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connu , le plus considérable , le plus propre à recevoir une terminaison adjective. (J*)
GATfO. (Ichthyol.) A Nice, selon M. Risso, on appelle ainsi une espèce de chien de mer, le squalus stellaris de Unnaeus. On y nomme aussi gatto de fount une autre espèce du même genre, que M. Risso désigne sous le nom de squale nicéen. ( H. C. )
GATTO. (Marom.) Les Italiens donnent ce nom au chat domestique. (F. C.)
GATTO LARO. {Bot.) Séguier dit que Ton nomme ainsi le plaque mimer , diospyros , aux environs de Vérone. ( J.)
GATTORUGINE (lchthyoL), nom spécifique d'un blennie qu'on appelle en françois coquillade. C'est le blennius gattorugine, Liirn. (H. C.)
GATT-VISCH. (Jchthyol.) Les voyageurs hollandois ont souvent donné le même nom à des poissons d'espèces différentes. C'est ainsi que rholocentre pirapixanga a été appelé par eux gatt-visch , quoique ce nom soit aussi appliqué à d'autres animaux. Voyez Holocentre. (H. C.)
GATUONE (Bot.), nom africain du laitrqn, cité dans la table d'Adanson. (H. Cass.)
GATYONE, Gatyona. (Bol.) [Chicoracées , Juss. = Syngénésie polygamie égale, Linn.] Ce genre de plantes, que nous avons proposé, dans le Bulletin de la société philomatique de Novembre 1818, appartient" à la famille des synanthérées et à la tribu naturelle des lactucées, dans laquelle nous le plaçons immédiatement auprès de notre genre Nemauchenes , dont il diffère peu : il a aussi beaucoup d'afiinité avec les crépis , les barkhausia et les picris.
La calathide est incouronnée, radiatiforme , multiflore, fïssiflore, androg) niflore. Le péricline , égal aux fleurs centrales, et globuleux inférieur ement , est formé de squames unisériées, égales, linéaires, embrassantes, accompagnées à la base de quelques petites squames surnuméraires, éparses, subulées. Le clinanthe est plane , alvéolé, à cloisons charnues , denticulées. Les cypsèles intérieures sont cylindracées, atténuées supérieurement en un col court, et munies de côtes longitudinales arrondies, striées transversalement ; les cypsèles marginales sont très-lisses , et munies sur la face inté-
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ricure d'une aile longitudinale membraneuse. Les aigrettes sont composées de squamellules inégales, filiformes, barbellulées. Les corolles sont glabriusculcs.
Gatyone globllii ère : Gatyona globulifera, H. Cass. , Bull, de la soc. philom. , Novembre 1818 ; Picris globulifera , Desf. , Tabl. de Fée. de bot., 2.e édit. ; Crépis dioscoridis? Linn. , Decand. C'est une plante herbacée, haute d'un à deux pieds: sa tige est rameuse , cylindrique, glabre, à partie supérieure dépourvue de feuilles, et divisée en longs rameaux nus , grêles, simples ou bifurqués: ses feuilles sont alternes, sessiles, semiamplexicaules , glabres; les inférieures sont longues de six pouces, subspatulées , pétioliformes inférieurement , obovales supérieurement, irrégulièrement sinuées - dentées ; les supérieures sont progressivement plus courtes, sessiles, obovalesoblongues, sagittées à la base, sinuées-dentées; les calathides sont solitaires au sommet de la tige et des rameaux; leur péricline est blanchâtre, subtomenteux ; leurs fleurs sont jaunes, rougeàtrcs en-dessous : après la chute des corolles, les calathides deviennent globuleuses, ce qui a valu à cette espèce le nom de globulifère. Elle est cultivée au Jardin du Koi , où nous avons étudié ses caractères génériques et spécifiques.
Vahl ayant assuré à M. Desfontaines que cette plante étoit le vrai crépis Dioscoridis de Linnœus, M. De Candolle l'a décrite et figurée sous ce nom dans la Flore françoise et dans ses Icônes plantarum Galliœ rariorum, (H. Cass.)
GAU (OrmVh.), vieux nom françois, qu'on écrivoit aussi geau , et en Lorraine gea, pour désigner le coq, gailus. (Ch. D.)
, GAUCA-GAUCU (Ornith. ), dénomination fautive de l'oiseau décrit par Marcgrave sous le nom de guaca guacu, (Ch. D.)
GAUCHE-FER. (Bot,) Les Provençaux, suivant Garidel, nomment ainsi la souci des vignes, calendula arvensis, ( J.)
GAUDE. (Bot. ) On sait que la plante qui porte communément ce nom , et que l'on emploie pour les teintures jaunes, est le luteola de Tournefort, reseda luteola de Linnœus. Elle étoit aussi nommée dans quelques lieux herbe aux juifs , parce que . à l'époque où les juifs n'étoient que tolérés dans le*
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villes , on les forçoit trop rigoureusement à porter pour signe distinctif un chapeau jaune teint avec cette plante. Dans la Bresse, une partie de la Bourgogne et quelques autres provinces méridionales on nomme aussi gaude le maïs ou blé de Turquie, zea, dont les graines donnent une farine jaune , employée pour engraisser les volailles , et même pour faire une bouillie propre à la nourriture des hommes et surtout des enfans. (J.)
GAUDINIE, Gaudinia. (Bot.) Genre de plantes établi, dans la famille des graminées, par M. Palisot de Beauvois (Agrost., 95 , tab. 19, fig. 5), aux dépens de quelques espèces d'avoine, et dont les principaux caractères sont les suivans : Calice de deux glumes inégales, obtuses, contenant neuf à onze fleurs composées chacune de deux balles, dont l'extérieure est bidentée à son sommet, et chargée, un peu audessus de sa partie moyenne, d'une arête tortillée, et dont l'intérieure est à deux ou quatre dents. Les principales espèces rapportées à ce nouveau genre par M. Palisot sont les avena fragilis et planiculmis. (L. D.)
