‹ Dictionnaire des sciences naturelles, dans lequel on traite méthodiquement des différens êtres de la nature, considérés soit en eux-mêmes, d'après l'état actuel de nos connoissances, soit relativement à l'utilité qu'en peuvent retirer la médecine, l'agriculture, le commerce et les artes. Suivi d'une biographie des plus célèbres naturalistes (volume 2)Chapitre 75 sur 96 · Les terres Magellaniques · texte numérisé non relu

Les terres Magellaniques

Enfin, il faudrait joindre à cette indication générale chacune des îles qui est assez écartée de tout autre continent pour présenter un chaix de végétaux qui lui est propre.

Les botanistes savent qu'en général les plantes de ces vingt régions sont différentes les unes des autres, de sorte que, lorsqu'on trouve dans les écrits des voyageurs des plantes de Tune de ces régions qu'on dit avoir été retrouvées dans une autre, on doit, avant d admettre cette proposition, étudier les échantillons venus des deux pays avec un soin tout particulier. A ne considérer cette division du globe que comme une précaution dans la synonymie et la détermination des espèces, elle auroit déjà quelque utilité; mais elle sert surtout à pouvoir exprimer sous une forme un peu plus générale la multitude immense des faits relatifs aux patries des plantes.

Parmi les phénomènes généraux que présente l'habitation des plantes, il en est un qui me paroît plus inexplicable encore que tous les autres : c'est qu'il est certains genres , certaines familles, dont toutes les espèces croissent dans un seul pays (je les appellerai, par analogie avec le langage médical, genres endémiques) , et d'autres dont les espèces sont réparties sur le monde entier (je les appellerai, par un motif analogue , genres sporadiques). Ainsi, quoique très-nombreuses, toutes les espèces des genres Hermannia, Manulea, Borbonia, Cluytia, Antholiza , Gorteria, etc., sont originaires du cap de Bonne-Espérance; celles de Banksia, de btyphtlia, de Goodenia, etc, de la Nouvelle- Hollande ; celles de Af«tisia, de Cinchona, de Fuchsia, de Cactus , de Tillandsia, etc., de l'Amérique équatoriale : tandis qu'au contraire la plupart des genres ont dts espèces qui croissent spontanément dans des pays très-divers. Quelques familles mêmes semblent affecter certaines régions : ainsi les hespéridées sont toutes de FInde ou de la Chine ; les labiatiflores, de l'Amérique méridionale; les épacridées, de l'Australasie. Mais rien ne pa-

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roît cependant bien régulier dans cette disposition des espèces sur le globe. Ainsi , par exemple , nous possédons en Europe certaines espèces de genres très-nombreux, et dont toutes les autres espèces sont originaires de quelque autre région. Toutes les passiflorà habitent l'Amérique, sauf une, découverte il y a peu de temps dans l'extrémité australe de l'Afrique par M. Burcheil. Tous les mesembryanthemum habitent le cap de Bonne-Espérance, excepté les M. nodiflorum et copticum, qu'on trouve en Corse et en Barbarie ; tous les ixia, excepté Yixia bulbocodium , commun sur nos côtes méridionales; tous les gladiolus, excepté le gladiolus communis, si commun dans nos moissons; toutes les bruyères, au nombre de deux, où trois cents espèces, excepté cinq à six qu'on trouve en Europe; presque toutes les oxalis, excepté trois espèces sauvages en France et quelques-unes en Amérique. Ces espèces égrenées, qu'on compareroit volontiers à des soldats-séparés de leurs régimens, ont été les causes pour lesquelles les botanistes ont pendant si long-temps négligé l'étude des ordres naturels : il falloit que la botanique exotique fût très-avancée pour qu'on pût reconnoître leurs affinités ; car elles sem- >er à toutes les règles, lorsque ces règles n'é* que sur les familles européennes. Au reste, disposition plus ou moins régulière des espèces et des familles sur le globe est un fait avéré , mais qu'il est aujourd'hui tout-à-fait impossible de réduire , à quelque théoriél Un autre fait assez remarquable qui se présente dans la comparaison des régions , c'est que certains pays qui n'offrent point ou presque point d'espèces semblables, donnent naissance à des espèces analogues , c'est-à-dire appartenant 'aux mêmes genres. Ainsi , par exemple , les Etats-Unis d'Amérique, présentent un grand nombre de genres semblables à ceux de l'ancien continent : tantôt les espèces sont partagées entre les États-Unis et l'Europe, comme, par exemple, dans les genres Fraxinus, Populus, Fmus , Tilia-, . tantôt entre les États* Unis et l'Asie, comme dans .les genres Juglans, Ma* gnolia, Vitis; quelquefois entre les trois régions, comme pour les genres Acer, Saiix, Delphinium, etc. Ce phénomèi|je se présente d'une manière plus piquante lorsqu'il s'agit de genres très-peu nombreux en espèces : ainsi, par exemple,

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nous ne connoissons , dans le monde entier , que deux liquidambars, deux panax , deux platanes, deux stillingia, deux planera; Tune des espèces de chaque genre habite l'Asie orientale , l'autre l' Amérique septentrionale : nous ne connoissons que deux majanthemum , deux vallisneria , deux ostrya, deux châtaigniers, deux hipophac, l'une des espèces en Europe, l'autre aux États-Unis: nous ne connoissons que trois espèces de larix, de carpinus, de trollius, Tune en Europe , la seconde en Sibérie , la troisième aux États-Unis. Ce que je viens de dire des trois régions principales de la partie tempérée de l'hémisphère boréal, est également vrai des trois régions équatoriales ; ainsi on trouve entre les tropiques, en Asie , en Afrique et en Amérique , des espèces analogues , mais jamais semblables entre elles : par exemple . les espèces des genres Cratœva, Berticra, Elœis, etc. , sont partagées entre l' Amérique et l'Afrique équatoriales ; celles des genres Sagus, Strophranthus , etc., entre l'Asie et l'Afrique équatoriales; celles des genres Psychotn a , Bégonia, etc. , entre l'Amérique et l'Asie équatoriale ; celles des genres Melastoma , Stercutia, Jussieua, entre les trois régions équatoriales. Nous ne connoissons dans le monde entier que deux cjytinus, l'un dans la région méditerranéenne , l'autre au Mexique; deux sphenoclea , l'un au Malabar, l'autre au Mexique; deux metothria, l'un en Guinée, l'autre aux Antilles; deux gyrocarpus, l'un dans l'Inde , l'autre aux Antilles; deux sauvagesia, l'un àCayenne , l'autre à Madagascar , etc. La même analogie s'aperçoit aussi entre les régions de l'hémisphère austral , mais d'une manière moins marquée, soit parce que les mers en occupent une partie proportionnément plus grande, soit surtout parce que nous connoissons moins les détails de leur botanique locale.

Si nous comparons les régions analogues des deux hémisphères, nous y trouverons de même quelques rapporta assez remarquables : ainsi, les espèces des genres Caltha, Empetrum, etc., se trouvent dans les parties les plus froides des deux hémisphères, et manquent dans tout l'espace intermédiaire; les espèces des genres Oxalisy Passcrina, etc., se trouvent dans les régions tempérées des deux hémisphères, et manquent dans les espaces intermédiaires; les hjpoxis offrent même ceci de singulier, qu'une partie des espèces

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croît dans la région tempérée australe de l'ancien monde , et Vautre seulement dans la région tempérée boréale du nouveau.

