MASTICATION
substances alimeiiluires inlrodiiiles dans la bouche, aulrement de les broyer avec les dents pour les imprégner de salive et les préparer à être soumises à la digestion stomacale. Les instruments an moyen desquels la mastication s’exécute sont les dents des deux arcades, les mâchoires, surtout l’inférieure, qui est en même temps un levier de deuxième et de troisième genre, et les muscles nombreux qui lui impriment ses mouvements. Dans l’acte de la mastication, la mâchoire inférieure exécute des mouvements d’élévalion, au moyen des muscles temporaux, masseters et ptérygoïdiens internes; d'abaissement^ au moyen des muscles digastriques et sushyoïdiens, de protraction et de déduction latérale, au moyen des ptérygoïdiens externes. La mâchoire supérieure n’est pas entièrement immobile dans l’acte delà mastication; mais on n’est pas d’accord sur le mécanisme du léger mouvement d’élévation qu’elle exécute. La mâchoire inférieure, au niveau des dents incisives, représente un levier de troisième genre. Le bras de levier de la résistance est, à cet endroit, très long, et, conséquemment, l’action de la mâchoire faible; mais, plus les matières que l’on mange s’approchent des extrémités de l’arcade, plus la longueur du bras de levier de la résistance diminue, et plus les efforts de la mastication ont de force. Cette force esta son maximum au niveau des grosses molaires, où la mâchoire se convertit en levier de deuxième genre.
La section de ces matières est opérée par les dents incisives, dont les tranchants se croisent comme des branches de ciseaux; le déchirement s’opère au moyen des dents lanières; et les dents molaires, dont le sommet de la couronne est aplati et tuberculeux , triturent ces matières en se heurtant de front. 11 est digne de remarque que le degré de solidité de l’os maxillairesupérieur varie, pour l’implantation des dents, selon la force que ces dernières déploient dans les efforts de la mastication. Ainsi les incisives, dont l’action est faible, sont implantées sons le vide des fosses nazales , tandis que
MASTICATOIIIK.
les canines sont soutenues par les apopliyses montantes des os sous-maxillaires, et les molaires par les parties les plus épaisses de ces os, parties dont la solidité est rendue plus marquante par l’os molaire qui s’articule avec elles. La langue, les muscles buccinateurs et les glandes salivaires, jouent aussi un rôle important dans l’acte de la mastication; la première, en ramassant les particules des matières dispersées dans les différents recoins de la bouche; les secondes, en les poussant entre les arcades dentaires, et les dernières en aidant à la désagrégation de leurs molécules, en les imbibant des sucs qu’elles sécrètent.
MASTICATOIRE. On donne ce nom à certaines substances que l’on mâche dans le dessein d’exciter une plus abondante sécrétion de salive, ou pour aromatiser la bouche, ou pour se procurer des sensations que l’habitude rend agréables. Les masticatoires les plus connus sont : le mélange d’arec, de chaux vive, et de piper-bétel, connu sous le nom de bétel, et dont nous avons parlé à l’article consacré à ce dernier mot; le mastic, sorte de résine qui découle des incisions faites au térébenthus lentiscus^ qui croît surtout dans l’île de Chio ; il est tonique, aromatique, et légèrement sialologue, sans avoir aucune des propriétés délétères du bétel; le tabac, ou feuilles du nicatiana tabacim^ plante de la famille des solanées, soumise à une sorte de fermentation, est la substance masticatoire le plus en vogue dans les pays européens. Le succès obtenu par ce masticatoire est dû aux sensations que sa saveur procure; l’habitude finit par émousser l’action du tabac comme du bétel, et par la réduire à des proportions 'telles, qu’il devient flatteur au goût. L’un et l’autre augmentent d’une manière considérable la sécrétion salivaire, qui est colorée en brun par le tabac, et en rouge brique par le bétel, et dont la déglutition, à cause des principes toxiques dont elle se charge, peut être suivie d’accidents très graves. Selon Ramazzini, la mastication de ces substances peut apaiser la faim, elle désennuie, et quand elle a élé souvent re-
MAX I LL A IKK.
