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GIST SCHAN. (Mamm.) Chez les Tunguses c'est le nom di* chevreuil. (F. C.)
GITES DES MINÉR AIS. (Afin.) Les filons, les couches, les masses et les amas sont les principaux gîtes des substances minérales qui contiennent quelque matière propre aux arts et aux manufactures : ce n'est même que dans le sens d'utilité économique que Ton entend cette expression; car le quarz, la baryte, le mica, et une foule d'autres minéraux insignifians, ont aussi des gftes assez constans, et l'on n'attache aucune importance à les déterminer rigoureusement.
La connoissance du gîte des minerais fait la base de l'art du mineur ; car on ne doit point exploiter un filon comme une couche, un amas comme une masse, etc. Il importe donc infiniment de ne point les confondre ; et pour les reconnoître , ce qui n'est pas toujours aisé , on peut faire usage des observations suivantes, qui sont devenues leurs caractères dislinctifs.
i.° Les filons traversent obliquement les couches des montagnes qui les renferment, en formant avec elles des angles divers, mais qui approchent toujours beaucoup plus de la ligne verticale que de la ligne horizontale : ils sont donc postérieurs à ces couches, puisqu'ils les coupent.
Tout porte accroire que les filons ont été des fentes qui se sont remplies, soit par un liquide qui tenoit diverses substances en dissolution, soit par des matières terreuses ou des galets qui s'y sont précipités ? quelques-unes même sont restées vides. Dcsmarcts, pour distinguer les couche» métallifères des filons proprement dits, nomrooit les premières f Ions- couches , et les secondes fions -fentes. On a, dans le monde, une idée fausse de ces gîtes, qui y sont cependant assez connus de nom; on se les représente toujours comme des arbres dont le tronc seroit situé dans la partie la plus profonde de la terre, et dont les branches et les rameaux occuperoient les couches les plus voisines de la surface : mais ceux qui sont familiarisés avec les travaux souterrains des mines, savent parfaitement que les filons sont des fentes plates, remplies, d'une étendue indéfinie en longueur et profondeur, dont la largeur éprouve des variations fréquentes, et qui sont quelquefois accompagnées, en effet,
gît m
par d'autres fentes, subordonnées aux principales, et* qui peuvent être considérées , à la rigueur, comme des branche* ou des ramifications; mais, comme elles sont toujours plates, et jamais arrondies, la comparaison est absolument fausse. Duhamel père publia, en 1764, un Mémoire sur les filons, tendant à détruire cette erreur. (Voyez Filons.)
2.0 Les amas transversaux des minéralogistes françois, qui répondent aux stehende Strccke ftvs Allemands , ne sont que des filons puissans et raccourcis, relativement à la longueur des autres, qui s'amincissent rapidement en forme de coin, mais qui sont ordinairement d'une grande largeur à leur origine. On a remarqué que ce sont plus particulièrement ces sortes de filons qui se trouvent remplis par des roches ou des minérais d'alluvion, et qui contiennent quelquefois des débris de corps organisés , tandis que les autres sont remarquables par des druses ou cavités tapissées de cristaux, qui se présentent de place en place et dans les points où ils sont les plus puissans.
L'un des plus beaux exemples que l'on puisse citer de ces sortes de filons ou amas transversaux, est le gîte de la rnlamine de la grande montagne près d'Aix-la-Chapelle, qui a quarante mètres d'épaisseur et quatre à cinq cents de longueur.
3.° Les amas entrelacés. Les StochwerU des Allemands, dont nous ne pouvons donner une idée qu'en nous servant, avec » Duhamel, des expressions d'assemblages déveines, de rendezvous de filons, etc., sont des espaces de terrains, grands ou médiocres, d'une figure régulière ou irrégulière, quelquefois remplis de minéral avec sa gangue seulement, comme les filons ordinaires; d'autres fois composés de la réunion de plusieurs filons; et, enfin, il en est qui présentent une grande quantité de filons, branches, veines, fentes et rognons, inclinés tantôt d'un côté, tantôt de l'autre, et même par couches, le tout sans régularité ni suke constante, qui se joignent, se croisent et se coupent, tant dans leur direction qu'en profondeur, dont les largeurs ou épaisseurs sont par momens assez considérables et souvent très-petites** »■ ' ■ ■ —
1 Géométrie &oulerraiae àe Duhamel,, p. i5-
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D'après cette description , on peut se représenter un espace ou un bloc de roche concassé, pénétré de fentes et brisé dans tous les sens, dont les quartiers an roi eut été agglutinés ensuite par la matière qui forme les veines de ce singulier gîte.
