‹ Dictionnaire des sciences naturelles, dans lequel on traite méthodiquement des différens êtres de la nature, considérés soit en eux-mêmes, d'après l'état actuel de nos connoissances, soit relativement à l'utilité qu'en peuvent retirer la médecine, l'agriculture, le commerce et les artes. Suivi d'une biographie des plus célèbres naturalistes (volume 2)Chapitre 76 sur 96 · Z O H E GLACIALE J · texte numérisé non relu

Z O H E GLACIALE J

|at. (if — 7„"

Fouceres seules. .

MoHOCOTYLÉDOHEI

GLUMAcfï*(Joncac

JorcacÉes seules

Cypéracées seules.

Gramiwées seules..

Composées

LÉCUMIHEUSES

RUBIACEES.

Euphorbiacées

Labiées

Malvacées .

Ébicihées et Rosag

Amektacées.

Ombellifères . .

Crucifères

l/lO

i/f»oo

Explication et vers le pôle i

t> le

SIGNES indiquant la direction de l'accroissement.

e dénominateur diminue vers l'équateur ; dénominateur diminue rers l'équateur

GÉOGRAPHIE PHYSIQUE. (Mm.) La géographie physique ne connoît aucune division artificielle, aucune démarcation politique; la terre, Pair et l'eau lui appartiennent. Elle esquisse à grands traits la figure des continens, des îles, des montagnes, des volcans, des vallées, des plateaux et des plaines; elle décrit la nature du sol ou du roc; elle trace les régions plus ou moins élevées , par rapport avec leurs latitudes , où les êtres organisés disparoissent en touchant à la zone des neiges permanentes ; elle compare l'étendue des mers avec celle des continens et des îles; elle suit les contours de l'Océan, étudie ses phénomènes, pénètre dans les méditerranées et les golfes, en en sondant les profondeurs; elle accompagne les fleuves de leur source à leur embouchure , et calcule les atterrissemens qu'ils forment et qu'ils augmentent sans cesse; elle observe et explique les vents. Placée sur les sommets glacés des Andes ou des Alpes , dont elle mesure la hauteur immense , elle dessine l'embranchement des chaînes de montagnes qui leur sont subordonnées, et les groupes éloignés qui s'y rattachent; elle indique leurs escarpemens, les feux qui les embrasent, leurs profondes coupures, les torrens qui s'y précipitent, les lacs enfermés dans leurs enfonceinens, et les sources qui jaillissent de toutes parts. L'uniformité du désert annonce d'autres scènes , d'autres phénomènes : la science les décrit ou les explique. Les régions polaires, enfin , où la terre disparoit sous les glaces, où la mer se hérisse de montagnes mobiles, où le ciel s'embrase d'une brillante aurore étrangère au soleil , se tracent par elle en traits incertains, conformes au doute et au voile épais qui couvrent ces extrémités du monde.1 (Brard. )

GEOLO (Bot,) , nom de Pyèble , aux environs de Vérone, suivant Séguier. (J. )

GEOLOGIE. (Min,) Science qui, ainsi que la géognosie, a pour objet la connoissance de la terre ; mais, comme on a plus souvent présenté sous ce nom des théories arbitraires que des généralités déduites de l'observation , le mot de geo-

1 Bergmann , Géogr. physique ; Huniboldt, Tableaux de la nature. Vues des Cordillières, etc.; Malle-Brun, Précis de la grographie uni- ▼erselle, tom. 2, p. 159, etc.

Aïa GEO

logie, aujourd'hui, se joint assez communément dans l'esprit à l'idée d'hypothèses et de suppositions gratuites. Voyei Terre, Terhains.

GÉOMÉTRIQUE (Erpét. etlchthyol.) , nom spécifique d'une Tortue et d'un Holacanthe. Voyez ces mots. (H. C.)

GÉONOMA. (Bot.) Genre de plantes monoeotylédones , à fleurs incomplètes, monoïques, de la famille des palmiers, de la monoécie monadelphie de Linnœus, qui a des rapports avec les alfonsia, et présente pour caractère essentiel : Une spathe universelle, double , bivalve , contenant des fleurs monoïques; les mâles offrant une corolle à six divisions profondes , les trois extérieures en forme de calice ; six étamincs; les filamens réunis en cylindre: dans les fleurs femelles, la corolle comme dans les fleurs mâles ; un ovaire supérieur; le style latéral; le stigmate à deux lobes. Le fruit est un drupe sec , monosperme.

Géonoma a feuilles ailées ; Geonoma pinnalifrons . Willd., Sper.,4, pag. 5t);>. Arbre découvert dans les forêts des hautes montagnes, aux environs de Caracas, dans l'Amérique méridionale : il s'élève à la hauteur de quinze pieds sur un tronc grêle, simple, lisse, d'un pouce d'épaisseur. Frappé continuellement par les vents, et surchargé de feuilles, il se courbe très- souvent sur la terre, où il prend de nouvelles racines, et produit de son extrémité un nouveau tronc de même longueur, et ainsi de suite. Ses feuilles sont ailées, à pinnules irrégulières, un peu plissées, rongées à leur sommet. La spathe est double , bivalve , cunéiforme , un peu comprimée , longue de trois pouces ; le spadice est long de quinze pouces, rameux à son sommet; les ramifications cylindriques, portant sept à neuf épis alternes, cylindriques, longs de trois pouces; les fleurs réunies au nombre de trois dans une fossette du rachis de l'épi, deux mâles et une femelle. Le fruit est un drupe sec, fibreux, de la grosseur d'un pois, contenant une noix globuleuse, presque noitktrç*

Géonoma a feuilles simples; Gevnoma simplici/rons , Willd. , Spec», 4, pag. 694. Cette espèce croit aux mêmes lieux que la précédente : elle en est très- distincte par son tronc toujours droit, haut de dix pieds, d'un pouce d'épaisseur. Ses

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feuilles sont simples, longues d'un pied, en forme de coin, acuminées à leur base , partagées à leur sommet en deux portions divergentes, soutenues par de très -longs pétioles ; la spathe est double, à deux valves; le spadicc porte à son sommet trois ou quatre épis cylindriques; les fleurs situées comme dans l'espèce précédente. ( Pom. )

GEOPHILA. (Bot,) Nom donné par Bergeret à un genre voisin du colchique , qui avoit été précédemment nommé merendera par M. Ramond, et que Picot La Peyrouse réunit au bulbocodium de Linnœus , dont il diffère cependant par ses trois styles. ( J. )

G ÉO PHI LE. (Entom.) Ce nom, qui signifie qui aime laterre, a servi à M. Leach pour désigner un genre de scolopendres à pattes très-nombreuses, dont les postérieures sont plus longues que les autres, et qui de plus sont aveugles. Voyez Aptères, Myriapodes et Scolopendre. (CD.)

GEOPHONUS (Conchyl.) , nom latin du genre Géopone. (De B.)

GÉOPONE, Geophonus. (Conchyl.) Petit genre de coquilles presque microscopiques, d'une ligne au plus, établi par M. Denys de Monfort (Conchyl. systém. vol. 1, p. id) pour une espèce vivant dans la mer Méditerranée, où elle se trouve au milieu des plantes marines , et que Von l ie h tel et Von Moll (Test, micr., pag. 66, tab. 10, fig. 6, 9) ont nommée naulilus macellus. M. Denys de Monfort, qui la nomme la Géopone jaune, à cause de sa couleur, lui donne pour caractère, qu'étant enroulée verticalement, mais non tout-à-fait symétriquement, sans que la spire soit visible, et sans ombilic , la cloison qui en forme la terminaison est percée de six trous placés dans une 6érie longitudinale d'avant en arrière ; il paroit en outre qu'elle est cloisonnée. (De B.)

GEORGIA. (Bot,) Ehrhart avoit donné ec nom générique au mnium pellucidum, Linn. , mousse qui se fait remarquer par son péristome simple, à quatre dents pyramidales. Ce genre a été conservé , mais sous le nom de letraphis , qui rappelle la structure du péristome. (Lem.)