Enfin , certaines régions présentent des aoalogies plus particulières encore , et que je dirois volontiers plus mystérieuses. Par exemple, certains genres assez nombreux en espèces sont partagés entre le cap de Bonne-Espérance et le cap de Van- Diémen ; tels sont les pelargonium , les protea , etc. La région des Canaries et celle de l'Europe offrent un grand nombre de genres semblables , mais qui ont cette particularité que les espèces herbacées sont en Europe, et les espèces ligueuses aux Canaries : ainsi, on trouve dans cette région des sonchus, des prenanthet, des convolvulus , des echium , qui sont , des arbrisseaux et presque des arbres ; File de Sainte-Hélène , dont les forêts sont des espèces de solidago, est, sous ce rapport, analogue aux Canaries.

Il semble au premier coup d'œil, et cette idée est si séduisante qu'elle est presque populaire, que ces espèces sont les mêmes que les nôtres, devenues ligneuses par leur séjour dans un climat chaud ; mais il n'en est rien : les espèces ligneuses des Canaries restent ligneuses dans nos climats plus froids; nos espèces herbacées ne deviennent point ligneuses dans les pays chauds , ou du moins celles qui en sont légèrement susceptibles ne le deviennent pas plus aux Canaries qu'ailleurs. Observons, en effet, pour faire mieux sentir ce caractère particulier de la végétation des Canaries, que d'autres régions également chaudes ont de même des espèces communes avec l'Europe , mais qui y sont herbacées comme chez nous : ainsi , les sonchus et les echium d'tfgypte , les convolvulus d'Égypte et de l'Inde, sont herbacés et non ligneux comme aux Canaries. Ces rapports de certains pays les uns avec les autres tiennent sans doute à des ressemblances de localités quelquefois appréciables, quelquefois inconnues; mais, même dans ce dernier cas, elles peuvent servir de guides dans les naturalisations. Au reste, tout ce que nous venons de dire des régions ne doit s'entendre que des plantes sauvages; car, dès que les graines d'une espèce trouvent, où que ce soit, un climat et un terrain convenables, elles peuvent s'y développer comme dans leur sol natal. Ce fait nous amène à l'idée déjà indiquée plus haut,

savoir, que les stations tiennent uniquement à des causes physiques agissant actuellement , et que les habitations pourroient bien avoir été en partie déterminées par des causes géologiques qui n'existent plus aujourd'hui. Dans cette hypothèse on concevroit facilement pourquoi certaines plantes ne se trouvent jamais sauvages dans des lieux où elles viennent parfaitement dès qu'on les y apporte. Mais cette théorie participe, il faut l'avouer, à l'incertitude de toutes les idées relatives à l'état ancien de notre globe et à l'origine primitive des êtres organisés.

Sous le premier rapport, on pourroit se demander, avec quelques physiciens, si les parties les plus élevées du globe, ayant été les premières découvertes par les eaux, n'ont pas dû être les premières peuplées de végétaux, et servir comme de centres d'où les plantes se seroient dispersées de tous côtés. Cette hypothèse seroit assez d'accord avec l'idée des régions; mais la différence de température des plaines et des montagnes, aussi bien que la circonstance , observée plus haut, que certaines chaînes de montagnes semblent plutôt servir de limites que de centres de végétation , empêche de pouvoir donner trop d'importance à cette idée, que le célèbre "Willdenow paroissoit avoir admise.

Dira-t-on , avec quelques autres naturalistes , que les terrains primitifs ont dû les premiers se couvrir de végétaux, ceux-ci ayant dû précéder le développement des animaux , et par conséquent la formation des terrains secondaires ?, Dans cette idée, les parties primitives du globe devraient être les centres des régions; mais, outre qu'il est difficile, de reconnoître des traces de cette dispersion, il est très-douteux que les espèces de plantes qui végètent aujourd'hui soient les mêmes que celles qui ont dû exister avant les terrains secondaires, et dont nous trouvons des empreintes ou des débris dans ces terrains. Cette étude curieuse, commencée il y a peu de temps, au moins avec quelque exactitude, par M. de Sternberg, et que M. Adolphe Brongniart, tout jeune qu'il est, paroit déjà destiné à perfectionner; cette étude, dis-je, semble indiquer que nos espèces végétales sont différentes des espèces antédiluviennes, et que par conséquent il y a eu développement d'une nouvelle végétation depuis la formation des terrains secondaires.

Que scroU-ce, si de ces considérations purement géolo* giques nous passions à celles qui tiennent aux bases, et je dirois volontiers à la métaphysique de l'histoire naturelle ? Toute la théorie de la géographie botanique repose sur ridée que Ton se fait de l'origine des êtres organisés et de la permanence des espèces. Je n'entreprendrai point de discuter ici ces deux questions fondamentales et peut-être insolubles; mais je ne puis me dispenser de faire remarquer leurs rapports avec l'étude de la distribution des végétaux.

Tout l'article qu'on vient de lire est rédigé en suivant l'opinion que les espèces des êtres organisés sont permanentes , et que tout individu vivant provient d'un autre être semblable à lui : j'ai cherché à montrer qu'en suivant cette opinion , à laquelle tous les faits certains nous conduisent, et qu'on n'attaque qu'en combinant les conséquences de faits douteux ou ambigus, on pouvoit se rendre raison de la plus grande partie de la géographie des plantes. Que si Ton vient à dire que la permanence des espèces n'est pas prouvée , je répondrai qu'elle l'est au moins dans certaines limites : si l'on vient à trouver que deux ou trois plantes voisines, prises pour des espèces, sont des variétés, nous étendrons seulement les bornes qui circonscrivent telle ou telle espèce i mais l'idée même d'espèce n'en sera pas altérée. De ce que les botanistes ont quelquefois admis trop d'espèces, parce qu'ils ont mis trop d'importance à des caractères déduits des parties les plus visibles, mais les moins essentielles, des organes de la végétation, peut-on raisonnablement conclure que les organes de la fructification participent à la même incertitude , et qu'il n'existe pas d'espèces fixes P Je ne Je pense pas , et je ne vois pas que ceux -mêmes qui soutiennent ces idées, se conduisent d'après elles. La plupart sont obligés de convenir qu'au moins dans les êtres d'organisation compliquée, lorsqu'une fois les types des espèces sont fixés, ils sont constans dans des limites données: c'est ce qu'on observe dans tous les êtres des deux règnes organisés dont l'anatomie est bien connue. Mais quelle preuve a-t-on qu'il en soit autrement dans les êtres à organes moins distincts et moins bien connus? On auroit facilement soutenu, avant Hedwig, qu'il n'existoit point d'espèces constantes dans le* j8. 37

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mousses : aujourd'hui on est obligé de se rejeter dans les champignons, dans les algues, pour citer des exemples qu'on ne puisse pas arguer d'erreur dés le premier examen. Singulière logique que celle où Ton néglige à dessein les conséquences de tous les faits bien connus , pour établir les théories générales sur des faits mal connus et bornés à un petit nombre d'êtres!