produilo, elle dcvieiiLla source d’un besoin dont les retours sont rrôquenls, et qui, semblables à l’appétit, eesse avec la santé et revient avec elle. On a remarqué que les cliiqueurs de tabac manquent souvent d’appétit, et quelques-uns attribuent à l’absorption du suc narcotico-àcre, dont le tabac baigne la muqueuse buccale, divers états pathologiques des organes intérieurs. Ce n’est pas ici le lieu d’examiner, sous ce rapport, les effets des masticatoires. Quant à l’action des masticatoires sur les dents, nous avons dit à l’article Bétel combien cette composition leur est nuisible. Le mastic ne fait certainement qu’entretenir leur blancheur; et, pour le tabac, il n’est pas prouvé qu’il contribue à la destruction de ces organes; son effet le plus nuisible est de les colorer en jaune.
MAXILLAIRE. Ce mot se dit de plusieurs parties qui entrent dans la composition des deux maclioires.
Os maxillaires supérieurs. Ces os , au nombre de deux , constituent par leur réunion, la charpente osseuse de presque toute la face. Ils s’articulent avec toutes les pièces dont cette dernière est composée. Ces os, dont le volume est considérable et la forme inégale, occupent la partie moyenne et antérieure de la mâchoire supérieure. Ils font partie de l’orbite , des fosses nasales et de la bouche; ils sont traversés de plusieurs nerfs et vaisseaux et servent de point d’insertion à plusieurs muscles. On leur considère deux faces et une circonférence.
Face externe ou orbito- faciale. Cette face est surmontée, en dedans, par une éminence aplatie, latéralement nommée Apophyse nasale ou montante, qui est lisse et concave, de haut en bas et en dehors; elle présente, en oet endroit , plusieurs trous par lesquels pénètrent les vaisseaux nourriciers, et fournit des points d’insertion aux muscles élévateurs propres de la lèvre supérieure et élévateurs communs de celte dernière, et de l’aile du nez. En dedans, cette apophyse fait partie de la paroi externe des fosses nasales; on y remarque supérieurement des inégalités qui se joignent aux masses la-
MAXiLLAlUh:.
lérales de relhnioïde, au-dessous ilcsquelles esl une gouttière qui appartient au méat moyen des narines, et plus bas une crête horizontale unie au cornet inférieur; des sillons artériels parcourent aussi cette région de Tapophyse , qui se termine, en Inuit, par un sommet tronqué qui' s’articule avec le coronal; en avant, par un bord oblique, qui repose sur l’os du nez; en arrière, par une gouttière qui fait partie de la gouttière lacrymale et dont la lèvre postérieure s’articule avec l’os lacrymal , tandis que la lèvre antérieure donne attache à quelques fibres du muscle orbiciilaire des paupières. En deliors et en arrière de l’apophyse montante, est une surface lisse et triangulaire qui fait partie du plancher de l’orbite. Vers sa partie moyenne, on voit la gouttière qui commence le canal sous-orbitaire destiné au passage des vaisseaux et des nerfs du même nom et qui se divise en deux conduits secondaires, l’iiii postérieur, qui est étroit et creusé dans la paroi antérieure du sinus maxillaire; il porte le nom de conduit dentaire antérieur et livre passage aux vaisseaux et aux nerfs destinés aux dents incisives et canines supérieures; l’autre, large et court, se termine au trou sous-orbitaire. Entre les bords antérieurs et postérieurs de la surface triangulaire dont nous parlons, se trouve une éminence dite apophyse molaire^ à surface rugueuse, qui s’articule avec l’os du même nom. De l’angle externe de cette dernière apophyse descend un bord mousse et saillant qui sépare une portion de l’os qui appartient à la fosse zygomatique d’une dépression large et assez marquée, connue sous le nom de fosse canine:^ percée en haut par le trou sous-orbitaire , qui livre passage aux vaisseaux et aux nerfs de ce nom et donnent attache, en bas, au muscle canin. Un peu en avant de la fosse canine, se trouve la fosse myrtiforme , enfoncement peu prononcé , dans lequel s’insère le muscle abaisseur du nez.