GAUDRON ou GOUDRON. {Bot.) Voyez ce dernier mot. (L. D.)
GAUFRE (ConchyL) , nom marchand du murex anus. (De B.)
GAUFRE ROULÉE. (Conchyl.) Dénomination que les marchands de coquilles emploient quelquefois pour désigner le huila Ugnaria, dont M. Denys de Monfort a fait son genre Scaphandre. (De B.) 4
GAUL. (Ornith.) Voyez Gagl. (Ch. D.)
GAULO (Ornith.) , dénomination italienne du guêpier, m trop s apiaster, Linn. (Ch. D.)
GAULTHÉRIE, Gaultheria. (Bot.) Genre de plantes dicotylédones, à fleurs complètes, monopétalées, régulières, de la famille des éricinées , de la déeandrie monogynie de Linnœus , offrant pour caractère essentiel: Un calice campanulé, à cinq divisions, entouré de deux bractées en forme d'écailies; une corolle ovale, à limbe réfléchi ; dix étamines insérées au fond de la corolle; les fîlamens souvent velus; les anthères bifurq uées à leur sommet; dix écailles entre les fila mens des étamines, entourant l'ovaire; un style; un stigmate obtus. Le
fruit est une capsule à cinq loges, à cinq valves, recouverte par le calice coloré et succulent; plusieurs semences dures, anguleuses.
Ce genre a éprouvé plusieurs réformes. Linnaîus. a fait entrer dans le caractère essentiel du gaultheria le calice coloré et succulent. M. Rob. Brown , dans l'exposition de ces caractères, exclut de ce genre toutes les espèces dont le calice est ainsi constitué , et les place parmi les andromcda, ^Quelques autres espèces, moins bien connues, ont été réunies, par différens auteurs, aux epigeia, aux arbutus, aux vaceimum, etc. (Voyez Èpigée, Arbousier, Brossée, etc.)
Gaulthérie couchée : Gaultheria procumbens , Linn.; Lamk., îll. gen.y tab. 367; Duham. , Arbr,, tab. 1 1 3 ; vulgairement Palommier. Petit arbuste, dont les tiges sont longues de six à huit pouces , lisses et couchées ; les rameaux courts , nombreux , légèrement pubescens , garnis de feuilles presque sessiles, alternes, ovales- mucronées, lâchement dentées en scie , vertes , souvent teintes de pourpre à leur base , longues d'un pouce. Les fleurs sont rouges , pédonculées , axillaires et pendantes, souvent réunies en bouquets de trois à cinq fleurs : les calices pourprés à leur base; la corolle trois et quatre fois plus grande, ovale, resserrée à son orifice, quelquefois blanchâtre : les fruits d'un rouge pourpre.
Cet arbuste croît en grande abondance dans l'Amérique septentrionale. Cultivé dans nos jardins, il se plaît dans les plates -bandes de terre de bruyère exposées au nord. Il fleurit pendant une partie de Tannée , et peut remplacer le buis en bordures dans les localités qui lui conviennent. C'est assez généralement par le moyen de ses rejets, toujours trèsnombreux, qu'on le multiplie : on peut le faire également par ses graines , qui mûrissent fort bien dans le climat de Paris. Il faut les semer peu après leur récolte, autrement elles ne leveroient que la seconde ou la troisième année. Le plant qu'elles fournissent, se relève la seconde année; il doit être placé à. six pouces de distance en pépinière , dans une terre de bruyère , humectée par des arrosemens fréquens en été : deux ans après, les pieds seront assez forts pour être mis en place. Cette plante craint plus la chaleur que le froid. On la tient en touffes épaisses pour lui donner plus d'appa-
rence. Ses feuilles desséchées acquièrent une odeur aromatique ; les habitans du Canada les boivent en infusion comme du thé.
Gaulthérie droite ; Gaultheria erecta,Vent. , Jard. de Cels , pag. et tab. 5. Cette espèce, originaire du Pérou, est une acquisition faite depuis environ trente ans,- mais, plus délicate que la première , elle veut être élevée en pots pour la rentrer pendant l'hiver dans la serre d'orangerie. C'est un arbrisseau d'environ un pied et demi de hauteur, velu , trè% rameux, glanduleux et visqueux, particulièrement sur 1& jeunes pousses et sur les grappes de fleurs : les rameaux sont garnis à leur base d'écaillés d'un rouge vif et de feuilles pétiolées , ovales , presque glabres , mucronées , longues d'un pouce et demi, un peu blanchâtres, parsemées souvent de poils ferrugineux. Les fleurs sont disposées en grappes droites , solitaires; les pédicelles recourbés , munis à leur base de deux bractées courtes, linéaires} le calice d'un rouge vif, à cinq denti aiguës; la corolle pentagone, en grelot, d'un rouge éclatant, insérée sur un disque glanduleux, à cinq dents, muni à sa base de cinq glandes. Le fruit est une capsule globuleuse, en baie, à cinq loges polyspermes; les semences attachées , dans chaque loge , à un placenta central et charnu.
Gaulthérie a feuilles de buis; Gaultheria buxifolia, Willd. , Noe. Act. Berol. , 4. Arbrisseau découvert sur les hautes montagnes des environs de Caracas. Ses tiges se divisent en rameaux droits, alternes, cylindriques, hérissés de poils courts, garnis de feuilles alternes , pétiolées , assez semblables à celles du buis, ovales -arrondies, dentées à leur contour, glabres en -dessus, rudes et ponctuées en -dessous. Les fleurs sont solitaires , axiilaires , pédonculées ; les pédoncules uniflores.