L'identité plus fréquente des cryptogames, dans divers pays éloignés, a paru un argument en faveur de leur production par les élémens extérieurs ; mais nous avons vu qu'on peut l'expliquer par l'agitation permanente de l'atmosphère ; et les partisans des formations spontanées me sembleroient, au contraire , dans l'impossibilité d'expliquer le fait général et incontestable, qu'un grand nombre d'espèces bien déterminées ne se trouvent que dans une région , et ne se rencontrent pas sauvages dans des pays où toutes les circonstances leur sont favorables et où elles vivent très-bien lorsqu'on les y sème.

Jusqu'à présent les variétés des végétaux paroissent se ranger sous deux chefs généraux : celles qui sont produites par les élémens extérieurs actuels et qui sont modifiables par des circonstances contraires, et celles qui sont formées par l'hybridité et que les circonstances extérieures ne paroissent pas altérer. Les différences constantes des végétaux nés dans diverses régions ne semblent se rapporter ni à l'une ni à l'autre de ces classes: on ne peut les attribuer aux circonstances externes, car d'autres circonstances ne les détruisent pas; on ne peut les attribuer à Thybridité, car l'hybridité ou le croisement des races suppose nécessairement le rapprochement des êtres analogues. Je comprends très -bien, quoique je ne partage pas complètement cette opinion, je comprends et j'admets, dans quelques cas, que, dans un pays où se trouvent rapprochées plusieurs espèces des mêmes genres, il peut se former des espèces hybrides, et je sens qu'on peut expliquer par là le grand nombre d'espèces de certains genres qu'on trouve dans certaines régions; mais je ne conçois pas comment on pourroit soutenir la même explication pour des espèces qui vivent naturellement à de grandes distances. Si les trois mélèzes connus dans le monde vivoient dans les mêmes lieux , je pourrois croire que l'un d'eux est le produit du croisement des deux autres ; mais

je lie saurois admettre. que , par exemple, l'espèce de Sibérie ait été produite par le croisement de celles d'Europe et d'Amérique. Je vois donc qu'il existe , dans les êtres organisés , des différences permanentes qui ne peuvent être rapportées à aucune des causes actuelles de variations; ce sont ces différences qui constituent les espèces : ces espèces sont distribuées sur le globe en partie d'après des lois qu'on peut immédiatement déduire de la combinaison des lois connues de la physiologie et de la physique , en partie d'après les lois qui pa missent tenir à l'origine des choses et qui nous sont inconnues.

Tel est | en résumé , le point où la géographie botanique est obligée de s'arrêter. Ne perdons pas de vue que cette science n'a pu commencer que lorsque l'étude des espèces a été assez avancée pour lui fournir des faits nombreux et constatés, et que, d'un autre côté, il importe de l'étudier beaucoup , afin d'en fixer les bases avant que les rapports de commerce, les naturalisations, les voyages, les cultures dans les jardins, aient achevé de confondre toutes les régions les unes avec les autres, et quelquefois même aient lié les espèces entre elles par des productions intermédiaires.

Pour donner une idée, et du degré réel de confiance qu'on peut accorder aux résultats des connoissances acquises aujourd'hui , et du nombre des espèces qui restent à découvrir pour pouvoir établir la géographie des plantes sur la connoissance réelle des espèces, je terminerai cet article en rappelant un calcul approximatif, que j'ai mentionné ail* leurs', sur le nombre proportionnel des espèces connues et de celles qui restent à découvrir sur le globe*

Le catalogue le plus complet du règne végétal que nous possédions aujourd'hui , VEnchiridium de M. Persoon , contient 21,000 espèces, sans compter les cryptogames, qu'on peut estimer à 6000. Depuis lors les grands ouvrages de MM. Brown , de Humboldt, Pursh , etc., en ont fait connoître plusieurs milliers , et il existe , dans les collections des naturalistes, un nombre très-considérable de plantes qui, quoique non décrites , ne peuvent pas être considérées comme inconnues. Pour avoir une idée approximative du nombre

i BibttotV unir, des scîencel , roi. 6, p. 119.

total des espèces, soit décrites, soit réunies dans les collections , j'ai comparé le nombre des espèces des familles dont j'ai été en dernier lieu appelé à faire des monographies, avec le nombre que les mêmes genres présentent dans Persoon; voici le résultat, de cette comparaison.

Dans Persoon.

Dans IcSyst.

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Anonacérs < • .

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Nympliaeacees . . •

Si divers botanistes faisoient donc simultanément le même travail sur toutes les familles du régne végétal, les 27,000 espèces indiquées dans l'ouvrage de Persoon se trouveroient portées à 56,ooo. Il n'est, en effet, nullement probable qu'il y ait eu dans les livres et dans les collections modernes plus d'augmentations dans ces douze familles que dans toutes les autres; la plus grande portion de ce calcul repose même sur deux familles européennes et qu'on croyoit des mieux connues* En me bornant à dire que le nombre des espèces décrites ou observées dans les collections est de 5 6, 000 , je suis probablement au - dessous et non au-dessus de la vérité.

Mais quelle proportion du nombre réel des végétaux du globe représentent ces cinquante-six mille espèces déjà acquises pour la science? Si l'on calcule que c'est depuis trente ans que le plus grand nombre a été recueilli j si Ton compare le nombre proportionnel des espèces européennes et étrangères ,- si , enfin , Ton cherche à se faire une idée de Tétendue des pays peu ou point parcourus par les botanistes et du nombre des végétaux qu'ils doivent renfermer, on arrive par ces voies diverses à ce même résultat, qu'il est probable que nous n'avons encore recueilli que la moitié des végétaux du globe, et que par conséquent le nombre total des espèces peut être évalué entre 1 10.000 et 120,000 : nombre

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immense, qui tend à prouver l'admirable fécondité de la nature; qui démontre la nécessité de perfectionner , autant que possible , les méthodes de classification naturelle; qui doit, enfin , montrer aux voyageurs et aux botanistes qu'il reste beaucoup à recueillir et à observer dans tous les pays du monde.

On voit par ce qui précède , que les lois de la géographie botanique ne sont g u ères établies que sur la connoissance souvent incomplète d'un quart des végétaux du globe. Ce nombre , tout borné qu'il est , peut suffire pour donner une idée de la théorie des stations, parce que l'étude d'une seule région suffit pour expliquer une foule de faits conv» m uns à toutes; mais, quant à la théorie des habitations, nous avons besoin de recherches nombreuses et exactes. Les travaux qui, pour l'avancement de cette partie de la science, me paraissent les plus dignes d'être recommandés aux observateurs , sont les sui vans.

Il importe d'abord de multiplier les Flores locales dans différens points du globe, en ayant soin de mettre plus de précision , qu'on ne l'a fait généralement , aux limites géographiques de l'espace dont on décrit la végétation , aux élévations absolues auxquelles les plantes vivent dans diverses localités , et à l'état habituel des milieux ou élémena qui peuvent influer sur la végétation.

