SYPHILIS
poumons cl du cœur. La lypothyinie offre des pliéiiomèncs semblables, mais à un degré beaucoup moins prononcé. Il y a des individus puérils et liématopliobes sur lesquels le dentiste ne peut faire la moindre opération sans qu’ils ne tombent en syncope. Quand cet accident arrive, il faut se hâter de desserrer le malade, de le coucher sur le dos près d’une fenêtre ouverte, de lui asperger la ligure avec de l’eau vinaigrée et de lui placer sous le nez un flacon d’ammoniaque dont le cabinet du dentiste doit être toujours garni.
SYNCRANIEN. Chaussier donne le nom de mâchoire syncrânienne à l’os maxillaire supérieur.
SYNOVIALE. Sorte de membrane de nature séreuse ayant la forme d’un sac, sans ouverture, qui occupe l’intérieur des articulations mobiles, dont la face externe est adhérente aux surfaces articulaires et dont la face interne sécrète une liqueur visqueuse et transparente qui favorise le mouvement de l’articulation. L’accumulation de celte liqueur qu’on appelle synovie^ par suite de l’irritation inflammatoire de la membrane qui la sécrète, est connue dans la pathologie par le nom de synovite ; mais c’est une maladie qui attaque rarement la membrane synoviale de l’articulation temporo-maxillaire.
SYNTHÈSE. On désigne sous ce nom toutes les opérations de la chirurgie qui ont pour objet la réunion des parties divisées.
SYPHILIS. Nom donné par la plupart des auteurs à la maladie vénérienne. Le virus qui produit celle détestable maladie agit de deux manières. D’abord sur la partie avec laquelle il a été mis eu contact, et le chancre primitif peut se développer aux lèvres, à la langue, etc., par suite des baisers d’une personne infectée ; la bouche d’un enfant peut être infectée par le mamelon excorié d’une nourrice syphilitique, et le dentiste même peut contracter cette maladie en tenant entre ses lèvres l’instrument avec lequel il opère ou il panse certaines personnes qui se présentent à son cabinet,
TAHAC.
A*)!! OU introduisant dans loin* bouclio un doigt gerce ou dépouillé de son épiderme. Mais le plus souvent le virus syphilitique n’agit sur la bouche que par suite de son absorption et de rinlection générale de l’économié, et les ulcères secondaires ou symptomatiques qu’il produit dans cette cavité, peuvent en occuper toutes les parties indistinctement; on les voit aux lèvres, aux joues, aux gencives, à la langue, à la membrane palatine, au voile du palais, au palais même, qu’ils perforent quelquefois, aux amygdales et au pharynx. Les ulcères dus à l’infection générale s’étendent plus que les chancres primitifs, soit en largeur, soit en profondeur et entraînent, comme cela se voit au palais, la carie des os subjacents. L’action du virus syphilitique sur les dents semble s’exercer particulièrement sur la pulpe nerveuse et sur la péristealvéol dentaire qu’il ramollit et qu’il corrode de manière que les dents perdent leur vitalité, deviennent vacillantes, et sont souvent spontanément expulsées de leurs alvéoles. Nous parlerons au mot Ulcères du traitement local que réclament ues désordres syphilitiques de la bouche. Mais il est évident que, pour les voir disparaître, il faut soumettre le malade à un traitement anti-syphilitique général, au moyen des mercuriaux, de l’iodure de potassium ou des ilobs sudorifiques de Feltz, Laffecteur, etc., selon les circonstances.
TABAC. Nom d’une plante, la nicotiana tahacum^ de la famille des solanées, originaire de l’Amérique, mais qui est aujourd’hui naturalisée en Europe. Les feuilles de cette plante, soumises à un commencement de fermentation sont employées, réduites en poudre, comme errhin ; roulées en corde, comme masticatoire, et brûlées dans des pipes ou sous forme de cigares par les fumeurs. Nous n’avons pas ici à nous occuper de l’usage du tabac par rapport à ses effets sur la santé générale, et nous allons nous borner à quelques mots sur les organes de la bouche. Nous avons déjà dit que, comme masticatoire, il est loin d’avoir sur les dents l’influonce destructive du bétel des Oricnlaux, et, quoi qu’on en
TABI.KTTES.