Face interne ou naso-palatine. On ne voit bien cette face qu’en séparant les deux os maxillaires supérieurs l’un de l’autre. La partie supérieure de celte face fait partie des fosses
MÂXILLAIIŒ.
nasales, et sa partie inférieure forme la portion la i)lns considérable de la voûte palatine. Ces deux parties sont séparées rime de l’autre par 1‘ apophyse palatine^ éminence aplatie, horizontale cl épaisse, surtout en avant, cl qui, en haut, fait partie des fosses nasales, et en bas, de la bouche. La face supérieure de celle éminence est concave, transversalement lisse et polie, et offre antérieurement une des ouvertures du canal palatin antérieur. La face iidérieure est rugueuse, inégale et parcourue de sillons qui, en arrière , se changent en arcades osseuses pour laisser passer les vaisseaux et les nerfs palatins. L’apophyse palatine s’articule, en arriére, avec l’os du palais ; en dedans, par un bord épais et strié avec l’os du même nom ; elle présente une gouttière dirigée obliquement en avant, qui concourt à former le canal palatin antérieur. Ce bord est surmonté d’une crête qui forme la moitié de la rainure qui reçoit le vomer. Au-dessus de l’apophyse montante, la face interne de Tos présente une large surface verticale, qui présente l’ouverture du sinus maxillaire, cavité pyramidale et triangulaire, creusée dans l’épaisseur de l’os, et que nous décrirons à l’article Sinus. Cette -ouverture, qui est irrégulière, à bords minces et frangés, est quelquefois double et s’articule, en haut, avec l’ethmoïde; en bas et en avant, avec le cornet inférieur; en bas et en arrière, avec l’os palatin. Tous ces os et la membrane pituitaire qui les recouvre, rétrécissent singulièrement cette ouverture- En avant de cette ouverture est une gouttière profonde faisant suite à celle dite lacrymale et qui forme la plus grande partie du canal nasal. Derrière elle est une surface inégale, qui s’articule avec l’os du palais et qui présente une gouttière superficielle, qui concourt à former le conduit palatin postérieur.
Circonférence. Elle présente , en arrière , la tubérosité maxillaire, éminence inégale, qui s’affaisse considérablement après la sortie de la dent de sagesse et qui est percée par les conduits dentaires postérieurs. Ceux-ci disparaissent graduellement en s’approchant des alvéoles et laissent les nerfs
MAXILLAIUK.
el les vaisseaux, desliiiés aux dents molaires, descendre de cellule en cellule dans le diploé de l’os. Anlérieurcmont, la circonférence préseiile un bord libre et concave qui forme une porlion de rouverture antérieure des fosses nasales , el plus bas, une porlion saillante et articulée avec l’os du côté opposé et qui présente vers son milieu une éminence qui forme la moitié de l’épine nasale antérieure. En bas, la circonférence est constituée par le bord alvéolaire supérieur, qui est moins épais en avant qu’au niveau de l’insertion du muscle biiccinateur. Ce bord , qui décrit une portion de parabole, est creusé des alvéoles, cavités profondes et coniques ■' qui logent les racines des dents. Ces alvéoles , qui sont dé- - ' crites ailleurs, sont au nombre de huit pour chaque os. En dehors, le bord de l’os maxillaire, où elles sont creusées, présente des bosselures et des enfoncements qui correspomlent à I eux et aux cloisons qui les séparent les uns des autres. L’os maxillaire supérieur est comme creux et soufflé , à cause du sinus qui en occupe le centre; il est, en général, épais et celluleux dans son bord alvéolaire et vers ses diverses apophyses.
Os maxillaire inférieur. Cet os, qui occupe la partie antérieure et inférieure de la face, est symétrique, de forme parabolique et divisé en portions horizontales ou corps et en portions verticales ou branches. Il offre à considérer :
La face externe., qui présente sur la ligne médiane, la symphyse du menton., trace de la soudure des deux moitiés de l’os et qui surmonte une éminence rugueuse et triangulaire, nommée l’apophyse du menton. De chaque côté de celte ' éminence se trouve une fossette superiicielle où s’insère la houppe du menton, et, plus en dehors, une ouverture ovale nommée trou mentonnier., qui termine le canal dentaire inférieur et par où passent les vaisseaux et les nerfs du même ; nom. Des deux angles inférieurs de l’apophyse du menton , part, à droite et à gauche, une ligne saillante, horizontale en avant et qui monte en arrière pour se confondre avec le bord