Les Flores des îles offrent en particulier un intérêt réel, soit par les bizarreries qu'elles présentent, soit parce que le travail, étant circonscrit, peut être fait avec exactitude.

Il importe que les voyageurs ne se contentent pas seulement de noter qu'Us ont trouvé telle espèce connue dans tels lieux , mais qu'ils rapportent des échantillons qui puissent en constater l'identité. Il est encore à désirer qu'ils notent avec soin les circonstances locales qui peuvent faire présumer si l'espèce est réellement indigène, ou si elle a été naturalisée; si elle vit en société ou éparse , si elle est abondante ou rare dans le pays : en un mot , des détails précis et variés sur les stations et les habitations des plantes sont absolument nécessaires pour donner une marche plus certaine à la géographie botanique. J'ose recommander ces recherches aux voyageurs : il est, je le répète, instant de les faire avant que la civilisation ait trop changé la surface du globe*

Quant aux botanistes sédentaires, leur rôle pour l'avancement de la géographie botanique est de comparer tous les résultats obtenus par les voyageurs , pour en déduire les généralités. 11 seroit fort précieux, pour faciliter ce travail, que quelque savant exact et laborieux voulût bien compulser toutes les Flores déjà publiées, et les ranger dans l'ordre des familles naturelles, afin de pouvoir profiter, sans trop de perte de temps, des documens déjà acquis par la laborieuse activité des naturalistes. Je ne doute point qu'un pareil travail ne fasse naître dans l'esprit de celui qui l'entreprendroit une foule d'idées nouvelles et de rapprochemens ingénieux.

Il seroit encore singulièrement utile et à ce genre de re* cherches, et à plusieurs autres branches des sciences, qu'il se publiât enfin un résumé exact et complet des connoissances acquises sur l'état actuel de la géographie physique et de cette partie de la physique générale qui fait réellement partie de la géographie. Assez long -temps, dans les livres élémentaires consacrés à cette étude, nous n'avons vu que les divisions politiques et les travaux des hommes ; il est temps que nous possédions quelque recueil , soit méthodique , soit même alphabétique , sur la nature même des pays divers. Si , en formant ces vœux , je pouvois déterminer quelque savant a exécuter ces travaux, j'aurois sans doute plus contribué à l'avancement de la géographie botanique que par l'esquisse bien imparfaite que je viens d'en présenter. (DeCand.)

Sur tes Ibis que Von observe dans la distribution des formes végétales j par Alexandre de Humboldt. *

Les rapports numériques des formes végétales peuvent être considérés de deux manières très-distinctes. Si Ton étudie les plantes, groupées par familles naturelles, sans avoir, égard à leur distribution géographique, on demande quels sont les types d'organisation d'après lesquels le plus grand nombre d'espèces sont formées? Y a-t-ii plus de Glu-

i Cet article est tiré de la seconde édition, inédite , de la Géographie des plantes de M. de Humboldt.

macées que de Composées sur le globe ? ces deux tribus de .végétaux font-elles ensemble le quart des Phanérogames Pquel est le rapport des Monocotylédonées aux Dicotylédonées P Ce sont là des questions de phytologie générale, de la science qui examine l'organisation des végétaux et leur enchaînement mutuel. Si Ton envisage les espèces qu'on a réunies d'après l'analogie de leur forme, non d'une manière abstraite, mais selon leurs rapports climatériques ou leur distribution sur la surface du globe, les questions que l'on se propose offrent un intérêt beaucoup plus varié. Quelles sont les familles de plantes qui dominent sur les autres Phanérogames plus dans la zone torride que sous le cercle polaire ? les Composées sont-elles plus nombreuses, soit à la même latitude géographique, soit sur une même bande isotherme , dans le nouveau continent que dans l'ancien P Les types qui dominent moins en avançant de l'équateur au pôle, suiventils la même loi de décroissement à mesure qu'on s'élève vers le sommet des montagnes équatoriales ? Les rapports des familles entre elles ne varient-ils pas sur des lignes isothermes mtroc d c. ri o m i n ti 1 1 o ri ^ dâns les roncs tempérées au nord et au sud de l'équateur? Ces questions appartiennent à la géographie des végétaux proprement dite; elles se lient aux problèmes les plus importans qu'offrent la météorologie et la physique du globe en général. De la prépondérance de certaines familles de plantes dépend aussi le caractère du paysage, l'aspect d'une nature riante ou majestueuse. L'abondance des Graminées qui forment de vastes savanes, celle des Palmiers ou des Conifères , ont influé puissamment sur l'état social des peuples, sur leurs mœurs, et le développement plus ou moins lent des arts industriels.

En étudiant la distribution géographique des formes, on peut s'arrêter aux espèces, aux genres et aux familles naturelles (Humboidt, Prolog, in Nov. Gen., tom. I, p. XIII, LI et 33). Souvent une seule espèce de plantes, surtout parmi celles que j'ai appelées sociales , couvre une vaste étendue de pays. Telles sont, dans le nord, les bruyères et les forêts de pins; dans l'Amérique équinoxiale , les réunions de Cactus, de Croton, de Bambusa et de Brathys de la même espèce. Il est curieux d'examiner ces rapports de multiplica*

tion et de développement organique - on peut demander quelle espèce, sous une zone donnée, produit le plus (Tin-, di vidas ; on peut indiquer les familles auxquelles, sous différens climats , appartiennent les espèces qui dominent sur les autres. Notre imagination est singulièrement frappée de la prépondérance de certaines plantes que Ton considère à cause de leur facile reproduction, et du grand nombre d'individus qui offrent les mêmes caractères spécifiques , comme les plantes les plus vulgaires de telle ou telle zone. Dans une région boréale où les Composées et les Fougères sont aux Phanérogames dans les rapports de 1 : i3 et de 1 : 2S (c'està-dire , où Ton trouve ces rapports en divisant le nombre total des Phanérogames par le nombre des espèces de Composées et de Fougères), une seule espèce de fougères peut occuper dix fois autant de terrain que toutes les espèces de Composées ensemble. Dans ce cas, les Fougères dominent sur les Composées par la masse , par le nombre des individus appartenant aux mêmes espèces de Pteris ou de Polypodium ; mais elles ne dominent pas, si Ton compare à la somme totale des espèces de Phanérogames les formes différentes qu'offrent les deux groupes de Fougères et de Com~ posées. Comme la multiplication de toutes les espèces ne •uit pas les mêmes lois , comme toutes ne produisent pas le même nombre d'individus, les quotiens obtenus en divû tant le nombre total des Phanérogames par le nombre des espèces des différentes familles ne décident pas seuls de l'aspect , je dirois presque du genre de monotonie de la nature dans les différentes régions du globe. Si le voyageur est frappé de la répétition fréquente des mêmes espèces, de la vue de celles qui dominent par leur masse, il ne l'est pas moins de la rareté des individus de quelques autres espèces utiles à la société humaine. Dans les régions où les Rubiacées, les Légumineuses ou lesTérébinthacées composent des forêts, pn est surpris de voir combien sont rares les troncs de certaines espèces de Cinchona, d'Hœmatoxylum et de Baumiers.

En «'arrêtant aux espèces, on peut aussi, sans avoir égard à leur multiplication et au nombre plus ou moins grand des individus, comparer sous chaque zone , d'une maniéré absolue, les espèces qui appartiennent à différentes famille».

