PIL
La percussion peut être employée de deux manières essentiellement différentes. Suivant la première, on élève un corps à une hauteur déterminée, puis on l’abandonne librement à l’action de la pesanteur. C’est ainsi qu'on fait agir les moutons des sonnettes et les gros marteaux ou martinets des forges. Suivant la seconde, le moteur ajoute à la force accélératrice de la pesanteur une autre force accélératrice qu’il imprime au corps en le comprimant pendant toute la durée du mouvement. Par exemple, le forgeron augmente considérablement la force de percussion du marteau dont il se sert, et lui communique une quantité de mouvement, due à sa force musculaire, bien supérieure à celle qu’il acquerrait s’il tombait librement. Pour donner un puissant coup de marteau, il est essentiel de l’élever et de lui faire décrire le plus grand arc possible, afin que la force accélératrice ait le temps d’accumuler dans la masse de l'instrument une grande quantité de mouvement.
Voyez, pour la théorie de la percussion : Prony, Nouvelle architecture hydraulique; et, pour ses effets: Camus, gentilhomme lorrain, Traité des forces mouvantes. — Camus, de l’Académie des Sciences. Mémoire sur l'enfoncement des boules dans la glaise (Mémoire de l’Académie, 1728). —- Bernoulli, Discours sur la communication du mouvement (Prix de l’Académie des Sciences.) — Mariotte, Traité du mouvement des eaux. — Rondelet, Traité de l'art de bâtir. — Perronet, Mémoire sur les pieux et pilotis. — Sganzin,° Programme d’un cours de construction.
PILON. (Méc.) Appareil destiné à pulvériser les substances dures. Il se compose d’une pièce de bois équarrie DQ (PI. XVIE, fig. 11) qui se meut verticalement, et dont la partie inférieure Q est armée d’une masse de fer ou de fonte; une pièce transversale PR, nommée mentonnet, reçoit l’action d’une came, qui, après l’avoir élevée à une certaine hauteur, l’abandonne, ainsi que le pilon auquel elle est fixée et qu’elle entraine, à l’action de la pesanteur. Le pilon est retenu par deux prisons ou manchons À, B, qui s’opposent à tout autre mouvement que le mouvement vertical. La courbure de la came doit être celle d’une développante de cercle lorsqu'on veut que l’ascension du pilon soit régulière. Voy. GAME.
La direction de la force qui soulève le mentonnet ne passant pas par le centre de gravité du poids Q, ilen résulte que le pilon exerce contre ses prisons A et B des pressions qui produisent une résistance de frottement d'autant plus considérable que la came est plus éloignée de l’axe du pilon, Il est facile de voir qu'en désignant par Q le poids total du pilon, par / la distance
AB des prisons, et par p la longueur PR du mentonnet,