GÉORGINE, Georgina. (Bot.) [Corymbifères , Jms.^Sjngénéiie polygamie frustranée, Linn.] Ce genre de plantes, éla-

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bli par Ca vanilles, en 1791, dans ses Icônes et Descriptiones Plantarum , appartient à la famille des synanthérées, à notre tribu naturelle des hélianthées, et à la section des hélianthées-coréopsidées. L'auteur du genre lui avoit donné le nom de dahlia : mais, comme Thunberg avoit précédemment employé ce même nom pour désigner un genre de la famille des urticées, Willdenow a nommé le genre de Cavanilles Georgina, en l'honneur de Georgi , botaniste russe. Voici les caractères génériques que nous avons observés sur un grand nombre d'individus vivans.

La calathide est radiée, composée d'un disque multiflore, régulariflore , androgyniflore , et d'une couronne unisériée, liguliflore , neutriflore. Le péricline est double : l'intérieur , ou vrai péricline, supérieur aux fleurs du disque, camparmlé . formé d'environ huit squames très-libres, unisériées, égales, appliquées, ovales-oblongues, obtuses, membraneuses, à base coriace -charnue; l'extérieur , involucriforme , plus court, formé de cinq à huit squames bractéiformes , unisériées, égales, étalées ou réfléchies, ovales-lancéolées, souvent comme pétiolées, foliacées. Le clinanthe est plan , garni de squamelles égales aux fleurs, larges, planes, ovales-oblongues, obtuses, membraneuses. Les ovaires sont obeomprimés, munis d'un bourrelet basilaire et d'un bourrelet apicilaire : leur aigrette est ordinairement nulle ; mais souvent on observe deux petits rudimens de squamellules, en forme de protubérances arrondies ou coniques, situées sur les deux angles du bourrelet apicilaire, et quelquefois ces rudimens sont très-développés, en forme de squamellules continues au bourrelet, épaisses, charnues, inégales, irrégulières, variables, simples ou divisées, cylindracées , anguleuses ou laminées. Les fleurs de la couronne, au nombre de huit environ , sont pourvues d'un faux -ovaire absolument semblable aux vrais ovaires du disque , et contenant comme eux un ovule ; niais le style et son stigmate sont toujours mal conformés , imparfaits , semi-avortés ou même tout-à-fait nuls : la corolle a le tube court, et la languette large, elliptique, trid entée au sommet, veloutée en -dessus, munie en -dessous de plusieurs nervures , dont deux plus fortes.

Eu comparant les caractères que nous venons de décrire

avec ceux du genre Coreopsis, que nous avons décrits à la page 420 du tome X de ce Dictionnaire, nous ne trouvons aucune différence qui puisse suffire à la distinction des deux genres. Les autres botanistes croient trouver trois différences essentielles, en ce que, suivant eux, Je péricline intérieur est plécolépide, les ovaires sont inaigrettés , et la couronne de la calathide est féminiflore , dans le georgina; tandis que, dans le coreopsis, le péricline intérieur est chorisolépide -, les ovaires sont surmontées de deux cornes ou arêtes, et la couronne de la calathide est neutriflore. C'est une triple erreur. Les squames du péricline intérieur sont parfaitement libres jusqu'à la base dans le georgina, aussi bien que dans le coreopsis. Les vrais coreopsis ont souvent l'aigrette nulle , comme le georgina, et l'ovaire du georgina est souvent surmonté de deux cornes plus ou moins développées et fort analogues à celles des vrais coreopsis. Quant au sexe des fleurs de la couronne , nous avons toujours trouvé le stigmate de ces fleurs nul ou imparfait dans toutes les calathides de georgina que nous avons examinées; cependant, comme ces mêmes fleurs ont l'ovaire bien conformé et pourvu d'un ovule , il est possible que , dans le pays où la plante est indigène, et dans les circonstances favorables à sa fructification, le stigmate se développe suffisamment pour que la fécondation s'opère, et qu'ainsi la couronne devienne féminiflore. Quoi qu'il en soit, en éliminant du genre Coreopsis les espèces dont nous avons composé notre genre Pterophylon, le coreopsis peut être caractérisé et limité avec exactitude, et ce genre doit comprendre au nombre de ses espèces le georgina de "Willdenow ou dahlia de Cavanilles. C'est pourquoi nous allons décrire cette plante sous le nom de coréopside géorgine.

Corkopside géorgine : Coreopsis Georgina, H. Cass. ; Georgina variabilis, Kunth , iVof. gen. et Sp. pl., in-fol. , tom. 4, pag. 191 ; Georgina superjlua et frustranea, Decand., Ann. du Mus. ; Georgina variabilis et coccinea, Wiild. , Hort. Berol. ; Georgina purpurea , rosea et coccinea, Willd., Sp. pl. ; Dahlia pinnata, rosea et coccinea, Cavan., Icon. et Descript. plant. Cette belle plante herbacée , originaire du Mexique , a Ja racine vivace , composée de faisceaux de tubercules horkon-

taux, oblongs, amincis aux deux bouts, longs d'environ un demi-pied. La tige, qui s'élève jusqu'à environ six pieds, est dressée, rameuse, cylindrique, épaisse, dure, tantôt nue, tantôt couverte d'une poudre glauque, tantôt parsemée de petits poils. Les feuilles sont opposées, connées, grandes, une ou deux fois pennées avec impaire; à pétiole commun, nu ou ailé; à folioles opposées, sessiles ou pétiolées, ovales, pointues, dentées, tantôt glabres, tantôt plus ou moins pubesccntes. Les calatbides, composées d'un disque jaune et d'une couronne de couleur variable , sont solitaires au sommet de longs rameaux simples, nus, grêles, pédoncaliformes: elles fleurissent dans nos jardins depuis la fin de Juillet jusqu'aux premières gelées, et se font remarquer parleur grandeur et leurs couleurs agréables.

La culture a produit plusieurs variétés de géorgine , qui se rapportent toutes à deux races principales , et que nous allons signaler brièvement.

Coréopside GÉORGINE NUE : Corcopsis Georgina nuda , H. Cass. ; Georgina superflua, Decand.; Georgina variabilis, Willd. Cette première race, qui sans doute a donné naissance à la seconde, se compose de plantes plus élevées et plus, robustes; les tiges sont nues, c'est-à-dire qu'elles ne sont point couvertes d'une poudre glauque, mais elles sont souvent rougeàtres, et quelquefois garnies de petits poils, surtout vers le sommet; les feuilles sont moins divisées, plus grandes et d'un vert foncé ; enfin , les fleurs de la couronne sont pourvues d'un style plus ou moins développé , quoique toujours imparfait.

On rapporte à cette race : i.° la géorgine rouge, dont les languettes sont proportionnément plus larges et plus courtes que dans toutes les autres variétés; a.° la géorgine pourpre, dont les languettes sont plus longues que dans la précédente ; 3.° la géorgine lilas, dont les languettes sont plus longues que dans toutes les autres variétés, et dont les sommités des tiges sont presque toujours un peu velues: cette variété paroi t être la plus rustique de toutes; 4»° la géorgine pâle, plus petite que les précédentes, à Janguettes d'un rose paie, moins longues et moins étalées que dans la géorgine lilas ; 5.° la géorgine jaunâtre, bien dwtincie de toutes les autres

variétés de cette race par la couleur de sa couronne et par sa stature moins élevée.

Coréopside GKOHGiNE poudrée : Coreopsis georgina pruinosa , H. Cass. ; Georgina frustranca , Decand. ; Georgina coccinea, "VVilld. Les variétés qui dépendent de cette race sont plus basses, plus délicates et d'un vert plus clair, que les variétés de la race précédente ; les tiges sont couvertes d'une poudre glauque; les feuilles sont beaucoup plus petites et plus divisées; le style est tout -à- fait avorté dans les fleurs de la couronne.

Cette race comprend : i.°la géorgine écarlate, dont les calathides sont assez grandes , à couronne de couleur ponceauorangé; 2.0 la géorgine safranée, dont les calathides sont de moitié plus petites, à couronne de couleur de feu -orangé plus clair; 5." la géorgine jaune , à calathides aussi petites que dans la précédente variété, mais à couronne d'un jaune pur.