Doit-on considérer le stockwerck comme appartenant à la famille des filons , et comme étant postérieur à la formation du terrain qui le contient ? Cest ce qui paroît le plus probable , mais on remarquera cependant que ce gîte diffère essentiellement des filons par son extrême irrégularité , par sa manière d'être, et surtout parce que la roche qui en sépare les différentes parties est elle-même imprégnée de la substance minérale qui fait l'objet de l'exploitation , en sorte qu'on est forcé d'admettre que, si les filets dont l'entrelacement compose le stockwerck ne sont point contemporains de la formation de la roche, ils Font au moins suivie de bien près et sont presque aussi anciens qu'elle : en effet, c'est principalement l'étain oxidé qu'on trouve dans cette sorte de gîte, et Ton sait qu'il partage, avec le molybdène et le schéelin, l'espèce de privilège exclusif de faire partie constituante des granits et de se trouver à la tête des minérais rangés par ordre d'ancienneté relative. L'un des principaux stockwercks qui aient été décrits, est celui qui constitue la fameuse mine d'étain de Geyer en Saxe : M. de Bonnard ne le considère cependant pas comme tel ; il n'y reconnoît point assez l'irrégularité qui caractérise ce gîte, et le range , en conséquence , au nombre des amas transversaux. Duhamel assure, en décrivant et figurant la mine de Geyer, que l'on n'accorde, en Allemagne, cette dénomination de stockwercks qu'aux gîtes qui ont plus de sept toises de largeur.
4.0 Les amas en rognons se trouvent engagés au milieu des couches d'un terrain, et en interrompent une ou plusieurs, suivant leur grandeur ou la puissance de ces mêmes couches. On peut s'en former une idée en les considérant comme des grottes ou des cavités créées avec les couches, mais remplies après coup, souvent par des substances stériles , souvent aussi par des minérais précieux. Il ne faut pas confondre les amas isolés avec les filons à rognons ou à chape-
let qui offrent des renflemens et des étranglemens succès* sifs : les masses minérales dont il s'agit ici sont absolument isolées les unes d'avec les autres, tandis que celles qui appartiennent aux filons sont pour ainsi dire attachées ensemble par des filets ou des fissures qui servent de guides aux mineurs pour passer d'un amas à un autre.
Ce gîte est un des plus difficiles à exploiter, puisqu'on est obligé de s'abandonner au hasard dans la recherche des amas, qui sont disséminés à travers le terrain, irrégulièrement et sans ordre. Plus ces amas sont étendus, moins ils sont nombreux; ce sont les Nierenweis des Allemands. La mine de mercure du Stahlberg, près Meissenheim, ci-devant département de la Sarre, en Palatinat, en est un exemple. Je ne confonds point avec les minérais disposés en masses par rognons , ceux qui sont disséminés en très-petits noyaux (Nierchen) dans toute l'étendue du terrain, et qui obligent à exploiter la roche elle-même, pour les en séparer ensuite par le lavage ou toute autre préparation mécanique : tels sont les minérais de cuivre carbonate nouvellement découverts à Chessy près Lyon ; les minérais de plomb des environs de Saint-Avoldt en Lorraine; ceux qui sont répandus dans le • grès de Bleyberg ( Roer), et qui semblent s'y être cristallisés comme les pyrites dans les schistes. En un mot, les amas par rognons supposent toujours une cavité souterraine d'une certaine étendue, qui auroit été remplie après coup, de manière que l'emplacement de ce gîte peut être contemporain , selon toute apparence, des couches du terrain , et que le minérai peut y avoir été déposé plus ou moins long-temps après. La rencontre de quelques cavités vides semble prouver que le minérai n'a point été déposé au moment de la formation des excavations, qui l'ont reçu par la suite.
