la dent, et de s’abstenir de la mastication d’aliments de nature dure, pendant un ou deux jours après l’accident. Dans les luxations au deuxième degré, il faut se hâter de redresser la dent que la violence a déviée de sa position verticale, et la faire descendre dans l’alvéole d’où elle était à demi avulsée. Le malade doit se nourrir pendant quelques jours d’aliments mous.
et pour s’assurer qu’une adhésion parfaite se forme entre les parois de l’alvéole et la racine, il devrait porter pour un temps assez considérable, une petite gouttière en or, dont la concavité embrasse toute la couronne de la dent luxée, et dont les ligatures qui doivent être également en or se fixent en forme de crochets sur les deux dents entre lesquelles la dent luxée se trouve. La possibilité d’obtenir une guérison dans les luxations du troisième degré, a longtemps été, pour les dentistes, un sujet de controverse. En effet, on ne se représente pas facilement comment une dent complètement arrachée de l’arcade dentaire, et dont toutes les attaches fibrillaircs, vasculaires et nerveuses, avec l’alvéole, ont été rompues, puissent contracter de nouvelles adhérences avec cette cavité. Cependant, une foule d’observations recueillies depuis longtemps, et cela, par des observateurs consciencieux, ne laissent aucun doute sur la possibilité de ce résultat désiré. La dent arrachée par mégarde, ou forcée par une cause accidentelle de quitter son alvéole, doit y être replacée sur-le-champ. Nous avons, dans notre Encyclopédie du dentiste^ donne le conseil de raccourcir légèrement le sommet de la racine avec une lime, avant de la remettre dans sa cavité, et le témoignage de quelques-uns de nos confrères qui ont expérimenté notre procédé, et qui l’approuvent, nous fait ici un devoir de réitérer le conseil que nous avons
LIXKR.
donné. En Feniellanl une dent sortie do son [dvéole, il faut bien avoir égard à la direction de la racine, et à celle d(^ l’alvéole, de manière que ces parties se touchent partout selon leurs anciens points de contact. Plus l’opération suit de près l’accident, plus il y aura chance de réussite; mais quand même un laps de temps de deux ou trois heures se serait écoulé depuis l’accident, on ne doit pas désespérer du succès, car la science possède des exemples encourageants à cet égard. La dent replacée sera, comme dans le cas précédent, assujettie au moyen d’une coiffe d’or, dont les crochets se fixeront sur les dents de chaque côté, et cet appareil qui ne gêne nullement le malade, doit être maintenu en place au moins pendant plusieurs mois.
LUXER. Nous allons considérer dans cet article la luxation des dents comme moyen thérapeutique recommandé , et employé par des praticiens distingués, dont les travaux et les opinions font ligure dans les annales de notre art. Les deux cas dans lesquels on a conseillé cette opération , sont d’abord : ou une dent saine et bien portante devient le siège de douleurs qui résistent à toute autre sorte de médication; et en second lieu, ou une ou plusieurs dents ont une direction tellement vicieuse, qu’il faut avoir recours à un des procédés indiqués pour le redressement de ces organes. Nous ferons remarquer que la luxation des dents comme moyen de faire cesser des douleurs , est aujourd’hui presque partout abandonnée, et avec raison aussi, parce que les dents sur lesquelles on voudrait opérer, ne sont saines qu’en apparence, et dans un grand nombre de cas , bien que la couronne soit belle et bien constituée , on trouve à un examen plus attentif de l’organe, que le sommet de la couronne est atteint de consomption, et que le seul remède auquel on devrait avoir recours, est l’avulsion complète du corps malade qui ne manquerait pas, par son séjour dans la mâchoire, de communiquer la maladie aux parois de l’alvéole qui la renferme, comme aux dents qui favoisinent. Si les douleurs dont la dmil est le