‹ Dictionnaire des sciences naturelles, dans lequel on traite méthodiquement des différens êtres de la nature, considérés soit en eux-mêmes, d'après l'état actuel de nos connoissances, soit relativement à l'utilité qu'en peuvent retirer la médecine, l'agriculture, le commerce et les artes. Suivi d'une biographie des plus célèbres naturalistes (volume 2)Chapitre 53 sur 96 · GAZ «M · texte numérisé non relu

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du temps gu'il exige et des variations de volume qui peuvent survenir dàns l'air qu'on analyse, par les changemens de température et de pression de l'atmosphère.

5.° Le gaz hydrogène. En 1778, M. Volta prescrivit la combustion de l'hydrogène pour connoitre le degré de pureté de l'air; il imagina un eudiouiètre an moyen duquel , après avoir introduit des volumes connus d'air et d'hydrogène dans cet instrument , et après avoir enflammé le niélange par l'étincelle électrique , il pouvoit déterminer le rapport qu'il y avoit entre le volume du résidu de la combustion et le volume des deux gaz avant la combustion. En 1800, MM. Gay-Lussac et Humboldt, après avoir examiné différens moyens eudiomélriques, et observé que, toutes les fois que l'oxigène et l'hydrogène gazeux s'unissent par l'étincelle électrique, c'est toujours dans le rapport de 1 à 2, donnèrent à ce moyen eudiométrique la préférence sur tous les autres. L'eudiomètre à gaz inflammable a cela d'avantageux, qu'il peut servir non-seulement à l'analyse d'un mélange qui contient de l'oxigène ou de l'hydrogène libre , mais encore à déterminer la proportion des élémens de tout gaz composé qui est susceptible d'être enflammé par l'étincelle électrique quand il est mêlé à l'oxigène.

L'instrument dont on fait usage maintenant pour ces analyses, est infiniment plus simple que celui de Volta. C'est un cylindre de verre creux, très-épais, fermé à son sommet par une virole 4e fer , à laquelle est fixée extérieurement une petite tige surmontée d'une boule de même métal : ce cylindre est ouvert à sa base; mais cette ouverture est susceptible de se fermer au moyen d'une pièce de fer que l'on a légèrement creusée „ et dans la cavité de laquelle est un écrou qui s'applique à un pas de vis pratiqué sur un cercle en fer qui est mastiqué extérieurement au cylindre. Lorsqu'on veut se servir de cet instrument, on le remplit de mercure; on y introduit, au moyen d'une petite cloche graduée, les gaz que l'on veut analyser; puis on fait glisser dans l'intérieur un gros fil de fer roulé en spirale et* garni d'une boule a son extrémité supérieure : celle boule doit être placée à une ligne environ du plan de fer qui termine le cylindre. On ferme ensuite l'extrémité inférieure

de ce dernier avec la pièce de fer dont nous avons parlé plus haut; enfin, on touche la boule de la virole avec le plateau d'un électrophore chargé, ou bien encore avec le bouton d'une bouteille de Leyde : aussitôt il éclate une étincelle dans l'intérieur du cylindre, qui détermine une inflammation, si le mélange gazeux en est susceptible par sa nature et la proportion de ses principes. On dévisse ensuite la pièce de fer, on retire le fil de fer du cylindre, et on fait passer le résidu gazeux dans la cloche graduée. En divisant le volume qui a disparu par 3, on a le volume de l'oxigène contenu dans le mélange, dans la supposition que ce mélange étoit formé d'oxigène et d'azote, et que le volume d'hydrogène qu'on y avoit mêlé étoit suffisant pour absorber tout l'oxigène. Dans le cas où un mélange ne contiendroit pas assez d'oxigène pour enflammer l'hydrogène , il faudroit prendre 5 volumes de mélange, 5 volumes d'hydrogène et j,5 volume d'Oxigène.

4.0 Le phosphore. En 1773 , Lavoisier , ayant examiné sa combustion en vase clos , observa qu'il réduisoit l'air à environ les quatre cinquièmes de son volume. En 17-91 , M. Seguin, qui avoit coopéré à beaucoup d'expériences de Lavoisier , et qui avoit eu l'occasion d'observer dans ces expériences la forte action du phosphore légèrement échauffé sur le gaz oxigène , proposa ce corps comme moyen eudîométrique. Il faisoit passer dans une cloche de verre d'un pouce de diamètre sur huit ou dix pouces de hauteur, un petit morceau de phosphore, l'y faisoit fondre, en approchant du sommet de la cloche un charbon ardent; ensuite il y introduisoit bulle à bulle un volume d'air déterminé au moyen d'une petite cloche graduée. La combustion une fois opérée , il faisoit repasser dans la cloche graduée le résidu de l'opération , et «voyoit par là combien il y avoit eu d'oxigène solidifié par le phosphore. On peut encore se servir d'un tube de verre ferme à son extrémité, de o^oiô de diamètre, pour opérer la combustion du phosphore par l'oxi- *gène d'un mélange qu'on veut analyser.

La combustion vive du phosphore est un très-bon moyen de connoitre la proportion d'oxigène non combiné qui est contenu dans un mélange ; mais il ne faut point en faire

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usage si ce mélange contient un gaz qui puisse être enflammé lors de la combustion du phosphore.

La combustion lente du phosphore, dans une atmosphère humide, a été proposée pour l'analyse de l'air ; mais, pour que ce procédé soit applicable à l'analyse de tous les mélanges d'oxigène et d'azote, il faut que le premier ne fasse pas plus d'un tiers du mélange.

La combustion rente du phosphore peut encore servir à déterminer la proportion d'oxigène contenu dans un mélange qui seroit susceptible d'être allumé par la combustion rapide du phosphore : dans ce cas , si la proportion trop forte de l'oxigène s'opposoit à la combustion lente du phosphore, il faudroit introduire dans le mélange un volume connu de gaz azote. . '

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