Gaulthérie a feuilles rudes; Gaultheria scabra, Willden., JVo^. Act. Berol. , l. c. Arbrisseau dont les feuilles se conservent vertes toute Tannée. 11 se distingue du précédent par ses fleurs disposées en grappes axiilaires, pourvues de bractées. Ses feuilles sont ovales , échancrées en cœur , aiguës , dentées à leur contour, rudes au toucher. Le calice devient une baie noirâtre. Cette plante croît aux mêmes lieux que la précédente.
Gaulthérie odorante; Gaultheria odorata, Willden., /. c. Cette espace croît sur les hautes montagnes de Caracas ; elle répand une odeur assez agréable. Ses rameaux sont garnis de feuilles alternes, médiocrement pétiolées, en ovale renversé, obtuses, dentées en scie à leurs bords, glabres endessus, rudes et ponctuées en-dessous ; les fleurs disposées en grappes terminales, pourvues de bractées.
Gaulthérie hispide; Gaulthcria hispida , Brown, îsov. Holl. , 1, pag. 559; an Andromeda rupestris , Forst. ? Ses tiges sont droites; ses rameaux hispides; ses feuilles oblongues-lancéolées ; pileuses en-dessous et sur leur pétiole. Les fleurs sont disposées en grappes axillaires et terminales, plus courtes que les feuilles; le pédoncule commun et les pédicelles pubescens; les calices se convertissent en baies sur le fruit: ils sont glabres , ainsi que les ovaires. Cette plante croit à la Nouvelle - Hollande.
Gaulthérie schallon j Gaultheria schallon , Pursh , F/or. Amer,, 1 , pag. a83. Arbrisseau toujours vert, chargé de rameaux glabres, cylindriques, verruqueux , pubescens et ferrugineux dans leur jeunesse. Les feuilles sont alternes , à peine pétiolées, ovales , souvent presque en cœur à leur base, coriaces, acuminées, denliculées, glabres à leurs deux faces. . Les fleurs sont blanches , unilatérales , rougeàtres , pubescentes , disposées en grappes simples . axillaires et terminales ; les pédicelles munis de deux bractées lancéolées; la corolle urcéolée , presque fermée à son limbe , tridentée. Le fruit est une baie charnue, purpurine, presque globuleuse, hérissée, à demi divisée en cinq valves; les loges polyspernies ; les semences ovales, presques trigones. Cette plante croît sur les bords de la rivière Columba , dans l'Amérique septentrionale. (Poir.)
GAULTRO. (Bot.) Au Chili on nomme ainsi, suivant les auteurs de la Hore du Pérou , le molina racemosa, espèce d'un genre de la famille des composées, qui devra être assimilé au baccharis. Les feuilles de cette espèce sont employées au Chili pour teindre en noir. ( J.)
GAUR, GAR (Bot.) ■. noms arabes du laurier ordinaire, selon Daléchamps. Matthiole les cite aussi pour le fragon ou laurier Alexandrin, ruscus, (J.)
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GAUR (Ornith.)ï nom d'une espèce de bruant, emberiza asiatica, La th. (Ch. D.)
GAUR A. {Bot.) Genre de plantes dicotylédones, à fleurs complètes, polypétalées , régulières, de la famille des onagraires, de ïoctandrie monogynie de Linnaeus, offrant pour caractère essentiel : Un calice alongé , cylindrique; le limbe à quatre découpures réfléchies; quatre pétales onguiculés, ascendans et rangés d'un seul côté; huit étamines; les anthères oblongues , vacillantes ; un ovaire inférieur; le style filiforme; le stigmate à quatre lobes. Le fruit est une capsule ovale , tétragone , striée, à quatre loges, dont trois avortent trèssouvent, et ne« conservent qu'une semence nue, oblongue, angulaire» *
Gaura bisannuel : Gaura Hennis , Liun.; Lamck., III. gen. , tab/281 ; Act. Holm.y 1756, pag. 222 , tab. 8; Giseke, Icon., fasc. 1 , n.° 8 ; Curtis, Magaz., tab. 58g : hysimackia éuLmœnerio similis, etc., Pluken., tab. 428 , tig. a. Plante herbacée, qui s'élève à la hauteur de quatre ou cinq pieds sur plusieurs tiges droites, velues, un peu rameuses, garnies, dans toute leur longueur, de feuilles alternes, nombreuses, sessilcs , lancéolées , vertes , un peu luisantes , presque glabres , douces au toucher , bordées de dents rares. Les fleurs sont d'un rouge tendre ou légèrement purpurines, disposées, à l'extrémité des rameaux, en petits bouquets serrés, presque en corymbe ; les découpures du calice caduques; les filamens un peu moins longs que les pétales, accompagnés chacun d'une glande située à leur base; les capsules ovales, turbinées, quadrangulaires. . . *
Cette plante croît dans la Virginie, la Pensylvanie et la Caroline, sur le bord des bois, dans des terrains frais : elle est depuis long-temps cultivée dans les jardins, dont elle fait la décoration. Lorsqu'on veut en obtenir une végétation vigoureuse, il faut l'élever dans un sol un peu humide et ombragé; aussi réussit-elle mieux dans les jardins paysagers, ou elle se resème souvent d'elle-même, que dans les parterres et les écoles de botanique.? elle fleurit vers la fin de l'été ; les gelées ne lui sont point contraires. Ses graines demandent à être mises en terre aussitôt qu'elles sont récoltées, et en place, autant que possible. Lorsque l'automne se pro-
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ionge, elles lèvent de. suite, et fleurissent l'année suivante. Dans le cas contraire, elles ne lèvent qu'au printemps, et ne fleurissent que l'année d'après. Lorsqu'on les cultive dans des terrains secs et découverts, des arrosemens leur sont nécessaires pendant les sécheresses. (Bosc, Dictionnaire d'agriculture de l'Encyclopédie. )
Gaura a feuilles étroites; Gaura angustifolia , Mich. , Flor. Bor. Amer., i , pag. 226. Cette espèce a beaucoup de rapports avec la précédente : elle en diffère par ses feuilles plus nombreuses, plus étroites, linéaires, glabres à leurs deux faces, aiguës, ondulées ou sinuées à leurs bords. Les fleurs sont distantes, disposées en un épi terminal; la corolle une fois plus petite que celle de la première espèce ; les fruits alongés, tétragones , légèrement blanchâtres, aigus à leurs deux extrémités. Cette espèce a été cultivée pendant plusieurs années, au Jardin du Roi, de graines récoltées par M. Bosc dans la Caroline; mais elle n'a pas pu être propagée, ses fruits n'ayant pu arriver à maturité avant les gelées. Elle croit dans les sables humides, et s'y fait remarquer par l'élégance de son port.
