‹ Dictionnaire des sciences naturelles, dans lequel on traite méthodiquement des différens êtres de la nature, considérés soit en eux-mêmes, d'après l'état actuel de nos connoissances, soit relativement à l'utilité qu'en peuvent retirer la médecine, l'agriculture, le commerce et les artes. Suivi d'une biographie des plus célèbres naturalistes (volume 2)Chapitre 77 sur 96 · C4 GER · texte numérisé non relu

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derrière ont cinq doigts presque égaux, armés d'ongles fouisseurs. De fortes moustaches garnissent la lèvre supérieure j la queue est presque nue jusqu'à son extrémité, où se trouve une petite mèche de poils. Les poils du corps sont doux, assez courts, serrés et colorés irrégulièrement en -dessus de roux et de brun ; toutes les parties inférieures du corps sont d'un blanc sale.

Les mâchoires Ont , l'une et l'autre , trois molaires de chaque côté, et celles de la supérieure sont semblables à celles de l'inférieure. La première est la plus grande , et a trois tubercules qui la partagent à peu près également dans sa longueur; la seconde en a deux, et la troisième, qui est la plus petite, n'en a qu'un.

11 paroît qu'on s'accorde à regarder comme appartenant à la même espèce le dipus gerbillus d'Olivier, que ce naturaliste trouva aux environs de Memphis, et dont il a donné une figure dans son Voyage dans l'empire ottoman, tom. 5, pl. 22 : il ne paroît différer du gerbille des Pyramides que par la couleur du pelage, qui est d'un jaune clair en -dessus et d'un blanc très- pur en -dessous.

La Gerbille du Canada; Dipus Canadensis, Davies, Trans» Soc, Linn., tom. 4» fig« ? p» 1 55. Cette espèce n'est connue que par la figure qu'en a donnée Davies, qui ne la décrit point, et se borne adiré, pour la caractériser , qu'elle a quatre doigts aux pieds de devant , cinq à ceux de derrière. L'examen de cette figure fait connoitre quelques autres détails. On voit que cette gerbille a la taille et la physionomie de la souris, sauf ses oreilles, qui sont très-courtes : les ongles sont fouisseurs; la queue, plus longue que le corps, n'a que quelques poils dispersés dans son étendue.

M. Davies rapporte que ce petit animal se trouve dans les bois et dans les prairies ; qu'il passe l'hiver engourdi au fond de son terrier, où il se prépare avec soin une retraite spacieuse, et que, dès qu'il est surpris, il s'échappe en faisant des sauts très - considérables à l'aide de ses deux longues jambes de derrière.

La Gerbille du tamarisc ; Mus tamariscinus , Pall. , Gliris , pl. 19. C'est à Pallas que nous devons la connoissance de cette espèce de rongeur,- il la découvrit sur les côtes méri-

dionales de la mer Caspienne, où elle se nourrit principalement de plantes salées et du tamarisc qui lui a donné son nom. Cet animal a de six à sept pouces de longueur du bout du museau à l'origine de la queue ,• et la queue est d'environ un pouce plus courte que le corps. Sa tête n'a point la forme et la physionomie de celle^des rats; elle ressemble plutôt à celle des loirs , ce qui avoit autrefois porté Erxleben à en faire un écureuil, et M. Desmarest un loir. En effet, cette gerbille a le museau arrondi et les yeux trèsgrands , ainsi que les oreilles, dont la forme est ovale; mais sa queue est à peu près uniformément couverte de poils. Les narines sont velues , excepté à leur partie moyenne , où se voit un petit sillon nu : un pli se remarque dans la peau, au-dessus d'elles. La lèvre supérieure est fendue, et de fortes moustaches en garnissent les côtés. Le pelage est épais, assez doux et très-long sur le dos; un duvet trèsfourni et d'un gris foncé recouvre immédiatement la peau. Les dents incisives , les seules qu'on connoisse , ont leur face antérieure jaune, et celles d'en-haut sont partagées t longitudinalement par un sillon. Toutes les parties supérieures du corps sont d'un gris jaunâtre, qui pâlit sur les flancs et prend une teinte brune sur la croupe ; les parties inférieures sont blanches; la queue est couverte d'anneaux alternativement gris et bruns, mais plus pâles en -dessous. Les yeux et le nez sont environnés d'une teinte blanchâtre, et cette teinte se retrouve sur les côtés de la tête et du cou.

Ces animaux vivent aux pieds des arbres , où ils creusent des terriers profonds, composés de deux galeries, et ils n'en sortent que pendant la nuit.

La Gerbille de l'Inde : Ycrbua, Trans. Soc. Linn., tom. 8, p. 279; Nouv. Bull, de la soc. phil. , p. 121 , pl. i.re, fig. i.re On doit la découverte de ce joli rongeur à M. Thomas Hardwicke. La grandeur de cet animal égale à peu près celle du rat : il a environ six pouces et demi du bout du museau à l'origine de la queue, et celle-ci en a sept. Les pieds de derrière ont cinq doigts; les trois moyens sont très-longs ; le pouce est le plus court de tous, et ils sont armés d'ongles fouisseurs. Les incisives supérieures sont larges, et l'on voit à leur partie moyenne un sillon longitudinal; les inférieures , 18. 3o

plus étroites que les supérieures, sont beaucoup plus longues. Les oreilles sont larges , arrondies et à peu près nues, et les yeux grands et noirs ; toutes les parties supérieures d'un beau marron , et couvertes de petites taches brunes , disposées en lignes dans le sens de la longueur du corps. La tête est d'il ne teinte plus pâle que le corps autour des yeux et sur les joues ; toutes les parties inférieures sont blanches. La queue n'est, dans sa longueur, couverte que de quelques poils légers; mais elle est terminée par un long pinceau brun. Cette espèce se nourrit de graines ; elle fait , dans son terrier profond et spacieux , des magasins considé- . rables d'épis d'orge et de blé, auxquels elle ne touche que lorsque les moissons sont faites et que la terre est dépouillée: elle ne sort de sa retraite que pendant la nuit.

La Gerbille de la zone torride ; Mus longipes , Pall., Gliris, pl. 1 8 , B. C'est au célèbre Pallas que nous devons cette espèce de rongeur, qui a reçu deSchreber et deGmelin le nom de meridianus ; ils la réunissoient aux gerboises. Elle est moins grande que le rat commun , et sa queue est à peu près de la longueur de son corps; sa tête a la physionomie de celle des rats; les pieds de derrière ont cinq doigts armés d'ongles propres à fouir; les incisives sont jaunes, et les supérieures partagées par un sillon longitudinal; les oreilles sont grandes et ovales, et les moustaches très- longues. Les couleurs des parties supérieures du corps sont d'un fauve grisâtre et d'un blanc pur en-dessous , mais tout le long de la ligne moyenne est une ligne brune : la queue est uniformément de la couleur du dos ; elle est velue et terminée par un pinceau. Cette gerbille se trouve dans les déserts de sable qui séparent le Volga de l'Ural, où elle se creuse des terriers et vit de grains.

M. Desmarest rapporte encore à ce genre la Gerbille soricine, GerbiUus soricinus, de M. Ralinesque -Schmaltz , découverte par ce naturaliste dans l'Amérique septentrionale. Elle est d'un gris brun eu-dessus , et ses flancs sont marqués d'une raie longitudinale rousse ; ses oreilles sont ovales, nues et arrondies ; sa queue est d'une égale dimension dans toute sa longueur , et d'un gris brun en -dessous. C'est là tout ce qu'on trouve sur cet animal dans le Précis des découvertes

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séméiologiques (p. 14) de M. Rafincsque , qui rapporte encore à ce genre plusieurs autres espèces, dont cependant il ne donne point les caractères. (F. C. )

GERBO. (Mamm.) Corneille- Lebrun donne ce nom à une gerboise ; il l'a dérivé du nom arabe jerbuah , que Ton donne au même animal. (F. C* )

GERBOA, GERBUA. (Mamtn.) Les Anglois ont ainsi écrit le nom arabe de Jerbuah. Voyez ce root et Geb boise. (F. C. )

GERBOISE (Mamm.) : Mus, Linn.; Jaculus, Erxl. ; Dipus, Bodd. Nom d'une petite espèce de rongeurs, que les naturalistes ont rendu générique , et qui est dérivé de jerbuah, nom arabe du même animal.

Jusqu'à ces derniers temps on comprenoit généralement sous le nom de gerboises tous les rongeurs dont les pattes antérieures étoient très-courtes comparativement aux postérieures, et qui, à cause de l'extrême disproportion de leurs jambes, ne pouvant courir que sur celles de derrière, devenoient alors en quelque sorte des bipèdes. C'est ainsi qu'on trouve dans BufTon le tarsier, et dansErxleben Je kanguroo, réunis à Ja gerboise, et qu'on a communément regardé comme une espèce de ce genre un grand rongeur du cap de Bonne- Espérance, dont les jambes de derrière sont très-longues, mais qui diffère essentiellement des gerboises à beaucoup d'autres égards (voyez Hkl amis) ; etc.

Depuis qu'on a mieux examiné les rapports d'organisation qu'ont entre eux les mammifères , on a vu que les espèces de gerboises étoient en plus petit nombre qu'on ne l'avoit pensé d'abord.

En effet, il n'en a encore été reconnu exactement que deux : le gerboa , communément nommé gerbo , et l'alagtaga. Ces animaux ont le corps épais, la tête large, courte, aplatie en-dessus et le cou à peine sensible, ce qui, joint à la disproportion de leurs membres, les rendroit peu agréables à la vue , si leurs proportions disgracieuses n'étoient compensées par un pelage très-doux au toucher et dont les teintes sont harmonieuses, et par de grands yeux noirs qui animent leur physionomie tout en y conservant de la douceur.

Les voyageurs, depuis bien long-temps, avoient parlé de ces animaux; le gerboa surtout étoit connu dès la plus haute

antiquité : cependant, jusqu'à Pallas, ils étoient à peu près restés confondus ; c'est à lui que nous devons leurs caractères distinctifs , que Buflbn , toujours prévenu "par le système qui le portoit à diminuer le nombre des espèces , n'avoit regardés que comme des différences accidentelles, non constantes et propres seulement à caractériser des variétés. C'est aussi à ce professeur célèbre que nous devons la plupart des détails intéressans que nous possédons aujourd'hui sur le naturel et les mœurs de ces singuliers animaux.

Les gerboises ont six molaires à la mâchoire inférieure et huit à la supérieure. La première de ces dernières dents n'est qu'un petit tubercule qui tombe avec l'âge; toutes les autres «ont à racines distinctes, et leur couronne est découpée si irrégulièrement par les circonvolutions de l'émail, qu'aucune description ne pourroit les représenter : c'est pourquoi nous renvoyons, pour faire connoître cette partie importante de l'organisation , à l'article Mastication , où nous traiterons des dents. Les membres antérieurs sont très -courts et ont quatre doigts armés d'ongles fouisseurs, avec un rudiment de pouce; les postérieurs, très-longs, varient pour le nombre des doigts. La queue est assez alongée , presque nue, mais terminée par un flocon de poils. Les yeux sont grands et à fleur de t£te , et la pupille presque ronde. La conque externe de l'oreille est très - développée ; les narines sont en croissant et ne sont point entourées d'un muffle ; la langue est douce, peu extensible, et la lèvre supérieure fendue. Tout le pelage est épais, et les moustaches sont très -longues : les mamelles sont au nombre de huit; la verge est dans un fourreau.

Ce sont des animaux qui vivent de racines et de grains, et qui boivent peu. Us se creusent des terriers comme les lapins, où ils s'arrangent un lit de feuilles et de mousse , et passent l'hiver dans un engourdissement léthargique semblable à celui des loirs et des marmottes. Ils portent leurs alimens à leur bouche avec les pattes antérieures. Lorsqu'ils marchent à deux pieds, ils ne le font pas en avançant un pied après l'autre alternativement, mais en sautant sur l'extrémité des doigts, et ils s'aident de leur queue comme d'un

troisième membre : ce secours leur est nécessaire; car, lorsqu'on leur a coupé la queue , ils tombent en arrière et ne peuvent plus sauter, ainsi que Lepechinl'a expérimenté. Dans ( leur marche à deux pieds, leur corps est fortement porté en avant, et leurs pieds antérieurs tellement appliqués contre la poitrine qu'on ne les aperçoit pas: lorsqu'ils sont effrayés, ils peuvent franchir la distance de huit ou dix pieds; ils s'aident des membres postérieurs, surtout lorsqu'il s'agit de descendre ou de monter. Leur vie se passe daus l'obscurité; la lumière les incommode , et le jour est le temps de leur sommeil. Mais, dès que la nuit tombe, leur veille commence. C'est alors qu'ils s'occupent de leurs divers besoins, qu'ils pourvoient à leur nourriture , et qu'ils se recherchent au temps des amours, c'est-à-dire, au commencement de la belle saison,

L'Alactaga, Dipus jaculus, a la taille d'un gros rat, et il se distingue du gerbo par les cinq doigts qu'il a aux pieds de derrière , le gerbo n'en ayant que trois : de ces cinq doigts de l'alagtaga, les deux externes sont très-courts et sans utilité pour lYnimal, de sorte que cette espèce , comme l'autre , ne marche réellement que sur trois doigts. Ces cinq doigts sont articulés à trois os métatarsiens ; les trois du milieu à l'os principal, et les deux latéraux à deux autres petits os situés à droite et à gauche du premier. Il est en-dessus d'un fauve très-pàle, qui prend une teinte plus foncée vers la croupe; les côtés sont grisâtres ; toutes les parties inférieures du corps sont d'un blanc pur : on voit sur chacune des fesses une tache blanche en forme de croissant; la queue est de la couleur du corps, mais la mèche qui la termine est noire avec l'extrémité blanche. Le museau est blanc à son extrémité et brunâtre en-dessus.

Les alagtagas fouissent la terre avec la plus grande facilité : leurs terriers consistent dans de simples boyaux dirigés obliquement, et où des espèces de soupiraux, percés verticalement , facilitent le renouvellement de l'air. Lorsque la mauvaise saison doit arriver, ils bouchent très-exactement leur terrier et s'engourdissent ; ils s'engourdissent encore dans les grandes chaleurs. Leur course est si rapide que Pallas assure qu'un cheval ne pourroit les atteindre.

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Cette espèce se trouve dans les déserts de la Tartarie , et s'éfend d'orient en occident, depuis les contrées situées entre FArgun et l'Onon, et du midi au nord, depuis le tropique jusqu'au 5o.e degré de latitude. Ils préfèrent les terrains fermes aux terrains sablonneux, et on ne peut les conserver en esclavage qu'en leur donnant les moyens de fouir et de se cacher.