Quant aux minérais disséminés , tels que l'étain , les pyrites , la galène, le cuivre, etc., il paroît qu'ils datent de l'époque où les roches qui les renferment se sont déposées ou cristallisées, puisqu'ils font partie constituante des granités, des fichistes ou des grès. Cependant l'existence des matières métalliques dans les terrains de transport, dans les grès, n'est point encore, ainsi que le remarque M. Cordier, expliquée d'une manière satisfaisante. « En effet , dit ce savant minéralogiste ,
* en parlant du gisement du cuivre carbonate* de Chessjr, « il ne s agit point ici d'un gîte où tous les élémcns peuvent « être regardé* comme étant incontestablement contempo- « rains. Les bancs métallifères, comme les bancs environnans, « font partie d'un puissant terrain composé de matériaux « évidemment transportés. Si la matière métallique est con- « temporaine du dépôt , on ne conçoit pas pourquoi elle H ne s'est pas également répartie dans la roche, du moins « dans chacune des assises qui en renferment : si elle s'est « intiltrée postérieurement , on ne voit pas comment elle « a pu trouver les vides que supposeroit la pureté d'une « partie des masses.' »
5.° Les couches ou bancs. Si l'on tient beaucoup à distinguer les bancs d'avec les couches, ce qui est assez inutile, on pourra dire que les couches sont moins épaisses que les bancs; mais on conçoit que cette distinction, purement artificielle, est illusoire, puisqu'on ne sauroitdire à quelle épaisseur la couche commence à devenir banc, et réciproquement. L'usage a cependant introduit une sorte de distinction entre l'un et l'autre : on dit un banc de pierre, un banc de grès , et une couche de houille , une couche d'argile , etc. Au reste , les bancs et les couches se distinguent essentiellement des 61ons, en ce qu'ils sont contemporains et parallèles aux autres assises de la montagne ou des terrains; qu'ils en font partie, et qu'ils semblent avoir été déposés pendant la période durant laquelle ils se sont formés. Les couches sont moins sujettes que les filons à subir des alternatives de rétrécissement et de développement ; en effet, il est assez naturel de penser qu'une fente ou une cavité quelconque qui s'est remplie après coup , et qui est le produit d'une cause violente ou anomale , doit présenter un bien plus grand nombre d'inégalités de puissance ou de richesse qu'une couche qui s'est déposée et nivelée régulièrement en se consolidant r aussi trouve-t-on beaucoup moins d'accidens, de druses et de cristallisations, dans les couebes que dans les filons. Les bancs n'offrent point de ramifications
l Ann. <Us mines, toiu, 4, p. 19.
comme les filons : cependant il arrive souvent , surtout dans les couches de houille , qu'elles subissent des replis sur ellesmêmes, des inflexions ou des ondulations; qu'elles sont interrompues par des filons stériles, et qu'on ne les retrouve qu'au-dessus ou au-dessous du point où elles ont disparu : mais une partie de ces irrégularités accidentelles sont postérieures à leur formation, et communes à toutes les couches du terrain dont elles font partie. (Voyez Failles,)
6.° Les masses. Lorsque les couches acquièrent une épaisseur extraordinaire qui dépasse de beaucoup celle qu'on est convenu tacitement de leur accorder, quand plusieurs couches de même nature se succèdent et ne sont séparées que par de très -petits filets de substances hétérogènes, elles prennent le nom de masses. Ce gîte, qui est extrêmement riche, puisqu'il offre toujours une grande quantité de minérai cà extraire , présente cependant tant de difficultés dans le cours de son exploitation, quand on ne peut opérer à ciel ouvert, qu'on pourroit souvent lui préférer une couche de moyenne épaisseur; car, si l'enlèvement complet du mi-» itérai formant un gîte est une condition dictée par le bien, général et par l'intérêt des générations à venir, cette sage prévoyance est souvent onéreuse pour l'exploitant, qui, commençant l'attaque, doit prendre le gîte par le pied, ou du moins dans la partie la plus basse possible, pour remonter ensuite, en ne laissant rien ou presque rien en arrière.