dise, nous croyons que son j)lns {^iTand vice est de donner, par rinibibilion de son jus, une couleur jaune-sale à rémail de ces organes. La pipe, comme la maslicalion du tabac, doit son origine à notre désir de sensation. L’action de fumer désennuie, elle engendre la gaîté, et porte au recueillement; et quand elle a été souvent reproduite, elle devient la source d’un besoin impérieux dont les l’etours sont fréquents. Ses inconvénients pour les organes de la bouche, tiennent moins au tabac même qu’à la pipe, car la substance dure dont elle est formée produit l’usure de la couronne des dents, et exerce sur la lèvre inférieure une pression qui n’est pas toujours innocente. Les pipes trop courtes, dit un médecin distingué, deviennent promptement brûlantes pour les lèvres, et les exposent à l’action ’de l’iiuile empyreumatique très âcre qui se forme pendant la combustion du tabac; ce qui, joint à la pression qu’elles excercent sur ces parties, les excoriations, y détermine de la tuméfaction, et par suite des engorgements cancéreux. C’est ordinairement chez les vieux fumeurs qu’on rencontre le cancer de la lèvre inférieure. L’usage des cigares qu’on fait brûler jusqu’auprès de leur extrémité, c’està-dire le bout de cigares agit à-peu-près de la même manière nuisible que les pipes trop courtes.
TABLE. Nom donné par les anatomistes aux lames de tissus compactes qui forment l’extérieur des os plats.
TABLETTES. On donne ce nom , dans les pharmacies, à un médicament solide, composé d’une poudre incorporée à un mucilage sucré, doué d’une saveur agréable, et auquel on donne la forme de petits disques. On fait des tablettes amères et aromatiques pour fortifier le tissu des gencives ; les tablettes alcalines de d’Arcet tendent à corriger les renvois âcres de l’estomac, qui exercent une action si nuisible sur les arcades dentaires , et celles dont nous allons citer la composition , sont excellentes pour détruire ou pour musquer les émanations désagréablés de l’haleine et de la bouche.
TAILLK.
Chlorure sec de chaux Sucre en poudre. . . .
Amidon
Gomme adragante, . .
Carmin
1 6 grammes.
Mêlez ces ingrédients, et, avec une quantité suffisante de fleurs d’oranger, faites une masse, que vous diviserez en tablettes de 4 grains. Cinq ou six de ces tablettes, dans l’espace de deux heures, suffisent pour désinfecter complètement l’haleine.
TACHE. On donne ce nom à un changement de couleur circonscrit, qui se montre sur l’émail des dents, et qui est presque toujours dû à une carie qui commence. On peut voir au mot Carie que les taches qui apparaissent sur les dents sont jaunes, brunes, noirâtres, etc., scion le genre de carie dont cès organes vont être affectés. Les taches de la peau , connues sous le nom d^éphélides , sont incurables quand elles sont congéniales, et les efforts que font quelques femmes pour les faire disparaître n’aboutissent, le plus souvent, qu’à produire des éruptions dartreuses à la figure, et la désorganisation des dents, par l’effet des ingrédients qui forment les lotions et les pâtes cosmétiques qu’elles emploient à cet objet. Le dentiste donc , doit toujours condamner Tusage de ces dernières.
TAFFETAS. On donne le nom de taffetas gommé ou taffetas d’Angleterre, à une sorte de sparadrap préparé , en appliquant, au moyen d’un pinceau, sur du taffetas blanc ou noir, plusieurs couches successives de colle de poisson dissoute dans la teinture de benjoin à chaud. Quand le taffetas, ainsi gommé, est sec, on ajoute par-dessus une couche de teinture forle de benjoin unie à la térébenthine pure. On se« sert de ce taffetas pour coapter les lèvres de légères solutions de continuité qui se font à la figure, etc.
TAILLE. Nous avons, au mot Meule^ parlé de la manière
coo
TAIMOKA.
de tailler les dents arlilicielles minérales, et nous y avons démontré combien peu les meules en grés sont propres à cet usage, et cela, surtout, quand il s’agit de tailler les dents à texture fine dites dents transparentes ou anglaises.
TAMARIN. On donne ce nom à la pulpe acidulé, rafraîchissante et laxative, contenue dans la gousse ou fruit du tamarinier, plaLilc de la famille des légumineux, qui croît abondamment dans les deux Indes.
TAMIS. Les dentistes se servent de tamis pour passer ou tamiser les poudres dont ils forment leurs dentifrices et autres choses semblables. Nous préférons les tamis à toile métallique très fine aux tamis de soie; car tout en remplissant le même but , ils ont l’avantage de durer beaucoup plus longtemps.
TAMPONS. On met quelquefois dans la cavité des dents cariées des tampons de coton imbibé d’une liqueur narcotique pour l’irritation du nerf dentaire et de l’odontalgie qu’elle occasione; mais on conçoit bien que le soulagement ainsi obtenu ne peut être que momentané , et pour guérir le mal, il faut que la dent soit extraite ou plombée. Les tampons de coton, conseillés par quelques praticiens pour nettoyer les dents, sont loin de convenir à cet objet. Ils n’enlèvent , tout au plus, que les matières adhérentes à la superficie des dents, et ne pénètrent pas dans les interstices où s’amoncèlent et séjournent les substances étrangères.
