‹ Dictionnaire des sciences dentairesChapitre 99 sur 280 · DENTISTE · texte numérisé non relu

DENTISTE

Ira grand parlisan de rcxiracdion des dénis; il ne craignail pas mémo (renlcver avec le ciseau la couronne de celles qui êlaionl hors de rang; il se servait de l’cxlrémité poinlue d’une sonde, cl de la rugi ne, pour ôler les écailles de tartre qui SC formenl sous la dent; il employait aussi la lime et les lils d’or et de soie; il conseillait l’usage quodidien des dentifrices, de SC laver la bouche après le vomissement, de ne jamais mordre des corps trop durs , de ne pas manger des fruits verts, qui altèrent l’émail, etc. Sous le Bas-Empire, riiistoirc ne nous a transmis le nom d’aucun dentiste célèbre; nous trouvons seulement un médecin de Bordeaux, nommé Marcel, qui propose contre rodonlalgie un remède assez singulier pour être rapporté textuellement. Prenez, ditil, la première sangue que vous trouverez , mettez-la dans votre bouche, retircz-la ensuite, et écrasez-la entre les doigts^ médius de la main gauche et de la main droite, et diles-lui:

« Sangsue ! de même que cè sang ne retournera pas dans la bouche, de même mes dents ne doivent plus être douloureuses toute l’année. » Il faut recommencer la même chose tous les ans pour se préserver de l’odontalgie. Cette simple cita-^ lion prouve que le médecin bordelais était déjà imbu des erreurs populaires qui arrêtèrent les progrès de la médecine et de l’art du dentiste pendant la longue période du moyenàge. — D’ailleurs, tout le monde sait qu’après la chute de l’empire romain, l’odontotechnie, comme tous les autres arts et toutes les sciences, disparut dans le ténébreux chaos delà barbarie. On trouve cependant quelques faits , épars dans l’histoire, qui prouvent qu’on avait le plus grand soin des dents, témoin saint Jérôme, qui se fit limer les incisives pour prononcer parfaitement la langue hébraïque. A partir de cette époque, jusqu’au xvi® siècle, l’iiistoire se tait sur les dentistes, et on ne les trouve pas même mentionnés dans la longue énumération des professions au moyen-àge.

Art du denfisfe chez les modernes. En 1595, Ingolstadt écrivit un opuscule sur les croyances populaires relatives aux

DKNTISTE.

(lents ; cel opuscule a pour titre : De la dent d’or d'un enfant silésien. En 1579, Eustacliius, tlans ses opuscules anatomiques, avait (.Ut quelques mots sur les tlents; ctErastus, contemporain d’ingolstctter, soutint, avec quelques médecins, une thèse sur la même matière. Urbain Hemard, médecin de Lyon, fit imprimer en 1 581 ses Recherches sur la vraie anatomie des dénis; mais ces divers ouvrages passèrent inaperçus, et l’art du dentiste resta stationnaire jusqu’au commencement du xviii® siècle. En 1727, le célèbre Pauchard, le fondateur et le père de la chirurgie dentaire en France, publia, dans son Chirurgien-Dentisle, son nouveau procédé de dents artificielles. Il eut bientôt de nombreux imitateurs qui employèrent toutes les matières, toutes les substances pour réparer la perte prématurée des organes dentaires. Malheureusement leurs essais et leurs efforts furent infructueux; en vain Duchâteau, pharmacien à Saint-Germain-en-Laye, tentat-il de fabriquer des râteliers en porcelaine. Ce procédé, tant prôné dès son origine, n’eut qu’un succès de quelques années. Plus tard, le dentiste de Chémant lit de vaines tentatives pour mettre en vogue ses dents incorruptibles. Le célèbre Parnilly lui-même, un des plus habiles praticiens de Londres, ne put, malgré son enthousiasme pour ce nouveau système, le faire adopter en Angleterre. Les dents terro-métalliques n’ont pu lutter contre les préventions du public, parcé que l’art est impuissant toutes les fois qu’il veut substituer scs inventions factices aux substances fournies par la nature. Depuis le commencement de ce siècle, il n’est pas d’efforts qu’on n’ait fait pour améliorer la prothèse. Plusieurs praticiens ont écrit des livres remarquables par les connaissances qu’ils renferment; mais toutes les fois qu’ils ont abordé la partie pratique de l’odontotechnie, ils n’ont pu réussir, et se sont traînés péniblement à la remorque de leurs devanciers. En effet, qui n’éprouve pas un frémissement involontaire à la seule idée des dents là pivots, des dents à crochet, et des râteliers à ressorts? Il est vraiment déplorable que la science

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dentaire, retenue jusqu’à ces derniers temps dans les maillots de l’enfancc, n’ait pas suivi l’élan des autres sciences qui marchent dei)uis longues années vers une perfection indéfinie. Il est pénible de parler de ses propres mérites, mais l’on ne peut nier que n’ayons eu le bonheur de changer tout-à-coup la face des choses, et d’opérer une révolution dans la prothèse dentaire. Passionné pour notre art, et, après de longues études, nous avons découvert le système des denliers à succion^ ou dents osanores, et un autre genre de dents artificielles dont nous avons déjà entretenu le lecteur. Ces inventions merveilleuses sont adoptées aujourd’hui par tous les dentistes de l’Europe, et depuis la chirurgie dentaire a complètement changé de face.

DENTITION. On donne ce nom à l’accroissement des dents à leur sortie des alvéoles. La première dentition, ou apparition des dents de lait, commence vers le sixième mois (le la vie de l’enfant. La deuxième dentition , ou apparition des dents permanentes, commence vers l’àge de sept ans. Le lecteur trouvera aux mots Développement et Éruption, tout ce qui a rapport aux dents elles-mêmes, et nous allons ici jeter un coup-d’œil sur les diverses perturbations de l’économie que l’enfant éprouve pendant la durée des dentitions, et qui doivent éveiller au plus haut d'^gré toute l’attention du dentiste. Il est rare que la sortie des dents de lait, et surtout des canines, ne s’annonce pas par le gonflement (les gencives , par la chaleur de la bouche et par la rougeur (les joues. Il n’en est pas toujours ainsi; mais quand la dentition est laborieuse , elle est accompagnée d’accidents graves et d’une nature très connue, qui ont été observés dans tous les temps et dans tous les pays. Hippocrate dit que les maladies dont une femme est atteinte pendant la gestation , influent considérablement sur les dents de son enfant; et il ajoute que les enfants dont les dents sont prêtes à percer, ont souvent des démangeaisons aux gencives, de la fièvre, des convulsions et la diarrhee. Les phénomènes morbides,

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