Gaura ligneux; Gaura fruticosa , Jaeq. , Icon. rar. , 5, tab. 457. Cette plante se distingue du gaura biennis par ses tiges ligneuses, par ses rameaux très-étalés, par ses feuilles étroites, linéaires - lancéolées , glabres, denticulées ou siuuées à leurs bords. Les fleurs sont pédicellées, disposées en petites grappes terminales; la corolle rougeàtre , très-petite; les découpures de son limbe filiformes; les fruits glabres, ovales, presque sessiles. Elle croit dans l'Amérique méridionale. On la cultive au Jardin du Roi. Elle passe l'hiver en pleine terre ; mais, comme elle ne donne pas toujours de bonnes graines, il est prudent d'en conserver quelques pieds en pots, pour les rentrer dans l'orangerie , et en assurer la conservation : au reste , comme elle est vivace, on peut la multiplier autant que l'on veut de boutures faites sur couche et sous châssis; elles s'enracinent avec la plus grande facilité.
Gaura a fleurs changeantes : Gaura mutabilis , Cavan. , Icon. rar., 3, tab. 268; Œnothera anotnala, Curtis, Botan. Magaz., tab. 388. Espèce très-remarquable par le singulier changement qui s'opère dans ses fleurs immédiatement après
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que la fécondation a été effectuée ; de jaunes qu'elles étaient , elles devieunent rouges. Ses tiges sont ligneuses t,pubescentesî ses rameaux diffus, élancés; les feuilles médiocrement pétiolées , ovales , un peu pileuses , à peine longues d'un pouce , médiocrement dentées, aiguës, un peu inucronéesà leur sommet ; les fleurs presque sessiles , disposées en>un épi cdurt; la corolle assez grande ; les pétales un peu orbicuiaires en croix, et non rangés du même côté; les fruits ovales ^ sessiles, un peu pubescens et Cendrés. Elle croît à la Nouvelle- Espagne. •*
ï,e gaura anotheriflora , Zucc. , Observ. bçt, , n.° 65, qui est le gaura canescens des jardiniers, ne pareit être qu'une variété de l'espèce précédente. Sa tige est plus roule, presque herbacée; un duvet mou recouvre toute la plante; ses feuilles sont irrégulièrement ternées en verticilles.
Gaura a trois pétales : Gau ra tripetala, Cavan. j Tcûn. rar., 4, tab. 3g6, tig. i : Gaura. hcxandra, Orteg. , Decad. Autre espèce, qui se distingue par sa corolle composée seulement de trois pétales avec six étamines. Ses rameaux sont grêles,, pubescens, un peu anguleux; ses feuilles étroites , lancéolées , presque glabres, légèrement dentées, aiguës , longues d'un, pouce et demi, rétrécies en pétioles à leur base; les fleurs sessiles, distantes, disposées en un long épi grêle , terminal; la corolle petite, d'un rouge écarlate; le stigmate triode. Les fruits sont courts, ovales , aigus , à trois côtes saillantes. Cette plante a été découverte au Mexique. On la cultive au
î , pag. 276. Arbrisseau originaire de la Chine, à tige droite,* grêle, hispide, haute d'un pied, tétragone, médiocrement rameuse; les rahieaux asceudans ; les feuilles opposées, sessiles, lancéolées, dentées en scie; les fleurs jaunes, presque terminales, disposées en épis droits; les folioles du calice aiguës, réfléchies; quatre pétales ovales, courbés, puis redressés; les ti lumens courts; les anthères droites, alongées; un stigmate sessile. Le fruit est rude, ovale, un peu arrondi: il ne renferme qu'une semence assez petite.
Gaura a fleurs écarlates j Gaura coccinca , Pursh , FZor.
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Amer., 2, pag. 733. Cette espèce, recueillie dans la Louisiane, est pubescente et soyeuse sur toutes ses parties. Ses tiges sont herbacées; ses feuilles linéaires -lancéolées, légèrement denticulées ; ses fleurs disposées en un épi touffu ; la corolle est à peu près de la longueur du calice , d'un rouge écarlate ; le stigmate presque entier. (Poir.)
GAURE. (Min.) Dans une partie du département du Rhône, et particulièrement dans les montagnes du ci-devant Beaujolois, on donne le nom de gaure au granité tendre et désagrégé, qui peut se laisser attaquer par le pic; ce sont ces gaures qui forment, là et ailleurs, les graviers ou sables granitiques qui recouvrent la roche solide et qui se changent par la culture en terre végétale. On s'en sert aussi pour la composition du mortier commun. (Brard. )
GAUTEREAU (Ornith. ), un des noms vulgaires du geai, corvus glandarius , Linn. (Ch. D.)
GAVARON. (IchthyoU) Sur la côte de Nice, l'on donne ce nom aux jeunes individus du picarel, spams smaris, Linn. Voyez Picar el. (H. C. )
GAV1A. (Ornith») Ce nom latin est, dans Brisson , la dénomination générique des mouettes ou mauves, larus, Linn. (Ch. D.)
