GIO
dans l'Encyclopédie méthodique , avoit décrit et figuré sous la dénomination de Char , n'est outre chose que l'estomac d'une espèce dë bulle, la bulle-oublie , huila ligiïaria; et cependant Gioéni en décrivit les intpurs et les habitudes avec un assez grand nombre de particularités, dont nous croyons devoir donner l'extrait. «Étant , dit-il, à examiner les basaltes
. «volcaniques qui de l'Etna s'étendent à la mer Ionienne, les « pécheurs me montrèrent plusieurs multivalves dont la figuré «singulière me frappa, et qu'ils mè dirent ne cdnnoître que «depuis un assez petit nombre d'années et depuis qu'ils eta- «ployoient une espèce dé filet qùi racle le fund de la mer. «Comme il m'étoit impossible de reconnoître l'ahinial ainsi « contracté , je m'avisai d'en chercher de vivans. Je réussis «enfin à m'en procurer quelques-uns dans un vase rempli «d'eau de mer. Leur vie assez courte ne me permit que de « joindre quelques particularités à la description que j'en vais
» «donner.» 11 commence en effet par donner des détails nombreux et assez exacts sur l'extérieur et l'intérieur de ce prétendu animal; après quoi il ajoute : «Cet animal vit entiè- « rement caché sous le sable : pour en sortir, il se fait un «chemin avec son écusson (la plus petite pièce calcaire de «l'estOmac), qu'il meut ch tout sens, et par son moyen il «s'élève sur le trancliant des deux valves? il pose ensuite à «terre la trachée postérieure (c'est le commencement de l'iri- «testin), et dirige l'autre ( l'efsophage) verticalement. Le «même écusson sertau mouvement progressif: l'animal l'avance « en retirant la partie supérieure et la comprimant sur le sable ; «il se traîne ensuite lentement, mais avec tant de force qu'il «laisse derrière lui deux sillons formés par le tranchant de «ses valves, comme pourroit le faire un chai*. Il m'a semblé «qu'il pouvoit à peine faire une ligne de chemin eu huit se- « condes. Il se dirige en arrière par le même mécanisme, mais «encore beaucoup plus lentement. Dans ses mouvemens je «lui ai vu alonger la trachée supérieure et tàter le sol, peut- «être pour chercher ses alimens. Au moindre choc il la rentre « entièrement en dedans, en la mettant à couvert sous la partie «supérieure de l'écusson ; si le choc est plus violent , l'animai- «tombe sur l'un des flancs, tâchant de se creuser, à l'aide de «son écusson, un abri sous le sable. Dans cette position, et
« en le prenant entré les doigts , j'ai vu comment, avec le même « organe il petit couvrir et défendre à volonté les deux ouvertures sur lesquelles il se trouve.» Ces détails sur les habitudes d'un estomac, dont la description est réellement fbrt exacte, sont tellement circonstanciés , qu'il est peut-être permis de croire que, lorsqu'il est détaché immédiatement de l'animal, jl conserve encore quelque temps la faculté de se mouvoir, et que ce sont tes mouvemens particuliers que Gioéni a convertis en mouvemens de translation. Quoi qu'il en soit, les résultats de son erreur ou de sa supercherie Sont consignés dans une dissertation de 24 pages in-8.°, imprimée , en 1782 , à Naples, sous le titre de Descrizione di ana nuova famiglia e di un nuovo génère di testacei , trovati nel littorale di Catania da Giuseppe Gioeni , etc., avec une planche qui donne les figures détaillées de l'estomac sous toutes ses faces. (De B.)
GIOGLTO {Bot.), nom italien de l'ivraie Vivace , lolium perenne, selon Daléchamps , ainsi que de l'ivraie des blés, lolium temulentum , qui est aussi nommée loglio. (J. )
GIOJA (Ornith.), nom du coracias, à Turin , où lechoucas des Alpes est appelé gioja d'mountagna. (Cir. D.)
GIOL (Bol.), nom de l'ivraie, lolium temulentum, aux environs de Montpellier, selon M. Gouan. (J.)
GIOLET (Bot.), un des noms vulgaires de la momordique élastique. (L. D.)
GIORNA. ( Ichthjol. ) M. de Lacépède n donné ce nom à une espèce de raie que l'on a rangée depuis parmi les céphaloptères. Voyez ce mot. (H. C.)
GIP-GIP. (Ornith.) On appelle ainsi, au Brésil, une espèce de martin-pécheur , alcedo brasiliensis , Lath. (Ch. D.)
GIRAFE, GIR AFFE; Camclopardalis , I.inn. ( Mamm.) Nom dérivé du nom arabe girnaffa, et que les Européens ont adopté pour désigner le plus élevé des mammifères connus.
