RÉFLEXIONS
lui donne. Quant aux procédés de rcdrescincnl en eux-méincs, nous en parlerons au mot liégiilateur^ où nous aurons occasion de décrire l’appareil dont nous servons, et son application dans les différents cas que présente la déviation des dents.
RÉFLEXIONS. Nous avons, dans notre Encyclopédie du Dentiste^ donné, sous le nom de Conseils pour la conservation des dents, les réflexions suivantes que nous croyons utiles de transcrire :
Il faut se garder de casser avec les dents des corps durs, tels que les noix et noyaux, crainte de faire mal à ces organes ;
2® On doit rejeter les pommades, caustiques etastingents, car, pour noircir les cheveux ou pour détruire les poils, on court le risque de perdre les dents;
3" Un vieux proverbe dit ; Lave-toi les mains vingt fois par jour ^ et la tête jamais. A cet axiome utile, nous ajoutons que l’eau trop froide est nuisible aux dents.
4® Les dentifrices acidulés, le corail, la pierre-ponce, et la plupart des^élixirs, sont funestes^aux organes dentaires ;
5® Les modistes et les tailleuses perdent de bonne heure leurs incisives, par lafuneste habitude de couper les fils avec leurs dents. Il ne faut pas les imiter ;
6® La propreté conserve les dents, et les matières alimentaires qui se logent dans la cavité des dents cariées doivent être extraites ;
V L’humidité est nuisible aux dents ; les personnes qui le peuvent doivent éviter les lieux bas et humides; le triste spectacle des habitants des vallées, édentés à la fleur de l’àge, doit leur servir de leçon ;
8® La transition subite d’une température à l’autre détériore les dents. On doit éviter de prendre des aliments froids après des boissons chaudes, et vice versa.
9® La pipe et le cigare ne nuisent pas aux dents, pourvu qu’on ne s’expose pas au froid après avoir fumé.
UEI'LKXIONS.
1ü" Quand ou porte liabUuelloiiieiit les cheveux longs, ou ne doit se faire raser la tète que graduellement;
11° Le genre d’aliments influe sur la santé des dents. Deus superbus^ dit Horace, non viles comedit carnes : les personnes riches doivent choisir leur nourriture. Les paysans qui vivent de cliàtaignes sont édentés de honne heure;
12° Les dents des gens carnivores se détériorent vite^ à cause de la difficulté d’exli-aire de leurs interstices le résidu fibreux des viandes (pii y S(\journent et engendrent la corruption;
13° Le sucre pur ne nuit i>as aux dents, car les Nègres en mangent toute l’année sans gâter les leurs. Les sucreries des confiseurs sont nuisibles aux dents des enfants ;
1 4° Ceux qui veulenf conserver leurs dents doivent s’abstenir de l’usage des viandes salées. Les marins, dans leurs voyages de long cours, ont souvent le scorbut par l’effet de cette nourriture;
15° Les jeunes filles, à un certain âge, et surtout quand elles sont tourmentées de chlorose et d’hystérie, dévorent toutes les substances acides. Rien de plus nuisible aux dents;
10° L’eau de puits détruit l’imiail des dents. Dans les pays sans fontaines , les habitants ont les mâchoires délabrées ;
17° Les vêtements tendent à conserver les dents;
18° Les dames, en hiver surtout, doivent se tenir en garde contre la coquetterie, qui les pousse à se décolleter, si elles ne veulent pas avoir de fluxions et perdre leurs dents;
19° Je conseille aux jeunes filles de ne pas se couvrir, et de s’exercer en plein air ;
20° L’hiver est la saison des bals ; nos dames y paraissent couvertes de fleurs et de mousseline. Aux époques mensuelles, la température exerce sur les dents une funeste influence ;
REGULATEUR.
21® L’usage d’cvcntails est préjudiciable à riiarnioiiie dentaire, en arrêtant la transpiration du visage;
22° On doit se rincer la bouche avec de l’eau fraîche, en se levant;
23® Les personnes qui ont l’haleine forte doivent se servir des élixirs dentifrices aromatiques.