LeGerbo, Dipus sagitta. Cette espèce est un peu plus petite que la précédente, et n'a, comme nous l'avons dit, aux pieds de derrière, que trois doigts qui sont articulés à un seul os métatarsien. La queue et les oreilles sont aussi plus courtes proportionnément que celles de l'alagtaga, et il en est de même du grand doigt moyen des pieds de derrière, qui dépasse à peine les autres dans la première espèce et qui au contraire les dépasse de plusieurs lignes dans la seconde.

Les parties supérieures des gerboas sont d'un fauve clair, et les parties inférieures blanches; et l'on voit dans cette espèce, comme dans celle que nous venons de décrire ; une ligne blanche en forme de croissant sur les fesses : les oreilles sont grises, excepté vers leur base antérieure , où il y a du blanc. Le pinceau de l'extrémité de la queue est aussi terminé par des poils blancs.

Il paroît certain que ces petits animaux se trouvent dans toutes les contrées sablonneuses du nord de l'Afrique et de l'Asie centrale ; du moins les naturalistes s'accordent à regarder comme appartenant à la même espèce, le mus sagitta de Pallas, et les animaux décrits par les voyageurs en Orient sous les divers noms de gerbo , jerboa, yerbua, etc. Les gerbos vivent en tribus , et paroissent rechercher les bulbes pour leur nourriture, préférablement à toute autre chose.

Pallas avoit encore parlé de deux autres gerboises, qu'il ne regardoit que comme des variétés de son mus jaculus, M. de Blainville, ayant trouvé les différences qui les d is tin guent.su ffisantes pour caractériser des espèces , leur a donné les noms particuliers suivans.

La Gerboise brachyure : Dipus hrachyurus, Blainv, ; Mus jaculus , var. B , Pallas. Un peu plus petite , ayant le museau moins alongé et les oreilles plus courtes que l'alagtaga ; le fcrse plus court et les doigts pju? forts proportionnément que

ceux de cette dernière espèce; mais du reste lui ressemblant par le nombre des doigts et les couleurs. On trouve cette espèce en Sibérie, et c'est elle qu'on rencontre exclusivement au-delà du lac Baïkal.

La petite Gerboise : Dipus minulus , Blainv. ; Mus jaculus , var. C , Pail. , dont la taille ne dépasse jamais celle du mulot: ses couleurs sont celles de l'alagtaga , seulement elle a le museau de la couleur des parties supérieures du corps, au lieu de l'avoir blanc; sa cuisse est proportionnellement plus grande que celle de l'alagtaga : elle égale le tibia, au lieu d'être plus courte d'un tiers. Elle auroit aussi une molaire de moins à la mâchoire supérieure , si nous n'étions fondés à présumer que c'est la première de ces dents, dont l'âge amène la chute , qui ne se sera point trouvée dans les individus examinés par Pallas. Cette espèce se trouve plus au midi que la précédente et même que l'alagtaga.

M. de Blainville fait encore entrer dans le genre Gerboise, sous le nom de

Grande Gerboise, Dipus maximus , Blainv., un rongeur grand comme un lapin de moyenne taille, qui se voyoit, en 1814, à Londres, dans la ménagerie du Strand, et que l'on^disoit originaire de la Nouvelle -Hollande. Cet animal, qui étoit extrêmement farouche , ne permettoit pas qu'on l'examinât en détail, et après sa mort il a été jeté , de sorte qu'on n'a pu reconnoître son organisation et déterminer précisément ses caractères.

La couleur de toutes les parties supérieures de son corps étoit d'un gris clair , et deux lignes noires , naissant de chaque côté de la tête et passant sur les yeux, se réunissoient sur le chanfrein en forme de chevron. Toute la partie antérieure de la tête et le dessous du corps étoient blancs. On voyoit quatre doigts aux pieds de devant, et trois à ceux de derrière ; le doigt moyen des extrémités postérieures étoit plus long que les deux autres, et le tarse, par sa longueur, ressembloit beaucoup à celui des gerboises; la queue étoit de moyenne longueur, touffue et tout-à-fait relevée contre le dos; les oreilles étoient d'une médiocre grandeur et déforme carrée; la lèvre supérieure étoit fendue, la cloison des narines recouverte de poils, et l'on voyoit beaucoup de plis à

la peau qui recouvrent les os du nez. L'œil étoit grand et noir, ce qui ne laissoit point voir la forme de la pupille. Le pelage étoit doux et épais ; de fortes moustaches garnissoient la lèvre supérieure , et naissoient d'un point au-dessus de l'œil et d'un autre point en arrière des joues. Telle est la description que j'avois faite moi-même de ce rongeur.

Gerboise du Cap. Voyez Hélamis. -

Gerboise des Pyramides. Voyez Gerbille. (F. C. )

GERCE ou GERSE (Entom.) : vieux mot françois qui indiquoit la teigne , insecte qui ronge les feuilles , les étoffes , les pelleteries, et y fait des gerçures. (C. D.)

GERENDE. (Erpét.) Ce nom a été donné à une espèce de serpent qui paroit appartenir au genre Boa. (H. C.)

GERFAUT. (Ornith.) Voyez au mot Faucon, tom. 16 de ce Dictionnaire, pag. 229, la seconde section de ce genre. (Ch. D.)

GERG1LION. [Bot.) Voyez Gancila. (J.)

GER G YD AN. (Bot.) Dans la Nubie, suivant M. Delile, on nomme ainsi le sida mulica, espèce d'abutilon. (J.)

GERGYG - EL - GHAZA L. {Bot.) Le ruta tuberculata de Forskal est ainsi nommé dans la Nubie, suivant M. Delile. (J.)

GERGYR (Bot.), nom arabe delà roquette, brassica eruca, suivant M. Delile; elle est dans Daléchamps sous ceux de guargir ou ergir, et Forskal la nomme djœrdjir dans sa Flore d'Egypte. (J.) .

GERIFALCO ( Ornilh. ) , dénomination italienne du gerfaut, qu'on appelle aussi girifalco. (Ch. D.)

GFÎRILLE. (Bot.) L'un des noms vulgaires de la chanterelle ou girolle ordinaire , champignon qui avoit été placé par Linnaeus dans son genre Agaricus , et qui est maintenant rangé dans le genre Mebuuus. Voyez ce mot. (Lem.)

GERLE (Ichthyol.) , nom que l'on donne sur la côte de Nice à la mendole , poisson qui sera décrit à l'article Picarei. (H. C)

GERLE BLAVIE. (Ichthyol.) A Nice on appelle ainsi un poisson dont M. Risso a fait un spare sous la dénomination de spare alcyon, sparus alcedo. (H. C. )

GERLESSO (Ichthyol.), nom du spare bilobé à Nice. M. Cuvier rapporte cette espèce aux Daurades. (H. C.)

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GERM (Bot.) , nom arabe du sceura de Forskal, qui paroît devoir être réuni à Yavicennia. ( J.)

GERMAINE, Germanea. (Bot.) Genre déplantes dicotylédones, à fleurs complètes, monopétalées, irrégulières, de la famille des labiées , de la didynamie gymnospermie de Linnams, rapproché des ocimum, offrant pour caractère essentiel : Un calice fort petit, à cinq découpures, à deux lèvres, la supérieure plus grande et entière; une corolle labiée, renversée , terminée postérieurement par un éperon ; la lèvre supérieure large , en cœur , à trois lobes , les deux latéraux plus petits ; la lèvre inférieure plus petite , concave, entière; quatre étamines didynames; un style; quatre semences nues au fond du calice.

L'Héritier a donné à ce genre le nom de plectranthus , au lieu de celui de germanea que lui avoit imposé M. de Lamarck. M. R.Brown a adopté, pour ses plantes de la Nouvelle-Hollande, le nom de l'Héritier. Le caractère qu'il donne à ce genre n'étant pas exactement conforme à celui qu'ont indiqué MM. de Lamarck et l'Héritier, j'ai cru devoir conserver, sous le nom de plectrantlius, les espèces de M. Brown, d'autant plus que cet auteur ne fait aucune mention de l'éperon qui accompagne la corolle et forme un des principaux caractères de ce genre. Dans le genre de M. Brown, il n'est question que d'une simple gibbosité à ln base du calice , à l'époque de la maturité des semences. On a reconnu que plusieurs espèces d'ocimum de Linnœus et de Forskal dévoient entrer dans ce genre.

Germaine a feuilles d'ortie : Germanea urticœfolia , Lamck., Encycl. et M. gcn., tab. 5 14; Plectranthus fruticosus , l'Hérit., Stirp., 83 , tab. 41. Arbrisseau rameux et odorant, qui s'élève à la hauteur d'un à deux pieds, sur une tige droite, presque glabre; les rameaux herbacés, légèrement pubescens, d'un vert rougeàtre, garnis de feuilles pétiolées, assez grandes, se rapprochant de celles du lamium orvala , larges, ovales en cœur, un peu rudes, aiguës et à doubles dentelures, longues de trois pouces, larges de deux. Les fleurs sont nombreuses, d'un bleu pâle ou gris de lin , disposées en grappes nues à l'extrémité des rameaux. Cette plante croît au cap de Bonne-Espérance j on la cultive depuis long-temps au Jar-

din du Roi : elle produit un effet agréable par la beauté de ses touffes fleuries et la facilité de sa multiplication.

Cette plante fleurit en automne. On la propage de drageons, de boutures et de graines, qu'il faut semer sur couche au printemps : eile exige une terre substantielle , qu'on renouvelle tous les ans; elle craint l'humidité pendant l'hiver, et doit être, en conséquence, placée dans la partie la plus sèche et la plus éclairée de. l'orangerie.

Germaine ponctuée: Germanea p une ta ta, Lamck. , Encycl. < Supp» ; Plectranthus punctatus , l'Hérit., Stirp, , 2, tab. 41 } Oc mum punctatum , Linn. fils, SuppL Plante herbacée, haute d'environ un pied ; originaire de l'Afrique. Ses tiges sont cylindriques, légèrement hispides, parsemées dé points oblongs et roussàtres ; les rameaux étalés , garnis de feuilles opposées, pétîolées, ovales, pileuses, ridées et rayées, longues de deux pouces et plus, larges d'un pouce et demi, dépourvues de stipules. Les fleurs sont petites, disposées, à l'extrémité des rameaux, en verticilles rapprochés , velus, formant un épi presque cylindrique , terminal , accompagné de bractées ovales. Le calice est campanulé , parsemé de glandes d'un jaune orangé, à deux lèvres; la supérieure droite, ovale, entière; l'inférieure à quatre découpures oblongues, aiguës; la corolle bleuâtre; la lèvre supérieure de son limbe à quatre lobes, celui du milieu très-grand, échancré; la lèvre inférieure oblongue, obtuse et concave ; lé tube muni d'une bosse à sa partie supérieure. On cultive cette plante au Jardin du Roi,

Germaine a feuilles rondes; Germanea rotundifolia Voir. , Encycl., Suppl. Cette espèce, recueillie par Commerson à Tlsle - de - France , a quelques rapports avec la précédente. Ses tiges sont glabres, épaisses, striées ; les feuilles inférieures glabres, pétiolées, arrondies ou ovales, longues de deux à trois pouces, à crénelures obtuses; les pétioles comprimés, de la longueur des feuilles : les feuilles supérieures sont sessiles, plus petites, ovales, un peu atnplexicaules, en cœur à leur base; les fleurs disposées, à l'extrémité des tiges, en une grappe courte, droité, épaissé; la corolle purpurine; les deux lèvres distantes; la supérieure ovale, un peu crénelée , rétrécie en onglet à sa base.

Germaine maculée : Germanea maculosa , Lamck. , Encycl. , 2, pag. 691 , Observ.; GaUopsis maculosa, Lamck., Encycl., n.° 5. Plante du cap de Bonne-Espérance, que Ton a cultivée au Jardin du Roi. Ses tiges sont tendres, épaisses, herbacées, hérissées de poils blancs, renflées aux articulations, hautes d'un pied et plus, parsemées de taches purpurines ou noirâtres; les feuilles pétiolées , opposées, ovales , vertes, ridées , crénelées, un peu velues; les fleurs bleuâtres, petites, réunies en épis courts, terminaux ; le calice labié ; la lèvre supérieure élargie j la corolle renversée, munie sur son tube d'une bosse saillante ; les anthères bleues ; le style bifide à son sommet.

Germaine a fleurs en casque ; Germanea galeata , Vahl , Symb. , 1 , pag. 43 , sub Plectrantho. Espèce découverte à l'île de Java, qui a le port de Yocimum scutellarioides ; mais ce dernier est pourvu de bractées, et ses fleurs sont plus petites, géminées dans chaque aisselle : tandis que l'espèce dont il s'agit ici a des tiges velues et cannelées; des feuilles pétiolées, ovales, élargies, acuminées , velues en -dessous , dentées en scie; les fleurs disposées en une grappe droite, terminale; les pédicelles opposés et rameux , sans bractées; la corolle pubescente, munie d'une bosse à sa base; la lèvre inférieure en casque.

Germaine a fleurs nues; Germanea nudijlora, Willd., Spec, 3 , pag. 1 68 , sub Plectrantho, Cette plante , qu'on soupçonne originaire de la Chine , a des tiges courtes, droites, pubescentes, à peine longues de six pouces; les feuilles inférieure* pétiolées, longues de deux ou trois pouces, glabres, en cœur, acuminées, pubescentes en-dessous sur les nervures; les pétioles ailés vers leur sommet ; les feuilles supérieures plus petites, amplexicaules ; les fleurs disposées en une panicule terminale , longue d'un pied et plus, composée de verticilles formés de quatre petites grappes longues d'un pouce, munies de petites bractées en cœur ; la lèvre supérieure du calice à trois lobes obtus; l'inférieure à deux découpures linéaires, fubulées; la corolle petite, fermée, pubescente; le tube muni d'une bosse.

Germaine de Forskal; Germanea Fors\alœi, Vahl, Symb., } > pag» 44 > *ub Plectrantho; Ocimum hadiense, Forsk., jËg^pt.-,

iog. Ses tiges sont velues; ses feuilles p étiolées , ovales, pileuses, très-obtuses , à grosses dentelures; les pétioles courts; les fleurs disposées en grappes droites, longues de six pouces, formées de verticilles de huit à dix fleurs; les calices stries, en bosse à leur base ; les découpures inférieures sé tarées, ascendantes ; la corolle d'un bleu pâle , quatre fois plus longue que le calice ; le tube de la corolle muni d une bosse. Cette plante croit sur les montagnes, dans l'Arabie heureuse.