La girafe appartient à la famille des ruminans , où elle constitue, à elle seule, un genre qui, d'une part, a des rapports avec les cerfs, et de l'autre avec les antilopes. Elle a le front couronné, comme les premiers, de deux protubérances osseuses qui ne sont point revêtues de matière cornée, et, comme dans les seconds, ces protubérances, n'étant point caduques , restent consomment couvertes de peau et de poils.
Lorsque cet animal a acquis toute sa grandeur et qu'il relève sa tête, il a jusqu'à vingt pieds de hauteur, et il doit surtout cette taille considérable à ses jambes de devant et à son cou, qui leur est proportionné; son train de derrière est beaucoup plus bas que celui de devant , ce qui donne à son corps et doit donner à ses mouvemens un caractère tout particulier. Sa tête a des analogies de forme avec celle des chameaux; mais, ce qui la caractérise essentiellement, c'est l'élévation sphérique très-grande delà partie moyenne de son chanfrein. Ses organes de la mastication sont semblables à ceux des ruminans à cornes creuses, c'està-dire quïl a huit incisives inférieures et six molaires de chaque côté des deux mâchoires, et point de canines comme les chameaux , les chevrotains et quelques cerfs; sa lèvre supérieure est très-grande et très -mobile, mais entière et tans munie ; ses oreilles ressemblent à celles du bœuf, ainsi que sa langue, qui est couverte de papilles cornées. Du reste il a tous les caractères généraux des Ruminans (voyez ce mot). Son pelage est ras, gris, parsemé de grandes taches jaunâtres, en forme de parallélogrammes; sa queue, qui descend jusqu'aux jarrets, est terminée par une touffe de poils noirs; tout le long de son cou règne une crinière droite, alternativement composée de poils noirs et jaunes ; et les protubérances de sa tête sont garnies à leur sommet, qui est obtus, de poils roides et droits, qui y forment une sorte de brosse.
La patrie de cet animal est l'Afrique. Aujourd'hui, pour le trouver, il faut a' avancer dans l'intérieur de ce continent, où il paroit avoir été moins rare autrefois ; car depuis fort long-temps il n'en a point été amené en Europe , et les Romains en ont vu plusieurs. 11 a été décrit très-distinctement par Oppien et Strabon. Pline l'indique, et nous apprend que César le fit voir le premier à Rome aux jeux du cirque. Le nom de caméléopard lui avoit été donné par les Latins ( car les Grecs ne le connurent point), à cause des rapports qu'il a avec le chameau par son naturel et sa taille , et avec la panthère par ses taches.
D'après ce que la plupart des voyageurs rapportent, on voit que la girafe est un animal assez facile à apprivoiser , et comme il est très-fort, il ne seroit peut-être pas im-
GIR Sî7
possible de le soumettre utilement, en Afrique, à la domesticité.
Nous avons donné dans l'Atlas une figure originale de la girafe , faite d'après le squelette et la peau bourrée qui se trouvent dans le Muséum d'histoire naturelle. (F. C. )
G1RAFRA. (Mamm.) C'est ainsi que Jonston écrit le nom de la girafe. (F. C. )
G1RALDIEU (Ornith.), un des noms vulgaires de la ma* rouette, rallus porzana, Linn. (Ch. D.)
GIRANDETS et GIRANDOLES. (Bot.) Voyez Girolles. (Lem.)
GIRANDOLE (Bot.) , nom vulgaire sous lequel on désigne Yamaryllis orientalis , et la gyroselle , meadia dodecatheon. (L. D.)
GIRANDOLE D'EAU {Bot.), nom vulgaire de Vhottonia palustris. ( L. D. )
GIRARD (Ornith.) , un des noms vulgaires du geai commun , corvus glandarius , Linn. (Ch. D.)
GIRARD -ROUSSIN {Bot.), un des noms vulgaires de l'asaret d'Europe. (L. D.)
GIRARDE. {Bot.) On donne ce nom à une variété de la julienne des dames. (L. D.)
G1RARDEL. (Ornith.) L'oiseau auquel on donne ce nom dans les environs du lac Majeur, est rapporté, par Brisson , à sa grande barge grise , $colopax glottis , Linn. ; lotanus glottis , Bechst. , et chevalier aboyeur de M. Temminck. ( Ch. D. )
GIRARDELLA COLUMBA. {Ornith.) Nom que, suivant Aldrovande, lesMilanois donnent à la grinette , fulica nœvia, Linn., et gallinuia nœvia, La th. Brisson applique ailleurs le mot girardello au corlieu, scolopax phœopus , Linn. (Ch. D.)
GIRARDINE. ( Ornith. ) Dans le département de la Somme, on donne ce nom, que les Milanois écrivent giraldina, à la niarouette ou petit râle d'eau, rallus porzana , Linn. (Ch.D.)
