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RÉDUCTION

position des corps composés. Ainsi le papier bleu de tournesol fait découvrir, en devenant rouge, la présence d’un acide libre dans un liquide quelconque, et le même papier ainsi rougi redeviendra bleu, si le liquide est de nature alcaline. L’acide sulfurique fait découvrir le baryte dans tous les liquides qui peuvent le contenir, en formant avec lui un précipité blanc, et la présence de- l’argent se décèle facilement, en versant dans la dissolution qui le contient un peu d’acide chlorhydrique; car il se forme à l’instant un chlorure d’argent blanc, caillebotté, et noircissant à la lumière. Le nombre de réactifs employés dans la chimie, est très considérable; ils peuvent quelquefois être utiles au dentiste.

REALQUE. On nomme ainsi une variété de sulfure d’arsenic qui entre dans la composition des pâtes dépilatoires , pâtes, dont nous avons condamné l’usage comme très nuisibles aux dents.

RECROUIR. On donne ce nom à une opération qui a pour but de diminuer la ductilité de certains métaux, et qu’on fait en soumettant le métal à de fortes percussions. L’or destiné à la formation des plaques, pour soutenir les dents artificielles, doit toujours être soumis à cette opération.

RÉDUCTION. On donne ee nom à une opération de chirurgie dentaire qui a pour but de remettre dans leur position première, une dent détachée, en partie ou en totalité, de son alvéole, et l’os maxillaire inférieur quand il est luxé. Quand tous les liens fébrilaires et vasculaires qui attachent la dent aux parois de son alvéole' ne sont pas rompus, et qu’elle n’est qu’en partie sortie , la réduction se fait par la simple pression d’un doigt sur la couronne de la dent. Quand, au contraire, tous les liens dont nous venons de parler se brisent, et que la dent a été brusquement arrachée de la bouche, il faut se hâter de la remettre en place; mais en ayant la précaution de raccourcir légèrement le sommet de la racine au moyen d’une lime, et de s’assurer que les différentes parties du contour de la racine se trouvent dans leur an-

IIEDIUÎSSKIMENT.

cicü rapport avec les parois de 1’ji1v(îo1o. Dans ces deux cas, la rédiicliüH opérée, il faut coiffer la dent réduite d’un petit appareil contentif qui appuie lég-èrement sur celte dernière, et qui s’accroche sur les dents qui se trouvent de chaque coté d’elle. Dans les cas de luxation incomplète, l’appareil contentif peut être levé au bout d’un septénaire ou deux; mais, dans les autres cas, il faut lui permettre de rester en place même pendant plusieurs mois. Celte opération ne réussit guère que quand le malade est jeune et bien portant. Quant à la réduction de l’os maxillaire inférieur, nous l’avons décrite en détail au mot Luxation , et nous y renvoyons le lecteur.

REDRESSEMENT. On donne ce nom à une opération de mécanique dentaire qui a pour but de faire revenir à une position régulière des dents que des causes naturelles ou accidentelles ont fait dévier de l’alignement normal des arcades dont elles font partie. Les premiers efforts que nous trouvons dans les annales de notre art, pour opérer le redressement des dents, sont dus à Fauebard. Il conseilla de luxer brusquement la dent, au moyen d’un pélican et de la fixer dans sa nouvelle position, au moyen des fils et d’une plaque d’argent. Ce moyen est aujourd’hui justement abandonné , car le bon sens indique qu’on ne devrait employer pour cet objet que des puissances qui n’agissent qu’avec lenteu'", et qui permettent le mouvement graduel et simultané de la dent et des parois de l’alvéole avec lesquels elle doit toujours rester en contact parfait. Nous ne sommes pas de l’avis de ceux qui disent que de simples ligatures fixées sur les dents voisines suffisent dans tous les cas de redressement, car il est évident qu’il faut proportionner la puissance qu’on emploie à la difficulté qu’on cherche à vaincre, et il faut de plus avoir égard non-seulement à la quantité, mais à la direction de la force dont on se sert. Mais si nous taxons d’insuffisance la simplicité exagérée des ligatures en question, nous sommes loin d’admirer l’arsenal de plateaux, de plaques,