Cette comparaison intéressante a été faite dans le grand ouvrage de M. De Candolle ( Kegni vegetabilis Systcma IVaturœ , U 1, p. 128, 396, 439, 464, 5io). M. Kunth l'a tentée sur plus de 33oo Composées déjà connues jusqu'à ce jour (Nov. gen. , t. 4, p. 238 ). Elle n'indique pas quelle famille domine au même degré sur les autres Phanérogames indigènes, soit par la masse des individus, soit par le nombre des espèces; mais elle offre les rapports numériques entre les espèces d'une même famille appartenant à différens pays. Les résultats de cette méthode sont généralement plus précis, parce qu'on les obtient sans évaluer la masse totale des Phanérogames, après s'être livré avec soin à l'étude de quelques familles isolées. Les formes les plus variées , des Fougères , par exemple , se trouvent sous les tropiques ; c'est dans les régions montueuses, tempérées, humides et ombragées de la région équatoriale, que la famille des Fougères renferme le plus d'espèces. Dans la zone tempérée, il y en a moins que sous les tropiques ; leur nombre absolu diminue encore en avançant vers le pôle : mais comme la région froide, par exemple, la Laponie, nourrit des espèces de Fougères qui résistent plus au froid que la grande masse des Phanérogames, les Fougères, par le nombre des espèces, dominent plus sur les autres plantes en Laponie qu>n France et en Allemagne. Les rapports numériques qu'offre le tableau que j'ai publié dans mes Prolegomena de distribution? geographica plantarum , et qui reparoît ici perfectionné par les grands travaux de M. Robert Brown, différent entièrement des rapports que donne la comparaison absolug des espèces qui végètent sous les zones diverses. La variation qu'on observe en se portant de l'équateur aux pôles, n'est par conséquent pas la même dans les résultats des deux méthodes. Dans celle des fractions que nous suivons, M. Brown et moi, il y a deux variables, puisqu'on changeant de latitude, pu plutôt de zone isotherme , on ne voit pas varier le nombre total des Phanérogames dans le même rapport que le nombre des espèces qui constituent une même famille. ^Lorsque des espèces ou des individus de même forme qui se reproduisent d'après des lois constantes, on passe aux divisions de la méthode naturelle qui sont des abstractions diver-

sèment graduées, on peut s'arrêter aux genres, aux familles , ou à des sections plus générales encore. Il y a quelques genres et quelques familles qui appartiennent exclusivement à de certaines zones, à une réunion particulière de conditions climatériques ; mais il y a un plus grand nombre de genres et de familles qui ont des représentai sous toutes les zones et à toutes les hauteurs. Les premières recherches qui ont été tentées sur la distribution géographique des formes, celles de M. Treviranus, publiées* dans son ingénieux ouvrage de Biologie (tom. 2, pag. 47, 63, 83, 129), ont eu pour objet la répartition des genres sur le globe. Cette méthode est moins propre à présenter des résultats généraux, que celle qui compare le nombre des espèces de chaque famille ou des grands groupes d'une même famille à la masse totale des Phanérogames. Dans la zone glaciale , la variété des formes génériques ne diminue pas au même degré que la variété des espèces : on y trouve plus de genres dans un moindre nombre d'espèces (De Candolle, Théorie élément, , p. 190; Humboldt, Novagen., tom. 1, pag. XVII et L). lien est presque de même sur le sommet des hautes montagnes, qui reçoivent des colons d'un grand nombre de genres que nous croyons appartenir, exclusivement à la végétation des plaines.

J'ai cru devoir indiquer les points de vue différens sous lesquels on peut envisager les lois de la distribution des végétaux. C'est en les confondant que l'on croit trouver des contradictions qui ne sont qu'apparentes, et que Ton attribue à tort à l'incertitude des observations ( Berliner Jahrbiicher der Gew'dchskunde , Bd. 1, p. 18, 21, 3o). Lorsqu'on se sert des expressions suivantes : « cette forme ou « cette famille se perd vers la zone glaciale ; elle a sa vé- « ritable patrie sous tel ou tel parallèle; c'est une forme « australe; elle abonde dans la zone tempérée; » il faut énoncer expressément si l'on considère le nombre absolu des espèces , leur fréquence absolue croissante ou décroissante avec les latitudes , ou si l!on parle des familles qui dominent, au même degré, snr le reste des plantes phanérogames. Ces expressions sont justes ; elles offrent un sens précis , si l'on distingue les différentes méthodes d'après lesquelles on peut étudier la variété des formes. L'îlç de

Cuba (pour citer un exemple analogue et tiré de l'économie politique) renferme beaucoup plus d'individus de race africaine que la Martinique; et cependant la masse de ces individus domine bien plus sur le nombre des blancs dans cette dernière ile que dans celle de Cuba.

Les progrès rapides qu'a faits la géographie des plantes depuis douze ans, parles travaux réunis de MM. Brown, Wahlenberg, De Candolle , Léopold deBuch, Parrot, Kamond, Schouw et Hornemann , sont dus , en grande partie , aux avantages de la méthode naturelle de M. de Jussicu. En suivant , je ne dirai pas les classifications artificielles du système sexuel, mais les familles établies d'après des principes vagues et erronés (Dumosce, Cory dates , Oleraceœ) , on ne reconnoît plus les grandes lois physiques dans la distribution des végétaux sur le globe. C'est M. Robert Brown qui , dans un mémoire célèbre sur la végétation de la Nouvelle-Hollande, a fait connoître le premier les véritables rapports entre les grandes divisions du règne végétal, les Acotylédonées , les Monocotylédonées et les Dicotylédonées (Brown, dans Flinder's voyage to Terra auslralis , tom. 2 , p. 558 ; et Observ, sjst. et geographical on the herbar. of the Congo , p. 3). J'ai essayé, en 1 8 1 5 , de suivre ce genre de recherches, en l'étendant aux différens ordres ou familles naturelles. La physique du globe a ses élémens numériques, comme le système du monde, et l'on ne parviendra que par les travaux réunis des botanistes voyageurs à reconnoitre les véritables lois de la distribution des végétaux. Il ne s'agit pas seulement de grouper des faits; il faut, pour obtenir des approximations plus précises ( et nous ne prétendons donner que desapproximations), discuter les circonstances diverses sous lesquelles les observations ont été faites. Je pense, comme M. Brown , qu'on doit préférer , en général, aux calculs faits sur les inventaires incomplets de toutes les plantes publiées , les exemples tirés de pays considérablement étendus, et dont la Flore est bien connue, tels que la France, l'Angleterre, l'Allemagne et la Impunie. Il seroit à désirer qu'on eût déjà une Flore complète de deux terrains de 20,000 lieues carrées, dépourvus de hautes montagnes et de plateaux, et situés entre les tropiques dans l'ancien et le nouveau monde. Jusqu'à ce que ce vœu soit accompli . iJ

faut se contenter des grands herbiers formés par des voyageurs qui ont séjourné dans les deux hémisphères. Les habitations des plantes sont si vaguement et si incorrectement indiquées dans les vastes compilations connues sous les noms de Systema vegetabilium et de Species plantarum , qu'il seroit très-dangereux de s'en servir d'une manière exclusive. Je n'ai employé ces inventaires que subsidiairement , pour contrôler et modifier un peu les résultats obtenus par les Flores et les herbiers partiels. Le nombre des plantes équinoxiales que nous avons rapportées en Europe , M. Bonpland et moi , et dont notre savant collaborateur, M. Kunth, aura bientôt terminé la publication, est peut-être numériquement plus grand qu'aucun des herbiers formés entre les tropiques : mais il se compose de végétaux des plaines et des plateaux élevés des Andes. 'Les végétaux alpins y sont même beaucoup plus considérables que dans les Flores de la France , de l'Angleterre et des Indes, qui réunissent aussi les productions de différens climats appartenant à une même latitude. En France, le nombre des espèces qui végètent exclusivement au-dessus de 5oo toises de hauteur , ne paraît être que ^ de la masse entière de» Phanérogames (De Cand. , dans les Mém, d'Arcueil, t. 3 , p. 298).

