PER
figure, il existe un vide entre les parois du trou et la partie de la surface du clou déjà introduite ; ce vide détruit en tout ou en partie la résistance due au frottement et à la pression des parois , de sorte que le coup de marteau suivant n’a qu’à surmonter la résistance que rencontre la pointe du clou pour aller en avant. Ainsi, la pression doit surmonter deux espèces de résistances qui se mettent bientôt en équilibre avec elle, quelle que grande qu'elle soit, tandis que la pereussion n’a à vaincre qu'une des deux. Ajoutez à cela que la force musculaire qui fait agir le marteau peut accumuler dans cet outil une quantité de mouvement très-grande, eu égard à la petitesse de sa masse.
Plusieurs savans ont fait des expériences sur les effets des chocs des corps pesans qu’on laisse tomber librement. Les résultats obtenus par les deux Camus, Bernouilli, Mariotte, S'Gravesande , l'ingénieur Soyer, tendent à établir que ces effets sont proportionnels aux masses des corps choquans ainsi qu'aux hauteurs des chutes, ou, ce qui est la même chose, aux carrés des vitesses finales, ce qui s'accorde avec les meilleures théories de la percussion. Quelques autres résultats, et notamment ceux de Rondelet, sembleraient indiquer que les effets des chocs sont proportionnels aux masses et aux racines carrées des hauteurs des chutes ou aux simples vitesses finales, mais, comme Navier l’a fort bien fait observer, il y a lieu de croire que, si dans ces expériences les effets des grands chocs paraissent moindres qu'ils devraient être, cela tient à ce qu’il est impossible d'éviter alors qu’une partie de la force du coup ne soit communiquée à l’appui du corps soumis à l’expérience et perdue pour l’effet que l’on mesure, circonstance qui d’ailleurs se retrouve également dans la plupart des cas des battages des pieux. Camus, l’auteur du Traité des forces mouvantes, qu'il ne faut pas confondre avec Gamus l’académicien, a reconnu le premier que la nature des corps choqués et des appuis sur lesquels ils se trouvent portés exerce une grande influence sur les effets de la percussion; quoique ses recherches n’offrent aucun résultat précis, elles ne sont pas dépourvues d'intérêt et peuvent être encore consultées avec fruit.
Les eflets utiles principaux qu’on obtient de la percussion employée comme agent mécanique sont :
1° L’enfoncement d’un corps dans un autre qui se laisse pénétrer, tel que, par exemple, l’enfoncement des pieux dans le terrain (voy. Sonnerre) ;
2° L’aplatissement et l'allongement des corps ductiles et malléables;
3° La pulvérisation des corps non ductiles ou la séparation de ces corps en plusieurs fragmens ;
4° Une très-forte pression, produite par l’introduetion de coins entre des corps assujettis à ne pouvoir s'écarter que faiblement.