GAVIAL. (Erpétol.) M. Cuvier a donné ce nom, qui n'appartenoit d'abord qu'à une espèce de saurien, à une division du grand genre Crocodile des auteurs , qui se trouve ainsi partagé en trois sections ; les Caïmans, les Crocodiles proprement dits , et les Gavials.
Ceux-ci , qui présentent tous les caractères communs aux sauriens de la famille des uronectes et aux crocodiles en général , ont des particularités de conformation propres à les faire reconnoître au premier coup d'œil.
Ainsi leur museau est rétréci , cylindrique, extrêmement alongé et un peu renflé au bout; la longueur du crâne fait à peine le cinquième de la longueur totale de la tête. Leurs dents , presque égales , sont au nombre de vingt-cinq à vingt-sept de chaque côté en bas, et de vingt-sept à vingt-huit en haut; les deux premières et les deux quatrièmes de la mâchoire inférieure passent dans des échancrures de la supérieure et non point dans des trous. Le crâne a de grands trous derrière les yeux , et les pieds de der- ,8. i3
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rière sont dentelés et palmés, comme ceux des crocodiles proprement dits.
On n'a encore observé des gavials que dans les contrées les plus chaudes de l'ancien Continent. Le premier auteur qui ait parlé de ces animaux est le peintre anglois Edwards, qui en décrivit , en 1766, dans le tom. 49 des Philosoph. Transact., un individu sortant de l'œuf, et qu'il annonça comme venant de la côte d'Afrique. Gronou , en 1763 , en a décrit un autre, qui faisoit partie de son cabinet, et Merck a parlé d'un troisième, en 1785 (Hessische Beytrâge , U, 1, p. 73). Mais tous ces individus étoient petits, et leurs descriptions, manifestement trop courtes, auroient été peu utiles, sans celle, aussi complète qu'exacte, d'un individu long de douze pieds, qu'a publiée M. le comte deLacépède, avec les mesures et la figure. C'est lui qui, le premier, a donné à l'espèce le nom indien de Gavial.
Ce sous-genre ne renferme encore que deux espèces ; savoir :
Le grand Gavial : Crocodilus longirostris , Schneider ; Lacerta gangetica, Gmelin. Tête très -large en arrière; table supérieure du crâne formant, derrière les orbites, un rectangle plus large que long d'un tiers; orbites aussi plus larges que longues et très-écartées l'une de l'autre; trous du crâne plus grands que dans aucune autre espèce, et peu rétrécis vers leur fond; vingt- cinq dents de chaque côté en bas y vingt-huit en haut : en tout cent six dents. Longueur du bec k celle du corps :: 1 : j~ ; deux petits écussons seulement derrière le crâne , suivis de quatre rangées transversales qui se continuent avec celles du dos.
Le grand gavial habite le Gange, et probablement les fleuves voisins, comme le Buram-Pouter. 11 ne se nourrit que de poissons, et quoiqu'il parvienne à une taille gigantesque, il n'est point dangereux pour les hommes.
M. de Lacépède a observé, dans la collection du Muséum d'histoire naturelle de Paris, une portion de la mâchoire d'un gavial des Grandes- Indes qui devoit avoir trente pieds dix pouces de longueur, et qui présentoit par conséquent des dimensions peu communes.
Le même naturaliste croit que c'est à cette espèce qu'il faut rapporter les crocodiles vus sur les bords du Gange , par
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Tavernier, depuis Tau ti pour jusqu'au bourg d'Acérat. Mais ce grand fleuve d'Asie est aussi habité par une quantité prodigieuse de crocodiles vulgaires, comme le dit M. Cuvier, fait que n'ignoroient pas les anciens (Élien, Ub. Xlf, c.41 ), et que vient de vériher M. de Fichtel , habile naturaliste, attaché au qabinet de l'empereur d'Autriche.
Le petit Gavial ; Crocodilus tenuirostris } Cuv. Crâne plus long et moins large , à proportion du museau , que dans l'espèce précédente ; table supérieure du crâne formant un carré derrière les orbites, qui sont plus longues que larges, et peu écartées ; trous du crâne rétrécis dans leur fond ; longueur du bec étant à celle du corps :: 1 : 7 ; nuque armée derrière le crâne de deux paires d'écussons ovales, ensuite de quatre rangées transversales d'écaillés carénées ; dix-huit bandes dorsales.
On ne sait encore à quelle taille peut parvenir ce gavial, ni quel pays il habite, quoiqu'on le soupçonne d'Afrique.
Ces deux reptiles ont été fort bien figurés par Faujas de Saint-Fond, dans son Histoire de la Montagne de Saint- Pierre, pl. 46 et 48.
On vient de décrire aussi tout récemment, dans la sixième livraison des Annales générales des sciences physiques, publiées à Bruxelles, deux espèces de sauriens qui semblent établir le passage du sous-genre des gavials à celui des crocodiles proprement dits. (H. C.)
GAVIAL. (Foss.) On trouve à l'état fossile des débris de cette espèce de crocodile. Voyez Reptiles fossiles. (D.F.)
GAVIAL. (Ichthyol.) Nom spécifique d'un poisson du genre Lépisostée : c'est le lepisosteus gavial de Lacépède , et Vesox osseus de Linnaeus. Il a été figuré par Bloch, pl. 390, et par Catesbi , CaroL, t. 2, pl. 3o. Voyez Lépisostée etÉsocE. (H. C.)
GAVIAN (Ornith.), nom donné, dans Belon, à la mouette tridactyle ou kutgeghef, larus tridactylus , Linn. (Ch. D.)
GAVIAON (Ornith.), nom que, suivant Marcgrave (Hist. rerum natural, Brasil. , pag. 211), les Portugais du Brésil donnent au caracara. (Ch. D.)
