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Appliquons maintenant ces principes élémentaires du calcul des intervalles musicaux aux sons dont se composent les diverses échelles adoptées par les musiciens.
6. La production du son par les corps sonores est l'elet des mouvemens vibratoires que font les molécules de ces corps pour reprendre leur position primitive lorsqu'elles en ont été écartées par l’action instantanée d’une force étrangère (voy. AcousriQue, tome I) si les vibrations sont régulières; elles forment le son distinct ou son musical, lequel n’est perceptible cependant que lorsque ces vibrations ont une certaine vitesse; et plus cette vitesse est grande, plus le son est aigu. Lorsque le nombre des vibrations de deux corps sonores est le même dans le même temps, les sons ne peuvent être distingués l’un de l’autre que par leur intensité et leur timbre. L'intensité dépend de l'amplitude des ondes sonores (voy. Sox), le timbre est une qualité donnée au son par la nature propre du corps sonore.
L'intervalle de deux sons est dit consonnant quand le rapport numérique qui le constitue est très-simple, il est dit dissonant dans le contraire. Cependant cette division n’a rien d’absolu et repose seulement sur le plus ou moins de facilité que l’oreille éprouve à saisir le rapport de deux sons co-existans, facilité qui dépend du degré de culture musicale de l'oreille, de sorte que tels intervalles qui passaient jadis pour dissonans sont aujourd'hui au nombre des consonnans.
Deux sons co-existans, perçus en même temps par l'oreille, formert un accord, si leur intervalle est consonnant. Pour se rendre compte de la nature du phénomène qui se passe alors dans l'oreille, il faut observer que dans la sensation d’un son simple ou isolé la membrane du tympan reçoit un mouvement vibratoire qu'on peut comparer à celui qui serait produit par une suite de coups frappés dans des intervalles de temps égaux. Or, lorsque deux sons différens frappent àla fois l'oreille, il s'opère un mélange de deux suites de coups dans chacune desquelles les distances en temps sont égales, mais dans l’une plus grande que dans l’autre ; ces coups ne peuvent donc frapper ensemble qu’à de certaines distances, et plus ces distances sont petites, plus facilement l'oreille saisit le rapport des deux sons. Si, par exemple le premier son frappe deux coups pendant que le second n’en frappe qu’un, les 2°, 5°, 4°, 5°, etc. coups de la seconde suite coïncideront avec les 9, 10.87, 10°, etc. de la première, ce qui produit une liaison trèsharmonique, tandis que, si le premier son frappait 11 coups pendant que le second en frappe 10, les coïncidences n'auraient lieu qu'entre les 11°, 22°, 53°, ctc. coups de la première avec les 10°, 20°, 30°, etc. coups de la seconde, ce que l'oreille ne pourrait saisir sans beaucoup de difficulté. Or l'oreille exécute pour ses sensations particulières les mêmes opérations que l'œil pour les siennes propres, elle saisit les rapports des sons avec une facilité d'autant plus grande que ces rapports sont plus simples, et, de même que l'œil est affecté d’une
manière agréable par des rapports justes des formes, sans mesurer pi calculer ses rapports, l’orcille est agréa= blement frappée lorsqu'elle percoit sans difficulté l'effet de la concurrence des vibrations simultantes de plusieurs sons.