Cavanilies , qui, le premier, nous a fait connoitre les géorgines , avoit cru pouvoir en distinguer trois espèces. Willdenow les adopta d'abord; mais ensuite il les réduisit à deux, qu'il caractérisa principalement par la tige nue dans la première , poudrée dans la seconde. M. De Candolle crut confirmer les deux espèces de Willdenow, en ajoutant que, dans la première , les fleurs de la couronne étoient femelles, et que dans la seconde elles étoient neutres. M. Kunth a reconnu, aussi bien que nous, que toutes les géorgines avoient la couronne neutriflore, et, comme nous , il a pensé que les prétendues espèces de Cavanilies, et même celles de Willdenow, n'étoient que des variétés d'une seule et même espèce. 11 cite à l'appui de cette opinion une observation importante de M. Lelieur, qui a obtenu la géorgine poudrée en semant des graines de géorgine nue. Duinont-Courset avoit depuis long-temps énoncé la même opinion.

Les racines tubéreuses des géorgines peuvent fournir un aliment salubre , mais d'une saveur peu agréable , selon MM. De Candolle et Dumont-Courset, qui en ont mangé après les avoir fait bouillir ou cuire sous la cendre. Cependant on dit que les habitans du Mexique les mangent avec plaisir, et M. Thiébaut de Bcrneaud prétend que leur substance

farineuse et sucrée , préparée de diverses manières, est un aliment agréable et délicat: il ajoute que les feuilles peuvent servir de fourrage et d'engrais, et que la racine plaît beaucoup aux chevaux, aux bœufs et aux moutons. M. De Candolle dit, au contraire, que les chevaux et les vaches refusent d'en manger. En attendant que de nouvelles épreuves aient résolu ces questions, il nous paroi t probable que les qualités des racines dont il s'agit sont analogues à celles des racines du topinambour (helianthus tuberosus, Linn.): et il est certain que jusqu'à présent la plus grande utilité des géorgines est de concourir avec avantage à la richesse et à la variété des ornemens de nos jardins.

On reproduit et multiplie ces plantes par le semis des graines ou par la division des racines : jnais les graines ne mûrissent pas toujours bien dans notre climat ; celles des géorgines poudrées surtout sont presque toujours imparfaites • ainsi la division des racines est le moyen le plus sûr. Au mois de Mars, on sépare les différens faisceaux de tubercules dont se compose la racine, de manière qu'un petit morceau de la racine principale reste attaché à chaque faisceau ; on plante chacun de ces faisceaux dans un grand vase rempli d'une terre substantielle et consistante, composée de terre franche mêlée avec de la terre de couches; on arrose, et on place les vases dans une serre chaude ou tempérée , ou même dans une bonne orangerie. Quand les atteintes du froid ne sont plus à craindre, c'est-à-dire au commencement de Juin, on transplante les géorgines le long d'un mur exposé au midi, dans une plate -bande large de trois pieds, défoncée jusqu'à un pied et demi de profondeur, et remplie d'une terre semblable à celle des vases. Il faut les arroser fréquemment pendant leur croissance, en évitant toutefois de leur donner une humidité trop grande ou stagnante. Au mois d'Octobre on coupe les tiges un peu au-dessus de leur base , on déterre les racines, on les nettoie, et on les conserve pendant l'hiver dans un lieu où la gelée ne puisse les atteindre , en les couvrant de sable bien sec. Dans nos départemens méridionaux les géorgines peuvent demeurer toute l'année en pleine terre , au moyen d'une couverture de litière sèche pendant les gelées. (H. Cass.)

GÉORISSE. (Entom.) Nom d onné par M. Latreille à un genre de petits coléoptères à cinq articles, voisins des birrhes, dont une espèce a été décrite par Paykull, et ensuite par Fabricius sous le nom de Pimelia pygmœa. Ce petit coléoptère , n'étant pas hétérornéré, ne pouvoit en effet rester parmi les pimélies; mais, si M. Latreille a voulu indiquer par ce nom que l'insecte fouit la terre , il auroit dû l'écrire ainsi , Géorysse, comme il Pavoit fait pour le genre Orysse parmi les uropristes. (C. D.)

GÉOTRICHUM. {Bot.) Champi gnons formés de filamens cloisonnés, rameux, couchés, entremêlés et composant de petites touffes ou flocons. Sur ses filamens sont dispersés des séminules ou sporidies ovales, tronquées à leurs deux extrémités. Ce dernier caractère distingue seulement ce genre de celui appelé sporolrichum. Tous les deux ont été établis par Linck, et font partie de la série des byssoïdées dans l'ordre des mucédinées, dans la méthode adoptée par ce botaniste prussien.

Géotrichum blanc ; Geotrickum candidum, Linck, Bcrl. Magaz,, 3, p. 7, pl. 1 , fig. 26. C'est la seule espèce de ce genre : elle croît à terre dans les bruyères et les bois arides. Elle forme sur la terre de petites taches blanches, cotonneuses ou granuleuses. 11 est probable que Linck a observé cette plante en Allemagne. (Lem.)

GEOTRUPE , Geotrupes. (Entom,) Genre d'insectes coléoptères à cinq articles à tous les tarses, ou pentamérés, de la famille des lamellicornes ou pétalocères.

C'est M. Latreille qui a le premier emprunté ce nom de deux mots grecs, yn , la terre, et Tçvjrâj* , je perce, je perfore y ou du mot yttoçu%oç 1 fossoyeur , et il y avoit rapporté une division du genre Scarabée, déjà indiquée dans les auteurs , dont le prolongement du front, qui recouvre la bouche ou le chaperon, est large, quadrilatère et rhomboïdal, dont les pattes de devant offrent une jambe aplatie et dentelée , et qui ont un écusson distinct entre les élytres ; mais Fabricius , en adoptant le nom , l'a transporté au genre Scarabée de M. Latreille, et, comme pour augmenter la difliculté déjà si grande de la synonymie, il u pris le nom de géotrupe pour désigner le genre Scarabée. Ainsi les scarabée»

de Fabricius sont nos géotrupes ou ceux de M. Latreille , et les géotrupes de M. Fabricius sont nos scarabées. (Voyez

Pétalocères.)

Voici les caractères naturels du genre Géotrupe : Corps arrondi, court, très- convexe ; tête distincte, à chaperon avancé, carré ou rhomboïdal; à antennes courtes ou de la longueur de la tête au plus , insérées sous le chaperon en masse lamclléc ; corselet arrondi , plus court que l'abdomen: écusson arrondi, distinct à la base des élytres, qui dépassent l'abdomen et qui l'embrassent en-dessous sur les côtés; pattes courtes, à hanches larges, à cuisses comprimées; toutes les jambes aplaties, tranchantes et dentelées en dehors; tarses à cinq articles, très-petits, à peine distincts aux pattes antérieures.

Il est facile de distinguer ce genre d'avec tous ceux de la même famille des pétalocères. d'après la forme et l'étendue du chaperon, qui est très-court et à peine distinct dans les trox et les scarabées; qui n'est pas en croissant comme dans les aphodies et les bousiers, ni coupé carrément comme dans les hannetons, les cétoines et les trichies, tandis que les géotrupes l'ont en losange ou rhomboïdal.

Les géotrupes , ainsi que leur nom l'indique, percent la terre sous la forme d'insectes parfaits ; ils la creusent ainsi sous les bouses et les matières excrémentitielles des solipèdes et des ruminans, pour y entraîner des portions de ces matières, au milieu desquelles ils déposent leurs œufs, d'où proviennent des larves en tout semblables à celles des bousiers et des autres pétalocères. Leur corps est blanc , mou , courbé en arc; l'extrémité du ventre est obtuse, repliée endessous ; la tête seule est cornée , avec des mâchoires et des mandibules bien distinctes; les pattes sont courtes et terminées chacune par un crochet unique.

Les géotrupes volent principalement le soir, comme les hannetons; mais, comme ils nese posent jamais sur les arbres et qu'au contraire ils se dirigent principalement vers les matières stercorales, ils volent très-bas, souvent à fleur de terre ; ils font beaucoup de bruit, parce que leur vol est lourd, et, comme il a lieu presque toujours en ligne droite, l'insecte semble n'avoir pas la faculté de se détourner et il

vient souvent se heurter sur les obstacles qui s'opposent à sa route directe; et c'est peut-être à cause de ce qu'ils se jettent ainsi sur le corps de l'homme, que cette sorte de mal-adresse a passé en proverbe et que l'on dit, étourdi comme un scarabée ou comme un hanneton.