IIEDRESSEMKNT.

de barres, de grillages, de pivots, de croehels et de plans inclinés ([ue la féconde ingénuité de linéiques jeunes confrères ont inventés pour former des ajipareils compliqués et gênants, que peu de malades voudraient supporter, et qui sont loin d’offrir rutilité pratique qu’on leur suppose. Mais avant de parler du moyen que nous substituons aux précédents, disons quelques mots sur les circonstances générales qui doivent décider le dentiste à entrt^prendre ou à rejeter l’opération du redressement. Il n’y a pas de vices de position de dents et des arcades dentaires qui ne puissent être heurensement modifiés, quand les sujets que l’on traite sont encore jeunes et bien portants. Nous ne sommes pas de l’avis de quelques confrères qui prétendent qu’on ne devrait jamais tenter le redressement des dents après l’age d’adolescence. Il est vrai que les opérations de cette sorte se font à cet âge avec plus de facilité, de sûreté et de promptitude qu’à tout autre, mais les cas nombreux de réussite parfaite que nous avons obtenus dans notre pratique sur des personnes qui avaient atteint et qui avaient considérablement dépassé leur trentième année , nous font déclarer qu’on peut reculer de beaucoup la limite qu’on impose généralement à l’époque du redressement. Quand l’àge et la santé générale de l’individu permettent de songer à l’opération , il faut bien examiner l’étendue du cercle alvéolaire, et la position générale des dents poiu’ voir si celle qu’on voulait faire entrer en ligne avec elles, trouvera assez de place pour se loger. Il arrive souvent que cet espace n’existe pas; car c’est précisément à ce défaut d’harmonie entre rétendue d’arcade alvéolaire et le nombre et la force des dents qu’est due la déviation dentaire qu’on est appelé à corriger. Mais nous nous sommes livré à des détails étendus sur la nature de cette cause de déviation , à l’article Ciievauchement , où nous renvoyons le lecteur.

Pour se procurer la place qui est nécessaire pour la réception de lu dent déviée, on a recours à un des trois procédés

UEüRESSEMENT.

suivants : 1" de liiuei' les laees latérales de la dent qu’on veut redresser, la face latérale interne des deux dents entre lesquelles elle se trouve. Mais ce n’est que dans les cas où l’espace demandé est très peu considérable, qu’on peut mettre ce procédé à exécution , car bien que le limage des dents soit exempt des dangers qu’on lui attribue généralement, on ne peut trop choquer les préjugés du malade à cet égard , et d’ailleurs, la quantité de la substance dentaire qu’on serait forcé d’enlever, laisserait après le redressement un aspect difforme à la dent ou aux dents sur lesquelles on aurait opéré. Le deuxième procédé qui n’existe guère qu’en théorie, consiste à faire rétrograder vers les extrémités des arcades, toutes les dents qui les garnissent de chaque côté de celles qui est hors de ligne. On s’est vanté de s’être procuré dans l’espace de trois mois un agrandissement du cercle alvéolaire d’une valeur de huit lignes, au moyen de ce procédé. Mais quand on songe que, dans ces trois mois, on ne comprend pas le temps nécessaire au redressement des dents déviées , et que cependant, durant cette double opération, la bouche doit être garnie d’un appareil métallique, on y renonce facilement pour adopter le troisième procédé qui offre presque autant d’avantages qu’elle. Ce troisième procédé consiste à opérer l’avulsion d’une ou deux des petites molaires de la même mâchoire, opération qui a pour effet de permettre le recul graduel vers le vide produit, par des dents qui se trouvent entre lui et la dent qu’on cherche à redresser. Nous avons déjà dit que l’or est le. seul métal qu’on devrait faire entrer dans les appareils de redressement, et nous avons démontré que l’argent , bien que recommandé par ' Fauchard, n’est nullement propre à un pareil emploi. Quant aux ligatures molles, c’est toujours au cordonnet de soie que nous donnons la préférence j d’abord, parce qu’il offre une parfaite égalité de grosseur dans tous ses points, et puis il s’altère dans la bouche moins promptement que les autres, et il se raccourcit beaucoup , selon le degré de torsion qu’on

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