CORDONNETS
taire. L’inflammation du cordon dentaire est une maladie réelle, et ne doit pas être confondue avec le travail éliminatoire par lequel réconomie cherche à se débarrasser d’une partie qui ne peut plus lui être utile. Nous avons dit qu’elle succède souvent à l’inflammation de la pulpe, et cela , surtout, quand celte dernière se termine par la suppuration; mais, sans que la pulpe s’enflamme, le cordon peut être atteint de phlogose, comme cela a lieu dans l’obturation des dents cariées, dans la cavité desquelles il se faisait un suintement habituel. Dans ce cas, la matière du suintement ne pouvant échapper par la couronne de la dent, descend vers le sommet de la racine, et fait naître les accidents graves qui constituent cette maladie. Les symptômes principaux de ‘ l’inflammation du cordon sont une douleur sourde pulsative et continue qui se fait sentir profondément dans la mâchoire.
La gencive est rouge, tendue, tuméfiée et douloureuse vis-ài vis de la racine malade; quand la maladie siège dans les dents
i antérieures de la mâchoire supérieure, la personne affectée ■ éprouve un sentiment de pesanteur et d’embarras au-dessous
I des ailes du nez, et la membrane pituitaire peut devenir le [ siège d’une éruption croûteuse. Quand c’est une des dents l! molaires qui est affectée, l’irritation du cordon peut se tfans-
ii mettre par contiguïté à la membrane du sinus-maxillaire, et I «engendrer des maladies plus ou moins graves. On combat Lcette affection du cordon, etla phlegmasie des gencives qu’elle ' |t entraîne, par des collutoires émollients et par des applications Itdc sangsues sur la gencive même, ou en plus grand nombre l.^sur l’angle de la mâchoire et au-dessous de lui.
I CORDONNETS. Le cordonnet de soieécrue est connu dejipuis longtemps dans l’art du dentiste, et il en est de même l'de la racine chinoise, qui n’est qu’un cordonnet de soie forlitement tordu. Quelques dentistes, avant d’employer la soie il comme ligature, lui font subir des préparations qui servent l;à augmeiitei' sa tension et sa durabilité. La soie écrue en
II cordonnet, cependant, est extrêmement solide, et ne s’altère
( OKSETS.
(luc difllcilcnieiiL dans la boiidio. Comme plusieurs autres ligatures, quand elles sont troj) tordues, le cordonnet de soie se gonlle, se raccourcit, et use les dents qu’il embrasse; il glisse même vers les gencives et détruit à la longue leurs adhérences avec les collets des dents.
CORONOIDE. On nomme ainsi l’apophyse qui est située à la partie supérieure et antérieure de l’os maxillaire inférieur qui donne attache au tendon du muscle crotaphyte ou temporal.
CORPS étrangers. On donne ce nom à des matières diverses venant du dehors, et se formant au milieu de nos organes, et qui ne font pas partie de notre économie. Quelques-uns, de ces corps étrangers sont inanimés, tels que les calculs salivaires; et d’autres, animés, tels que les polypes. Les dents qui perdent leur vitalité par les maladies ou par les progrès de l’àge sont des corps étrangers que l’économie tend à expulser.
CORRODANTS. Ce mot, qui est équivalent au mot corrosif, se dit de quelques substances, tels que les alcalis, les acides minéraux, etc., qui altèrent et désorganisent peu-à-peu les tissus mous, osseux et dentaires avec lesquels ils sont mis en contact.
CORSETS. Le corset est une sorte de vêtement qui enveloppe et serre exactement la poitrine de la plupart des femmes dans les contrées civilisées. Selon le docteur Fournier, il recouvre toute la région abdominale , et s’étend même, selon l’occurence, jusqu’à la région pubienne. Le corset ne doit point exercer une compression susceptible de gêner l’action des muscles ni celle des viscères de la poitrine et de l’abdomen. Tout corset qui ne remplit pas ces conditions est vicieux et même nuisible : l’hygiène doit en prescrire sévèrement l’usage. L’hygiène dentaire proscrit aussi les corsets baleinés, qui ne sont qu’un reste de l’ancien costume germanique. On a vu des femmes emprisonnées dans leurs corsets, afin de paraître moins corpulentes, en
cosmi-:tiques. 1 43
éprouvcnlcscong'tîslions, des spasmes, des convulsions même, cl des douleurs névralgiques des dents et des mâchoires. Un I praticien prudent et habile doit toujours recommander à ses clientes de ne pas mettre leurs corps à la torture pour satisfaire aux caprices de la mode.