GAVÏ-GAVI (Ornith.), dénomination par laquelle, suivant Cetti , pag. 255 , on désigne , en Sardaigne, le vanneau commun, tringa vanelLus, Linn. (Ch. D.)
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GAVINA. (Ornith.) On désigne, en Italie, par ce nom et par celui de galetra, la petite mouette cendrée, larus cinerarius, Linn. (Ch. D.)
GAVION (Ornith.), nom portugais du caracara. Voyea G avi aon. (Ch. D.)
GAVIOTA. ( Ornith, ) Ce nom, qui est écrit çaivota dans Marcgrave, pag. 2o5 , s'applique au guaca guacu du même auteur, lequel correspond à la mouette d'hiver, larus hybtrnus, Linn. (Ch. D.)
GAVOUÉ. (Ornith.) Cet oiseau , qui se nomme , en langage provençal , chic gavotte, est Yemberiza provincialis de Linnœus et de Latham. (Ch. D.)
GAWRON (Ornith.), nom polonois du freux, corvus frugilegus. (Ch. D.)
GAYAC , Guajacum. (Bot.) Genre de plantes dicotylédones , à fleurs complètes, polypétalées , régulières, de la famille des rutacées, de la décandrie monogynie de Linnœus, offrant pour caractère essentiel : Un calice à cinq divisions inégales et profondes; cinq pétales onguiculés, insérés sur le réceptacle ; dix étamines; un ovaire supérieur, un peu pédicellé, surmonté d'un style simple et d'un stigmate aigu. Le jjpuit est une capsule anguleuse, de deux à cinq loges, comprimée à ses angles; une semence osseuse dans chaque loge.
Ce genre comprend des arbres exotiques , à feuilles opposées, ailées, sans impaire; les fleurs sont fasciculées vers l'extrémité des rameaux; les pédicelles uniflores; il leur succède des capsules courtes, anguleuses. Ces arbres ont un bois très- dur; il est employé, à cause de cette qualité, à construire, dans les îles, des roues et des dents de moulin à sucre, à fabriquer des manches d'outils , des boules et autres ustensiles. Il est surtout très-recherché pour faire les poulies dont on se sert sur les vaisseaux. Comme, à raison de sa dureté , il est susceptible de recevoir un beau poli , les menuisiers , les tourneurs , les ébénistes en font de très- beaux meubles.
La découverte du gayac est presque aussi ancienne que celle de l'Amérique. Au rapport de l'Écluse , un naturel de Saint-Domingue, qui exerçoit la médecine dans cette île, révéla à un Espagnol attaqué du mal vénérien , les pro-
prié tés du bois de gayac, dont la réputation passa rapidement du nouveau dans l'ancien continent. I /Ecluse en a donné une
assez bonne figure , avec la description extraite de Monardes; mais la connoissance exacte de ses fleurs est due au P. Plumier , qui a formé du gayac un genre particulier. Le bois passe pour un assez bon sudorifique : on lui a d'abord attribué quelques succès pour guérir la maladie vénérienne ; mais la confiance dans ses vertus a peu à peu disparu. Il est même reconnu aujourd'hui que, s'il peut être utile dans les traitemens, ce n'est qu'à la suite de l'emploi du mercure; qu'il agit alors uniquement comme sudorifique, quand le traitement mercuriel a été poussé un peu trop loin, et que l'on peut aussi sûrement obtenir les mêmes effets par une décoction de réglisse. Ce même bois, et surtout sa résine, ont été encore employés dans les rhumatismes chroniques, lasciatique, les anciens catarrhes; on y a eu recours quelquefois contre les dartres et autres affections cutanées rebelles. L'huile essentielle que fournit le gayac est appliquée quelquefois avec succès sur les dents cariées. Il paroit que les deux espèces que je vais faire connoitre , sont douées l'une et l'autre des mêmes propriétés.
Gayac officinal: Guajacum officinale, Linn. ; Lamk. , III. gen., tab. 342; Pluken., tab. 35, fig. 4; Glus., Exot. , 5 14, lcon. Cet arbre s'élève à une grande hauteur, mais il croît très-lentement. Son bois est dur, compact, résineux, d'un brun jaunâtre, d'une saveur amère ou aromatique; ses rameaux glabres, comme articulés; ses feuilles opposées, ailées sans impaire , composées de quatre ou six folioles scssiles , vertes, glabres, ovales- entières, obtuses, un peu épaisses, opposées, longues d'un pouce et demi, larges d'un pouce. Les fleurs sont bleues, pédonculées , presque en ombelles au sommet des rameaux; les pédoncules simples, un peu velus, ainsi que les calices; les étamines au nombre de dix; les filaruens élargis vers leur base. Le fruit est une capsule charnue, presque en cœur, à deux angles un peu comprimés sur les cotés, tronquée à son sommet avec une petite pointe courbe d'un jaune rougeàtre : une semence dure, de la grosseur d'une olive; l'autre avortée, ainsi qu'une des deux loges.
Cet arbre croît à Saint-Domingue , à la Jamaïque , etc. ; il y est devenu rare, parce qu'on l'a coupé partout sa«s mesure, et sans penser que la lenteur de sa croissance devoit l'en faire disparoître un jour. On peut juger, d'après cela, quels doivent être les progrès de son accroissement dans nos serres d'Europe : aussi, quelques soins que l'on apporte à sa culture, à peine, dit M. Bosc, les vieux pieds, gagnent-ils une ligne de hauteur et un huitième de ligne de grosseur par an. Il n'y a d'ailleurs aucun autre moyen de le multiplier que le semis de ses graines, tirées de son pays natal, et semées chacune dans un pot sur couche et sous châssis , ou mieux dans une bâche à bonne tannée. Arrivé à quelques années d'âge, le gayac ne demande d'autres soins que de le tenir constamment à la température la plus élevée, de lui donner des arrosemens légers en hiver et plus abondans en été , et de renouveler la terre tous les ans ou tous les deux ans : la serpette doit rarement le toucher.