Les principales espèces de ce genre sont les suivantes : i.° Géotrupe typhoée ou phalangiste; G. typhœus, Linn, (Voyez dans l'atlas de ce Dictionnaire le n.° 1 de la planche des coléoptères pétalocères.)

Geoffroy en a donné une figure^ à la planche 1 , n.° 3 , du tome i." de l'Histoire des insectes des environs de Paris, et Olivier, planche n.° 7 , 5 2.

Car. Noir; corselet à trois pointes dirigées en avant : trèslongues dans le mâle et dépassant la tête, surtout les latérales ; beaucoup plus courtes dans la femelle.

Cet insecte est noir, quelquefois d'un brun rougeàtre ; les élytres sont striées. Le nom de phalangiste lui a été donné par Geoffroy, parce que dans le mâle les pointes saillantes du corselet, dirigées en avant, lui donnent quelque rapport avec les piques des phalanges macédoniennes. 11 se trouve dans les bouses des prairies sèches.

Géotrupe STERCORAIRE ; G. stercorarius. C'est le grand pilulaire de Geoffroy, qui a donné une très«-bonne description de cette espèce , fort commune aux environs de Paris, où le peuple? l'appelle fouille - merde ou mère à poux , à cause du grand nombre de cirons dont il est souvent couvert.

Panier en a donné une bonne figure, planche a 3 du 2.* cahier de sa Faune d'Allemagne.

Car, Noir bronzé ou bleuâtre en-dessus : à élytres striées; corselet lisse et brillant d'un noir verdàtre, cuivreux en-dessous.

C'est à tort que Geoffroy indique cetd* espèce comme celle qu'adoroient les Égyptiens; on vpit évidemment, dans leurs hiéroglyphes et sur les cachets, la représentation d'un bousier du sous-genre des ateuches, que nous avons décrit sous le n.° i5 : c'est aussi à tort qu'il le désigne sous le nom de pilulaire. Cette espèce ne dépose pas ses œufs dans les boules de fiente, comme le font la plupart des bousiers a'teuehes, dont les pattes de derrière facilitent, parleur allongement, cette sorte de manœuvre et de transport. * ,

5.° Géotrupe printannier; G. vernalis. C'est le petit pilûlaire de Geoffroy.

Il est d'un bleu foncé rougeàtre ; ses élytres sont brillantes , polies , sans stries enfoncécSé

Géotrupe sylvatique; G. sylvaticus. Il ressemble au stercoraire ; mais sa couleur est plus bleue , et ses élytres offrent, entre les stries, des fades qui semblent les grésiller ou les raccornir.

Sa larve se développe principalement dans le détritus ou la sorte de bouillie que produit la putréfaction des gros bolets ou champignons poreux des bois ; voilà pourquoi on l'a désignée sous le nom de géotrupe des forêts.

Fabricius a rapporté dix -sept espèces à ce genre de scarabées. (C. D.)

GÉOTRUPINES. (Entom.) M. Latreille avoit indiqué sous ce nom de famille les deux genres Lèthre et Géotrupe. Voyez Pbtalocères. ( C. D. )

GEPALO. (Bot.) Les habitans de la côte deCanara, dans la presqu'île de l'Inde , nomment ainsi , au rapport de Clusius, son nucleus moluccantts, qui paroit être le croton molli ecanum. (J. )

GEK DZIKA (Ornith.), nom polonois de l'oie sauvage, anas, anser, Linn. (Ch. D.)

GERABIB (Ornitk.) , nom arabe du corbeau, corvus cor eue f Linn. (Ch. D.)

GERADYEH. (Ornith.) On appelle ainsi, en Egypte, la cresserelle , falco tinnunculus , Linn. (Ch. D.)

GÉRANIACÉES. (Bot.) Cette famille de plantes, placée parmi les hypopétalées, ou polypétales à étamines insérées sous l'ovaire , est composée presque uniquement d'un seul genre ancien, lé^cranium, qui , conséquemment, lui donne son nom. Mais ce genre est tellement nombreux en espèces f qui s'élèvent à près de trois cents, que pour la facilité de l'étude on s'est décidé à le partager en trois, assez bien distingués. Les caractères communs à ces genres ou à cette famille * outre ceux déjà indiqués, consistent dans un calice divisé profondément en cinq lobes égaux , alternes avec cinq pétales qui sont égaux ou inégaux : les étamines, en nombre double ou plus rarement égal à celui des pétales, et insé-

GBR 449

Jrées au même point, ont leurs filets réunis par le bas en un anneau et distincts supérieurement; tantôt ils sont tous fertiles ou munis d'anthères , tantôt quelques-uns sont stériles. L'ovaire, libre et simple, est surmonté d'un style terminé par cinq stigmates. Le fruit se partage en cinq capsules ovales ou fusiformes, s'ouvrant à l'intérieur et remplies d'une ou deux graines : chacune est surmontée d'une arête d'abord appliquée contre le style , laquelle se détache ensuite par le bas, en s'écartant du centre et emportant avec elle sa capsule, qui reste pendante, à la manière de la branche d'un lustre. L'embryon des graines, dépourvu de périsperme, a sa radicule alongée , réfléchie sur les lobes irrégulièrement plissés, et dirigée vers le bas de la loge.

Les plantes de cette famille sont herbacées ou s'élèvent en arbrisseaux ou sous-arbrisseaux. Les feuilles sont opposées ou alternes, toujours accompagnées de stipules. Les pédoncules qui portent les fleurs, sont opposés aux feuilles alternes, axil- 1< lires aux feuilles opposées.

Les genres de cette famille sont d'abord le pclargonium, Yerudium et le géranium, antérieurement réunis en un seul^ auxquels on joint encore le monsonia et le grielum , diflèrens du caractère général en quelques points.

A leur suite on a laissé quelques genres qui ont de l'affinité avec cette famille, sans lui appartenir, et qui deviendront probablement les types de familles nouvelles : ces genres sont la capucine, tropœolum; le magellana de Cavanilles ; la balsamine , balsamina ou impatiens de Linnœus ; Voxalis, le rhymolheca de la Flore du Pérou. (J.J

GERAN1ER; Géranium, Linn. {Bot.) Genre déplantes de la monadelphie décandrie du système sexuel, et qui a donné son nom à la famille naturelle des géraniaéées de Jussieu. Ses principaux caractères sont les suivans : Calicé de cinq folioles égales ; corolle de cinq pétales égaux dix étamines , dont cinq alternativement plus grandes , toutes fertiles ; un ovaire supérieur , surmonté d'un style terminé par cinq stigmates ; cinq capsules monospermes , surmontées chacune par une arête appliquée le long d'un axe central, se détachant, à l'époque de la maturité du fruit, de la base de ce même axe , pour se replier avec j3, 39

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élasticité en arc ou en cercle, et restant fixée à son extrémité.

Les géranium de Linnacus ayant été divisés, ainsi que nous l'avons dit à l'article Erodier (vol. 1 5, p. 21 1), en trois genres, Erodium, Géranium et Pelargonium , le géranier ne se trouve comprendre maintenant que quarante et quelques espèces, dont plus de la moitié croit naturellement en Europe; les autres espèces, en beaucoup plus petit nombre, ont été trouvées en Asie ou en Afrique, ou dans le nouveau continent et les terres australes. Ces plantes sont rarement frutescentes -, elles forment le plus souvent des herbes à feuilles arrondies , lobées ou diversement découpées, munies de stipules à leur base, et leurs fleurs sont portées sur des pédoncules communément bifides. Nous ne parlerons ici que des plus remarquables.

# 0 Pédoncules unijlores.

Géranier épineux : Géranium spinosum, Linn. , Mant., 98; Cavan., Dissert. , 4, p. ig5 , tab. 75 , fig. 2. Sa tige est droite , courte, rameuse, un peu ligneuse, épaisse, parsemée de tubercules arrondis , charnus , glabres , terminés chacun par une épine roide et aiguë. Ses feuilles sont légèrement pétiolées, opposées, ovales ou cunéiformes , crénelées, chargées de points glanduleux. Les fleurs sont d'un pourpre clair. Cette espèce croit au cap de Bonne-Espérance.

