ARTICLE
Analyse d'un mélange d'oxigène et d'azote.
Tous les procédés que l'on emploie pour arriver à ce but , se réduisent à absorber l'oxigène au moyen d'un corps combustible qui s'y combine, et à l'isoler ainsi de l'azote auquel il est mêlé. Les principales substances dont on a fait usage pour cet objet, sont, i.° le gaz nitreux ; 2.0 le mélange de deux parties de fer et d'une partie de soufre , les sulfures hydrogénés et les hydrosulfates solubles ; 5.° le gaz hydrogène; 4.0 le phosphore.
1 .° Le gaz nitreux. Landria ni , guidé par les expériences de Pricstley , imagina le premier, en 1775, un instrument auquel il donna le nom d'eudiomètre , dont l'objet étoit de faire connoître la diminution de volume que l'air éprouve de la part du gaz nitreux aidé du contact de l'eau. Magellan, Gerardin, et surtout Fontana, inventèrent de nouveaux eudiomètres à gaz nitreux. Priestley , Ingenhousz , Lavoisier , Scherer, M. Humboldt, M. Dalton et M. Gay-Lussac , s'occupèrent successivement de chercher la proportion qu'il y avoit entre l'absorption produite par le mélange de l'oxigène et du gaz nitreux , et le volume de Poxigène absorbé : ils arrivèrent tous à des proportions différentes. Aujourd'hui le gaz nitreux n'est plus employé comme moyen eudiométrique ,
les causes d'erreurs auxquelles il donne lieu étant trop nombreuses et trop difficiles à éviter,
2.° Mélange de deux parties de limaille de fer et une partie de soufre, humecté; sulfure hydrogéné de potasse; hydrosulfate dépotasse. Schéele fit, dans le mois de Janvier 1778, l'analyse de l'air au moyen d'un mélange de deux parties de limaille de fer et d'une partie de soufre humecté : il conclut de ses expériences, que 100 volumes d'air contenoient presque constamment 27 volumes d'oxigène ; dès 1777 , il étoit arrivé au même résultat en faisant usage du sulfure hydrogéné de potasse. Depuis Schéele, plusieurs physiciens ont employé ce dernier composé; tel est surtout 'M. Marti. Ce chimiste a fait voir, en 1790, que le sulfure absorboit non -seulement de l'oxigène, mais encore de l'azote; que, cependant, l'on pouvoit faire assez exactement l'analyse de l'air, en employant une dissolution de sulfure de potasse dans l'eau qui avoit été préalablement saturée de gaz azote. M. Berthollet , ayant repris ce sujet plus tard , dit que le sulfure nabsorboit point l'azote ; qu'en conséquence il pouvoit être employé comme moyen cudiométrique. En i8o5 , MM. Gay-JLussac et Humboldt observèrent que la solution du sulfure que l'on avoit fait chauffer , absorboit, outre l'oxigène , une certaine quantité d'azote , qui étoit égaie à celle que la chaleur avoit chassée de la solution ; que cette quantité d'azote étoit d'ailleurs moindre que celle qui auroit pu être . absorbée par l'eau delà dissolution à l'état de pureté que Ton auroit fait préalablement bouillir; que l'on pouvoit absorber l'oxigène de l'air, sans absorber l'azote, en employant une dissolution de sulfure faite à froid. Ces physiciens firent remarquer que , si M. Berthollet n'avoit point eu d'absorption d'azote , c'est qu'il avoit opéré avec une solution de sulfure qui étoit dans cette dernière condition.
Pour faire l'analyse de l'air par un sulfure hydrogéné, il faut dissoudre à froid du sulfure de potasse dans l'eau, filtrer la liqueur , et faire passer un volume connu d'air dans une cloche graduée remplie de la dissolution. Si l'on opéroilt sur le mercure, ce métal se sulfureroit promptement, surtout si l'on vouloit accélérer l'opération en agitant la cloche. Ce moyen eudiométrique est peu employé, à caùse