TANNIN. Principe astringent qui existe dans le cachou , la noix de Galle, la gomme kino, le sang-dragon, les écorces de chêne, de quinquina, etc., et qui donne à ces substances une des propriétés essentielles qui les font employer dans la confection des poudres dentifrices et des collutoires corroborants et détersifs.
TAPIOKA. On nomme ainsi une fécule d’une apparence blanche, dure et demi transparente, fournie par la ra cine du patropha manioc. On fait , avec le tapioca , un chocolat analeptique et des bouillies légères et nourrissantes,
tartre. 601
qui cüiiviemieiil aux jeunes enfants pendant le travail de la dentition.
TAUTAREf morbi dentium. Terme employé par Para eelse pour désigner certaines maladies de la bouclie , qu’il attribue au tartre des dents.
TARTRE. La matière tartreusc qui se forme sur les dents, varie autant dans sa couleur que dans sa consistance, qui est tantôt celle d’une pulpe granuleuse, tantôt celle d’une concrétion calcaire très dure. Le tartre est jaune, gris, verdâtre, rouge ou tout-à-fait noir ; ces variétés de couleur dépendent de la partie qu’il occupe sur les dents ou sur les gencives. Il ne présente pas d’organisation régulière, et on peut le comparer h la matière du col qui sert à souder les os fracturés. Les concrétions se montrent d’abord près du collet des dents, sous la forme d’une croûte , plus ou moins sèche et dure, qui, peu-à-peu , s’étend sous les gencives, qu’elle soulève légèrement. Elles peuvent, dans certains cas, atteindre un volume tel , qu’elles blessent les gencives, les joues et la langue. Analysé avec le plus grand soin par plusieurs chimistes français, anglais et allemands, le tartre n’a jamais fourni les mêmes résultats d’analyse. Cependant il est bien prouvé aujourd’hui que ces concrétions dentaires ressemblent aux os par la nature de leur base , mais qu’elles en diffèrent par .la matière animale qui en lie les parties; car elle est analogue au mucus et nullement organisée. M. Vauquelin, dans un rapport fait en 1825, à la section de pharmacie de l’Académie royale de Médecine, donna l’analyse suivante du tartre :
Cette matière réduite en poudre fine, donne sept centièmes de son poids de matière animale par la distillation. — Dissoute dans l’acide chlorhydrique, elle a laissé treize centigrammes de son poids de matière animale d’un blanc jaunâire. — Celte matière animale, soumise à l’action de l’eau bouillante pendant au moins deux heures, n’a pas été dissoulo, et la décoclion , réduile sous un très petit volume, ii’a
TAKTUK.
pas tlüiiiiô la i)lus légère trace de gélatine , ce qui prouve que la matière animale n’est pas de môme nature que dans celle qui existe dans les os. — Le phosphate de chaux précipité par l’ammoniaque de la dissolution muriatique étant jaunâtre après la distillation , ce qui annonce la présence d’une certaine quantité de matière organique. En effet, le phosphate a noirci quand on l’a fait chauffer dans un creuset fermé. Dans cet état, son poids représentait les soixante-dix > centièmes du tartre employé. — Dans la liqueur dont le pliosphate de chaux avait été séparé, nous avons mis de l’oxalate d’ammoniaque : le précipité produit par cette opération, formait les douze centièmes du poids du tartre employé, et représentait environ neuf centièmes de carbonate de chaux. — Les produits obtenus par tes opérations ci-dessus ne représentent pas exactement la quantité de tartre soumise à l’analyse , et nous avons fait évaporer le liquide. Donc, le phosphate et le carbonate de chaux avaient été précipités pour savoir s’il contenait encore quelques parties de matière ani-. male. En effet , le muriate d’ammoniaque desséché et chauffé doucement dans un creuset de platine, est devenu noir, et après s’être dissipé, il a laissé une matière brune, pesant trois cents grammes qui ressemblait à l’oxyde de fer, et qui était en effet composé de fer et de phosphate de magnésie. — Un fragment de tartre exposé à une forte chaleur pendant une heure, est devenu parfaitement blanc jusqu’au centre et a perdu 42.6 pour cent. Une des dents que le tartre recouvrait ayant été parfaitement nettoyée et chauffée ensuite jusqu’à ce qu’elle fût devenue parfaitement blanche, a perdu 33.2 pour cent. Dans le cas du tartre, en retranchant 7 / d’humidité, nous aurons 1 5.6 pour la matière animale, et en supposant que la dent contienne la même quantité d’eau que le tartre, elle renfermait beaucoup plus de matière animale, et c’est là , sans doute, une des causes pour lesquelles les dents sont plus dures, plus élastiques et consistantes que le tartre qui les recouvre. Il résulte de cette analyse que le tartre