Gayac a feuilles de lentisque : Guajacum sanotum , Linn. ; Commel. , Hort., 1 , tab. 88 ; Plukcn. , tab. 94, fig. 4 > vulgairement le Bois saint. Arbre des mêmes contrées que le précédent, mais moins élevé. Son bois est de couleur de buis, également dur et pesant ; son écorce épaisse, noirâtre en dehors, parsemée de taches grises, pale en dedans; les rameaux un peu noueux; les feuilles opposées, ailées sans impaire , composées de quatre ou cinq paires de folioles ovales - oblongues , émoussées, mucronées à leur sommet, vertes, glabres à leurs deux faces, longues de neuf à dix lignes, larges de trois ou quatre. Les fleurs sont bleuâtres, pédonculées, disposées au sommet des rameaux en fascicules ombelliformes peu garnis; les pétales oblongs, obtus, onguiculés, presque denticulés à leurs bords; l'ovaire turbiné, un peu pédicellé, à quatre angles tranchans; le style court. Le fruit est tétragone , comme celui du fusain , à quatre loges , contenant chacune une semence ovale , rouge , osseuse. Cette plante croit dans l'île de Saint-Domingue, au Mexique, à Porto -Ricco , etc.
On cite encore deux espèces de gayac, mais bien moins connues. L'une est le guajacum verticale, Orteg. , Decad., 93, Ses feuilles sont composées de cinq paires de folioles ovales-
oblongues, médiocrement acuminées; les fleurs sont bleues; les pétales munis d'onglets contournés; les fruits turbinés , pédicellés; les semences suspendues dans les loges par un petit pédicule : elle croît à la Nouvelle -Espagne. L'autre espèce est le guajacum dubium , observé par Forster dans l'île de Tongatabu , à feuilles conjuguées, oblongues, lancéolées. Quant au guajacum qfru m de Linnaeus, il a été reconnu que cette plante appartenoit aux légumineuses , et qu'elle devoit être rapportée au genre Schottia. Voyez Scotie. (Poir.)
GAYAC DES ALLEMANDS. (Bot.) C'est le frêne élevé. (L. D.)
GAYAPIN (Bol.), nom vulgaire du genêt anglois. (L. D.)
GAYLUSSACIA. (Bot.) Genre de plantes dicotylédones, à fleurs complètes, monopétaiées j régulières, de la famille des éricinées, de la décandrie monogynie de Linnaeus, rapproché du thibaudia, et dont le caractère essentiel consiste dans un calice adhérent à l'ovaire; son limbe à cinq découpures : une corolle tubulée , ventrue à sa base ; le limbe à cinq divisions égales : dix étamines non saillantes , insérées sur le limbe du calice; les anthères droites, à deux loges, s'ouvrant en dedans longitudinalement, prolongées en deux tubes égaux, percées d'un pore à leur sommet; un ovaire inférieur, à dix loges monospermes; un style; un stigmate en tête comprimée. Le fruit est un drupe presque globuleux, entouré par le calice , à dix loges ; une semence dans chaque loge.
Ce genre a été consacré à M. Gay-Lussac, chimiste trèsdistingué de l'Académie des sciences de Paris. 11 se rapproche beaucoup du thibaudia, dont il diffère essentiellement par le nombre double des loges de ses fruits, et par une seule semence dans chaque loge. 11 ne renferme que la seule espèce suivante, découverte par MM. Humboldt et Bonpland dans l'Amérique méridionale , proche Santa- Fe de Bogda.
Gaylussacia a feuilles de buis; Kunth , in Humb. et Bonp., Nov. gtn., 3, p. 276 , tab. 267 : Thibaudia glandulosa , Humb., Kel. hist., p. 602. Arbrisseau chargé de rameaux nombreux , bruns, glabres, cylindriques , hispidesdans leur jeunesse , garnis de feuilles éparses, médiocrement pétiolées, rapprochées, oblongues, elliptiques, arrondies à leurs deux extrémités, entières , coriaces , pubescentes à leurs deux faces , parsemées
en-dessous de très- petites glandes terminées par une glande brune et comprimée, longues de six à huit lignes, larges de trois ou quatre. Les fleurs sont disposées au sommet des rameaux en grappes presque fasciculées , simples , presque longues d'un pouce : les pédoncules et pédicelïes hispides et pileux; une bractée à la bâse de chaque pédicelle; deux autres un peu au-dessus, opposées, pubescentes.
Le calice est chargé de poils glanduleux; ses découpures ovales , égales , presque acuminées ; la corolle au moins quatre fois plus longue que le calice, d'un rouge écarlate , pubescente en dehors; les divisions de son limbe ovales, aiguës; les filainens rouges, ciliés et pubescens à leurs bords. Le fruit est un drupe presque globuleux, un peu hispide , à dix stries anguleuses, à peine de la grosseur d'un pois, à dix loges monospermes ; les semences lenticulaires, un peu brunes. (Pom.)
GAYO (Ornith.), nom espagnol du geai, qu'on appeloit aussi, en vieux françois, gaje et gayon. (Ch. D.)
GAYO -COLORADO. (Bot,) Voyez Guayo-colorado. (J.)
GAZ. (Min.) Puisqu'on a rangé Voir et Veau au nombre des espèces minérales, ou parmi les corps inorganisés qui se trouvent naturellement sur la terre , on doit nécessairement y joindre les gaz qui y existent tout formés aussi, et qui manifestent leur présence par quelques phénomènes remarquables; en laissant toutefois à la chimie et à la physique le soin d'en compléter l'histoire , et se renfermant scrupuleusement ici dans le domaine de la minéralogie et de la géologie.