RÉFRACTAIRE. Épithète donnée aux substances qui sont difficiles à fondre. Les gazettes ou plateaux sur lesquels on fait cuire les dents minérales sont en terre réfractaire.
RÈGLES. Nom donné vulgairement à l’écoulement mensuel des femmes. La suppression et le retour irrégulier des règles produisent souvent des odontalgies, des fluxions et des névralgies dentaires violentes.
RÉGLISSE. On donne ce nom à la racine du glycy-rhiza glabra, plante de la famille des légumineuses. Cette racine, sucrée, gommeuse et adoucissante, est quelquefois employée dans la confection des collutoires émollients.
RÉGULATEUR. Sous le nom Régulateur -Rogers^ nous désignons un petit appareil simple, élégant et eflicace, applicable à tous les cas de redressement des dents, et que nous avons fait représenter dans les planches qui accompagnent notre Encyclopédie du dentiste. Voici une description succinte de sa construction, et de la manière de s’en servir. Le Régulateur-Rogers se compose de trois parties principales : un demi-cercle, qui est terminé en crémaillère, et qui s’emboîte dans deux cuvettes métalliques qu’on fixe sur les dernières dents molaires qui leurservent de point d’appui; la crémaillère glisse sur ces cuvettes au moyen d’une petite roue que l’on fait tourner avec une clé de montre, et que l’on fixe au mayen d’un crochet élastique. Cet instrument, pour des raisons que nous avons données au mot Redressement doit être en or, métal qui, du reste, a plus de résistance que tout autre. Voici maintenant quelques détails sur la manière de le faire fonctionner : Supposons, d’abord, un cas de préomincnce ou d’obliquité antérieure, et qu’on ail à redresser
IlÉÜULATEÜIl.
une incisive qui fasse saillie hors de la bouche; ou cominenee par fixer solidement les cuvettes sur les dents molaires, et l’on entoure le demi-cercle avec du caoutchouc, vis-à-vis de l’endroit correspondant à la saillie de la dent; puis, au moyen de la clé de montre, on fait entrer la crémaillère de chaque côté, et cran à cran, jusqu’à ce que Tare métallique garni de caoutchouc s’applique contre la dent, et exerce une légère pression sur elle. La dent cède graduellement à la pression ; on fait entrer d’un cran les crémaillères à droite et à gauche, de manière à lui faire continuer sa marche rélrogarde régulière, et au bout d’un temps plus ou moins court,, selon les individus et selon le degré de la déviation, on a la satisfaction de voir l’organe dévié s’aligner sans secousse, et sans quitter pour un instant les parois de l’alvéole avec les autres dents de l’arcade.
Supposons maintenant qu’il s’agisse d’un cas de rétroition ou d’obliquité postérieure, et qu’on veuille ramener en devant une dent qui fasse saillie dans l’intérieur de la bouche. On fixe, comme dans le cas précédent, les cuvettes sur les molaires, et l’on fait reculer sur elles les crémaillères de l’arc métallique jusqu’à ce que la concavité de celui-ci soit en contact avec la face antérieure de l’arcade dentaire. Quand cela est fait, on jette autour de la dent déviée une anse de cordonnet de soie dont on noue les extrémités sur le bout convexe de l’arc. Alors, au moyen de la clé, on dégage chaque jour les crémaillères d’un seul cran, et l’arc, en avançant, se fait suivre de la dent déviée jusqu’au moment où elle s’aligne parfaitement avec celles qui Tavoisinent de chaque côté. Il y a un troisième cas de déviation dentaire contre lequel nous employons avec succès notre Régulateur-Rogers ; c’est celle dite latérale, par pivotement ou rotation dans laquelle la dent s’est tournée sur son axe de manière à présenter une de ses faces latérales en devant, et l’autre, du côté de l’intérieur de la bouche. Nous avons déjà parlé de cette sorte de déviation à l’article Chevauchement. Quand ce vice est très pro-