Les masses se trouvent au jour, ou dans l'intérieur de 1* terre : dans le premier cas, elles constituent souvent des collines entières qui sont exploitables à ciel ouvert; et dans l'autre , on ne peut les attaquer qu'à l'aide de puits ou de galeries.
Les gypses de Paris , l'aluminite de la Tolpha , le sel gemme de Cardonne en Espagne, et un grand nombre de mines de fer en roche, appartiennent aux masses externes; tandis que plusieurs houillères et les vastes salines de la Pologne sont des masses internes et souterraines, qui exigent tous les secours de l'art, et qui , malgré les plus grandes précautions, sont sujettes aux catastrophes les plus affreuses.
7.0 Les dépôts extérieurs, ou les alluvions, A tous les gîtes*
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qui précédent , dont les uns sont étrangers aux terrains qui les renferment, et dont les autres font partie intégrante de ces mêmes gisemens, Ton doit ajouter ceux qui constituent des alluvions plus ou moins anciennes , et qui renferment aussi des minerais plus ou moins précieux. Ce gite, qui repose indistinctement sur toute espèce de terrain, comprend une partie des minérais de fer limoneux et marécageux, les sables stanifères , aurifères et platinifères, de l'ancien et du nouveau monde ; ceux qui fournissent une partie des di amans, ainsi que les saphirs, les spinelies, les topazes, les cymophanes et les autres pierres précieuses qui sont versées dans le commerce. Les dépôts extérieurs dont il est ici question , sont formés par des sables ou des graviers provenant des montagnes environnantes, ou appartenant à des révolutions anciennes qui se rattachent aux dernières époques du vieux monde ; ils constituent le fond d'un grand nombre de plaines ou de vallées, et sont souvent traversés par des fleuves qui les entraînent au loin et charient les substances précieuses qu'ils renferment.
Une grande partie de l'or qu'on extrait annuellement de l'une et l'autre Amérique, provient, suivant M. de Humboldt, des terrains d alluvion que l'on lave continuellement et très en grand. Beaucoup de rivières et de fleuves roulent des paillettes de ce précieux métal, et le plus gros morceau qui ait été trouvé au Choco, fut retiré du lit d'une rivière (il pesoit 2$ livres). Il en est de même du plus gros diamant qu'on ait trouvé au Brésil , et qui appartient au roi de Portugal : on le rencontra dans le ruisseau de l'Abatte (voyez Or, Diamant). Le platine, ce métal si précieux pour les arts et les sciences, se trouve, en Amérique, dans un terrain d'alluvion qui occupe une surface de six cents lieues carrées, et l'on exploite plusieurs mines d'étain dans les terrains de transport d'Angleterre, d'Allemagne, etc.
L'origine des substances minérales précieuses qui se trouvent dans le sable des rivières, a piqué la curiosité des minéralogistes et des gens les plus étrangers à cette science. Rien ne sembloit aussi naturel et même aussi probable, en effet, que de trouver de l'or en place en remontant les ruisseaux ^ui en charient des paillettes; mais, en Europe, du moins»
ces espérances de fortune se sont toujours évanouies. Le problème est encore à résoudre , et la récolte des grains d'or qui se trouvent dans les sables du Rhin, du Rhône, de FArriège, etc., est abandonnée depuis long-temps à ces hommes qu'on nomme orpailleurs , parce qu'ils font métier de laver les sables aurifères dans des jattes de bois.
MM. Napione et de Bournon pensent que For des aliuvions provient de la décomposition des pyrites aurifères , dans lesquelles, en effet, il n'est point combiné, mais simplement mélangé; en sorte que l'oxide de fer qui teint ordinairement les sables où Ton trouve de l'or , seroit le résidu de cette même décomposition. