‹ Dictionnaire des sciences mathématiques pures et appliquées (volume 3)Chapitre 116 sur 346 · BO · texte numérisé non relu

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les marins, et que nous déerirons ailleurs. 7’oyez CERCLE DE RÉFLEXION.

Jean Charles Borda a fait faire à la physique moderne d’importans progrès qu’il ne nous est pas possible de mentionner ici. Mais dans toutes ses recherches et dans toutes ses inventions , on reconnait, dit un deses savans biographes, le physicien géomètre qui sait allier habilement le calcul à l'expérience, et atteindre par les procédés les plus simples, la dernière précision. L'influence de cet illustre mathématicien n’a pas été moins heureuse et moins grande sur l'art nautique ; car c’est à dater de ses observatious que la marine française s’arrachant enfin des vieilles voies de la routine, a marché de progrès en progrès à l’aide des sciences exactes. Borda, membre de. l'Académie des sciences, et plus tard de l'Institut, capitaine de vaisseau, et en dernier lieu chef de division au ministère de la marine, est mort à Paris le 20 février 1799. Tous ses mémoires se trouvent dans le recueil de ceux de l’Académie des sciences, sous la date à laquelle ils ont été successivement publiés. ses autres ouvrages imprimés séparément sont : [. Voyage

fait par ordre du roi, en 1771 et1772, en diverses parties de l'Europe et de l’ Amérique, pour vérifier l'utilité de plusieurs méthodes et instrumens servant à déterminer la latitude et la longitude, tant du vaisseau que des côtes, iles et écueils qu'on reconnait; suivi de recherches pour rectifier les cartes hydrographiques. Panis, 1778, 2 vol. in-4°. Cet ouvrage a été publié par Borda en société de Verdun de la Creuse et Pingré. IL. Description et usage du cercle de réflexion. Paris, 1787, in-4°. LIL. Tables trigonometriques décimales ou Tables des logarithmes des sinus, sécantes et tangentes, suivant la division du quart de cercle en cent degrés. Paris, x vol. in-4°. M. Delambre a donné, en 1804, une nouvelle édition de ces Tables revues et augmentées.

BORÉAL ( Astr. ). On donne indifféremment le nom de boréal ou celui de septentrional à tout ce qui est situé dans l'hémisphère nord de la sphère. (Voyez ArmLLAIRE.) Cet hémisphère lui-même se nomme émisphère boréal.

BORELLI (J£an-Azpnonse) médecin célèbre et savant mathématicien , naquit à Naples, le 28 janvier 1608.11 professa long-temps les mathématiques à Pise et à Florence, où il composa plusieurs ouvrages importans, qui ont surtout pour objet les travaux des géomètres de antiquité. On lui doit la restitution du troisième des quatre derniers livres d’Apollonius, qu'il parvint à déchiffrer avec l’aide, dit-on, d'Abraham Echellensis, d’après une paraphrase de quelques anciennes traductions de larabe. Il fit à la même époque des recherches semblables sur jes travaux d'Euclide. Ses divers biographes le représentent comme un homme d'un esprit mobile et inquiet, et d’un caractère peu sociable. Soit