Géranier sancoin ; Géranium sanguineum , Linn. , Spec. , 958. Ses racines, dures, un peu ligneuses, d'un rouge brunâtre , produisent une tige souvent divisée dès sa base en rameaux étalés, un peu redressés, velus; garnis de feuilles opposées, pétiolées, arrondies, partagées en cinq ou sept divisions tri ti des. Ses fleurs sont grandes, larges de plus d'un pouce, d'un rouge pourpre, plus rarement roses, portées sur de longs pédoncules axillaires, munis de deux petites bractées un peu au-dessus de leur partie moyenne. Cette plante se trouve dans les terrains sablonneux et sur les bords des bois : elle passe pour être astringente.

GER 4«i

*° Pédoncules bijlores; racines vivaces.

Géranier a feuilles d'anémone : Géranium anemonefolium , "Willd. , Spec., 3, p. 698 ; l'Hérit. , Ger.f t. 56 ; CurL, Bot. Mag., t. 206. La tige de celte espèce est une souche ligneuse , cylindrique, environ de la grosseur du pouce, écailleuse, longue de quelques pouces; de sa partie supérieure naissent des feuilles longuement pétiolées, et des rameaux longs d'un à deux pieds. Les feuilles inférieures sont partagées, presque jusqu'à leur pétiole , en cinq lobes deux fois pinnatitides , et les supérieures n'ont ces mêmes lobes qu'une fois divisés. Les pédoncules naissent dans la bifurcation des rameaux, ou à leur extrémité, et ils se bifurquent eux-mêmes pour porter deux fleurs d'un rouge cramoisi. Ce géranier est originaire de l'île de Madért : on le cultive dans les jardins, où il fleurit en Juin , Juillet et Août. 11 faut le mettre en pot, afin de le rentrer dans l'orangerie pendant l'hiver.

Géranier livide : Géranium, pheeum , Linn. , Spec* , 9'^ ' Cavan-, Dissert., 4, pag. a 10, tab. 89, fig. 2. Ses tiges sont droites, velues, simples, un peu rameuses, hautes d'environ un pied, garnies de feuilles alternes , pétiolées , velues, molles au toucher, à cinq lobes dentés et incisés. Les fleurs sont d*un pourpre livide, assez grandes, portées sur des pédoncules opposés aux feuilles et disposés dans la partie supérieure des liges, formant quelquefois une sorte de panicule lâche; leurs pétales sont arrondis et munis d'une petite pointe particulière. Cette espèce croît dans les pâturages des montagnes, en France, en Allemagne, en Hongrie et dans la Belgique.

Géranier noueux : Géranium nodosum, Linn.. Spec, g53j Cavan., Dissert., 4, pag. 208, tab. 80, fig. i. Sa tige est tétragone, glabre, droite, un peu rameuse, haute d'un pied ou un peu plus, garnie de feuilles opposées, d'un vert gai, parsemées de quelques poils rares : les inférieures longuement pétiolées et partagées en cinq lobes; les supérieures presque sessiles, et seulement à trois lobes. Ses fleurs sont d'un rouge pourpre, assez grandes, terminales; leurs pétales sont échancrés, et les folioles de leur calice sont ter-

minées par un filet particulier. Cette plante croît dans les bois des montagnes, en Angleterre, en France, en Italie.

Gêranikr des près : Géranium pratense , Linn. ,Spcc, 954 î Cavan., Dissert., 4., pag. 210, tab. 87, fig. 1. Sa tige s'élève à deux ou trois pieds de haut, en se divisant en rameaux dichotomes, velus, garnis de feuilles grandes, opposées, hérissées de poils, partagées profondément en cinq ou sept divisions pinnatifides. Ses fleurs sont grandes, bleuâtres ou blanches, avec des veines violettes, disposées à l'extrémité des tiges et des rameaux ; leurs pétales sont arrondis, et les folioles calicinales sont lancéolées. Cette espèce se trouve dans les prés humides, en France, en Allemagne, en Suisse, etc. On la cultive pour l'ornement des jardins.

Gbranier argenté: Géranium argenteum. , Linn., Spec, g54 ; Cavan., Dissert., 4, p. 2o5, tab. 77, fig. 3. Sa racine est grosse , un peu ligneuse , divisée dans sa pJHie supérieure en deux ou trois ramifications , desquelles naissent de petites touffes de feuilles longuement pétiolées, soyeuses, blanchâtres, arrondies, découpées profondément en cinq à sept lobes, eux-mêmes partagés en deux à trois divisions étroites. Les fleurs sont grandes, purpurines, portées sur des pédoncules qui naissent immédiatement des racines , ou sur des tiges fort courtes. Cette plante croît sur les Alpes , en France, en Italie et dans la Carinthie.

000 pédoncules bijlores ; racines annuelles.

Gbranier luisant : Géranium lucidum , Linn.. Spec, g55 ; F/or. Dan., t. 218. Ses tiges sont rameuses, hautes de huit pouces à un pied; garnies de feuilles opposées, pétiolées, arrondies , luisantes , presque glabres , partagées en cinq à sept lobes arrondis, trifides. Ses fleurs sont d'un pourpre clair, petites, axillaires, portées sur des pédoncules égaux aux feuilles ou un peu plus longs. Cette espèce croit en Europe, dans les lieux pierreux, ombragés et montueux.

Géranier colombin, vulgairement Pied -de- pigeon : Géranium columbinum, Linn., Spec, 966 ; Cavan., Dissert., 4, p. 200, tab. 82, fig. 1. Ses tiges sont simples ou un peu rameuses, hautes d'environ un pied, chargées de poils courts, ainsi que toute la plante. Ses feuilles sont opposées, décou-

pées presque jusqu'au pétiole, qui est très-long dans les inférieures, en cinq divisions pinnatifides, à lanières linéaires. Ses fleurs sont purpurines, axillaires ; chacune des folioles de leur calice se termine par une arête , et la corolle a ses pétales échancrés. Celte plante est commune dans les bois et les buissons.

Géranier robertin; vulgairement Herbe a Robert, Herbe a LESQDiNANCiE, Bec-de-grue : Géranium robertianum , Linn., Spec. , 955 ; Cavan. , Dissert, , 4> P* i5, tab. 86, fig. 1. Ses tiges sont rameuses, pubescentes, redressées, souvent rouge;'» 1res, hautes de huit à douze pouces; garnies de feuilles opposées, partagées en trois à cinq lobes, eux-mêmes découpés en plusieurs divisions. Ses fleurs sont d'un rouge incarnat , de grandeur médiocre., Toute la plante a une odeur forte et désagréable : elle croit dans les bois et les buissons. Elle passoit autrefois pour vulnéraire, résolutive et astringente; on Ta principalement conseillée dans les hémorragies et Fcsquinancie: aujourd'hui elle est fort rarement employée par les médecins; mais sa décoction en gargarisme, ou l'herbe pilée et appliquée extérieurement, sont encore, parmi le peuple, des moyens dont on fait souvent usage contre les maux de gorge. (L. D.)

GERANOGETON (Bot.), un des noms anciens du geram «m, cités par Ruellius. ( J. )

GERANOPODION. (Bot,) Voyez Genicilaris. (J.)

GERANOS (Ornith.), nom grec de la grue commune, ardea grus , Linn. (Ch. D.)

GÉRARDE, Gerardia, (Bot.) Genre de plantes dicotylédones, à fleurs complètes, monopétalées , irrégulières, de la famille des personnées , de la didynamic angiospermie de Linnœus, qui a des rapports avec les dodarlia, et se caractérise par un calice à cinq divisions; une corolle tubulée; le limbe à deux lèvres inégales , à cinq lobes arrondis ou presque en eoeur; quatre étamines courtes, didynames;un style simple) un stigmate obtus. Le fruit est une capsule bivalve, à deux loges , contenant plusieurs semences.