Il sera utile de considérer un jour la végétation des tropiques et celle de la région tempérée , entre les parallèles de 400 et de 5o°, d'après deux méthodes différentes, soit en cherchant les rapports numériques dans l'ensemble des plaines et des montagnes qu'offre la nature sur une grande étendue de pays , soit en déterminant ces rapports dans les plaines seules de la zone tempérée et de la zone torride. Comme nos herbiers sont les seuls qui font connoître , d'après un nivellement barométrique , pour plus de 4000 plantes de la région équinoxiale , la hauteur de chaque station au-dessus du niveau de la mer, on pourra, lorsque notre ouvrage des Nova gênera sera terminé , rectifier les rapports numériques du tableau que je publie aujourd'hui, en défalquant des 4000 Phanérogames que M. Kunth a employés à ce travail (ProUgom. , pag. XVI) les plantes qui croissent au-dessus de mille toises, et en divisant le nombre total des plantes non alpines de chaque famille par celui des végétaux qui viennent dans les régions froides et tempérées de l'Amérique équinoxiale. Cette

manière d'opérer doit affecter le plus , comme nous le verrons tantôt , les familles qui ont des espèces alpines très-nombreuses, par exemple, les Graminées et les Composées. A i ooo toises d'élévation , la température moyenne de l'air est encore, sur le dos des Andes équatoriales, de 17* cent., égale à celle du mois de Juillet à Paris. Quoique sur le plateau des Cordillères on trouve la même température annuelle que dans les hautes latitudes (parce que la ligne isotherme de 8°, par exemple, est la trace marquée dans les plaines par l'intersection de la surface isotherme de 8° avec la surface du sphéroïde terrestre), il ne faut pas trop généraliser ces analogies des climats tempérés des montagnes équatorialesavec les basses régions de la fone circompolairé. Ces analogies sont moins grandes qu'on ne le pense ; elles sont modifiées par l'influence de la distribution partielle de la chaleur dans les différentes parties de l'année (Proleg., p. LIV, et mon Mémoire sur les lignes isothermes; p. 137). Les quotient ne changent pas toujours en montant de la plaine vers les montagnes, de la même manière qu'ils changent en approchant du pôle : c'est le cas des Mono cotylédo nées considérées en général; c'est le cas des Fougères et des Composées. (Proleg., pag. LI et LU; Brown, on Congo, pag. 5.)

On peut d'ailleurs remarquer que le développement des végétaux de différentes familles et la distribution des formes ne dépendent ni des latitudes géographiques seules, ni même des latitudes isothermes; mais que les quotiens n^ sont pas toujours semblables sur une même ligne isotherme de la xone tempérée , dans les plaines de l'Amérique et de l'ancien continent. Il existe sous les tropiques une diffé* rence très - remarquable entre l'Amérique, l'Inde et les côtes occidentales de l'Afrique. La distribution des êtres organisés sur le globe dépend non -seulement de circonstances climatériques très - compliquées ; mais aussi de causes géologiques qui nous sont entièrement inconnues , parce qu'elles ont rapport au premier état de notre planète. Les grands Pachydermes manquent aujourd'hui dans le nouveau monde, quand nous les trouvons encore abondamment, sous des climats analogues, en Afrique et en Asie. Dans la zone équinoxiale de l'Afrique U famille des Palmiers

43o s GEO

est bien peu nombreuse , comparée au grand nombre d'espèces de l'Amérique méridionale. Ces différences, loin de nous détourner de la recherche des lois de la nature, doivent nous exciter à étudier ces lois dans toutes leurs complications. Les lignes d'égale chaleur ne suivent pas les parallèles à l'équateur; elles ont, comme j'ai tâché de le prouver ailleurs, des sommets convexes et des sommets concaves f qui sont distribués très-réguliérement sur le globe , et forment différens systèmes le long des cfttes orientales et occidentales des deux mondes , au centre des continens et dans la proximité des grands bassins des mers. Il est probable que, lorsque des physiciens-botanistes auront parcouru une plus vaste étendue du globe , on trouvera que souvent les lignes des maxima dégroupement (les lignes tirées par les points où les fractions sont réduites au dénominateur le plus petit) dévient des lignes isothermes. En divisant le globe par bandes longitudinales comprises entre deux méridiens , et en en comparant les rapports numériques sous les mêmes latitudes isothermes, on reconnoîtra l'existence de différens systèmes d'agroupement. Déjà, dans l'état actuel de nos connoissances, nous pouvons distinguer quatre systèmes de végétation , ceux du nouveau continent, de l'Afrique occidentale, de l'Inde et de la-Nouvelle-Hollande. De même que, malgré l'accroissement régulier de la chaleur moyenne du pôle à l'équateur, le maximum de chaleur n'est pas identique dans les différentes régions par différens degrés de longitude, il existe aussi des lieux où certaines familles atteignent un développement plus grand que partout ailleurs : c'est le cas de la famille des Composées dans la région tempérée de l'Amérique du nord , et surtout à l'extrémité australe de l'Afrique. Ces accumulations partielles déterminent la physionomie de la végétation , et sont ce que l'on appelle vaguement les traits caractéristiques du paysage.

Dans toute la zone tempérée les Glumacéeset les Composées font ensemble plus d'un quart des Phanérogames. Il résulte de ces mêmes recherches, que les formes des êtres organisés se trouvent dans une dépendance mutuelle. L'unité de la nature est telle, que les formes se sont limitées les unes les autres d'après des lois constantes et immuables. Lorsqu'on connoit sur un point quelconque du globe le nombre d'espèces qu'offre une

grande famille (p. ex., celle des Glumacées, des Composées ou des Légumineuses) , on peut évaluer avec beaucoup de probabilité, et le nombre total des plantes phanérogames, et le nombre des espèces qui composent les autres familles végétales. C'est ainsi qu'en connoissant , sous la zone tempérée , le nombre des Cypéracées ou des Composées, on peut deviner celui des Graminées ou des légumineuses. Ces évaluations nous font voir dans quelles tribus de végétaux les Flores d'un pays sont encore incomplètes : elles sont d'autant moins incertaines que l'on évite de confondre les quotiens qui appartiennent àdifférens systèmes de végétation. Le travail que j'ai tenté sur les plantes, sera sans doute appliqué un jour avec succès aux di£ férentes classes des animaux vertébrés. Dans les zones tempérées il y a près de cinq fois autant d'oiseaux que de mammifères, et ceux-ci augmentent beaucoup moins vers l'équateur que les oiseaux et les reptiles.

