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cylindriques : la première passe pour être originaire de la Sicile, et l'autre pour avoir été apportée de File de Ceilan.
Ces deux plantes sont depuis très-long-temps cultivées dans les jardins pour la beauté de leurs fleurs, et plus encore pour le doux parfum qu'elles exhalent. Elles ne demandent aucun soin particulier ; elles se multiplient même le plus souvent naturellement par les graines qui tombent à terre avant qu'on les ait recueillies, et les pieds qui viennent ainsi sont toujours les plus beaux, quand de trop fortes gelées ne les ont pas fait périr. 11 est donc convenable de semer les premiers pois de senteur en automne ; ensuite on en sème de nouveau à la fin de Mars ou au commencement d'Avril , et Ton peut continuer à en mettre en terre de quinze jours en quinze jours, parce que, par ce moyen, on en aura en fleur pendant une grande partie du printemps et de l'été : car les pieds qui ont passé l'hiver commencent à fleurir en Mai, et ceux qu'on sème à différentes époques dans le courant du printemps, donnent ensuite leurs fleurs, qui se succèdent sans interruption pendant quatre à cinq mois. Les pieds qui ont passé l'hiver , ou ceux qui proviennent de semis faits au commencement du printemps, n'ont pas besoin d'arrosemens; mais, lorsque le temps est sec, il faut donner de l'eau à ceux qui ont été plantés plus tard. Les pois de senteur sont propres à être placés aux pieds des murs et des treillages, qu'ils garnissent bien , et le long desquels ils peuvent appuyer leurs tiges. Lorsqu'on les met au milieu des plates-bandes, il faut leur donner des rames pour les soutenir.
0<> Pédoncules multijlores.
Gesse tubéreuse; Lathyrus tuberosus , Linn., Spec, , io55. Sa racine est rampante , vivace ; elle produit çà et là de petits tubercules de la grosseur d'une noisette ou un peu plus, et elle donne naissance à une tige rameuse, grêle, fbible , haute d'un pied à un pied et demi, garnie de feuilles composées de deux folioles ovales ou ovales-oblongues , glabres comme toute la plante, et dont le pétiole commun se termine par une vrille presque simple. Ses fleurs sont d'une grandeur médiocre, d'une odeur douce et agréable, et d'une
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belle couleur fouge , portées quatre a huit , les unes près des autres, sur un pédoncule commun, deux à trois lois plus long que les feuilles; elles forment de petites grappes d'un fort joli aspect. Cette plante se trouve dans les moissons, en France et dans plusieurs autres parties de l'Europe.
Les renflemens produits par les racines de la gesse tubéreuse sont brunâtres extérieurement, et ils contiennent une sorte de chair tendre, blanche, dont le goût a beaucoup de rapport avec celui de la châtaigne. Dans les campagnes où cette plante est commune, on la connoît sous différens noms, comme ceux d'anette, de gland de terre, de maejon, de méguzon, etc., et Ton mange ses tubercules, qu'on ramasse sur la terre lors des labours d'automne et d'hiver, après les avoir fait cuire dans l'eau ou sous la cendre ; les enfans même les mangent souvent crus. D'après l'analyse que Parmentier a faite des tubercules de celte gesse, ils contiennent de la fécule, du sucre et une substance glutineuse, c'est-à-dire les mêmes élémens que le froment, et l'on pourroit en faire du pain. Cependant ces tubercules sont trop peu volumineux et trop rares sur les racines de cette plante pour qu'il soit permis de croire qu'elle puisse devenir un objet de culture utile. Au reste, les bestiaux aiment son herbe, et les cochons recherchent avec avidité ses tubercules. Ses jolies fleurs, douées d'un parfum agréable, lui mériteroient une place dans les jardins d'agrément ; mais ses racines traçantes, qui font que les tiges changent de place chaque année, ne permettent guère qu'on puisse l'y cultiver avec succès.
Gesse des prés : Lathyrus pratensis , Linn., Spec, 1089; Fl. Dan., t. 527. Sa racine est vivace ; elle produit une tige anguleuse, pubescente, ainsi que les feuilles et les calices, haute de deux pieds ou plus. Ses feuilles sont à deux folioles lancéolées, portées sur un pétiole muni à sa base de deux stipules sagittées, et terminé par une vrille souvent simple. Ses fleurs sont jaunes, de grandeur médiocre, portées, au nombre de six à dix, sur un long pédoncule. Cette plante croît dans les prés et dans les bois. Des agronomes anglois ont beaucoup vanté cette gesse comme faisant un excellent fourrage; mais jusqu'à présent elle n'a point été
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en France l'objet d'une culture particulière. Ce qui pourroit engager à faire des essais pour constater si ses produits seroient avantageux, c'est que tous les bestiaux l'aiment beaucoup.
Gesse des bois: Lathjrus sjrlvettris , Linn., $pec. , io33 ; TU Dan,, t. La racine de cette espèce est vivace; elle produit une tige rameuse, ailée, glabre comme toute la plante, haute de trois à quatre pieds. Ses feuilles sont composées de deux folioles linéaires-lancéolées, portées sur un pétiole dont la vrille se ramifie. Ses fleurs sont assez grandes, d'un rouge clair, disposées plusieurs ensemble dans la partie Supérieure d'un long pédoncule. Ses légumes sont alongés et contiennent souvent au-delà de douze graines. Cette plante croit dans les prés des montagnes et dans les bois. Les vaches et les moutons la mangent.
Gesse a feuilles larges : Lalhyrus ïalifolius , Linn., Spec, io53; F/or. Dan., t. 785. Cette espèce ne diffère de la précédente que par ses tiges plus élevées, ses folioles plus larges, ses fleurs plus grandes et plus nombreuses. Elle croit dans les prairies et les buissons du midi de la France et de l'Europe' : on la cultive dans les jardins sous les noms de pois à bouquet , pois éternel, pois vivace. H faut la semer dans la place où Ton veut qu'elle reste , parce qu'elle souffre difficilement la transplantation. Elle ne commence à fleurir qu'au bout de trois ans; mais dès-lors ses pieds deviennent plus beaux chaque année , et se couvrent de superbes bouquets de fleurs qui se succèdent les uns aux autres depuis le mois de Juin jusqu'en Juillet et Août. Tous les bestiaux aiment ses feuilles et ses jeunes pousses; mais, lorsque ses tiges ont pris tout leur accroissement, elles sont trop grosses et trop dures pour être mangées : aussi cette plante n'est-elle point cultivée pour fourrage. Les volailles aiment beaucoup ses graines , et comme elle en produit beaucoup , il seroit peutêtre avantageux de la cultiver sous ce rapport.
Gesse des marais : Lathyrus palustris, Linn., Spec, io3m F/or. Dan., t. 099. Cette espèce se reconnoit facilement à ses feuilles composées « de six folioles lancéolées-linéaires. Ses tiges sont hautes de deux à trois pieds, ailées, glabres, ses fleurs sont bleuâtres, d'une grandeur médiocre, dispo-