M. Bosç, qui a observé la plupart des gerardia dans leur pays natal, dit que leurs graines veulent être semées peu après qu'elles sept arrivées à leur parfaite maturité ; qu'il

leur faut de la terre de bruyère; qu'elles demandent à être couvertes d'eau pendant l'hiver, quoique les pieds qui en proviennent ne puissent prospérer que dans la sécheresse. C'est donc uniquement sur le bord des étangs dont les eaux diminuent considérablement pendant l'été, et qui sont situés en pays sablonneux ou autour des mares construites à cet effet, qu'on peut espérer de les conserver, après avoir fait venir de leur pays hatal 1rs graines placées dans de la terre humide. Les gerardia orneroient agréablement les jardins par la beauté, la grandeur et les vives couleurs de leurs fleurs.

Les gerardia, ainsi que l'observe très- judicieusement M. de Lainàrck, forment un de ces genres peu saillans par leurs caractères, et qui ne sont composés, le plus souvent, que de l'assemblage d'espèces qu'on auroit pu rapporter à d'autres genres déjà connus, mais qu'on a rapprochées d'après un aspect particulier. Leurs feuilles sont opposées, simples ou pinnattfides ; les fleurs axillaires , souvent terminales ; la corolle quelquefois très -ouverte et presque campamilée. La plupart des espèces noircissent par la dessiccation. On y rapporte le genre Afzelia, établi par "VValtherius, trop rapproché par son port du gerardia delphinifolia , pour en être séparé et placé dans un autre genre : d'un autre côté , on auroit pu en séparer avec plus de raison la première espèce, gerardia tuberosa , qui en diffère par son port , par le limbe de sa corolle, par ses fleurs presque en épi, garni de bractées, ainsi qu'on le verra dans la description suivante.

Gerarde to*érecse : Gerardia tuberosa, Linn . ; Lamck., ÏIL , gin. , tab. 529 , fig. 3 ; Burm. in Flum. , Amer. , tab. 75 , fig. 2. Cette plante est pourvue de racines tubéreuses , grêles , fasciculées ; elles produisent des feuilles nombreuses, étalées sur la terre, ovales - arrondies , longuement pétiolées, à peine Marges d'un pouce, un peu velues, ondulées à leurs bords, vertes en -dessus, rougeàtres en -dessous; les pétioles velus. Il sort d'entre les feuilles plusieurs tiges très-simples, moins longues qu'elles, velues, terminées chacune par un épi de fleurs imbriqué de bractées en écailles. Ces fleurs sont petites, purpurines, solitaires entre chaque bractée ; leur calice est court, d'une seule pièce, à cinq dents; la lèvre supé-

Heure de la corolle droite , presque aroudie , légèrement échancrée; la lèvre inférieure à trois lobes, celui du milieu bifide. Le fruit est une capsule oblongue , enflée , de la grosseur d'un grain de froment, parsemée de points rougcàtres, divisée par une cloison en deux loges qui renferment deux semences orbiculaires. Cette plante croît à la Martinique.

Gérarde a feuilles de dauphinelle; Gçrardia delphini/bliay Linn.; Roxb. , Corom. , tab. 90; Pluken. , tab. 556, fig. 3 t Fiante des Indes orientales, à tige herbacée, annuelle» lisse, droite , presque tétragone, haute d'un pied , munie de quel» ques rameaux alternes; les feuilles sont fines, glabres, linéaires, ailées; les folioles presque capillaires; les supérieures presque simples; les fleurs axillaires , opposées, médiocrement pédonculées; le calice tubuleux, à cinq deats linéaires, de la longueur du tube; la corolle ouverte à son orifice, à cinq lobes arrondis, les deux supérieurs plus courts; les anthères épineuses postérieurement, dont deux ont les épines tournées en bas, les deux autres parallèles à l'anthère.

Gérarde a feuilles menues : Gerardia tenuifoUa, Vahl , Sjmh., 5» pag- 79; Antirrhirutm purpureum , etc., Pluken., tab. 12, fi g. 4. Ses tiges s'élèvent à la hauteur d'un pied et plus; elles sont droites, glabres, rameuses : les rameaux alternes, quoiqu'ils paroisse ni opposés ou dichotomes : les feuilles des tiges sont très-étroites, linéaires , aiguës, glabres, entières, longues d'un pouce ; celles des rameaux presque capillaires , courbées en dedans en deini^ercle : les fleurs axillaires, solitaires, médiocrement pédoRilées ; les calices glabres , caœpanuîés , à cinq petites dents aiguës ; la corolle purpurine. Cette plante croît dans l'Amérique septentrionale. Le gerardia, setacea de Waltherius, Flor.Carol., 170, s'en distingue évidemment par ses feuilles beaucoup plus fines, sétacées; par ses rameaux nombreux, capillaires, à peine feuillés; par ses fleurs terminales, solitaires. Cette "espèce croît dans les mêmes contrées que la précédente.

Géra a de POURPRÉE : Gerardia purpurea, Linn. ; Pluken. , tab. 388, fîg. i. Cette espèce a des tiges un peu rudes, légèrement tuberculécs , à en juger d'après les individus que j'en possède; elles sont presque cylindriques, Uriées, rameuses, hautes d'un pied et plus : les feuilles sont linéaires, très-

étroites, opposées, les supérieures alternes, un peu tuberculées; les pédoncules très-courts, axillaires, uniflores; le calice à cinq dents cainpanulées ; la corolle d'un pourpre foncé, tubuleuse, presque campanulée. Le gerardia crecla, Mich. , FLor. Bor. Amer., 2 , pag. 20 , diffère de l'espèce précédente, par ses tiges glabres, lisses, très-roides; par ses rameaux pa ni eu lés : les feuilles sont linéaires, un peu plus larges et plus longues ; les pédoncules presque aussi longs que les feuilles, axillaires, uniflores; la corolle purpurine. Ces deux espèces croissent à la Caroline.

Gérarde a fleurs jaunes : Gerardia flava , Linn. , var. ce ; pinnatifida , Pluken. , tab. 38g, fig. i; var. intégra , Pluken., tab. 389, fig. 3. Ses tiges sont hautes d'un pied et plus; ses feuilles opposées, à peine pétiolées, lancéolées, dentées ou presque pinnatifides à leur partie inférieure, entières et assez semblables à celles de la jacée dans la variété. Les fleurs sont grandes, axillaires, jaunes ou d'un blanc jaunâtre , disposées en un épi lâche et terminal ; les anthères terminées chacune postérieurement par deux épines. Le gerardia quercifolia, Pursh , Vlor. Amer., 1 , tab. 19, paroit appartenir à la première variété. Le gerardia aurieulata de Michaux, Flor. Bor. Amer. , 2 , pa$. 20, est également très -rapproché de la variété a : il en diffère par ses fleurs sessiles et purpurines; par ses tiges rudes, presque simples; par ses feuilles rudes, entières, sessiles, munies de deux oreillettes à leur base. Toutes ces plantes croissent dans l'Amirique septentrionale.

Gérard* laciniee; Gerardia pedicvlarm , Linn. ; Lmck. , ///. gen. , tab. 529, fig. 2. Cette espèce a le port d'une pédicuiaire; sa tige est paniculée ; ses feuilles opposées, oblongues , pinnatifides; les découpures obtuses, denticulées: les fleurs sont grandes , axillaires; les dents du calice crénelées; les corolles ( blongucs, pubescentes en dehors, ventrues, ouvertes À leur orifice; lei pédoncules plus longs que les fleurs. Cette plante croit dans la Virginie.

Gérarde gluti^fese : Gerardia giutinosa, Linn-; Osb. , Itin. , pag. 229, tab. 9; Lamck., Ilt.} tab. 529, fig. 1. Cette plante est velue sur toutes ses parties, munie d'une tige droite, un peu cylindrique, chargée de rameaux courts; les feuilles sont opposées, pétioiées, ovales, aiguè's, un peu velues, de«-

tées en scîe , au moins larges d'un pouce, assez semblables à celles de la scrophulaire ; les fleurs axillaires, médiocrement pédonculées, réunies en grappes terminales; leur calice à cinq divisions aiguës, dont une supérieure plus grande ; deux bractées filiformes, hérissées, ainsi que le calice, de poils glutineux; la corolle tubulée, presque longue d'un pouce, labiée , ouverte à son orifice ; les anthères ovales. Cette espèce croît à la Chine. Une autre espèce, du Japon, gerardia japonica, Thunb. , Flor. jap. , 25 1 , a ses tiges simples, velues; ses feuilles pétiolées, velues, ailées à leur base, pinnatifides à leur partie supérieure; les pinnules aiguës et dentées; les fleurs solitaires, axillaires, pédonculées; les pédoncules plus courts que les feuilles; la corolle purpurine.