Germaine a feuilles épaisses : Germanea erassifolia , Vahl , U c. , page 44, sub Plcctrantho ; Ocimum zatarhcndi, Forsk. , vEgypf. , 109. Cette espèce se distingue de la précédente par ses feuilles charnues,, par ses bractées ovales , membraneuses. Ses tiges sont pileuses; ses feuilles pétiolées, élargies, ovales, un peu arrondies, longues d'un demi-pouce, velues, obtuses, crénelées , tronquées à leur base ; les fleurs disposées en grappes terminales, longues de six à sept pouces, formées de verticilles composés de six fleurs pédicellées ; la lèvre inférieure du calice élargie et arrondie ; l'inférieure plus courte , à quatre découpures linéaires, lancéolées; le tube de la corolle blanchâtre, muni d'une bosse; le limbe violet; la lèvre supérieure entière, obtuse; l'inférieure blanchâtre, à quatre dents peu sensibles. Cette espèce a été observée en Egypte.

Germaine a petites fleurs; Germanea parviflora, Henck., Adumbr. plant., pag. 17, sub Plectrantho. Plante découverte au Pérou , dont les tiges sont hautes d'un pied et demi , rougeàtres, pubescentes et rameuses; les feuilles longuement pétiolées, ovales, aiguës, tomenteuses, molles, un peu charnues, rétrécies en coin à leur base, à nervures rougeàtres, à grosses dentelures; les grappes terminales, composées de verticilles très-rapprochés , dépourvus de bractées; les fleurs petites, d'un bleu clair, pubescentes, dix à douze à chaque verticille; le calice ventru à sa base, pileux, cilié et glanduleux ; la lèvre supérieure ovale, aiguë; l'inférieure à quatre découpures inégales, subulées; la corolle un peu pileuse, une fois plus longue que le calice ; la lèvre supérieure trèsétroite , blanchâtre , ovale - concave , entière ; l'inférieure arrondie, à trois lobes, parsemée de points bleuâtres; le tube muni d'une bosse. (Poir.)

GERMANDRÉE. (Bot.) Ce genre de Tournefort, en latin chamœdrys , a été réuni par Linnœus au genre Teucrium. ( J.)

GERMANDRÉE; Teucrium, Linn. (Bot.) Genre de plantes dicotylédones, de la famille des labiées, Juss., et de la didynamie gymnospermie , Linn., dont les principaux caractères sont les suivans : Calice monophylle , persistant, à cinq dents; corolle monopétale, à deux lèvres, dont la supérieure fendue profondément, et l'inférieure à trois lobes, dont le moyen plus grand ; quatre étamines saillantes, didynames ; quatre ovaires, au centre desquels est un style filiforme, de la longueur des étamines, et terminé par un stigmate bifide; quatre graines nues au fond du calice.

- Les germandrées sont des herbes ou des arbustes, quelquefois des arbrisseaux à feuilles opposées et à fleurs axillaires ou terminales. On en connoit aujourd'hui environ quatre-vingts espèces, presque toutes naturelles à l'ancien continent, et dont une grande partie croît en Europe et surtout dans ses parties méridionales. Nous ne parlerons ici que des plus remarquables , et de celles qui . par leurs propriétés, présentent quelque intérêt.

° Feuilles découpées.

GERMANDREE botride ; vulgairement Botrvs, Germanise femelle: Teucrium botrys , Linn., Spec, 786; Chamœpytis altéra, Dod., Pempt. , 46. Ses tiges sont herbacées, rameuses, hautes de six à dix pouces; ses feuilles sont pétiolées, velues, divisées en trois à cinq découpures; ses fleurs sont purpurines, disposées trois à quatre ensemble dans les aisselles des feuilles. Cette plante est annuelle, et elle croît dans les champs. Ses fleurs et ses feuilles sont légèrement aromatiques, et elles passent pour toniques et fébrifuges.

Germandrbe-ivette , vulgairement Petite Ivette : Teucrium chamœpjtis, Linn., Spec, 787; Flor. Dan., t. 733. Sa tige est partagée dès sa base en rameaux étalés, velus, longs de cinq à huit pouces ; ses feuilles sont divisées jusqu'à plus de moitié en trois découpures linéaires ; ses fleurs sont jaunes avec une tache rougeàtre, sessiles et solitaires dans les aisselles des feuilles supérieures. Cette espèce se trouve dans les champs arides et sablonneux : elle est annuelle.

Toutes les parties de la germandrée-ivette ont une odeur résineuse : la plante est céphalique , apéritive, tonique et antispasmodique. On l'a beaucoup vantée autrefois contre la goutte ; on en fait usage en infusion théiforme ou en nature, après Pavoir fait sécher et réduire en poudre.

00 Feuilles entières ; /leurs axillaires ou en grappe.

Germandrée musquée, vulgairement Ivette musquée; Teucrium iva, Linn., Spec. , 787. Cette espèce diffère de la précédente en ce qu'elle est plus velue dans toutes ses parties, en ce que ses tiges sont plus dures, et surtout en ce que ses feuilles sont entières, munies seulement d'une à deux dents à leur sommet. Ses fleurs sont communément rougeàtres, plus rarement d'un jaune clair. Toute la plante a une saveur amère et une forte odeur résineuse, qui quelquefois paroit ressembler beaucoup à celle du musc, surtout clans les grandes chaleurs. Elle croît dans les champs du midi de la France. Ses propriétés sont les mêmes que celles de la petite ivette.

Germandrée des Canaries; Teucrium canariense , Lamck., Dict. enc. , 2, pag. 692. Celle-ci est un arbrisseau de cinq pieds de haut ou plus, divisé dans sa partie supérieure en rameaux dont les plus jeunes sont velus , garnis de feuilles pétiolées , ovales, crénelées, d'un vert grisâtre en-dessus, presque cotonneuses en-dessous. Ses fleurs sont d'un pourpre foncé, pédonculécs, pendantes et solitaires dans les aisselles des feuilles. Cette espèce passe pour être originaire des îles Canaries, et elle est cultivée au Jardin du Roi depuis environ quarante ans. On la rentre dans l'orangerie pendant l'hiver.

Germandrée frutescente : Teucrium fruticans, Linn., Spec, 787; Teucrium fruticans boeticum , Clus., Hist., 048. Cette germandrée est un arbrisseau de deux à trois pieds de haut, dont les jeunes rameaux sont cotonneux et blanchâtres dans leur jeunesse; garnis de feuilles ovales, grisâtres en-dessus, cotonneuses et blanchâtres en-dessous, légèrement pétiolées. Ses fleurs sont d'un bleu clair , portées sur de courts pédoncules , et solitaires dans les aisselles des feuilles supérieures. Cette plante croît naturellement dans le midi de

l'Europe, en Barbarie, etc. : on la cultive dans les jardins de botanique. Dans le nord de la France , on la rentre dans l'orangerie pendant l'hiver.

Germandrêe aquatique; vulgairement Scordlum, Chamarras: Teucrium scordium, Linn. , Spec, 790 ; Bull., Herb. ; t. 2o5. Sa racine est rampante, vivace; elle produit une ou plusieurs tiges velues, rameuses, hautesde six j huit pouces, garnies de feuilles ovales-oblongues, sessiles, molles au toucher, crénelées ou dentées en leurs bords. Ses fleurs sont rougeàtres, portées sur de courts pédoncules, et solitaires ou deux ensemble dans les aisselles des feuilles supérieures. Cette plante croit dans les prés humides et marécageux : elle joint à une saveur très-amère une odeur forte, pénétrante, et qui a beaucoup de rapport avec celle de l'ail. Elle est tonique, fébrifuge, antiscorbutique, antiseptique, vermifuge, et on la regardoit autrefois comme vulnéraire. Elle entre dans plusieurs préparations pharmaceutiques, et principalement dans le diascordium , auquel elle a donné son nom. Les bestiaux répugnent à la brouter, et lorsqu'ils le font, ce n'est qu'à défaut d'autre nourriture; elle communique une odeur d'ail au lait des vaches qui en ont mangé.

Germandrbe sauvage ou des bois; vulgairement Sauce des bois, Sauge sauvage, faux Scordium : Teucrium scorodonia, Linn., Spec., 789; Bull., Herb., t. 001. Ses racines sont vivaces, traçantes; elles produisent des tiges quadrangulaires, velues, hautes d'un pied ou environ, garnies de feuilles pétiolées, cordiformes, dentelées et ridées. Ses fleurs sont d'un blanc jaunâtre , disposées en épi unilatéral à l'extrémité des tiges et des rameaux. Cette plante est commune dans le* bois montagneux. Ses propriétés sont analogues à celles de la précédente; mais elle est beaucoup plus rarement employée en médecine.

Germandrée chènettb ; vulgairement Petit Chêne, Chênette : Teucrium chamœdrys, Linn., Spec, 790; Trissago sive chamœdrys , Math., Valgr*, 818. Sa racine est vivace , rampante; elle produit une tige longue de quatre à six pouces, divisée dés sa base en rameaux nombreux, étalés, puhescens , garnis de feuilles ovales ou ovales-oblongues, crénelées et d'un vert gai; ses fleurs sont purpurines, disposées

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deux à trois ensemble dans les aisselles des feuilles supérieures. Cette plante croît sur les bords des bois et sur les collines; elle est tonique, stomachique, fébrifuge et antiscorbutique. Sa saveur est beaucoup plus amère qu'aromatique. On en fait un usage assez fréquent en médecine , sous le nom de petit chêne : on l'emploie en infusion théiforme , ou en nature, réduite en poudre.

Gehmandrée luisante : Tcucrium lucidum , Linn. , Spec, 790. Cette espèce a les plus grands rapports avec la précédente ; elle en diffère seulement en ce qu'elle s'élève davantage , qu'elle est plus ligneuse , plus glabre dans toutes ses parties, et que ses fleurs sont disposées dans les aisselles des feuilles supérieures de manière à former une longue grappe. Elle croît dans les bois et les haies des montagnes du midi de la France et de l'Italie.

Germandrée maritime, vulgairement Marum ; Teucrium marum, Linn., Spec. , 788. Cette espèce est un arbuste dont les tiges, hautes d'un pied ou environ, se divisent en rameaux nombreux, grêles, cotonneux, garnis de petites feuilles ovales-lancéolées, pétiolées, d'un vert grisâtre endessus, blanches et cotonneuses en-dessous. Ses fleurs sont purpurines, solitaires dans les aisselles des feuilles supérieures, mais rapprochées de manière à former une longue grappe terminale , tournée d'un seul côté. Cette plante croit dans les lieux maritimes, en Provence, en Espagne, dans le Levant , etc. Toutes ses parties ont une odeur aromatique très-pénétrante que les chats aiment beaucoup ; car, lorsque ces animaux trouvent des pieds de cette plante, ils se plaisent à se rouler dessus et à en mâcher les feuilles et les branches: aussi, lorsqu'on la cultive dans un jardin, faut -il avoir soin de la préservër de leurs atteintes en la couvrant d'une cage en grillage.

Cette germandrée est assez rarement employée en médecine , quoique beaucoup de médecins recommandables se soient accordés pour la présenter comme un médicament énergique , et qu'ils citent des observations qui prouvent qu'ils s'en sont servis avec succès dans l'apoplexie séreuse, l'asthme, le catarrhe chronique , l'hystérie, l'hypocondrie, etc. La propriété stimulante très - prononcée dont jouit cette

plante, est due à la grande quantité d'huile essentielle qu'elle contient; huile dans laquelle on trouve du camphre en assez grande proportion pour qu'on puisse l'en extraire avec quelque avantage.

Pour en faire usage, il faut l'employer en infusion théiforme, à la quantité d'un à deux gros pour deux livres d'eau, ou en nature et en poudre, à la dose de vingt à trente-six grains. Elle entre d'ailleurs dans plusieurs préparations pharmaceutiques, entre autres dans la thériaque.

Germandrée de Marseille : Teucrium massiliense , Linn. , Spec. , 789. Ses tiges sont ligneuses dans leur partie inférieure, et souvent couchées à leur base, hautes d'un pied, garnies de feuilles ovales ou ovales-lancéolées, un peu en cœur à leur base, rugueuses et cendrées en leur surface. Ses fleurs sont rougeàtrcs, axillaires, disposées en grappe tournée du même côté; leur calice est remarquable par la dent supérieure, qui est fort large , formant un lobe arrondi. Cette plante croit aux îles d'Hyères et dans le Levant. Lorsqu'on la froisse entre les doigts, elle exhale une odeur de pomme de reinette.

Feuilles entières ; fleurs en tête.

Germandrée des Pyrénées; Teucrium pjrenaicum , Linn*, Spec. , 791. Ses racines sont vivaces; ses tiges sont grêles, velues, étalées, longues de quatre à cinq pouces, garnies de feuilles arrondies, crénelées; ses fleurs sont blanches, panachées de violet , disposées en tête terminale et sessile. Cette plante croît dans les Pyrénées.

Germandrée cotonneuse; Teucrium polium , Linn., Spec. , 792. Ses tiges sont un peu ligneuses, rameuses , étalées à leur base, chargées, ainsi que toute la plante, d'un duvet court et serré, garnies de feuilles sessiles, oblongues, crénelées en leurs bords, blanchâtres et cotonneuses, quelquefois repliées en-dessous. Ses fleurs sont petites, blanches, ou plus rarement purpurines, ramassées, à l'extrémité de la tige et des rameaux, en tête sessile, arrondie ou ovale. Cette plante se trouve sur les collines et dans les lieux secs du midi de la France, en Espagne, en Italie : elle fournit des variétés nombreuses. (L. D.)

GERMANDRÉE BATARDE (Bot.), nom vulgaire de la véronique teucriettc. (L. D.)

6ERM ANDRÉE D'EAU. {Bot.) C'est le teucrium scordium, le scordium des pharmaciens, nommé aussi vulgairement chamarras, qui, froissé, exhale une odeur d'ail. (J.)

GERMANEA. (Bot. ) Le genre de plantes labiées, voisin du basilic, que M. Lamarck nommoit ainsi, a reçu de l'Héritier le nom de plectranthus. Voyez Germaine. ( J. )

GERMANO. (Ormth.) D'après Cetti, pag. 32i et 323, cette dénomination italienne est appliquée, en Sardaigne, à deux espèces de canards. (Ch. D.)

GERMINATION. (Bot.) La germination est la suite du développement de l'embryon, depuis, le moment de sa maturité jusqu'il celui où il se débarrasse des enveloppes séminales, et tire directement sa nourriture du dehors.