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qu'il eût éprouvé à l’université de Pise des sujets. de mécontentemens réels où imaginaires, ou quil fût préoccupé d'intérêts autres que ceux de la science, Borelli passa à Messine au moment où cette ville essayait de se ravir par l'insurrection à la domination de l’'Espagne. I prit à cette sédition une part très-active, et courut les plus grands dangers quand l'autorité du roi d'Espagne l’eut emporté sur le mouvement désespéré des habitans de Messine, Il parvint néanmoins à prendre la fuite, et il se retira à Rome, oùil trouva un asile dans la maison des religieux des Écoles pies. Borelli s’est occupé d’astronvmie, et il tächa de déduire, des observations de l’astronome sicilien Hodierna , la théorie des mouvemens des satellites de Jupiter. On remarque dans les principes sur lesquels il établit cette théorie quelques idées de l'attraction, qui sont loin sans doute de la détermination précise des lois de ce phénomène, mais qui révèlent du moins en lui une haute portée intellectuelle, Borelli est surtout célèbre par ses travaux en médecine. Il passa avec Bellini pour le chef de la secte iatro-mathématicienne, qui a long-temps dominé en Italie. On sait que cette secte avait pour objet de soumettre au calcul tous les phénomènes de l’économie animale. Nous n'avons point à nous occuper ici de cette hypothèse et des recherches qu’elle a occasionnées à Borelli. Il est mort à Rome le 31 décembre 16709, Ses ouvrages mathématiques sont : I. Apolonii pergœæi corucorum, libri V, VI et VI. Florence, 1661, x vol. in-f°. 11. Æuclides restituluis. Pise, 1628, 1 vol. in-4°. L'ouvrage sur lequel se fonde encore aujourd'hui la réputation de Borelli n'appartient qu'indirectement aux sciences inathématiques; il est intitulé : De motu animalium , etc. Rome, 1680-1681, 2 vol. iu-4°.

BOSCOVICH (Rocer-dosepn), polygraphe célèbre et savant mathématicien, naquit à Raguse le 18 mai 1711. Il entra chez les Jésuites de Rome, pour y continuer ses études, à l’âge de 14 ans. Il annonçait déjà ce qu'il devait être un jour par les rapides progrès qu'il fit,en peu de temps, dans la philosophie et les mathématiques. Aussi, par une dérogation spéciale aux lois de cette institution, dans laquelle il prononça ses vœux, fut-il nommé professeur de ces deux sciences au collége romain, avant d’avoir pris les degrés prescrits par les statuts. Le père Boscovich, qui acquit bientôt une brillante réputation par l’étendue de ses connaissances, son esprit et son caractère, fut tour à tour honoré de la confiance de plusieurs papes, et de celle de la république de Lucques, qu le choisit pour arbitre d'un différend qui s'était élevé entre elle et la Foscane. Mais c’est surtout de la partie de sa vie qu'il consacra à des travaux scientifiques, que nous devons nous occuper

Boscovich s'est principalement livré à des recherches

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d’astronomie et d'optique. Il avait embrassé les opinions de Newton, dont il commenta la philosophie dans un ouvrage renarquable qu'il publia en 1758. En 1736, Boscovich avait débuté par une dissertation sur les taches du soleil (De maculis solaribus ). C’est dans cet écrit qu'on trouve la première solution géométrique qui ait été donnée du problème astronomique de l’équateur d’une planète, déterminé par trois observations d’uue tache. Il publia successivement à cette époque plusieurs dissertations astronomiques qui ont pour objet la méthode d'observer les éclipses de lune, et latmosphère de ce corps céleste. Après la suppression de son ordre, ce savant distingué fut accueilli par le grandduc de Toscane, qui le nomma professeur de l'université de Pavie; mais il n’occupa sa chaire que fort peu de temps. En 17553, Boscovich fut appelé à Paris pour remplir l'emploi de directeur de optique de la marine, auquel furent attachés des émolumens considérables. Il était alors membre de la Société royale de Londres, et avait vu s’augmenter la renommée attachée à son nom, par le choix que cette illustre compagnie avait fait de lui pour aller observer en Californie, le second passage de Vénus, et par la manière dont il s'était acquitté de cette mission. À cette époque, Boscovich s’attacha à perfectionner presque exclusivement la théorie des Innettes achromatiques. Cette branche des mathématiques appliquées, occupe la plus grande partie de l'ouvrage considérable qu'il publia en 1785. Boscovich , obligé de quitter la France par des raisons qui sont demeurées inconnues, se retira à Milan, où l’empereur d’Allemagne le chargea d’inspecter une mesure du degré en Lombardie. Il était environné d’une considération générale quand il mourut à Milan le 12 février 1787. Peu d’écrivains , même parmi ceux qui nese sont oceupés que de sujets frivoles, ont déployé autant de facilité et de fécondité que Boscovich. Nous ne citerons ici que ceux de ses ouvrages qui se rattachent à l'étude ou à l’histoire des sciences mathématiques, et dont voici les titres:1. E/ementa universa matheseos. Rome, 1754, 3 vol iu-8°. IT. Philosophie naturalis theoria, redacta ad unicam legem virium in natur& existentium. Vienne, 1758, fig. TT. De lentibus et telescopis dioptricis. Rome, 175, in-4°. Cet ouvrage à été traduit en allemand et én français. IV. Rog. Jos. Boscovich, opera ad opticam et astronomiam maximé ex parte nova et omnia hujusque inedita, in NV tomos distributa. Bassano , 1795, in-4°, fg.