Gérarde nigrine : Gerardia nigrina, Linn. fils , Suppl. ; M elasma scabrum , Berg. , Cap. , pag. 162 , tab. 3 , fig. 4 ; Nigrina viscosa , Linn. , Mant. Cette plante a reçu le nom de nigrine , à cause de la couleur noire que lui donne la dessiccation. On la trouve au cap de Bonne-Espérance. Ses tiges sont droites, rudes, herbacées, longues d'un pied et demi; ses feuilles sessiles, linéaires- lancéolées , aiguës, un peu dentées à leur base , rudes, longues de deux pouces. Les fleurs sont solitaires, pédonculées, axillaires et terminales; la corolle oblongue, un peu enflée, plus grande que le calice, à cinq découpures. Le gerardia orobanchoides , Lamck. , Encycl. , paroît être la même plante que Yorolanche purpurea, Linn. fils , Suppl. , qui n'est point un orobanche. Sa tige est simple, pubescente, un peu épaisse, terminée par un gros épi de fleurs : les feuilles petites , obiongues, presque opposées; les inférieures semblables à des écailles: les fleurs grandes, campanulées, ventrues, un peu pédonculées; les lobes du limbe courts, larges, dentés, obtus. Elle croît au cap de Bonne- Espérance.

Gérarde a fleurs sessiles ; Gerardia sessiliflora , Vahl , Symb. , 3 , pag. 79. Plante du cap de Bonne-Espérance, à tige basse, haute de trois ou quatre pouces au plus , presque simple , lâchement pileuse : les feuilles sessiles , opposées , en cœur , à -cinq nervures, munie» de trois dents vers leur base; les inférieures plus petites, un peu rudes en -dessus, lisses endessous, ciliées à leurs bords : les fleurs sessiles, axillaires,

solitaires, opposées; le calice glabre, à cinq découpures étroites, lancéolées, lâchement denticulées. »,

Gérai: nn afzelie : Gerardia afzelia , Mich., Flor. Bor. Amer,, a, pag. 20; Afzelia cassioides, Gmel. , Syst. , 927; Gtrardia cassioides , Purs h , Amer., 2, pag. 424; Seymeria tenuifolia, Fursh, L c, pag. 767. Cette espèce a été découverte dans la Caroline , aux lieux sablonneux. Elle est remarquable par la finesse de son feuillage, composé de petites feuilles pinnatifides, très-glabres, à découpures courtes, sétacées, aiguës; ses tiges sont glabres, un peu scabres, élancées, cylindriques et rameuses; les rameaux grêles, paniculés; les fleurs axillaires, souvent opposées, réunies en un épi lâche, terminal; les pédoncules capillaires, de la longueur des fleurs, uniflores ; le calice campanulé , à cinq découpures subulées ; la corolle jaune , à peine plus longue que le calice; les capsules glabres, arrondies, acuminées, à deux loges polyspermes.

Le gtrardia maritima, Schmaltz , Journ. Bot., 1 , pag. 229 , est une espèce encore peu connue, de la Nouvelle-Jersey, à feuilles épaisses, linéaires, aiguës, concaves en -dessous; les pédoncules uniflores, de la longueur des fleurs; le calice un peu crénelé; les deux lobes supérieurs de la corolle velus. Le gerardia tubulosa et le gtrardia scabra de Linnaeus fils, Suppl. , ne sont pas plus connus.

Gérarde ligneuse; Gerardia fruticosa , Pursh , Flor. Amer., 9, pag. 423, tab. 18* Arbrisseau élégant, très-rameux, haut de trois ou quatre pieds ; ses rameaux légèrement pubescens, garnis de feuilles touffues , opposées, lancéolées, aiguës, quelquefois obtuses et mucronées , longues de six lignes, glabres, entières, rétrécies en pétiole à leur base; les fleurs assez semblables à celles de la digitale, pédonculées, axillaires, réunies en grappes terminales, munies de bractées presque aussi longues que les pédoncules; le calice à cinq divisions profondes , lancéolées , aiguës , accompagné d'une petite bractée linéaire; le tube de la corolle renflé; le limbe à cinq lobes presque égaux, arrondis; les fllamens une fois plus courts que le tube; les anthères oblongues, hérissées; le style de la longueur du tube. Cette plante a été découverte dans l'Amérique septentrionale, sur les montagnes, parmi les forêts de pins. (Poir.)

GERASCANTHUS. (Bot.) Ce genre, établi par P. Brown, dans son Histoire de la Jamaïque, a 'été réuni par Linnaeus au sébestier, myxa. (J.)

GEKBÉRIE, Gerberia. (Bot.) [Corymbifères , Juss.=:S<yngénésie polygamie superflue, Linn.] Dans la première édition du Gênera plantarum , publiée en 1737 , Linnaeus a établi, sous le nom de gerbera, un genre de plantes, dont Jean Burmann a, bientôt après, décrit deux espèces, dans ses ftan'orum Africanarum plantarum décades. Le genre Gerbera se retrouve encore dans la seconde édition du Gênera plantarum de Linnaeus. Mais ensuite ce botaniste a lui-même abandonné son genre Gerbera pour le réunir à Y Arnica, dans lequel il a compris les deux espèces de Bu r mann sous les noms à' arnica gerbera et crocea. Cette confusion des deux genres a été admise sans réclamation par tous les botanistes. Il est surprenant que MM. Lagasca et De Candolle , dans le cours de leurs recherches sur les synanthérées à corolles labiées, n'aient pas songé à examiner V arnica gerbera; car la labiation de la corolle étoit suffisamment indiquée, quoique trèsmal décrite, dans la description générique du gerbera faite par Linnaeus. Cet examen eût préservé M. De Candolle d'une erreur de géographie végétale qu'il a commise en disant que toutes les labiatiflores sont originaires du nouveau continent.

Ayant observé avec beaucoup de soin , dans l'herbier de M. Desfontaines, les arnica gerbera et piloselloides de Linnaeus, nous avons reconnu facilement que ces plantes ne pouvoient appartenir ni au même genre ni à la même tribu naturelle que l'arnica monfana, qui est assurément le véritable type et l'espèce primitive du genre Arnica. C'est pourquoi , dans le Bulletin de la société philomatique de Février 1817, nous avons rétabli le genre Gerbera de Linnaeus, en indiquant ses véritables affinités, et les espèces que nous Croyons pouvoir lui attribuer.

Ce genre de plantes appartient à la famille des synanthérées et à notre tribu naturelle des mutisiées, dans laquelle nous le plaçons immédiatement auprès du Trichoclinc. Ce dernier genre, que nous avons proposé dans le Bulletin de la société philomatique de Janvier 1817, et qui a pour type

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le doronicum incanam de Lamarck , diffère du gerberia principalement par le clinanthe hérissé de fimbrilles, par les corolles de la couronne à languette intérieure indivise, et par les étamines à filet papillé. Voici les caractères génériques du gerberia, que nous décrivons tout autrement que Linnams.

Calathide radiée; disque multiflore, labiatiflore , androgyniflore-, couronne unisériée , biliguliflore , féminiflore. Péricline supérieur aux fleurs du disque, formé de squames imbriquées, lancéolées - aiguës , coriaces. Clinanthe plan, inappendiculé. Ovaires cylindracés , hérissés de papilles membraneuses , et pourvus d'un bourrelet apicilaire dilaté horizontalement; aigrette longue, composée de squamellules plurisériées , nombreuses, un peu inégales, droites, filiformes, un peu épaisses, barbellulées. Corolles de la couronne à languette extérieure très-longue , linéaire , un peu épaisse, tridentée au sommet; à languette intérieure beaucoup plus courte et plus étroite , divisée jusqu'à sa base en deux lanières linéaires -subulées, membraneuses, cirriformes. Corolles du disque à lèvre extérieure tridentée au sommet, souvent roulée en dehors; à lèvre intérieure plus étroite , divisée jusqu'à sa base en deux lanières linéaires, souvent roulées en dehors. Étamines du disque à filets larges, épais , laminés, glabres; à articles anthérifères longs et grêles; à appendices apicilaires très-longs, linéaires, entregreffés; à appendices .basilaires très-longs, subulés , membraneux. Faussesétamines de la couronne , au nombre de cinq dans chaque fleur, rudimentaires , semi- avortées , complètement libres et absolument dépourvues de pollen. Styles offrant tous les caractères propres à la tribu des mutisiées.