L'embryon , en état de germination , prend le nom de plantule. On y distingue deux parties principales, le caudex as» cendant et le caudex descendant. A l'exemple de Linnams, nous ne considérons sous la dénomination de caudex que le corps ou, si Ton veut, que Taxe de la plantule, et nullement les eolylédons, les feuilles et les subdivisions de la racine principale.

Le premier effet de la germination est le gonflement total ou partiel de l'embryon, d'où résulte une rupture dans les enveloppes séminales; rupture qui, toute mécanique qu'elle est, s'opère avec une sorte d'uniformité dans beaucoup d'espèces, à cause de l'organisation primitive des graines et du mode de germination.

Quand l'embryon se gonfle dans plusieurs points à la fois, les enveloppes, fortement distendues, s'entr'ouvrent et se déchirent comme au hasard (haricot, féve). Quand le caudex descendant fait seul effort contre la paroi interne des enveloppes, et que celles-ci n'ont point d'opercule, elles se percent avec plus ou moins de régularité (cyclamen). Quand le caudex descendant presse un opercule, cette calotte se détache , et l'ouverture est souvent aussi régulière que si elle eût été faite avec un emporte-pièce (canna, commetina, tradcscantia , asperge, dattier, etc.).

L'évolution commence presque toujours par le caudex des-

cendant. S'il existe une coléorrhyze , elle s'alonge ; mais le mamelon radiculaire*, plus prompt dans sa croissance, la crève à son extrémité (graminées, capucine, etc.) : s'il n'y a point de coléorrhyze, le collet tantôt s'amincit insensiblement dans sa longueur et se confond avec la radicule (pin, etc.), et tantôt se distingue de la radicule par un .bourrelet charnu (martynia perennis ,. momordica , cucurbita , belle de nuit, etc.).

Le caudex ascendant se développe peu de temps après, et il ne tarde pas à se montrer, si la plumule est dépourvue de coléoptile; mais, si elle en est pourvue, l'apparition du caudex est moins prompte , la plumule pousse et perce légèrement la paroi interne de la coléoptile, qui se dilate, s'amincit, et s'ouvre ou se déchire avec plus ou moins de régularité.

Le caudex ascendant commence quelquefois au-dessous des cotylédons , et alors il les soulève et les porte à la lumière (potiron, belle de nuit, etc.) -, d'autres fois il commence au-dessus des cotylédons, et alors il les laisse dans la terre, où ils demeurent cachés (marronier d'Inde, graminées, etc.). Dans le premier cas, on les dit épigés; dans le second , on les dit hypogés.

Les cotylédons épigés verdissent, s'alongent, s'élargissent, se couvrent de poils et de glandes, se marquent de nervures et de veines; les cotylédons hypogés ne sortent point des enveloppes séminales, conservent souvent leur couleur blanchâtre et leur forme primitive, et ils augmentent toujours en volume , soit par le simple gonflement du tissu cellulaire, dont ils sont formés en grande partie (marronier d'Inde, etc.), soit par le gonflement et l'accroissement de ce tissu (dattier, etc.).

Après la germination , on désigne par le nom de feuilles séminales les cotylédons épigés , et sous celui de feuilles primordiales, les petites feuilles qui composent la gemmule.

Plusieurs causes tirées de l'organisation des graines contribuent à la germination. Nul doute que le périsperme ne serve de première nourriture à la plantule. Un embryon d'oignon, retiré soigneusement de son périsperme, et placé sous une terre douce et fine, se conserve long-temps sans

se flétrir , mais ne prend pas d'accroissement ; que si vous semez la graine telle qu'elle sort du péricarpe, l'embryon se développera en un long fil : l'une de ses extrémités restera engagée dans les enveloppes séminales (oignon, etc.); l'autre s'enfoncera dans la terre : toutes deux tireront des sucs nutritifs, celle-ci de l'humidité du sol, celle-là de la substance même du périsperme changé en une liqueur émulsive,et chacune croîtra, en sens inverse de l'autre, par l'effet de sa propre succion. Quand le périsperme sera épuisé, la succion de la racine fournira à l'entretien de toute la plantule , et l'extrémité cotylédonaire se dressera vers le ciel.

Le phénomène se passe à peu près de la même manière dans les anthericum , les aloès, etc.

L'extrême dureté du périsperme dans la graine du dattier, de l'asperge, du commelina commuais, etc., n'empêche pas qu'il ne puisse remplir ses fonctions; l'eau parvient toujours à le ramollir. Il se résout en une liqueur laiteuse après un temps plus ou moins long, et la partie du cotylédon qui reste sous les tuniques séminales, absorbant cette liqueur, se dilate, .s'enfle comme une éponge, et remplit à la fin toute la capacité de la graine.

Les cotylédons jouent un grand rôle à cette première époque de la vie. Si vous les retranchez, dans le potiron, avant ou au moment de la germination, la plumule se fane et meurt; si vous en supprimez la majeure partie, la plante n'a qu'une végétation foibie et languissante : mais si vous laissez subsister en entier ces mamelles végétales , comme parle Charles Bonnet, vous pouvez impunément couper la radicule et toutes les radicelles qui se développeront durant l'expérience ; la tige ne poussera pas avec moins de vigueur que si la jeune plante fût restée intacte. Faites plus, divisez un embryon de haricot dans sa longueur, de telle sorte que chaque portion emporte avec elle un cotylédon; ces deux moitiés se développeront aussi bien qu'un embryon tout entier : preuve évidente que la blessure occasionée par la soustraction des lobes séminaux n'est pas ce qui met obstacle à la croissance du blastème. Enfin , il suffit d'humecter les cotylédons pour que l'embryon se développe. L'utilité de ces lobes dans la germination ne sauroit donc être révoquée en doute , quoi

qu'en ait pu dire un de nos plus savans botanistes. Au reste, la présence des cotylédons n'est pas une condition d'existence pour toutes les plantes. Sans parler des agames et des cryptogames, qui % semblent la plupart en être dépourvues, il est quelques phénogames dans lesquelles on n'en a point trouvé : témoin les cuscutes.

Duhamel observe que les graines , dépouillées de leurs enveloppes, réussissent difficilement. Les enveloppes séminales sont bonnes, en ce qu'elles préservent les parties intérieures de Faction de la lumière ; qu'elles modèrent l'entrée ou le départ des fluides; qu'elles forment un crible que ne traversent point les molécules terreuses et les substances mucilagineuses suspendues dans l'eau. Le tissu plus perméable du hile et la bouche du micropyle favorisent pourtant l'introduction des sucs nutritifs.

L'eau, la chaleur et l'air sont des agens extérieurs indispensables à l'évolution des germes.

L'eau assouplit les enveloppes séminales et facilite leur rupture; elle pénètre le tissu de l'embryon, et le dispose à recevoir les substances nutritives. Celles de ces substances qui ne sont point à l'état gazeux ne peuvent s'introduire dans la plante et parcourir ses vaisseaux qu'en dissolution dans l'eau : ce liquide lui-même devient un des principaux aliinens de la végétation. Ses élémens, désunis par des procédés naturels que les théories des chimistes n'expliquent point, forment, en se combinant avec le carbone, les principes immédiats, tels que l'amidon, le sucre, la gomme, les acides, les huiles, le camphre, les résines, le ligneux, etc. Il convient néanmoins que l'eau soit distribuée avec économie aux végétaux terrestres ; sans cela elle leur est nuisible. Les graines qui sont plongées dans ce liquide , y pourrissent presque toutes , à moins qu'elles n'appartiennent à des végétaux aquatiques; encore, parmi ces dernières, s'en trouve-t-il quelques-unes qui montent à la surface de l'eau à l'époque de la germination, et ne se développent qu'au contact de l'air. De ce nombre sont les graines des lemna et des saUinia.

La chaleur est un stimulant des forces vitales dans tous les êtres organisés ; il est pour chaque espèce de graine une température nécessaire à sa prompte et vigoureuse germina-

tion. Si la chaleur s'élevoit de 45 à 5© degrés, elle altèreroit les organes et détruiroit le principe de la vie ; si elle s'abaissoit à zéro , îl n'y auroit pas de mouvement organique , et le germe demeureroit dans l'inaction.

A toutes les époques de la vie , l'air n'est pas moins indispensable aux plantes qu'aux: animaux. Des graines dans le vide de la machine pneumatique ne germent pas. Homberg cite à la vérité quelques exceptions ; mais Théodore de Saussure, qui a examiné le phénomène en habile physicien , ne voit dans ces anomalies prétendues que les résultats d'expériences fautives ou d'observations incomplètes.

Est-ce l'air tel qu'il compose l'atmosphère, c'est-à-dire, formé d'environ 21 parties d'oxigène , de 79 d'azote, et de à j~ de gaz acide carbonique , qui est indispensable à révolution des germes? ou bien est-ce un seul de ces gaz? ou bien en est-ce deux agissant de concert ou séparément? Ces questions ont été traitées a fond, et l'on sait aujourd'hui que les graines ne germent pas dans l'azote et le gaz acide carbonique purs; quelles germent quand elles sont en contact avec de l'oxigène; que ce gaz, en état de pureté, hâte leurs premiers développemens ,. mais les fait bientôt périr ; qu'il convient davantage à la plantule quand il est mêlé à une certaine quantité d'a>ote ou d'hydrogène; que les proportions les plus favorables dans ce mélange sont trois parties d'hydrogène ou d'azote pour une d'oxigène ; que l'acide carbonique en excès nuit beaucoup à la germination; que l'action bienfaisante de l'oxigène consiste à débarrasser les graines de leur carbone surabondant; que , si l'on ne remarque point de diminution dans une atmosphère qui a servi à la germination, c'est que le volume de gaz acide carbonique produit est à très-peu près le même que celui de l'oxigène absorbé.

La perte du carbone, occasionée par le dégagement du gaz acide carbonique pendant la germination , produit un effet bien remarquable. Les quantités respectives de l'oxigène, de l'hydrogène et du carbone, qui composent la fécule du périsperme, n'étant plus les mêmes, cette matière passe à l'état de sucre et devient soîuble d'insoluble qu'elle ^toit. Observons que le chimiste imite ce procédé naturel,

lorsqu'il transforme l'amidon en sucre par le moyen de l'acide sulfurique; mais, dans celle préparation de l'art, la fécule ne perd point de carbone, et si la proportion des élémens change, c'est qu'une partie de l'eau est décomposée et fixée. Le périsperme , réduit en une liqueur éinulsive, pénètre par les vaisseaux des cotylédons jusqu'au blastème , et lui présente la nourriture dont il a besoin pour' se développer : foible comme il est, il ne peut digérer les sucs de la terre; il faut que ses alimens aient reçu une première préparation. Tout ce qui se passe alors dans la graine, indique un commencement de fermentation spiritucuse; mais bientôt, la lumière agissant sur la plumule, la fermentation 6'arrête, le gaz acide et l'eau se décomposent, l'oxigène du gaz est rejeté, le carbone et les élémens de l'eau se combinent et forment des produits inflammables, fixes et volatils, tels que les huiles, les résines, le ligneux, etc., qui remplacent la matière saccharine et le mucilage. Les mêmes phénomènes ont lieu dans toutes les jeunes pousses, soit qu'elles proviennent de racines, soit qu'elles proviennent de parties exposées , à l'air. Ces faits ont été développés avec beaucoup de sagacité par le savant Sénebier.

D'après ce que nous venons de dire, on peut déjà présumer que toutes les substances qui augmentent la quantité relative de l'oxigène de l'atmosphère d'une graine placée dans des circonstances favorables à sa germination , doivent hâter l'accomplis-.einent de ce phénomène. Cette conjecture est justifiée par l'expérience : M. de Humboldt a montré que des graines de cresson alenois germent en six heures dans une dissolution de chlore, tandis que ces mêmes graines emploient un temps cinq a six fois plus considérable pour germer dans de l'eau pure. A l'aide du chlore, on est parvenu a tirer de leur état d'engourdissement les graines du dodonœa angustifolia , du mimosa scandens , et de quelques autres espèces exotiques qui avoient résisté aux moyens ordinaires. Les acides nitrique et sulfurique, délayés dans une grande quantité d'eau, une dissolution légère d'oxi-sulfalc de fer, le minium, la litharge, et en général toutes les substances qui retiennent foiblemcnt l'oxigène, ont la même action sur les graines. Au reste, il est bon de dire que ces ger-

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minations hâtives sont rarement heureuses :1a plumule pousse d'abord avec assez de vigueur ; mais bientôt sa croissance se ralentit, et presque toujours la plante meurt prématurément.

On voit que des trois fluides aériformes dont la réunion compose l'atmosphère, L'oxigène seul est indispensable à la germination; toutefois ce gaz, qui anime les forces vitales et dont aucun être organisé ne sauroit se passer, seroit contraire à tous, si son action n'étoit tempérée par le mélange d'une grande quantité d'azote. Dans le système de notre inonde, la juste proportion des éléinens de l'air est une condition d'existence pour les animaux et pour les plantes: les uns et les autres, plongés dans l'oxigène pur, périroient long-temps avant d'avoir atteint l'âge de la reproduction; l'activité organique, portée à son comble, deviendroit la cause d'une mort prochaine , et la vie seroit anéantie par la surabondance du gaz qui l'entretient.

Le sol le plus convenable à la germination est celui que l'eau ne lie point en pâte, mais qui la contient suspendue entre ses molécules comme dans une éponge, qui se laisse facilement pénétrer par l'air atmosphérique, et qui n'oppose aucune résistance à la jeune pousse. De là on peut conclure l'utilité des labours, et le mal que font aux semis les pluies qui délayent la terre, soutout lorsque, de grandes sécheresses venant ensuite, elle se prend en une croûte épaisse qui ferme tout accès à l'air et met obstacle à l'apparition de la plumule. Les graines fines doivent être à peine recouvertes de terre : les grosses graines peuvent être enfoncées plus avant ; mais il est une profondeur à laquelle aucune graine ne germe , parce qu'elle n'y trouve pas l'oxigène nécessaire pour transformer en gaz acide son carbone surabondant. Il arrive quelquefois que, lorsqu'on remue la terre d'un jardin de botanique, des graines anciennement enfoncées, ramenées à la surface, produisent des plantes perdues depuis long-temps. On a vu , sur les ruines d'antiques édifices, se développer tout-à-coup des espèces inconnues dans le pays; leurs graines, transportées sans doute de quelque canton éloigné avec les matériaux du ciment, n'ayant point été exposées au contact de l'air, avoient con-

servé durant des siècles toute leur force germinative. Des observateurs dignes de foi attestent que, dans les vastes contrées de l'Amérique septentrionale, après la destruction d'une forêt, le sol, abandonné à lui-même, se couvre souvent d'arbres d'une autre espèce que ceux que la hache ou le feu a détruits : phénomène facile à expliquer, si l'on admet que des semences enfoncées dans la terre pendant un temps immémorial puissent y rester dans l'inaction, et s'y conserver saines jusqu'au moment où elles éprouvent l'influence de l'air atmosphérique.