G1RASOL. (Bot.) Les Portugais nomment ainsi le grand soleil des jardins1 , helianthus annuus, au rapport de Vandelli. Dodoens dit que le girasole des Italiens .est le ricin ordinaire , et Mentzel , que c'est le tournesol , crotum tinctorium. On trouve encore dans Clusius le nom de girasol, donné, sur la côte malabare. à une variété du fruit du jaquier de l'Inde,
artocarpusjacca, laquelle est regardée comme inférieure pour le goût à celle nommée barca. Un autre girasol, cité, par Linscot et C. Bauhin, est la variété de riz la plus estimée dans l'Inde ; celle dont on fait le moins de cas, est nommée chambasal. ( J. )
GIRASOL. (Afin.) Les joailliers, les lapidaires, les amateurs et les anciens minéralogistes ont donné ce nom à une variété de quarz ou de silex, dont la transparence est troublée par un nuage légèrement laiteux qui reflète une lumière aurore quand on la tourne vers le soleil.
M. de Bournon , qui a rassemblé une suite magnifique de variétés de cette pierre , pense même encore qu'elle doit constituer une espèce distincte et séparée du quarz et de la calcédoine , à laquelle il propose de conserver le nom de girasol. £n attendant que l'analyse et la forme cristalline, qui sont les seuls fondateurs de l'espèce en minéralogie , aient détruit ou confirmé l'opinion de ce savant minéralogiste, nous continuerons de ranger cette substance dans notre espèce Silex, à côté dei hydrophancs et des opales, avec lesquels le girasol a la plus grande analogie, puisque, d'une part, certaines variétés acquièrent de la transparence dans l'eau, et que ses reflets le disputent parfois à ceux de l'opale.
Les fabriques d émaux fournissent aux lapidaires une composition laiteuse où il entre une petite quantité d'étain , et qui imite fprt exactement le girasol naturel. Voyez Silex, Girasol. ( Brard. )
GIRASOL FEUILLETE (Bo£.), ou Girasole des Italiens, selon Micheli et Paulet : petit agaric blanc, à chapeau noir au sommet, avec de petites. zones circulaires, fauves, distinctes entre elles et cependant comme séparées les unes des autres, et à stipe creux et cylindrique. (Lem.)
GIRASOL ORIENTAL. (Min.) C'est le nom vulgaire du corindon-télésje , qui offre des reflets d'une légère teinte de rouge et de bleu sur un fond translucide et laiteux. Il ne faut pas le confondre avec le saphir astérie , qui présente l'image d'une brillante étoile à six rayons sur un fond d'azur. Voyez Corindon , Télésie , Girasol. ( Brard. )
GIRATORES. (Omith.) Cette dénomination latine est
donnée par M. de Blainvillç, dans «on Prodrome, à un prdre d'oiseaux comprenant les pigeqns , et dont les caractères sont d'avoir les pieds marcheurs , et l'extçrnc des quatre doigts à demi palmé. (Ch. D.)
GIRAU (Ornilh.) , nom du geai commun, coruus glandarius , J.irm. , dans Jes confins du Brabant. (Ch. D. )
GIRAUMONT. (Bot.) On donne ce nom à une variété de la courge- pepon. ( L. D.)
GIRAWECZ (Qrnith.) , nom illyrien de la grive mauvis, turdus iliacus, Linn. (Ch. D.)
GIRCHI. (Mamm.) C'est le nom d'un écureuil chez les Burates. ( F. C. )
G1RELLA. (Mamm.) Ruysch dit qu'on appelle ainsi, en Autriche, un animal qu'il rapporte aux rats et qu'il dit être de la grandeur d'une belette : on ne peut point le reconnoitre à ces particularités. (F. C.)
G1RELLA (Ichthj'ol.) , nom que, suivant M. Risso , on donne, à Nice, à son labre Giofredi. (H. C.)
G1RELLE, Julis. (Ichthyol.) M. Cuvier a récemment donné ce nom à un genre de poissons de la famille des léiopomes. Il l'a formé aux dépens de celui des labres des autres ichthyologistes , et il y place les espèces de ce genre qui présentent les caractères suivans:
Une seule nageoire dorsale; catopes thoraciques ; tète entièrement lisse et sans écailles ; ligne latérale fortement coudée vers la Jin de la nageoire dorsale ; ni épines ni dentelures aux opercules et aux préopercules.
Le type de ce genre, qui diffère des Labres proprement dits en ce que ceux-ci ont les joues et les opercules couvertes d'écaillés et la ligne latérale droite , est :
La Girelle de la mer Méditerranée : Julis vulgaris ; Labrus julis, Linn. Les deux dents de devant de la mâchoire supérieure plus grandes que les autres ; teinte générale d'un violet éclatant, relevée de chaque côté par une bande en zigzag d'un bel orangé ; nageoire caudale arrondie ; une bande jaune, une bande rouge et une bande bleue, placées Tune au-dessus de l'autre sur les nageoires (Jorsale et anale. Taille de trois à cinq ou six pouces.