Gerberie de Linn.£us ; Gerberia Linnœi , H. Cass.; Arnica gerbera, Linn. C'est une plante herbacée, haute d'environ un pied ; sa tige est scapiforme, dressée, très-simple "tomenteuse , couverte à sa base d'une, bourre épaisse , presque dénuée de feuilles, mais pourvue de quelques petites bractées subulées, éparses; les feuilles sont radicales, longues d'environ six pouces, larges de neuf lignes, épaisses, coriaces, très-glabres en-dessus, tomenteuses en-dessous, formées d'un long pétiole, et d'un limbe oblong, pinnatifide, à pin-

nules arrondies, très -entières; une calathide , large de près de trois pouces, est située sur le sommet de la tige; sa couronne nous a semblé purpurine. Nous avons observé et décrit cette belle plante sur un échantillon sec , conservé dans l'herbier de M. Desfontaines. Elle habite l'Afrique et particulièrement le cap de Bonne - Espérance , où on la trouve sur la pente des montagnes et où elle fleurit au mois d'Octobre.

Gerbérie a feuilles de coronope : Gerberia coronopifolia , H. Cass.; Arnica coronopifolia, Linn. Cette espèce, que nous ne connoissons que par le peu de mots qu'en a dit Linnœus , habite les mêmes lieux que la précédente , à laquelle elle ressemble beaucoup , et dont elle ne diffère que par ses feuilles pennées ou très-profondément découpées en lanières linéaires.

Gerbérie de Burmann : Gerberia Burmanni , H. Cass. ; Doronicum pyrolcefolium , Lamck. , Encycl. ; Arnica crocea, Linn.; Gerbera foliis planis dentatis , flore purpureo , Burin., Rar. Afrie. plant, decad. , 1 57 , tab. 56, fig. 2. Le collet de la racine est abondamment garni , ainsi que la base des pétioles, de poils blancs, longs, fins, cotonneux ou même soyeux; il n'y a pas de véritable tige; les feuilles sont radicales, composées d'un pétiole long de deux pouces au moins, et d'un limbe long d'un pouce et demi, large à peine d'un pouce, ovale ou elliptique, roide ou coriace, glabre sur les deux faces, et bordé de dents rares , peu profondes; les calathides, composées de fleurs jaunes ou rougeàtres, sont solitaires au sommet de hampes ou pédoncules radicaux , plus longs que les feuilles, grêles, glabres, pourvus d'écaillés éparses, ligulaires, aiguës ; le péricline est formé de squames bisériées, linéaires - lancéolées , glabres, les extérieures un peu plus courtes que les intérieures. Nous n'avons point vu cette espèce, qui habite le cap de Bonne-Espérance, et que M. de Lamarck, dont nous avons calqué la description , a observée sur un échantillon sec.

Gerbérie piloselle : Gerberia piloselloides , H. Cass.; Arnica piloselloides , Linn. Cette plante africaine est herbacée, haute de neuf pouces; sa racine émet de grosses fibres; il n'y a •point de tige proprement dite -, les feuilles sont toutes radi-

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cales, inégales, longues de quatre à cinq pouces, larges d'environ quinze lignes, oblongues-obovales, obtuses, trèsentiéres, étrécies inférieurement en un pétiole hérissé de très-longs poils; leur limbe est garni de longs poils, épars sur la face supérieure, très-rapprochés sur la face inférieure et les bords; une hampe ou pédoncule radical, très-simple, grêle, tomenteux , dépourvu de feuilles et de bractées, est terminé par une calathide. L'échantillon sec que nous décrivons, existe dans l'herbier de M. Desfontaines ; l'espèce à laquelle il appartient, habite la région du cap de Bonne-Espérance.

/ Gerbérie de Lagasca : Gerbcria Lagascœ, H. Cass. ; Aphyllocaulon, Lag. , Amenid. natur., pag. 38. Plante herbacée, à feuilles toutes radicales, pinnatiûdes, à hampe munie d'une ou deux bractées squamiformes , et terminée par une calathide composée de fleurs à corolle jaune. M. Lagasca, dans sa Dissertation sur les Chénantophores ou synanthérées à corolles labiées, a proposé, sous le nom d'aphyllocaulon , un genre de plantes qu'il a placé entre le chœtanthera et le perdicium. Les caractères qu'il assigne à ce genre, sont absolument semblables à ceux que nous avons observés sur l'arnica gerbera : il est donc indubitable que Y aphyllocaulon n"est point un genre nouveau , mais une espèce de l'ancien genre Gerbera y que nous avons dû rétablir. L'auteur n'ayant point indiqué la patrie de cette plante , et n'ayant donné de ses caractères spécifiques qu'une description très - incomplète , insuffisante pour la distinguer de toutes ses congénères, on pourroit soupçonner que Y aphyllocaulon n'est autre chose que V arnica gerbera; mais il n'est pas vraisemblable que cette dernière plante ait pu être considérée comme nouvelle par un botaniste aussi instruit que M. Lagasca. Cet auteur a cru mal à propos que les fleurs de la couronne étoient hermaphrodites, comme celles du disque, ce qui seroit contraire à la règle que nous avons établie dans notre article Composées ou Synanthérées, tome X, page 145 ; mais il a lui-même exprimé des doutes sur l'hermaphrodisme de ce» fleurs , et nous pouvons affirmer avec assurance qu'elles sont femelles.

Indépendamment des cinq espèces que nous venons de

décrire ou de mentionner, il y a lieu de croire que plusieurs autres plantes, attribuées par les botanistes au genre Arnica, devront être rapportées au gerberia , quand on aura pu observer avec soin leurs caractères génériques. (H. Cass.)

GERBILLES; Gerbillus , Demar. (Mamm.) Ce genre a été formé par M. Demarest de la réunion de quelques rongeurs à longues jambes postérieures, qui se rapprochaient des gerboises. sans en Hre précisément, et qui cependant ne pouvoient être naturellement réunis à aucun autre groupe.

La plupart des espèces qui entrent dans la composition de ce genre , ne sont point encore exactement connues : on n'a pu bien voir que le squelette, la tête et les dents d'une seule; les autres n'ont été rapprochées de celle-là qu'avec doute par quelques naturalistes, et en attendant qu'il soit possible d'établir les rapports de leur organisation externe avec leur organisation interne. D'autres ont donné leurs déterminations comme absolues : aussi compte-t-on déjà , dans ce genre , dix à douze espèces. Nous nous bornerons à indiquer les principales. ,

Toutes les gerboises ont trois doigts articulés à un seul os du métatarse. Les gerbilles , au contraire , ont constamment autant d'os au métatarse que de doigts aux pieds de derrière : leurs pieds de devant ont quatre doigts avec un rudiment de pouce ; elles ont de plus la tête alongée des rats, au lieu de la tête arrondie des gerboises, et vivent comme ces dernières dans des terriers qu'elles se creusent et où il paroit que celles des contrées froides s'engourdissent en hiver. Voilà les seules particularités communes aux gerbilles qui soient connues. Nous donnerons les détails en décrivant les espèces.

La Gesbille; Dipus pyramidum, GeoflT. Cette espèce étant la seule qui soit complètement connue, nous la décrirons la première. M. Geoffroy-Saint-Hilaire la trouva en Egypte aux environs des grandes pyramides. Sa longueur, du bout du museau à l'origine de la queue, est de quatre à cinq pouces environ : la queue est un peu plus longue que le corps ; la tête est alongée et semblable à celle des rats ; ses oreilles sont arrondies et de médiocre grandeur ; sa lèvre supérieure est fendue , et ses narines n'ont point de mufle ; ses pieds de

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