L'évolution est plus prompte à. l'obscurité qu'à la lumière; la raison en est simple : l'un des effets de la lumière sur les plantes est de décomposer le gaz acide carbonique, d'expulser l'oxigène et de fixer le carbone ; d'où résulte l'endurcissement des parties. Mais l'embryon, pour germer, a besoin d'être en état de mollesse; au lieu de retenir le carbone et de l'assimiler à sa propre substance, il faut qu'il le rejette, ce qui ne peut se faire qu'autant que le carbone, en se combinant avec l'oxigène, forme du gaz acide carbonique : or, la lumière, qui tend sans cesse à décomposer ce gaz et à fixer le carbone, doit nécessairement ralentir la germination.

11 ne semble pas que la terre fournisse par elle-même aucun aliment aux graines; mais elle les reçoit dans son sein, elle les environne d'une humidité bienfaisante , elle les met à l'abri de la lumière , elle les préserve de l'excès de la chaleur et du froid.

Quant à l'espace de temps nécessaire pour la germination, il varie suivant la nature des graines et les circonstances où elles se trouvent. Les graines des graminées germent trèspromptement; quelques-unes, telles que le blé, montrent leur plumule en moins de trente-six heures. Les graines des crucifères, des légumineuses, des eu curbi taches, des labiées, des ombellifèrcs, etc., sont un peu plus tardives; celles du rosier, du cornouiller, de l'aubépine, etc., ne germent qu'au bout d'un à deux ans. Toutes sont plus hâtives quand elles sont semées immédiatement après la récolte : alors les graines sont encore imbibées des sucs de la végétation , leurs envoloppes sont très -perméables, et leur péri-

sperme est tout prêt à fermenter. Quand les graines sont desséchées et raccornies par l'âge, on peut avancer l'époque de la germination , en les faisant tremper , quelques heures avant de les semer, dans de l'eau à une douce température.

Germination des dicotyledons. Si, laissant de côté les exceptions et les anomalies, on ne considère que les faits généraux, vous trouvez que le mode de germination distingue assez bien les dicotylédons des inonocotylédons : mais si vous pénétrez dans les détails, vous ne verrez plus de limites.

Une graine dicotylédone étant semée, les lobes séminaux se gonflent, s'écartent , déchirent leurs tuniques, repoussent la terre de droite et de gauche, font passer dans la radicule l'émulsion qu'ils contiennent ou qu'ils puisent dans le périsperme; le eaudex descendant se dirige vers le centre de la terre; le caudex ascendant, souvent arrêté par son sommet entre les cotylédons, se courbe d'abord en arc, puis se redresse et monte vers le ciel ; les lobes séminaux , tantôt immobiles avec le collet, qui ne prend aucun accroissement, restent cachés sous le sol (marronicr d'Inde, noyer, capucine , etc.) , et tantôt , poussés par le collet qui s'élève , gagnent la surface de la terre (sensitive, potiron, belle de nuit, frêne, érable, pin, etc.).

Ainsi s'exécute la germination dans une foule de graines bi lobées.

Portons à présent notre attention sur quelques faits particuliers.

Dans le marronier d'Inde , les cotylédons demeurent sous les enveloppes séminales, et leurs pétioles, en s'alongeant , dégagent le sommet du caudex ascendant, qui, sans cela, ne pourroit se produire à la lumière.

L'embryon du manglier, arbre des lagunes maritimes des contrées équinoxiales, se développe dans le fruit encore suspendu à la branche; il perce le péricarpe, produit un caudex descendant de plusieurs centimètres de longueur, se détache par son propre poids, laissant son cotylédon au fond du fruit, tombe, la radicule la première, et s'enfonce verticalement dans la vase, où il ne tarde pas à s'enraciner.

Le nelumbo et le nénuphar ont un caudex ascendant qui attire à lui seul tous les sucs des cotylédons , et le mamelon

radiculaire ne se développe pas. A son défaut, des radicelles caulinaircs naissent de la base des feuilles, et pourvoient aux besoins de la plante. * *-

Le gui est essentiellement parasite; sa germination n'a de suite que lorsqu'elle t'opère sur la jeune écorce d'un végétal ligneux : son caudex descendant perce les enveloppes séminales, et s'ouvre à son extrémité inférieure en une espèce de coléorrhyze qui prend la forme du pavillon d'un cor de chasse. De l'intérieur de celte coléorrhyze sortent des suçoirs radicaux par lesquels l'embryon s'attache à l'écorce des branches.

Le trapa natans a deux cotylédons inégaux en volume; le plus gros, renfermé dans les enveloppes séminales, pousse en avant un très-long pétiole, à l'extrémité duquel sont attachésla radicule, la plumule et le petit cotylédon.

Le cyclamen germe à la manière de plusieurs monocotylédons : son lobe séminal (car il n'en a qu'un) ne quitte les en-? veloppes qu'à la fin de la germination ; son caudex descendant les perce frabord, et se change bientôt après en un tubercule qui s'enracine par la base.

La cuscute, plante parasite, privée de cotylédons, enfonce dans la terre son caudex descendant, et déploie son caudex ascendant en une tige sans feuille , aussi déliée qu'un fil. Cette tige, qui ne tarde pas à se ramifier, enveloppe dans ses replis les herbes voisines, s'attache à leur écorce par de petits suçoirs, se dessèche à sa partie inférieure, et finit par se séparer de la terre , dont elle n'a plus besoin.

Après que la cupule dans laquelle est renfermé le gland du pin, du sapin , du mélèze, du cèdre, s'est entrouverte en deux valves, l'embryon développe son extrémité radiculaire; celle-ci pousse en avant le sommet du péricarpe, qui s'alonge en une gaine membraneuse, jusqu'à ce que, ne pouvant plus s'étendre, il se déchire , et laisse paroître la radicule.

Germination des monocolyiédons. Passons maintenant à l'examen des principaux modes de germination des espèces unilobées.

Dans le maïs, le sorgho, etc., plantes de la famille des graminées, l'embryon . tout-à-fait excentrique, est recouvert

par la double paroi du tégument et du péricarpe, qu'il crève sitôt qu'il commence à germer. En premier lieu , les deux aj»p#ndices antérieurs du cotylédon se touchent par leurs bords, et cachent leur blastème ; mais, durant la germination , ces appendices s'écartent : la coléorrhyze et la plumule paroissent comme deux petits cônes à bases opposées. Ensuite le mamelon radiculaire s'alonge vers le centre de la terre , et perce la coléorrhyze, dont les lambeaux subsistent en forme de gaine à la base de la radicule ; le caudex ascendant s'élève vers le ciel; la piléole, cette feuille primordiale extérieure, close de toutes parts, s'amincit, s'étend , se fend a son sommet, et laisse poindre les autres feuilles de la gemmule. Le cotylédon demeure sous la terre, dans les enveloppes séminales , et ne prend qu'un foible accroissement. A la tin, ia substance du périsperme, absorbée par le cotylédon, s'épuise, et la plantule, sevrée, tire toute sa nourriture de la terre et de l'air : c'est alors que la germination est achevée. Elle s'opère à peu près de même dans les autres graminées. * '

Dans l'oignon , l'asphodèle , le jonc , etc. , le cotylédon sort de terre et se développe en un fil grêle, se redresse vers le ciel, portant la graine à son sommet ; et la coléoplile, située à sa base, se fend en longueur pour laisser sortir la plumule.

Dans le costus speciosus , le sommet du cotylédon ne change pas de forme; mais sa base, qui constitue la coléoptile, s'ouvre d'elle-même, se dilate, s'élargit, et devient une feuille semblable à celles qui doivent suivre.

Dans le scirpus sjWaticus, romanus, etc., et dans d'autres cypéracées , la plumule se développe d'abord et paroit la première.

Dans le canna, le caryota , le gloriosa, le tigridia, etc., la coléoptile s'élève en cône, et, venant à se percer à son sommet, forme une gaine à la base de la jeune tige.

I ) ai s Valisma, le dama&onium^ le potanwgeton , le naias , le butomus , etc., le collet descend dans la terre, poussant devant lui la radicule jusqu'à ce que des radicelles formées immédiatement au-dessous de la plumule , qui s'échappe de la coléoptile par une fissure latérale, attachent plus fortement la plantule au sol.

Les cyca$y à cette première époque de la vie, se comportent comme beaucoup de dicotylédons , et ont comme eux deux lobes séminaux : les enveloppes séminales s'entr'ouvrent, et la radicule s'échappe; les cotylédons restent enfermés dans les enveloppes, mais leurs pétioles s'alongent et dégagent la plumule. Après la germination, les ejeas développent leur caudex de la même manière que les palmiers, les dracœna, les fougères, avec lesquels ils ont plusieurs traits de ressemblance.

Direction de la plumule et de la radicule pendant la germination. Pendant la germination , la plumule s'élève vers le ciel, et la radicule descend vers le centre de la terre : cette loi ne souffre d'exception que pour quelques parasites (le gui, par exemple), qui germent en tout sens. Comme jusqu'ici 011 a recherché inutilement la cause de ce phénomène général , on soupçonne qu'il résulte de cet ordre de choses que nous appelons la vie, et dont le principe nous est et nous sera toujours inconnu. Duhamel introduisit dans des tubes d'un diamètre déterminé , des graines d'un diamètre à peu près égal à celui des tubes ; ce fut tantôt un gland , tantôt une féve , tantôt un marron : il recouvrit ces graines de terre humide , et suspendit les tubes de façon que les radicules regardoient le ciel, et les plumules la terre. Les radicules et les plumules se développèrent; mais, les premières ne pouvant descendre , et les secondes ne pouvant monter, les unes et les autres se contournèrent en spirale.

Hunter plaça une féve au centre d'un baril rempli de terre , lequel tournoit sur lui-même par un mouvement continu; la radicule, sans cesse éloignée de sa direction naturelle, s'alongea dans la direction de l'axe du baril.

M. Knight attacha des graines de haricot autour d'une roue que l'eau faisoit mouvoir : les radicules gagnèrent l'axe de la roue; les plumules sortirent de la circonférence en rayons divergens. M. Knight suppose que les radicules étoient attirées vers l'axe par la force centripète, et que les tiges en étoient éloignées par la force centrifuge; mais, si l'on considère qu'à chaque révolution toutes les graines, arrivant successivement au sommet de la roue, se trouvoient

pour un moment dans la position la plus favorable à leur croissance, on pensera que le développement rayonnant des graines ne fut que l'effet de la tendance ordinaire des tiges et des racines vers le ciel et la terre.

Remarque sur la nature des cotylédons. Les cotylédons sont les premières feuilles dans la graine : lorsque leur tissu n'est pas rempli de périsperme, ils sont minces et veinés comme des feuilles ordinaires ; ceux qui s'élèvent au-dessus du sol et reçoivent la lumière, verdissent et décomposent le gaz acide carbonique à la manière des autres feuilles.

Ils se rapprochent des feuilles encore par de certains caractères propres aux différentes espèces. Ainsi , après la germination, les cotylédons épigés des borraginées ou aspérifoliées sont tout couverts de poils rudes; ceux des anar gallis sont parsemés eu-dessous de points d'un rouge livide; ceux du menispermum fenestratum sont percés de trous ; ceux de la sensitive se meuvent et s'appliquent l'un contre l'autre, lorsqu'on les touche, etc. La cuscute n'a point de feuilles et n'a point de cotylédons.

L'unité ou la pluralité des cotylédons s'accorde, en général, avec la structure des feuilles. La plupart des monocotylédons ont des feuilles engainantes, de sorte que la plus extérieure recouvre les autres; le cotylédon est la première feuille de l'embryon , et il cache la plumulc dans son étui. Mais la plupart des cotylédons ont, au contraire, des feuilles libres pétiolées, ou du moins rétrécies à leur base, et dès l'embryon elles se montrent telles , puisqu'il offre plusieurs cotylédons distincts.

Ces rapports dans l'organisation végétale ne dépendent pas de lois si rigoureuses que la nature ne puisse jamais s'en affranchir; les ombellifères , l'es araliacées, etc., beaucoup de synanthérées ont deux cotylédons, et, toutefois, leurs feuilles sont engainantes. [Mirbel, Éiémens de physiologie végétale, etc.] (Mass.)

GERMON; Orcynus , Cuv. ( Ichthyol. ) Genre de poissons de la famille des atractosomes, établi par M. G. Cuvier aux dépens des scombres de Lirinaeus, et très- voisin des thons. Les caractères des espèces qui la composent sont essentiellement les suivans:

Deux nageoires dorsales rapprochées ; nageoires pectorales trèslongues et parvenant au-delà de l'anus; carène saillante sur chaque côté de la queue; une rangée de dents pointues à chaque mâchoire ; de fausses nageoires derrière la seconde dorsale et l'anale. ( Voy. Atractosomes etScoMBRE.)

Les espèces contenues dans ce genre, sont:

Le Germon: Orcynus germo; Scomber germo , Lacép. Mâchoire inférieure avancée ; corps alongé , conique à ses deux extrémités; tête revêtue de lames écailleuses, grandes et brillantes; corps recouvert, ainsi que la queue, d'écaillés petites, pentagonales, ou arrondies; ouverture des narines alongée en fente; œil grand et convexe; nageoires pectorales en forme de faux, roides, fortes et placées chacune au-dessus d'une fossette creusée sur le côté de l'animal, et dans laquelle la nageoire est reçue en partie lorsqu'elle est en repos; un appendice charnu dans l'angle de chacune de ces nageoires ; catopes reçus dans des fossettes analogues pratiquées sous le ventre ; première nageoire dorsale falciforme et logée de même dans un sillon sur le xlos; fausses nageoires du dessus et du dessous de la queue triangulaires, et au nombre de huit ou neuf tant en haut qu'en bas; nageoire caudale en croissant, très-étendue; ligne latérale fléchie en divers sens jusqu'au-dessous de la seconde nageoire du dos ; dos d'un bleu noirâtre ; côtés azurés ; ventre argenté, avec quelques bandes transversales qui disparoissent avec la vie de l'animal; catopes bruns en dedans, argentés en dehors; seconde nageoire dorsale rougeàtre ou dorée. Taille de trois à quatre pieds.

Commerson, le premier, a observé le germon dans le grand Océan austral, vers le vingt -septième degré de latitude méridionale et le cent-troisième de longitude, dans le voyage qu'il fit avec le célèbre navigateur Bougainville. Urie troupe très-nombreuse d'individus de cette espèce de poissons entoura le vaisseau françois, à la grande satisfaction des matelots et des passagers, fatigués par l'ennui et les privations inséparables d'une longue navigation. Avec des hameçons on en prit sur-le-champ un grand nombre, dont le plus petit pesoit environ vingt livres, et le plus gros à peu près soixante. La saveur de leur chair étoit très-agréable et analogue n celle du thon et de la bonite.

Cette pèche abondante fournit au naturaliste que nous venons de citer, l'occasion de disséquer le germon, et d'y reconnoitre quelques particularités. Le foie, par exemple, d'un rouge pâle, d'une forme trapézoïde , hérissé de pointes vers une extrémité, divisé en lobules à l'extrémité opposée, creusé à l'extérieur par plusieurs ciselures, est composé à l'intérieur de tubes vermicuiaires, droits, parallèles les uns aux autres, et exhalant une humeur jaunâtre par des conduits communs. La vésicule du fiel , conformée presque comme un lombric, a une longueur égale à celle du tiers de l'animal.

L'Alalunga : Orcynus alalunga; Scomber alalunga, Gmel. ; Scomber alalunga , Linn. ; Scomber sarda , Bloch, tab. 534» Mâchoire inférieure avancée, ligne latérale tortueuse; sept fausses nageoires au-dessus et au-dessous de la queue ; anus deux fois plus près de la nageoire caudale que de la tête. Teinte générale variant entre le bleu et l'argenté. Nageoires grises, mêlées de jaune, à l'exception de la première dorsale, qui est noire.

L'alalunga , décrit pour la première fois par Cetti , dans son Histoire des poissons et des amphibies de la Sardaigne, a unie chair blanche et agréable; il pèse de douze à seize livres , et vit , comme le thon , dans la mer Méditerranée , en troupes nombreuses et bruyantes, qui paroissent régulièrement à certaines époques. On le pêche aussi dans l'Océan, sur les côtes de France et d'Espagne. Il est d'une voracité excessive.

A Malte, les François le nomment thon blanc, et alalunga est le nom par lequel les habitans de la Sardaigne le désignent. Linnaeus a donc eu tort d'écrire alalunga. (H. C. )

GERNOUNUCH (Bot.), nom arabe du cresson de fontaine, sisymbrium nasturtium, suivant Shaw. (J. )

GÉROFLÉE, Caryophylleus. (Entomoz.) Genre de vers intestinaux établi par Schrank sous la dénomination de caryophyllinus , changée par Gmelin en celle de caryophylleus , qui a été adoptée par tous les zoologistes modernes et entre autres par M. Rudolphi. Abilgaard avoit proposé d'y substituer le nom de Phylline. Les caractères de ce genre sont : Corps déprimé, plus large et terminé en avant par une dilatation dentelée; bouche pourvue de lèvres ; anus terminal; termi-

GER 497 liaison dei organes de la génération à quelque distance de l'anus. Ce genre ne contient qu'une seule espèce, décrite par Pallas comme une espèce de tatnia , par Gœtze comme une fasciole , et que M. Rudolphi figure sous le nom de 7\ mutabilis , la Giroflée changeante, pl. VIII, fig* 16 — 18* Son corps, d'un pouce à une ligne de long, sur une ligne à une ligne et demie de large, est oblong, le plus souvent comprimé et décroissant un peu d'une -extrémité à l'autre; la plus large, qu'on regarde comme la tête , est élargie en forme de pétale d'oeillet, ce qui a déterminé le nom du genre, et. comme bordée d'un nombre variable de dentelures ou laciniures. La bouche , rarement visible , est pourvue de deux lèvres larges, courtes et très-obtuses ; l'extrémité qu'on pense être la postérieure, est obtuse, et M. Rudolphi dit y avoir observé deux fois un orifice distinet. L'organe mâle, formé par une espèce de cirrhe, sort par un orifice arrondi à quelque distance de l'anus. L'appareil femelle se termine extérieurement par une fente transverse un peu plus éloignée de l'extrémité postérieure que l'organe mâle, et au bord antérieur de laquelle on trouve souvent un petit tubercule* Le canal intestinal paroît évidemment devoir être complet, et cependant M. Rudolphi place ce genre près des ligules. Cette espèce de géroflée se trouve fréquemment dans le canal intestinal de presque toutes les espèces de cyprins, et pendant toute l'année. Elle a la vie assez tenace, et se* mouvemens sont assez singuliers; elle s'alonge , se contracte, se dilate en avant , développe ou cache les laciniures de sa lèvre supérieure, de manière à changer souvent de forme* Je ne serois pas étonné que la variété que M. Rudolphi a figurée tab. VIII , fig. 18, fût une larve de quelques insectes hexapodes de l'ordre des diptères : en effet, le corps est évidemment composé de quatorze articulations; en général, c'est un genre qui paroît avoir besoin de nouvelles observations. Aussi M. Rudolphi, qui, dans sa grande Histoire des vers intestinaux, décrivoit, il est vrai d'après Zeder, les deux sexes sur des individus diflTérens, dit, dans sou .Synopsis , que le doute qu'il avoit à ce sujet est devenu de plus en plus grand , et qu'il ne peut faire autrement que de regarder ces animaux comme androgynes, (Ds B.)

GEROLFT (Ornith.). un des noms du loriot commua, oriolus galbula, Linn. (Ch. D.)

GERON. (Ornith.) Suivant Gcsner et Aldrovande, c'est ainsi que les habitans du lac majeur en Italie nomment la lavandière, motacilla alba et cinerca, Linn. (Ch. D.)

GEKOiNTOPOGON. (Bot.) Ce nom, qui signi6e barbe de vieillard, étoit donné par Gesner au cercifix ordinaire, Iragopogon pratensc , nommé plus communément barbe-de-bouc. Voyez Geropogon. ( J. )

GEROPOGON. (Bot.) [Chicoracées , Juss.^SjngémétiefQljfgarnie égale, Liun.] Ce genre de plantes, établi par Linnsus. appartient à la famille des synanthérées et à la tribu naturelle des lactucées, dans laquelle nous le plaçons immédiatement auprès du tragopogon. Voici les caractères génériques que nous avons observés sur plusieurs individus vivans de geropogon glabrum.

La calathide est incouronnée, radiatiforme , pluriflore, fissi flore , androgynitlore , hétérocarpe. Le péricline, trèssupérieur aux fleurs et cylindrique -campanule, est formé de huit squames subunisériées, égales, appliquées, oblonguessubulées, foliacées, uninervées, étalées supérieurement. Le clinanthe est plan et pourvu de squamelles longues, étroites, membraneuses, laminées et linéaires inférieurement, filiformes supérieurement. Les cypsèles intérieures sont moins longues, cylindracées, munies de côtes longitudinales hérissées d'aspérités, et prolongées supérieurement en un long col; leur aréple basilaire est étroite et se détache facilement du clinanthe; leur aigrette est composée de squamellules nombreuses, irrégulièrement bisériées, inégales, subfiliformes, barbellulées et munies en outre de longues barbes capillaires. Les cypsèles marginales sont plus longues, cylindracées, presque lisses, et prolongées supérieurement en un long col; leur aréole basilaire est large et adhère fortement au clinanthe; leur aigrette est composée de cinq ou six squamellules uni* sériées, inégales, épaisses, roides, su btriqu êtres- filiformes, barbellulées. Les corolles sont glabres ; les étamines ont l'appendice apicilaire de l'anthère arrondi.

Geropogon glabre; Geropogon glabrum, Linu. C'est une plante herbacée , annuelle , glabre , haute d'environ un pied;

GER 499 à lige dressée, ordinairement simple , ou divisée seulement à la base; à feuilles alternes, longues, presque linéaires, entières; à calathides terminales, solitaires, composées de fleurs à corolles couleur de rose. Cette plante , qui ressem* ble beaucoup auxsalsifix, et surtout au salsitix à feuilles de poireau, habite l'Italie, les environs de Nice, et fleurit en Juin et Juillet.

Ce genre, trés-bien caractérisé par Linnaeus, diffère du tragopogon principalement par le clinanthe , qui est squamellifère, et par les aigrettes marginales qui ne sont point pluineuses. Cependant Gœrtner déclare qu'il n'a jamais trouvé aucun appendice sur le clinanthe du geropogon; et nous affirmons au contraire que nous avons toujours vu chaque fleur accompagnée d'une squaraelle. la confiance que nous avons dans les observations de Gartner , nous persuade que les squaxnelles du geropogon avortent quelquefois. La plupart des botanistes admettent aujourd'hui trois espèces dans le genre Geropogon • mais nous croyons qu'il n'y en a qu'une seule qui lui appartienne légitimement : en effet, M. De Candolle a démontré (Flore franç., tom. 4, pag. 64) que le geropogon hirsutum de Linnaeus étoit un véritable tragopogon ; et il nous semble que le geropogon calyculatum doit constituer un genre particulier. Toutefois nous ne pouvons rien affirmer sur ces deux dernières espèces, parce que nous ne les avons point vues. (H. Cass.)

GEROUSSE, JAROUSSE. {Bol.) Une espèce de vesce ou plutôt d ers, ervum arachus, est ainsi nommée, suivant l'auteur du Dictionnaire économique, dans l'Auvergne et le Forez, où on la cultive : c'est l'arousse de la Bourgogne , la jarosse de l'Anjou. (J. )

GERRAH (Ornith.), nom arabe du busard , falco aruginosuSyJLmn. (Ch. D.)

GERRE, Gerris. (Entom.) Genre d'insectes hémiptères à élytres demi - coriaces , à bec paroissant naitre du front, à antennes longues, filiformes et non en soie, et à tarses propres à marcher et très-longues , par conséquent de la famille des frontirostres ou rhinostomes.

Ce nom de gerris, qu'on trouve dans Pline et dans Martial, désignoit évidemment des sauterelles de mer de mauvaise

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qualité et peu recherchées des crevettes. Fabricius, en l'employant, a choisi un mot insignifiant. Il avoit d'abord réuni sous ce nom beaucoup d'espèces qu'il a depuis distribuées dans les genres Béryte , Émèse et Hydromètre, et il n'a laissé dans le genre Gerre que neuf espèces, dont deux seulement se trouvent en Europe, l'une en Italie et l'autre en France. Ce sont nos podicères.

D'un autre côté, M. Latreille , en empruntant ce nom de gerre à Fabricius, Ta restreint et appliqué seulement aux espèces dont M. Fabricius a fait des hydromètres dans son dernier ouvrage ayant pour titre Systema rkyngotorum.

La méthode que nous avons employée , nous a forcés pour ainsi dire de séparer les hydromètres et les ploïères (qui sont sanguisuges ou zoadelges, et qui ont les antennes en soie, c'est-à-dire terminées par un article plus grêle), d'avec les gerres que nous décrivons dans cet article, qui sont de "véritables rhinostomes , se nourrissant pour la plupart du suc des végétaux, et dont les antennes ne sont pas en soie ; et nous en avons cru devoir en séparer encore, mais comme formant le genre le plus voisin, celui des podicères , dont les antennes, en masse, alongées et coudées, servent comme de pattes à l'insecte, de sorte que le caractère de nos gerres peut être ainsi exprimé : Hémiptères a étytres demi-coriaces , croisées; à bec paraissant naître du front; à antennes longues en fii9 composées de quatre articles seulement; à pattes propres à la marche, très-longues, surtout les deux paires postérieures»

Ces caractères suffisent pour distinguer les gerres des autres insectes hémiptères de la même famille : en effet, les scuteU laires , les p en ta tomes , ont cinq articles aux antennes , qui sont en fil, comme dans les acanthies et les lygées; mais ces deux derniers genres ont les pattes d'une longueur médiocre, tandis qu'elles sont très-longues dans les gerres. Quant aux podicères et aux corées, la forme du dernier article des antennes, qui est en masse, suffit pour les distinguer au premier aperçu.

On aura une idée exacte de ces différences, en consultant les deux planches de l'atlas de ce Dictionnaire, qui sont consacrées aux trois familles d'hémiptères-rhinostomes, zoadelges et hydrocorées, dont les figures sont très-exactes. Le n.° 6

GER 5oi

de la planche des rhinostomes représente en particulier le gerre des lacs.

Les gerres ou gerris (car quelques auteurs ont conservé cette terminaison latine en françois) sont donc les premières espèces d'hydromètres de Fabricius. Ils vivent sous les trois états de larves , de nymphes et d'insectes adultes ou parfaits, à la surface des eaux, où on les voit courir rapidement et sauter par bonds en parcourant peu à peu des espaces égaux , ce qui leur a valu le nom d'hydromètres. Leur corps semble exsuder une humeur huileuse, qui les empêche de se mouiller.

1. re Espèce. Gerre des lacs; Gerris lacustris. C'est la punaise nayade de Geoffroy, dont nous avons donné la figure sous le n.° 6 de la planche précédemment indiquée. De Géer a donné l'histoire de ces insectes dans ses Mémoires, tome 3, pl. 3 1 1 , n.° 59, et la ligure, pl. 16, fig. 7.

Car. D'un noir brun en-dessus on voit trois lignes saillantes longitudinales sur le corselet; le dessous est couvert d'un glauque blanchâtre.

On trouve souvent le mâle , qui est plus petit, monté sur le corps de la femelle, et comme leur corps est linéaire, on ne distingue les deux insectes qu'au moment où ils se séparent. Il paroît que cet accouplement dure fort longtemps.

2. e Espèce. Le Gerre des marais; Gerris paludum. Il ressemble au précédent; mais il est d'un blanc mat, argenté en-dessous, et les bords de l'abdomen sont d'un fauve rouillé.

On le voit souvent sur le nénuphar, les potamogétons des étangs et de toutes les eaux tranquilles.

3/ Espèce. Le Gerre des fosses; Gerris fossularum. 11 est noir; le corselet et les élytres sont parsemés de points blancs mats et sa il la us.

4." Espèce. Le Gerre des ruisseaux; Gerris rivulorum. Il ressemble au précédent; mais l'abdomen est fauve en -dessous. Toutes ces espèces se rencontrent aux environs de Paris. (CD.)

GERRES (IchlhyoL), nom vulgaire du spare smaris. Voyez Picarel. (H. C.)

GERUMA BLANC {Bot.) : Geruma alba; Forsk., F/or. Arab.