I COPxYMBfFÈRES. C’est le nom donné à une famille de j plantes dont les fleurs sont composées et les pédoncules dis- I posées en corymbc. Cette famille fournit au dentiste une I foule de plantes qui sont amères, aromatiques, aulhelmynthiques, excitantes et toniques, telles que la camomille, l’absinlhc, la tanaisie, la mille-feuille et la matricaire, dont il peut faire un usage fréquent dans les états atoniques de la bouche et des voies digestives, de la bonne condition desquelles dépendent si souvent la santé, la bonne conformation et l’éclat des dents.
CORYZA. On donne ce nom à l’irritation inflammatoire de la membrane muqueuse, des fosses nasales et des sinus qui s’y ouvrent. Cette maladie, qui n’est jamais très grave, est produite le plus souvent par l’effet de l’air froid et de l’humidité; mais bien souvent aussi elle dépend de divers états morbides de la bouche et des dents. R n’est pas rare de voir des névralgies dentaires alterner avec l’irritation de cette membrane, et celle-ci peut être également produite sympathiquement ou par voie de contiguïté de tissus dans les phlegmons des gencives. Nous avons déjà dit que cette membrane des narines et celle qui tapisse le sinus maxillaire, deviennent souvent le siège d’une éruption dartreuse dans les cas d’inflammation du cordon dentaire.
COSMÉTIQUES. Ce mot qui a pour racine le verbe grec -/.o-rp-Ew, j’orne, j’embellis, a été, de tout temps, appliqué aux substances qui ont la réputation d’entretenir ou de faire ivvenir la beauté de la peau, de rafraîchir le teint, de teindre les cheveux et de blauchir les dents. C’est à Ovide que l’on attribue généralement le poème latin de Medicamine facili, dans lequel on trouve éuumérés les moyens propres
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à effectuer ces divers objets; mais il est fort douteux que cet écrit soit de raiitcur des Métamorphoses. On cite deux autres traités fort anciens sur la science cosmétique, dont l’un qui est écrit par Criton d’Atbenes, fait suite à une sorte de pharmacopée , que cet auteur publia vers l’an 350 de Rome et que Galien cite souvent avec éloge. L’autre est de la célèbre égyptienne Cléopâtre, qui , comme reine et comme belle, ne pouvait pas, en écrivant sur la médecine, oublier la pharmacie du boudoir, lléraclide de Tarente parle aussi des cosinétiques dans s^s ouvrages; mais les auteurs qui traitent le plus au long cette matière dans leurs écrits, sont les pharmacologistes indiens persans et arabes. — Comme rien ne flatte plus la vanité que l’art de conserver ou d’augmenter les agréments extérieurs, les charlatans se sont surtout appliqués à multiplier les cosmétiques. On ferait un volume considérable si l’on voulait réunir toutes les recettes de fard, d’eaux composées, de pommades pour le teint, pour les cheveux, pour les lèvres, de pâtes et d’émulsions, de baumes, de poudres, d’opiats et d’élixirs , que l’on a publiés. La plupart de ces baumes sont sans effet et plusieurs sont dangereux. — Il est des altérations de la peau auxquelles on peut remédier, mais il en est aussi que l’art ne peut réparer. On ne saurait, par exemple, effacer les rides de l’âge, et cependant on a attribué cette propriété à plusieurs cosmétiques; mais lorsque la peau a seulement perdu sa souplesse et son brillant par l’action simultanée de l’air et de la lumière , on peut lui rendre son éclat par quelques lotions douces et onctueuses.
On emploie, généralement sans inconvénient, les eaux distillées de roses, de plantin, de frai de grenouilles, de fèves, de fraises, et les pommades de concombre, d’amandes douces, de cacao, de baume de la Mecque et d’autres matières adoucissantes de la même nature. Mais la prudence doit faire rejeter toutes celles dans lesquelles entrent des sub- 'stances minérales, telles que le plomb, le bismuth, l’arsenic et le mercure. Ces compositions métalliques ont quelquefois
cos:métïques.
la propriété do faire disparaîlro les boulons cl corlainos ladies do la peau, mais ce n’est souvent qu’en refoulant riiiimeur qui les a produites et eu déterminant des métastases funestes. On a vu des personnes affectées de ptyalisme, d’oplîthalmic et même de phthisie pulmonaire, après avoir fait usage de cosmétiques de mauvaise nature. Il faut donc s’assurer d’avance de la nature des ingrédients qui entrent dans la composition des cosmétiques que l’on emploie, et pour mettre nos lecteurs plus à même de distinguer les bonnes des mauvaises, nous allons dire quelques mots des préparations cosmétiques qui sont le plus en usage. Le plus parfait de tous les cosmétiques est l’eau pure d’une fontaine limpide; elle suffit pour enlever à l’épiderme les excrétions ha-
bituelles de la peau et pour nettoyer sa surface. Si cependant quelques circonstances particulières, telles qu’un air vicié, le défaut d’exercice, les veilles, où l’usage des fards ont altéré le teint, il faut avoir recours à quelques moyens plus efficaces que l’eau. Voici une composition cosmétique que l’on peut employer en toute sûreté et qui convient surtout quand il y a échauffement de la peau. — Mettez dans un mortier, un jaune d’œuf, 4 grammes de sucre et dix gouttes de baume de la Mecque; triturez-les ensemble jusqu’à ce que le mélange soit parfaitement homogène , puis ajoutez, peu-à-peu, 150 grammes d’eau distillée. On se frottele visage avec cette composition et on la laisse sécher sur la peau. Le lendemain, en se levant, on se lave avec de l’eau pure. — Voici une autre composition due aux expériences du docteur Geoffroy, et dont les effets sont analogues à ceux du cosmétique précédent. Prenez, dit le docteur, parties égales d’huile d’amandes douces et de baume de la Mecque, mêlez-les avec 'soin dans un mortier de cristal et versez sur le mélange une petite quantité d’alcool ; après un certain temps de digestion on en extrait une teinture sufftsanle.
La célèbre préparalion cosmétique connue sous le nom de
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lait mrifinal^ ii’osl (|ü’iiiio IciiiUirc doquelqiiosl)aiimos dans laquelle on verso une (luaiitilé siinisaiile d’eau, ])our produire la i)réeipUaüoii de l’acide benzoïque et de la résine; prôcipilalion qui donne à la liqueur la couleur blanche qui lui a valu le nom do lait. 11 ne faut pas prendre pour ce dernier mélange une autre préparation qui a porté le même nom, et qui n’est autre que le sous-acétate de plomb, liquide qui se blanchit également par son mélange avec de l’eau, mais dont l’action sur la peau est très délétère. Les cosmétiques dont nous venons de parler, sont le plus souvent employés pour entretenir la beauté et la souplesse naturelle d’une peau jeune et vive. Les deux suivantes, au contraire, ne font que masquer les rides et la sécheresse dont l’enveloppe cutanée est toujours atteinte par les progrès de l’àge ou bien par des excès. Ce sont lesdeuœ fards. Le fard blanc résulte d’un mélange de craie de Briançon, qui est une sorte de talc avec l’oxyde ou le sous-nitrate de bismuth. Mais, malheureusement, cette composition ne fait qu’augmenter le mal que l’on cherche à déguiser, et souvent elle prend un teint noir peu de temps après son contact avec la peau. Le fard rouge n’est autre chose que la poudre du cinabre ou sulfure de mercure, connu sous le nom de vermillon, fl est inutile de dire qu’un pareil cosmétique doit être condamné comme dangereux, car il produit le plus souvent une salivation abondante en même temps qu’il empoisonne l’haleine et fait vaciller les dents dans leurs alvéoles. Le roi Henri III, qui alliait à la bravoure du soldat français la coquetterie d’une petite maîtresse, n’employait pour cosmétique que de la farine battue dans un jaune d’œuf, et celui qu’emploient les dames du Danemarck d’aujourd’hui, n’est guère moins simple. Ce dernier est formé d’une certaine quantité de farine de fèves et de farine des quatre semences froides, dé ayées dans de la crème. Parmi les préparations cosmétiques les plus dangereuses, nous signalerons les pcàtcs et les pommades dépilatoires qui renferment toujours de l’arsenic, delà chaux