L'expression de la résistance, qui, d’après les ex
périences que nous venons de citer, est Ash,
s représentant l'aire de la face choquante, À la hauteur due à la vitesse et A le poids de l’unité de volume du liquide, ne peut donc convenir à tous les corps flottans qu’en y ajoutant un coellicient de correction dont la valeur doit être déterminée pour chaque espèce de corps en particulier. Désignant ce coefficient par n et faisant À — 1000 , nous aurons pour le poids P qui
mesure la résistance de l’eau, exprimé en kilogrammes,
Nous n'avons pas besoin de faire observer que s et À
doivent être rapportés au mètre comme unité.
Le coefficient x est sensiblement constant pour les solides semblables; il se réduit à l'unité lorsque la longueur du prisme, sa dimension horizontale, est cinq ou six fois plus grande que 1/8, et s'élève à 1,2 quand celte dimension diffère peu de [/s. Si la longueur du prisme dépasse 61/s, n, au lieu de diminuer, devient plus grand que l’uuité ; de sorte que, dans tous les cas, ce nombre ne descend pas au-dessous de lunité, tant du moins que la surface choquante est plane; car on peut diminuer considérablement la résistance en plaçant, en guise de proue, sur la face antérieure du prisme uu Corps qui présente un tranchant au fluide et change le choc direct en choc oblique.
8. L'expression (2) est identique avec celle qui exprime les effets du choc d’une veine d’eau sur un corps en repos (roy. Eau mornice), et l’on peut en conclure, ce principe admis depuis Newton, que l'effort nécessaire pour retenir un corps frappé par un liquide dans lequel il plonge est égal à celui qui est nécessaire pour
faire mouvoirlemême corps, avec la même vitesse, dans le liquide en repos. Cependant une expérience de Dubuat semble prouver que l’eau en repos offre plus de facilité à se laisser diviser que l’eau courante; Car, ayant fait choquer une plaque carrée par un courant d’eau, et l'ayant fait ensuile mouvoir avec la même vitesse dans une eau en repos, iltrouva que la résistance était plus petite que le choc dans le rapport des nombres 1,86 et 1,43. Mais d'autres expériences de differens observateurs n’ont pas donné les mêmes résultats: et comme d’ailleurs les lois que suit la résistance sont les mêmes que celles du choc, M. d’Aubuisson, excellente autorité dans toutes les questions d’hydraulique, ne pense pas qu'il y ait lieu d'admettre, en général, une si grande différence dans les deux cas.
9. Lorsque le corps flottant se meut dans un canal étroit, la résistance qu’il éprouve est beaucoup plus grande que celle qui aurait lieu dans un canal assez large pour qu’on puisse considérer l'étendue du liquide comme indéfinie, parce que l’eau qui s'écoule sur les parois latérales du corps est resserrée entre ces parois et les bords du canal. D'après l'analyse faite par Dubuat des belles expériences de Bossut sur la résistance des canaux, si l’on nomme € la section du canal, s la section de la portion du prisme plongée dans l’eau, P la résistance que ce prisme éprouvyerait dans un fluide indéfini, et P’ celle qu’il éprouve dans le canal, on aurait