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iïgypt. , pag. 62. Hante qui n'est encore que médiocrement connue, dont Forskal a fait un genre particulier, placé dans la pentandrie monogynie de Linnaeus , et que M. de Jussieu rapporte à la famille des méliacées. On n'en connoît encore que la fructification , sans autres détails , sinon que les feuilles sont alternes, ovales-oblongues, légèrement dentées.

Le calice est plan, inférieur, d'une seule pièce, petit, verdàtre, persistant, à cinq dents. La corolle est composée de cinq pétales blancs, lancéolés, tronqués, ouverts, trois fois plus longs que le calice; lesétamines, au nombre de cinq, droites , de moitié plus courtes que les pétales, soutenant des anthères droites, trigones; les filamens insérés sur le bord extérieur d'un anneau épais qui entoure l'ovaire. Celui-ci est globuleux, supérieur, enfoncé dans l'anneau qui l'entoure , surmonté d'un style fort petit ,^filiforme , terminé par trois stigmates rouges , étalés, cunéiformes, échancrés à leur sommet. Le fruit est une capsule ovale , à quatre loges (peutêtre à cinqp), qui s'ouvre en autant de valves, et renferme dans chaque loge deux semences ovales, insérées dans une pulpe blanche; une des semences avorte très-souvent. Cette plante croît dans l'Arabie. (Poir.)

GEKVILL1E , Gervillia. ( Foss. ) On trouve dans les couches du calcaire compacte des communes de S.lr-Colombe et d'Amfreville, département de la Manche, les traces d'une espèce de coquille bivalve qui ne se rapporte à aucun des genres connus.

Malheureusement on ne peut se procurer le test de ces coquilles , qui se sont trouvées dans une de ces localités où toutes celles qui étoient dans le cas d'être dissoutes ont disparu ; mais les moules, tant extérieurs qu'intérieurs, qu'elles ont laissés, sont si bien exprimés que l'on peut aisément en saisir tous les caractères. Voici ceux qui appartiennent à ce genre, auquel j'ai donné le nom de Gervillic.

Coquille bivalve , inéquilatérale , très-alongée longitudinal lement, un peu courbe et aplatie, bâillante très-probablement à l'extrémité antérieure où se trouve située la charnière et où chaque valve est un peu retroussée dans le plan de la courbure de la coquille. Trois fossettes obliques, qui ont dû contenir autant de ligamens, dont deux vis-à-vis les

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crochets, et l'autre un peu plus éloignée. Cinq à six petites dents obliques au-dessous des deux premières, deux longues parallèles et quelques autres plus petites au-delà de la troisième fossette. Une impression musculaire vis-à-vis de la charnière.

Ce genre n'a présenté jusqu'à ce jour qu'une seule espèce, à laquelle nous avons donné le nom de gcrvillie solénoïde , vu les rapports qu'elle a par ses formes extérieures avec quelques espèces de solens , mais avec lesquelles elle ne peut jamais être confondue. Sa longueur est de trois pouces sur quatre lignes environ de hauteur. On la trouve avec des ammonites et des haculites dans les communes ci-devant désignées, et dans l'île d'Aix, où elle a laissé aussi des moules intérieurs. (D. F.)

GES (Bot.) y un des noms japonois du citrus trifoliala , suivant M. Thunberg. ( J.)

GESEGEN (Ornilh.), nom turc de la linotte , fringilla linota, Linn. , suivant Gesner. (Ch. D. )

GÉSIEK. (Ornith.) C'est le troisième estomac des oiseaux, dont les muscles et les tendons sont foibles chei les rapaces et les carnivores aquatiques, et très-robustes chez les granivores, qui ont besoin de cet organe pour comprimer et achever de broyer les alimens , déjà ramollis dans le. premier jabot, et humectés dans le second par les sucs que des glandes y sécrètent. (Cu. D. )

GESNÈRE, Gesneria. (Bot.) Genre de plantes dicotylédones, à fleurs complètes, monopétalées, de la famille des campanulacées de Jussieu et de celle des gesnérées de Richard, de la didynamie angiospermie de Linnœus, rapproché desscœsola, et offrant pour caractère essentiel : Un calice à cinq divisions; une corolle monopétale, campanulée; le tube souvent courbé et resserré à son orifice; le limbe à cinq lobes ouverts, inégaux; les deux supérieurs concaves, les trois inférieurs planes ; quatre étamines didynames ; un ovaire inférieur; un style; un stigmate en tête. Le fruit est une capsule couronnée par le calice, à une loge, à deux valves, s'ouvrant ordinairement à leur sommet; deux réceptacles opposés, lamelle u x . en forme de cloison, chargés de semences nombreuses.

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Ce genre renferme de très-belles espèces, surtout par l'élégance, la grandeur et les riches couleurs des fleurs, la plupart d'un beau rouge écarlate , quelques-unes d'un jaune verdàtre, tubulées, souvent longues de deux pouces et plus; le tube courbé dans les unes, droit dans d'autres; le limbe à cinq lobes, grands, irréguliers ou courts, presque égaux. Dans plusieurs espèces les fleurs sont plus petites , disposées en épis terminaux , composés de verticilles* axillaires : dans le plus grand nombre les fleurs sont placées à l'extrémité de longs pédoncules axillaires, multiflores. Les feuilles sont opposées, quelquefois ternées ou quaternées; les tiges ligneuses ou herbacées. On voit, d'après cet exposé, que les espèces de ce genre diffèrent beaucoup entre elles par leur port, leur inflorescence; elles ne se conviennent que par les caractères de leur fructification.

Gesnère cotonneuse : Gesnera tomentosa, Liun. ; Jacq. , Amer. ,379, tab. \ jS , fig. 64 , et Icon.pict., tab. 361 , fig. 47; Laruck. , Jll. gen. , tab. 536, fig. 3; Gœrtn. , de FrucL , tab. 177; Gesneria, etc. , Burm. in Plum., vimer., tab. 1 34 ? Arbrisseau de quatre ou six pieds et' plus , dont les tiges , abondantes en moelle, sont revêtues d'une écorce grisâtre et ridée, divisées en rameaux étalés, cotonneux ou lanugineux, garnis de grandes feuilles, très-médiocrement p étiolées , lancéolées , crénelées sur leurs bords, âpres et ridées en - dessus, cotonneuses en-dessous, veinées, un peu glutineuses, longues d'un pied, larges de trois à quatre pouces; les pédoncules axillaires, longs de huit à dix pouces, rougeàtres, velues; leurs ramifications dichotomes à leur sommet, formant une cime en corymbe. Leur calice est ovale , blanchâtre , trèscotonneux, à cinq dents ovales, aiguës; la corolle, assez semblable à celle d'une digitale, est d'un rouge obscur à l'extérieur, couverte de poils courts et blanchâtres, d'un rouge jaunâtre en dedans. Le fruit est une capsule globuleuse , un peu ovale, cotonneuse, adhérente avec le tube du calice, couronnée par ses dents , à une seule loge, partagée par le réceptacle , s'ouvrant au sommet par un trou ovale , contenant un très-grand nombre de semences linéaires, trèspetites. Elle croît dans les îles de Saint-Domingue et de Cuba,

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Je suis porté à regarder comme variété de cette espèce le gesneria grandis de Swartz, Flor. Ind. occid. , a, pag. 1018, à laquelle cet auteur rapporte le synonyme de Plumier, cité plus hau t , arbrisseau qui s'élève quelquefois jusqu'à quinze pieds de hauteur, très-cotonneux. Les pédicelles sont souvent chargés de trois fleurs assez grandes, d'un vert jaunâtre; le tube de la corolle est dilaté à sa base, puis resserré, ventru vers son orifice, qui est purpurin ; la lèvre supérieure du limbe trèsgrande, bifide et réfléchie; les lobes de la lèvre inférieure ovales, égaux. Cette plante a été observée sur les hautes montagnes de la Jamaïque. «

On ne cultive , dans les jardins de botanique, que le seul gesneria tomentosa, que Ton multiplie par graines tirées de . son pays natal, ou par boutures, qui se font au milieu du printemps, prises au collet de la racine, placées dans des pots sur couches et sous châssis. On leur donne une terre substantielle, des arrosemens fréquens en été, modérés en hiver. Jl faut les dépoter au printemps et en automne, et leur fournir de la nouvelle terre. Dans l'été on les sort de la serre et on les expose au midi.

Geskère frangée : Gesneria fimbriata , Lamck. , Encycl. ; Burin . in Plum. , Amer., tab. 157; Craniolariafruticosa , Linn. Grand arbrisseau de Saint-Domingue, qui s'élève à plus de six pieds de haut sur un ou plusieurs troncs pleins de moelle. Ses feuilles sont tendres, alternes, lancéolées, cassantes, bordées de dents rares, un peu anguleuses, longues de six pouces et plus, élargies vers leur sommet, rétrécies à leur base. Les pédoncules sont nus, axillaires, latéraux, longs d'un pied , portant à leur sommet trois ou quatre fleurs pédiceliées, très- grosses, verdàtres en dehors, blanches en dedans, avec des taches couleur de sang. La corolle est ventrue, campanulée, un peu courbée, garnie dans le fond de poils très-blancs; le limbe rougcàtre, agréablement frangé; les divisions du calice longues, étroites, très-aiguës. Le fruit est une capsule ombiliquée , à deux loges, couronnée par le calice. * ,

Gesnère jaunâtre; Gesneria humilis, Linn.; Burm. in Plum., Amer., tab. i55, fig. 2; Digitalis folio oblongo, etc., Sloan., Jam,, i , tab. 104, fig. 2 j Lamck., 1U. gen.} pag. 536, fig. 2.

Arbrisseau de Saint-Domingue, à tiges basses. Ses racines sont épaisses, longues, diffuses, étalées, rougeàtres en dedans ; elles produisent quelques tiges à peine longues de deux pieds. Les feuilles sont éparses , sessil es , étroites, lancéolées : les pédoncules axillaires, rarneux à leur sommet: ils soutiennent des fleurs jaunâtres : la corolle recourbée, resserrée à son orifice; le limbe petit, irrégulier, ouvert, à cinq lobes.

Gesnère naine : Gesneria acaulis , Linn. ; Lamck. , IlL getu, tab. 536, fig. i; Sloan. , Jam., 1, tab. 102, fig. 1. Cette plante s'élève à peine de quelques pouces hors de terre, sur une tige très-basse, garnie de feuilles éparses, longues de trois ou quatre pouces, lancéolées, sinuées, dentées à leurs bords; les pédoncules axillaires, chargés de trois fleurs pédicellées; leur calice divisé en cinq découpures longues, aiguës ; la corolle d'un rouge écarlate. Cette espèce croît à la Jataaïque , dans les fentes des rochers. Le gesneria pumila de Svvartz, Flor. Ind. occid., 2, pag. io5o, a des rapports avec la précédente. Ses tiges sont à peine sensibles; ses feuilles presque sessiles, cunéiformes, longues de deux pouces, arrondies au sommet, rudes, crénelées; la corolle grande, blanchâtre, campanulée, couverte de poils rougeàtres. Elle croît à la Jamaïque.

Gesnère a feuilles rudes; Gesneria scabra, Svvartz, Flor. Ind. orient., û, pag. 1020. Arbrisseau de quatre pieds, dont les rameaux sont pubescens; les feuilles éparses, pétiolées, ovales-lancéolées, dentées en scie; les pédoncules axillaires et dichotomes; les pédicellcs chargés de trois petites fleurs d'un rouge de sang, ainsi que le calice, à découpures rudes, ovales, aiguës; le tube de la corolle cylindrique et courbé; les lobes du limbe presque égaux, ovales, aigus; les capsules obscurément pentagones, s'ouvrant à leur sommet. Celte plante croît sur les roches calcaires, à la Jamaïque. Le gesneria exserta, Svvartz, /. c, des mêmes contrées, est remarquable par ses étamines une fois plus longues que la corolle, par ses fleurs jaunes", longues d'un pouce, au nombre de trois sur chaque pédoncule ; ses feuilles sont glabres , ovaleslancéolées , crénelées.

Gesnère a grand calice; Gesneria calicina, Swartz, l. c.

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Arbrisseau de six pieds, garni de feuilles éparses, lancéolées ou ovales, glabres, acuminées, longues de quatre à six pouces. Les pédoncules soutiennent trois grandes fleurs blanches, pédiceUées : le calice est enflé; ses divisions ovales, aiguës. Le fruit est une capsule cylindrique , presque longue d'un pouce. Cette plante croit à la Jamaïque . ainsi que le gesneria ventricosa, Swartz, /. c»: arbrisseau de six ou huit pieds, dont les feuilles sont glabres, elliptiques, crénelées, acuminées; les pédoncules soutiennent trois ou quatre fleurs pédiceUées, en ombelle; les divisions du calice très- longues , droites, subulées; la corolle grande; ventrue, de couleur écarlate , un peu courbée, longue d'un pouce et demi; la capsule turbinée, s'ouvrant à son sommet.

Gesnère a corolle tubulée ; Gesneria lubijlora, Cavan., ïcon. rar. , 6 , tab. 584. Ses tiges sont tétragones , herbacées , tomenteuses; ses feuilles ovales -acuminées, crénelées, longues de deux pouces, blanchâtres ettomenteuses en-dessous; les fleurs a xi 11 aires , géminées ou ternées ; le calice tomenteux , à cinq découpures lancéolées; la corolle d'un rouge écarlate, tomenteuse, longue d'un pouce et plus, ventrue, tabulée; le limbe très-court. Elle croit à l'île de Panama. Le gesneria verlicillata, Cavan., Ïcon. rar. , 6 . tab. 585 , fig. 1 , a des tiges herbacées, velues; des feuilles presque sessiles, ovales, hispides en-dessus , tomenteuses en-dessous, longues d'un pouce, contenant dans leurs aisselles des fleurs nombreuses , verticillées , petites , velues, tubulées, de couleur écarlate. Elle croît au Pérou, ainsi que le gesneria spicata , Kunth in Humb. et Bonpl. , JVo»-. gen., 2, pag. 3c>3 , tab. 188 : sous-arbrisseau, à tige droite, pileuse, presque simple; les feuilles ternées, à peine pétiolées, lancéolées , oblongues, crénelées , acuminées , rudes en-dessus , tomenteuses en-dessous ; les fleurs verticillées, réunies en un épi terminal; leur calice hérissé; la corolle courte , tubulée, de couleur écarlate.