Gaz oxïcène et azote. Le mélange de 0,2 1 d'oxigène , de 0,78 d'azote et d'une très-petite dose de gaz acide carbonique et d'hydrogène, compose l'air atmosphérique que nous respirons , qui enveloppe la terre d'une couche de treize lieues et demie d'épaisseur environ, qui paroit bleue dans sa partie la plus élevée, et dont le poids, au niveau de la mer, fait équilibre à trente -deux pieds d'eau dans les pompes aspirantes à vingt -huit pouces de mercure dans le baromètre : cet air, qui est compressible et dilatable, qui peut seul entretenir la vie , la végétation et la combustion, et dont nous consommons chacun environ trente pieds cubes
par heure (Marie de Saint-Ursin ) , a reçu le nom d'air ou d'atmosphère. (Voyez Air et Atmosphère.)
Gaz acide carbonique. Ce gaz, qui est composé de 27,7 parties de carbone et de 72,3 d'oxigène, est un des plus lourds de tous les fluides élastiques; il peut se verser d'un vase dans un autre à la manière d'un liquide ; il éteint la lumière et la vie, en s'opposant à la combustion et en produisant l'asphyxie. Il est inodore , et les réactifs qui font connoitrc sa présence, lors même qu'il est en très -petites proportions, sont l'eau de chaux, de baryte et de strontiane, et, mieux encore, une dissolution de sous -acétate de plomb.
Le gaz acide carbonique se dégage de l'intérieur de la terre , et s'amasse dans des cavernes naturelles ou creusées de main d'homme, dans lesquelles l'air extérieur ne peut pénétrer. Quand il rencontre de l'eau , il s'y dissout , la rend aigrelette et lui procure quelquefois la faculté de mousser. Les lieux les plus célèbres où ce gaz a été reconnu , et où il produit des effets remarquables, sont :
i.° La grotte du chien, sur le bord du lac Agnano , près Pouzzole, dans le royaume de Naples. C'est une petite excavation de quatre pieds de large sur dix de longueur, dont la hauteur est inégale, et qui a été creusée, ainsi que le pense M. Brcislak, dans l'intention de rechercher de la pouzzolane, mais qu'on a abandonnée à cause du mauvais air qu'elle renferme. Cette grotte étoit célèbre dans l'antiquité; Pline en fait mention, et l'on rapporte que Tibère y fit enfermer deux esclaves, qui y périrent. Il paroit donc que le gaz méphitique étoit alors plus abondant qu'aujourd'hui , puisque dans l'état actuel il ne forme qu'une couche peu épaisse sur le sol, et qu'il faut y plonger la tête de Tanimal qui sert à l'expérience, pour qu'il soit frappé d'asphyxie, ce qui a lieu après quelques minutes : mais on le rappelle à la vie en le jetant dans le lac, ou tout simplement en l'exposant à l'air extérieur; car l'eau du lac n'a aucune vertu particulière , elle n'agit que par sa fraîcheur. Comme on se sert ordinairement d'un chien pour faire l'expérience devant les étrangers, la grotte en a pris le nom.
M. Breislak s'est assuré que la température de la couche
méphitique est plus élevée que celle delà couche supérieure; car le thermomètre marquoit treize à quinze degrés dans l'air respirable, et s'élevoit à vingt -un et vingt-deux quand on le plongcoit dans la couche de gaz acide carbonique. Enfin , cette couche inférieure devient visible à l'œil quand on y éteint un flambeau , parce que la fumée se mêle au gaz , s'étend avec lui et semble s'écouler lentement au dehors. Il existe en Italie beaucoup d'autres grottes qui renferment également du gaz acide carbonique , et particulièrement aux environs de Bolscna et au duché de Castro, dans les états romains; mais celle de Pouzzole est la plus connue.
2.0 La grotte de Pyrmont, en Westphaiie, renferme habituellement aussi du gaz acide carbonique; mais la quantité en varie suivant l'état de l'atmosphère et la direction du vent : ainsi l'on a remarqué que , dans un assez beau temps , la couche a deux ou trois pieds d'épaisseur , qu'elle s'élève beaucoup plus dans un temps chaud et calme , à l'approche d'un orage et par un vent d'est, tandis qu'on n'en trouve pas le plus léger indice dans les temps pluvieux et quand le vent souffle de l'ouest. (Voyez Marcard, Description de Pyrmont.)
3.° Les puits de la poule, à Neyrac, département de l'Ardèche , sont trois petites excavations de quelques pieds de profondeur seulement, qui étoient connues depuis long- , temps en Vivarais, mais qui n'ont été signalées aux naturalistes qu'à l'époque où Faujas publia son bel ouvrage sur les volcans éteints, et où il reconnut la propriété délétère du gaz qui remplit ces trous, en y asphyxiant une poule. Beaucoup de naturalistes les ont visitées depuis, et j'y ai moi-même asphyxié des grenouilles. Il existe, tout auprès des puits, une source abondante , qui forme une mare , d'où il s'élève une infinité de bulles gazeuses qui viennent crever à sa surface. Cette eau va.se jeter dans l'Ardèche, qui coule au bas de Neyrac ; elle y agglutine tous les cailloux et en forme une digue naturelle, fort solide, qu'on est obligé de briser de temps à autre.
Il seroit aisé d'augmenter le nombre des exemples de ces grottes méphitiques , car il en existe beaucoup d'autres ; mais on a remarqué, sans pouvoir expliquer l'origine de ce
GAZ 3°s
gaz d'une manière satisfaisante , qu'il ne se rencontre que dans les terrains volcaniques, dans les terrains calcaires secondaires, et jamais dans les terrains primitifs. On pourroit objecter, il est vrai, qu'il existe plusieurs sources d'eau chargées de ce même gaz, qui sortent du sein des roches granitiques; mais elles peuvent, malgré cela, provenir originairement de l'un de ces deux terrains, où elles auroient rencontré le gaz acide qu'elles contiennent. (Voyez Eaux