Ce poisson , d'une forme élégante , et sur lequel brillent
56o èîlt
d'un doux éclat les couleurs les plus vives, est regardé généralement comme un des plus beaux des eaux de l'Europe. Il vit par troupes au milieu des rochers, dans la mer Méditerranée et dans la mer Rouge. Il est commun sur les rivages rie plusieurs des îles de l'Archipel de la Grèce. Sa chair est ferme et délicate. ïl se nourrit de petits crustacés et de frai de poisson . et il mord aisément à la ligne.
Il y a plusieurs variétés dans cette espèce. On croit pouvoir distinguer les individus mâles à deux taches placées Tune au-dessus de l'autre sur les premiers rayons de la nageoire du dos , et dont la supérieure est rouge et l'inférieure noire.
Il paroît qu'Aristote, Athénée, Élien etOppien, ont parlé de ce poisson sous le nom de tovXiç,
Les autres espèces rapportées au genre Girelle ont été partagées en deux sections.
§. i.w Girclles ayant des pores à la tète»
La Girelle a grandes écailles : Julis macrolepidota ; "Labrus rnacrolcpidotus , Bloch, 284, 2. Mâchoires également avancées ; tête courte et comprimée ; deux demi-cercles de pores muqueux au-dessous des yeux: nageoire caudale arrondie; écailles très-grandes , lisses, rondes; teinte générale jaune; nageoires nuancées de violet; des taches violettes sur les opercules, et quelques taches bleues à l'origine de la nageoire dorsale.
On croit que cette espèce vit dans les mers des Indes orientales.
La Girelle a deux raies : Julis bivittata ; Labrus hivittalus , Bloch, 284, 1. Toutes les nageoires pointues, excepté celle de la queue , qui est arrondie : tête large à son sommet et comprimée sur les côtés; front étroit ; dos et ventre rouges; côtés jaunes; nageoires nuancées de violet et de jaune; deux raies brunes le long du corps, l'une passant au-dessus de l'œil, l'autre sur le ventre.
Bloch a, le premier, fait connoître ce poisson, dont la patrie n'a point encore été indiquée.
. 1a Girelle a dedx bandes : Julis bifasciata ; Labrus bifas-
GIR 56i
ùiatus, Bloch, 283. Nageoire caudale en croissant ; dos gris; tête violette ; poitrine blanche; nageoires dorsale et anale rougeàtres, bordées de bleu; catopes et nageoires pectorales jaunes; caudale brune avec une grande tache bleue; deux bandes brunes transversales sur le corps ; bouche petite ; mâchoires égales et garnies d'une rangée de dents serrées , dont celles de devant sont les plus longues; yeux petits; iris vert ; écailles grandes , minces et lisses. Des Indes orientales.
La Girelle mélaptere , Julis melaplera , que Bloch a nommée Labrus melapterus, et qu'il a figurée sous ce nom dans son grand ouvrage, n'est, suivant M. Cuvier, que le coris angu* latus de M. de Lacépède. Nous en avons parlé à l'article Coris, et nous y renvoyons le lecteur.
§. 2. Girelles n'ayant point de pores sur la tête*
La Girelle du Brésil : Julis brasiliensis ; Labrus brasiliensis , Bloch, 280. Nageoire caudale trilobée, à premier et à dernier rayons prolongés en arrière; deux dents recourbées, et plus longues que les autres, à la mâchoire supérieure ; quatre dents semblables à la mâchoire inférieure ; deux ou trois lignes longitudinales bleues sur les nageoires dorsale et anale, qui, de même que presque tout le corps, brillent de l'éclat de l'or; nageoires pectorales et caudale blëues, ainsi que les catopes; écailles grandes et lisses.
Ce beau poisson , dont on trouve la description dans les manuscrits du prince Maurice de Nassau , vit dans les eaux du Brésil. 11 parvient à la grosseur d'une carpe et passe pour un manger délicat.
La Girelle croissant: Julis lunaris; Labrus lunaris, Linn. Nageoire caudale en croissant; tête large et oblongue j touche étroite ; opercules des branchies terminées en pointe et rayées de lignes blanches; tête de couleur. pourprée ; iris argenté ; corps cendré ; une tache oblongue sur chaque écaille; queue rousse; une ou deux raies pourprées sur les nageoires pectorales, dorsale et anale.
Des mers de l'Inde et de l'Amérique méridionale.
La Girelle tête- bleue: Julis cyanocephala ; Labrus cyanocephalus, Bloch, 286. Nageoire caudale arrondie; ligne lait. 36