Gesnere élevée \ Gesneria clatior, Kunth in Humb. et Bonpl., No*;. gen.f 2, pag. 393. Plante de la Nouvelle - Andalousie , à tige herbacée, haute de trois pieds, pileuse, garnie de feuilles ternées, presque sessiles , crénelées , lancéolées, rude* et pileuses en-dessus , très-velues en-dessous, longues de près de trois ponces; les fleurs disposées en épis verticillés, de

couleur rouge , au nombre de trois à chaque verticille ; leur calice à cinq découpures ovales - lancéolées , égales; la corolle tubulée, pileuse; le limbe à deux lèvres; les anthères rouges. Le gesneria chelorùoides , Kunth , l, c. , de la Nouvelle-Grenade , remarquable par son calice n'adhérant à l'ovaire que par sa base, a des tiges herbacées, presque simples; des feuilles opposées, à peine pétiolées, oblongues, un peu aiguës, pileuses à leurs deux faces, blanchâtres en-dessous, à grosses dentelures , longues de trois pouces. Les fleurs sont de couleur incarnate, axillaires , solitaires ou géminées, formant un épi terminal; la corolle tubulée, hérissée en dehors, en bosse au-dessus de sa base ; son limbe à deux lèvres ; les lobes arrondis, égaux.

Gesnère des bois; Gesneria syUatica , Kunth, l. c, pag. 3g3. Cette plante croît sur les bords de la rivière des Amazones : elle s'élève à la hauteur de trois ou quatre pieds sur une tige simple, cylindrique, pileuse, garnie de feuilles ternées ou quaternées , presque sessiles , oblongues , lancéolées , acuminées, rudes, pileuses, entières, blanchâtres en-dessous; les fleurs pédicellées, réunies trois ou quatre en verticille, formant un épi terminal; le calice pileux, ses découpures lancéolées; la corolle d'un rouge écarlate , longue de six lignes, tubulée, ventrue, pileuse en dehors; le limbe à cinq lobes ovales , réfléchis.

Gesnère hérissée; Gesneria hirsuta, Kunth, l. c. , pag. 3g4 , tab. 189. Arbrisseau de la province de Cumana , daus l'Amérique méridionale, haut de quatre pieds, très-hérissé, muni de feuilles opposées, ovales-oblongues, acuminées, crénelées et dentées en scie, tomenteuses à leurs deux faces, purpurines à leurs bords et sur leurs veines, longues de trois pouces; les pédoncules géminés, axillaires, uniflores; les fleurs inclinées, longues de deux pouces et plus; les divisions du calice étroites, lancéolées, égales; la corolle tubulée , renflée vers son orifice , pileuse ; le limbe à cinq lobes arrondis , étalés, tachetés; la capsule uniloculaire, bivalve à son sommet. Le gesneria ulmifolia, Kunth , L c, de la province de Quito, diffère de la précédente par ses fleurs plus grandes , de couleur rouge; par ses feuilles ovales - aiguës , obliquement en cœur, rudes , relevées en bulles à leur face supérieure.

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Gesnere de Honda j Gesneria hondensis, Kunth , l. c. , pag. Sgô, tab. 190. Plante herbacée, très- élégante, s'élevant à la hauteur d'un pied sur une tige droite, couverte d'un duvet blanchâtre , lanugineux et soyeux. Les feuilles sont opposées, pétiolées, ovales -oblongu es, un peu obliques, acuminées,' un peu crénelées, aiguës à leur base, très-rudes en-dessus, blanchâtres et lanugineuses en-dessous, longues de quatre ou cinq pouces; les pédoncules axillaires, uniflores, géminés ou ternes vers l'extrémité des rameaux; les divisions du calice ovales, acuininées, égales; la corolle tabulée, d'un jaune verdàtre, hérissée de longs poils écarlates; le limbe à cinq lobes presque égaux, tachetés de pourpre; l'ovaire à demi inférieur. Cette plante croît proche Honda , dans le royaume de la Nouvelle-Grenade.

Gesnèae molle; Gesneria mollis, Kunth, /. c. , tab. 19 w Espèce de la Nouvelle-Grenade , dont les rameaux sont cylindriques et pileux; les feuilles molles, opposées, obliques, ovales-oblongucs , acuminées, arrondies à leur base, presque en cœur, dentées en scie et crénelées, fortement pileuses et pubescentes en -dessus, soyeuses et argentées en -dessous, longues d'environ trois pouces ; les pédoncules axillaires , solitaires, chargés de trois fleurs longuement pédicellées. Le calice est pileux, tomenteux , à cinq découpures lancéolées, égales; la corolle tubulée , d'un rouge écarlate, pubescente en dehors; le limbe à cinq lobes tachetés, arrondis, presque égaux, très -ouverts.

Gesneke a longues fleubs; Gesneria longiflora, Kunth , L c, pag. 396. Cette plante a beaucoup de rapports avec la précédente. Ses tiges sont hérissées ; ses feuilles opposées , obliques, ovales -aiguës, rétrécies à leur base en un pétiole court, veinées, réticulées, membraneuses, légèrement pileuses en -dessus, pubescentes en -dessous, longues de quatre à cinq pouces; les pédoncules solitaires, axillaires, bifides, à deux fleurs; les pédicelles longs de deux pouces; le calice lanugineux et pileux; ses découpures linéaires - lancéolées , égales ; la corolle tubulée , lanugineuse en dehors, de couleur purpurine , longue de deux pouces; les lobes presque égaux , tachetés de pourpre; les capsules pileuses. Cette espèce croit aux mêmes lieux que la précédente.

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Gesnère aloncéb ; Gesneria elongata , Kunth, 1. c, pag. $96, tab. 192. Ses rameaux sont tétragones , lanugineux , trèshérissés ; les feuilles opposées, pétiolées, oblongues, acuminées, aiguës à leur base, presque entières, un peu charnues, légèrement crénelées, rudes en -dessus, brunes et tomenteuses en-dessous; les pédoncules axillaires , longs de trois pouces, pileux, chargés de quatre fleurs en ombelle , munies de pédicelles longs d'un pouce; la corolle tubulée, de couleur écarlate , pileuse en dehors , tachetée sur son limbe à cinq lobes arrondis, presque égaux,- les capsules ovales, coniques, pileuses, uniloculaires, à deux valves. Cette plante croît dans le royaume de Quito. (Poir. )

GESSE; Lathyrus, Linn. (Bot.) Genre de plantes dicotylédones, de la famille des légumineuses , Juss. , et de la dia~ delphie décandrie , Linn., dont les principaux caractères sont les suivans : Calice monophylle, campanulé, à cinq découpures aigues , peu inégales ; corolle papillonacée , à étendard cordiforme et relevé, à ailes oblongues* et lunulées, à carène semi- orbiculaire, montante, un peu plus courte que les ailes; dix étamines, dont neuf ont leurs filamens réunis dans leur partie inférieure ; ovaire supérieur , oblong ou linéaire , comprimé , surmonté d'un style redressé , chargé, depuis sa partie moyenne, d'une ligne velue, et terminé par un- stigmate simple.

Les gesses ne sont qu'imparfaitement distinguées des vesces et des pois, et leurs caractères, fondés sur des particularités minutieuses , sont souvent difliciles à bien voir. « On peut « conjecturer, dit M. de Lamarck , que le faciès particulier « de ces plantes a plus servi à les rassembler sous leur genre « que la considération de leur fructification; en effet, les « larges stipules de presque tous les pois, et les folioles pe- « tites et nombreuses de la plupart des vesces, distinguent, « au premier coup d'œil , ces deux genres de celui des « gesses. » Toutes les plantes comprises dans ce dernier sont herbacées, annuelles ou vivaces; leurs feuilles sont alternes, ordinairement composées d'un petit nombre de folioles, ayant leur pétiole commun terminé par une vrille et muni de deux stipules à sa base ; leurs fleurs sont axillaires, solitaires ou disposées plusieurs ensemble sur le même

pédoncule , et en général d'un aspect agréable. On en connoît aujourd'hui une quarantaine d'espèces, dont près de la moitié croît naturellement en France; sept ont été trouvées en Amérique; les autres appartiennent à diverses contrées de l'ancien continent. Mous parlerons principalement des espèces utiles, et de celles qu'on cultive pour l'ornement des jardins.

* Pédoncules uniflores et bi/lores.

Gesse sans «eoilles : Lathjrus aphaca, Linn., Spcc, 1029 ; Aphace, Dod. , Pempt. , 5^5. Sa racine est fibreuse, annuelle ; elle produit une ou plusieurs tiges simples ou rameuses, grêles, foibles, hautes d'un à deux pieds, garnies de vrilles simples , dépourvues de folioles , mais munies à leur base de deux grandes stipules cordiformes, presque sagittées, d'une couleur glauque , opposées et paroissant tenir lieu de feuilles. Les fleurs sont d'un jaune clair, assez petites, solitaires sur un long pédoncule placé dans l'aisselle des vrilles. Cette plante est commune dans les moissons; elle fleurit en Mai et Juin. Les bestiaux l'aiment beaucoup, et elle améliore, comme fourrage, la paille à laquelle elle se trouve m tlée: mais, comme elle est d'ailleurs nuisible à la récolte des blés, les cultivateurs n'en doivent pas moins chercher à l'extirper de leurs champs, surtout quand elle y est très-multipliée.

Gesse chiche : Lathyrus cicera, Linn., Spec, io3o; Aracus sive cicera y Dod., Pempt., 5a3. Cette espèce, qui porte encore les noms de gessette , petite gesse ,jarossc , petit pois chiche, est annuelle: sa tige, haute d'un pied ou un peu plus, est anguleuse, glabre, garnie de feuilles pétiolées, composées de deux longues folioles lancéolées-linéaires, dont le pétiole commun est terminé par une vrille simple ou rameuse; ses fleurs sont assez grandes, purpurines, solitaires sur un long pédoncule; ses légumes sont ovales-oblongs, sillonnés sur le dos. Elle croît naturellement dans les champs du mid* de la France et de l'Europe.

La gesse chiche est cultivée en Espagne et dans quelques cantons en France , et l'on mange , dit-on , ses graines dans le premier pays. Cependant ces mêmes graines viennent

d'être signalées comme pouvant devenir un aliment trèsdangereux pour l'homme , quand elles sont introduites dan* le pain. Lorsqu'elles n'y sont que dans une foible proportion, il ne paroit pas qu'il en résulte de mauvais effets 3 mais, dans la dernière année (1817), où la disette s'est fait sentir dans beaucoup de départemens , quelques personnes en ayant mis dans leur pain plus que de coutume . les unes en sont mortes, les autres ont été frappées de paralysies incurables.

Gesse cultivée ou Gesse domestique ; vulgairement Pois- Gesse, Pois carré, Pois breton, Lentille d'Espagne : Lathy* rus sativus, Linn. , Spec. , io3o; Lathyrus sive Cicerula, Dod., Pempt., 522. Cette espèce est annuelle, comme la précédente ; ses tiges sont hautes d'un pied et demi à deux pieds, glabres comme toute la plante , ailées , garnies de feuilles composées de deux folioles étroites, lancéolées, à pétiole commun terminé par une vrille ordinairement trifide; ses fleurs sont solitaires, pédonculées, mêlées de blanc, de bleu ou de rouge, quelquefois d'une seule de ces couleurs; ses légumes sont ovales-oblongs , aplatis, chargés, sur leur suture dorsale, de deux rebords membraneux , et contenant chacun trois s quatre graines anguleuses. Cette plante croît naturellement dans les parties méridionales de la France et de l'Europe; elle fleurit en Juin et Juillet.

La gesse domestique est cultivée dans plusieurs endroits, soit pour fourrage, soit pour en recueillir les graines. Elle réussit mieux et produit des récoltes plus abondantes dans les pays méridionaux , où on la sème à l'automne , que dans les pays du Nord , où l'on ne peut mettre ses graines en terre qu'au printemps, lorsque les gelées ne sont plus à craindre. Quand on la cultive comme fourrage , on la fauche dans le moment où ses fleurs sont à moitié passées ; si c'est, au contraire, pour en avoir les graines, on attend que celles-ci soient parvenues à maturité , au moins pour la plus grande partie.

Tous les bestiaux aiment la gesse ; les bœufs, les vaches et les moutons la mangent avec avidité, surtout les derniers. Ses graines, soit bouillies, soit réduites en farine grossière, font aussi une très-bonne nourriture pour les mêmes ani*

maux, et surtout pour les cochons, qu'elles engraissent promptement : on peut également les donner aux poules et aux pigeons. Dans plusieurs parties du midi de la France la gesse est même employée comme aliment par les hommes , et elle fait, dans certains cantons, une grande partie de la nourriture des pauvres. Ses graines, sèches, cuisent difficilement, et sont d'une digestion laborieuse pour les personnes qui n'ont pas un estomac robuste ; mais elles se digèrent beaucoup plus facilement et ont un goût plus agréable, quand on les a réduites en purée, et surtout quand elles sont vertes.

Gesse anguleuse.; Lathjrus angulatus, Linn. , Sptc. , io3i. Sa racine, fibreuse, annuelle, produit une tige grêle, anguleuse, garnie de feuilles à deux folioles linéaires, ayant leur pétiole commun terminé par une vrille ordinairement simple. Ses fleurs sont violettes, bleuâtres ou rougeàtres , assez petites, solitaires sur des pédoncules beaucoup plus longs que les pétioles des feuilles, et prolongés en une longue pointe sétacée. Ses légumes sont alor.jés, peu comprimés, et ils contiennent souvent au-delà de douze graine. Cette espèce croît dans les moissons , et elle y est quelquefois tellement multipliée qu'elle leur devient très-nuisible. Les bestiaux la mangent avec plaisir, et l'on pourroit la cultiver comme fourrage.

Gesse odorante; vulgairement Pois a fleur, Pois odorant, Pois de senteur : hathyrus odorat us , Linn., Spec, io3a. Sa tige est anguleuse, rameuse, légèrement velue comme toute la plante; elle s'élève à la hauteur de trois pieds et plus, en s'attachant, ainsi que les espèces précédentes, aux corps qui sont dans le voisinage, au moyen des vrilles qui terminent les pétioles de ses feuilles. Celles-ci sont composées de deux folioles ovales ou ovales-oblongues. Les fleurs sont grandes, agréablement odorantes, portées deux à trois, les unes près des autres, à l'extrémité d'un long pédoncule ; elles se distinguent, parleurs couleurs, en deux variétés remarquables : dans l'une , l'étendard est d'un violet très-foncé , tandis que les ailes et la carène sont bleues; dans l'autre, l'étendard est rose, et les ailes et la carène sont blanches. Dans l'une et l'autre variété les légumes sont oblongs, presque 18. 35

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