La géographie des plantes peut être considérée comme une partie de la physique du globe. Si les lois qu'a suivies la nature dans la distribution des formes végétales étoient beaucoup plus compliquées encore qu'elles ne le paroissent au premier abord, il ne faudroit pas moins les soumettre à des recherches exactes. On n'a pas abandonné le tracé des cartes lorsqu'on s'est aperçu des sinuosités des fleuves et de la forme irrégulière des côtes. Les lois du magnétisme se sont manifestées à l'homme dès que l'on a commencé à tracer les lignes d'égale déclinaison et d'égale inclinaison , et que l'on a comparé un grand nombre d'observations qui paroissoient d'abord contradictoires. Ce seroit oublier la marche par laquelle les sciences physiques se sont élevées progressivement à des résultats certains, que de croire qu'il n'est pas encore temps de chercher les élémens numériques de la géographie des plantes. Dans l'étude d'un phénomène compliqué, on commence par un aperçu général des conditions qui déterminent ou modifient le phénomène; mais, après avoir découvert de certains rapports , on trouve que les premiers résultats auxquels on s'est arrêté , ne sont pas assez dégagés des influences locales : c'est alors qu'on modifie et corrige les élémens numériques, qu'on reconnoit de la régularité dans les effets mêmes des perturbations partielles. La cri-

tique s'exerce sur tout ce qui a été annoncé prématurément comme un résultat général, et cet esprit de critique, une fois excité, favorise la recherche de la vérité et accélère le progrès des connoissances humaines.

AcoTYLBDONéEs. Plantes cryptogames (Champignons, Lichens , Mousses et Fougères); Agames celluleuses et vase u lai r es de M. De Candolle. En réunissant les plantes des plaines et celles des montagnes, nous en avons trouvé sous les tropiques >9 \ mais leur nombre doit être beaucoup plus grand. M. Brown a rendu très-probable que dans la zone torride le rapport ' est pour les plaines ->5, pour les montagnes^ (Congo, p. 5). Sous la zone tempérée , les Agames sont généralement aux Phanérogames comme 112] dans la zone glaciale , elles atteignent le même nombre , et le surpassent souvent de beaucoup.

En séparant les Agames en trois groupes, on observe que les Fougères sont plus fréquentes (le dénominateur de la fraction étant plus petit) dans la zone glaciale que dans la zone tempérée (BerL Jahrb., B. 1 , p. 3a ). De même les Lichens et les Mousses augmentent vers la zone glaciale. La distribution géographique des Fougères dépend de la réunion de circonstances locales d'ombre, d'humidité et de chaleur tempérée. Leur maximum (c'est-à-dire le lieu où le dénominateur de la fraction normale du groupe devient le plus petit possible) se trouve dans les parties montagneuses des tropiques, surtout dans des îles de peu d'étendue, où le rapport s'élève à >3 et au-delà. En ne séparant pas les plaines et les montagnes, M. Brown trouve pour les Fougères de la zone torride > . En Arabie, dans l'Inde, dans la Nouvelle-Hollande et dans l'Afrique occidentale (entre les tropiques), il y a >6 : nos herbiers d'Amérique ne donnent que >i9 ; mais les Fougères sont rares dans les vallées très-larges et les plateaux arides des Andes , où nous avons été forcés de séjourner longtemps (Congo y pag. 43 , et Nov. gen.t tom. i , pag. 35). Dans la zone tempérée , les Fougères sont ; en France >n ; en

i Dans cet article, les fractions ^ , , îj" , indiquent le rapport entre les espèces d'une famille et la somme des Phanérogames qui végètent dans le même pays. Les abréviations Trop., Temp. , Glac. , désignent les ,troi$ zones, torride» tempérée et glaciale.

Allemagne, d'après des recherches récentes , (Berl. Sahrb., B. i, pag. 26). Le groupe des Fougères est extrêmement rare dans l'Atlas, et manque presque entièrement en Egypte* Sous la zone glaciale , les fougères paroissent s'élever à

Monocotylédonées. Le dénominateur devient progressivement plus petit en allant de l'équateur vers le 62S de latitude nord ; il augmente de nouveau dans des régions plus boréales encore , sur la côte du Groenland , où les Graminées sont très-rares (Congo, pag. 10). Le rapport varie de % k >6 dans les différentes parties des tropiques* Sur 388o Phanérogames de l'Amérique équinoxiale que nous avons trouvées, M. Bonpland et moi, en fleur et en fruit, il y a 654 Monocotylédonées et 3226 Dicotylédonées : donc la grande division des Monocotylédonées seroit Jg des Phanérogames. D'après M. Brown, ce rapport est dans l'ancien continent ( dans l'Inde, dans l'Afrique équinoxiale et dans la Nouvelle- Hollande ) , Sous la zone tempérée on trouve ^ (France 1 : 4^ ; Allemagne , 1 : 4> \ Amérique boréale , d'après Pursh , i:4>); Royaume de Naples, 1:4-^; Suisse, 1 .* 4^ ; Isles britanniques, 1 : 3^ ). Sous la zone glaciale, >^

Glumacées (les trois familles des Joncacées, des Cypéracées et des Graminées, réunies).= Trop.,>lt. — Temp.t G/ac.,^«

L'augmentation vers le nord est due aux Joncacées et aux Cypéracées, qui sont beaucoup plus rares, relativement aux autres Phanérogames, sous les zones tempérées et sous la zone torride. En comparant entre elles les espèces appartenant aux trois familles, on trouve que les Graminées , les Cypéracées et les Joncacées sont sous les tropiques comme 25,7, 1 ; dans la région tempérée de l'ancien continent, comme 7, 5, 1; sous le cercle polaire, comme a£§ , 2^, 1. Il y a en Laponie autant de Graminées que de Cypéracées : de là vers l'équateur le* Cypéracées et les Joncacées diminuent beaucoup plus que les Graminées; la forme des Joncacées se perd presque entièrement sous les tropiques (JSov* gen.f T. I.er, p. 240).

Joncacées seules. = Trop., <;00. — Temp., — Clac, >% (Allemagne, <M ; France,

Cypéracées seules. = Trop. Amérique , à peine >hl ; Afrique occidentale, >t9 ; Inde,#>5; Nouvelle - Hollande , (Congo, p. 9). — Tcmp., peut-être (Allemagne,^;, ; France, 18. *8

toujours d'après les travaux de M. De Candolle, ^7 ; Danemarck, >>6). — Glac, C'est le rapport trouvé en Lapon ie et au Kamtschatka. ,

Graminées seules. =r Trop. J'ai admis jusqu'ici >5. M. Brown trouve pour l'Afrique occidentale >n , pour l'Inde (Congo, p. 41). M. Hornemann s'arrête pour cette même partie de l'Afrique à >to (De indole plant. Guincensium , 1819, p. 10). — Temp. Allemagne, >l% ; France , — Glac.y ^f0.