BOSSUT (Cnantrs), mathématicien distingué, naquit, le 11 août 1730, dans un village des environs de Lyon. Il fut admis à l’âge de 14 ans au collége des Jésuites de cette ville, et continua avec succès sous ces maîtres célèbres des études pour lesquelles il avait réveié

dès l'enfance les plus heureuses dispositions. Il fat

BO 255 accucilli à Paris, où l’appela, au sortir du collége, son goût pour les sciences, par le vénérable Fontenelle et par d'Alembert. Ilse lia plus étroitement avec ce dernier, et devint en quelque sorte son disciple. Ces relations et les connaissances déjà profondes qu’il manifesta dans les mathématiques, le firent nommer, à 22 ans, professeur de ces sciences à l’École militaire de Mézières. C’est alors qu’il composa une assez grande partie des ouvrages sur lesquels sa réputation est fondée, et qui lui ouvrirent les portes de l’Académie des sciences. La révolution vint troubler sa carrière en le privant de ses emplois. Il se retira à la campague pendant ces jours orageux, et fut assez heureux pour éviter, dans la solitude qu’il avait choisie, le sort funeste de plusieurs homenes de talent dont il était l’ami. Sous le consulat, il fut successivement nommé membre de lInstitut, de la Lépion-d'Hon-

.neur, et l’un des examinateurs de l'Ecole polytechnique,

Charles Bossut était aussi membre associé de l’Institut de Bologne, des Académies de Pétersbourg, de Turin,

et d’un assez grand nombre de Sociétes savantes ou littéraires , qui jouissent d’une renommée moias brillante.

Ilest mort à Paris le 14 janvier 1814. Bossut a fait peu de découvertes remarquables; mais ce qui le place au-dessus des mathématiciens vulgaires, ce sont, d’une part, ses talens incontestables pour le professorat, et d’autre part ses nombreux et utiles travaux. II était

de mœurs douces et simples, qu’il unissait néanmoins

à un caractère ferme et élevé. La seconde édition de son Âistoire des mathématiques lui suscita quelques ennemis, car il avait eu l’imprudence d’y apprécier avec une justice trop impartiale les travaux des mathématiciens vivans. Cependant son honorable vieillesse fat constamment entourée du respect et de la considération dont elle était digne. Le gouvernement s’associa aux pieux égards dont il était l’objet, en lui conservant jusqu’à la fin de ses jours le traitement des divers emplois, dont son âge ne lui permettait plus de remplir les devoirs. Les ouvrages de Bossut qui intéressent plus spécialement les sciences mathématiques sont : I. Traité élémentaire de mécanique et de dynamique, 1763. IT. Traité élementaire de mecanique statique, 1771. IT. Traité élémentaire d'hydro-dynamique , 177%.

IV, Truite élémentaire d'arithmétique, 1772. V. Traité élémentaire de géométrie, et de la manière d'appliquer

l'algèbre à la géométrie, 1774. VI. Cours de math: matiques à l'usage des écoles militaires, 1782. VIT. Cours

complet de mathématiques, 1800-1801. VIII. Essai sur

l'histoire générale des mathématiques, 2° édition, 1810,

2 vol. in-8°, Cet ouvrage, très-inférieur à celui de Mon-

tucla, convient néanmoins beaucoup mieux aux étudians

et aux gens du monde. Il renferme des appréciations

rapides, mais justes, des progrès généraux de ia science

jasqu'aux travaux des mathématiciens modernes.

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