Composées. En confondant les plantes des plaines avec celles des montagnes, nous avons trouvé dans l'Amérique équinoxiale ^ et ^; mais, sur 55/} Composées de nos herbiers, il n'y en a que 94 qui végètent depuis les plaines jusqu'à 5oo toises ( hauteur à laquelle la température moyenne est encore de 21°, 8; égale celle du Caire, d'Alger et de l'île de Madère). Depuis les plaines équatoriales jus* qu'à 1000 toises de hauteur (où règne encore la température moyenne de Naples), nous avons recueilli a65 Composées. Ce dernier résultat donne le rapport des Composées, dans les régions de l'Amérique équinoxiale au-dessous de 1000 toises, de Jg à> . Ce résultat est très-remarquable, puisqu'il prouve qu'entre les tropiques, dans la région très-basse et très-chaude du nouveau continent il y a moins de Composées, dans les régions subalpines et tempérées plus de Composées, que sous les mêmes conditions dans l'ancien monde. M. Brown trouve pour le Rio-Congo et Sierra- Léone , ^3 ; pour l'Inde et la Nouvelle - Hollande , ^ (Congo, p. 26; No»*, gen. , t. IV , p. u3c)). Quant à la zone tempérée, les Composées font en Amérique % (c'est peut-être aussi dans l'Amérique équinoxiale ie rapport des Composées des très -hautes montagnes à toute la masse des Phanérogames alpins); au cap de Bonne- Espérance, li ; en France, > ( proprement >x% ) -, en Allemagne, \. Sous la zone glaciale les Composées sont, en Laponie , >^ ; au Kamtschatka, **3. (Hornemann, p. 18 ; Berl. Jahrb., B. I , p. 39.)

Légumineuses. = Trop. Amérique, ; tnde, Jjj Nouvelle-Hollande, 1% ; Afrique occidentale, J$ (Congo, p. 10). — Temp. France , >l6 ; Allemagne, >0 ; Amérique boréale , <9 ; Sibérie, >A (Berl. Jahrb. , B. 9, p. 22). — Glac,

Labiées. = Trop*, — Temp. Amérique boréale , >^ ; AI-

leraagne , ->6 ; France, >4. — Glac. , >7n. La rareté des Labiées et des Crucifères dans la zone tempérée du nouveau continent est un phénomène très-remarquable.

Malvacées. = Trop. Amérique, >^ ; Inde et Afrique occidentale, >^ {Congo f p. 9); dans la seule côte de Guinée, >%a (Hornemann, p. 20). — Temp., >^ — Gioc., o.

Crucifères. =t Presque point sous les tropiques, en faisant abstraction des montagnes au-dessus de 1200 à 1700 toises ( No», gen. , p. 1 6 ). France , >i9 ; Allemagne , >g \ Amérique boréale, ^.

Rubiacées. Sans diviser la famille en plusieurs sections, on trouve pour les tropiques , en Amérique , dans l'Afrique occidentale ^ ; pour la zone tempérée , en Allemagne , en France Af, ; pour la zone glaciale , en Laponie >9o. M. Brown sépare la grande famille des Rubiacées eu. deux groupes qui offrent des rapports ciimatériques trèsdistincts. Le groupe des Siellatœ sans stipules interposées ap* partient principalement à la zone tempérée : il manque presque entre les tropiques , excepté sur le sommet des montagnes. Le groupe des Rubiacées à feuilles opposées et à stipules appartient très-particulièrement à la région équinoxiale. M. Kunth a divisé la grande famille des Rubiacées en huit groupes, dont un seul, celui des Cofféacées, renferme dans nos herbiers un tiers de toutes les Rubiacées de l'Amérique équinoxiale. (Aov. gen. , t. III, p. 041.)

Euphorbiacées. = Trop. Amérique, >i5 ; Inde et Nouvelle- Hollande, ; Afrique occidentale, <•„ (Congo, p. a5). — Temp. France, >.0\ Allemagne, <0O. — Glac, Laponie ^00.

Éricinées et Rosaces. = Trop. Amérique, <3o. — Temp» France, <ï5 ; Allemagne, ; Amérique boréale,^. — Glac. Laponie, >5.

Am entaches* = Trop. Amérique, ^co. — Temp. France , ; Allemagne, >0 ; Amérique boréale , >5. — Glac. Laponie, <0.

Ombeixifères. = Presque point sous les tropiques au-dessous de 1200 toises; mais, en comptant dans l'Amérique équinoxiale les plaines et les hautes montagnes, >lw . sous la zone tempérée beaucoup plus dans l'ancien que dans le nouveau continent. France, >iA ; Amérique boréale, Laponie, >.

En comparant les deux mondes, on trouve en générai

dans le nouveau , sous la zone équatoriale, moins de Cypéracées et de Rubiacées, et plus de Composées; sous la zone tempérée, moins de Labiées et de Crucifères, et plus de Composées, d'Ericinées et d'Amentacées , que dans les zones correspondantes de l'ancien monde. Les familles qui augmentent de l'équateur vers le pôle (selon la méthode des fractions) , sont les Glumacées, les Ericinées et les Amentacées ; les familles qui diminuent du pôle vers l'équateur, sont les Légumineuses, les Rubiacées, les Euphorbiacées et les Malvacéesj les familles qui semblent atteindre le maximum sous la zone tempérée, sont les Composées, les Labiées, les Ombellifères et les Crucifères.

J'ai réuni les résultats principaux de ce travail dans un seul tableau ; mais j'engage les physiciens à recourir aux éclaircissemens sur les diverses familles , chaque fois que les nombres partiels leur paroissent douteux. Les quotient des tropiques sont modifiés de telle manière qu'ils ont rapport aux régions dont la température moyenne est de 280 à 200 (deo à ySo toises de hauteur). Les quotiens de la zone tempérée sont adaptés à là partie centrale de cette zone, entre i3° et io° de température moyenne. Dans la zone glaciale la température moyenne est de o° à i°. A ce tableau des quotiens ou des fractions , qui indique les rapports de chaque famille à la masse totale des phanérogames, on pourrait ajouter un tableau dans lequel seroient comparés entre eùx les nombres absolus des espèces. Nous en donnerons ici un fragment qui n'embrasse que les zones tempérées et glaciales.

France. Amérique boréale. Laponie.

Claraarées 365 .... 134

Composées hqo 454 .... 38

Légumineuses 2J0 148 ... . 14

Crucifères 190 ...... 46 ... . 22

Omhcllifèreg 170 ..... . 5© . . . . 9

Caryophyllées ib5 ...... 40 ... . 29

Labiées 149 78 ... • 7

Rhinanthées 147 79 ... . 17

Amentacées 69 1 13 . . . . a3

Ces nombres absolus sont tirés des ouvrages de MM. De Candolle , Pursh et Wahlenberg. La masse des plantes décrites en France est à celle de l'Amérique boréale dans le rapport de i>, : 1; à celle de Laponie, dans le rapport de 7:1.

3GRAPHIE BOTANIQUE (page 436).

GtROGAMES.

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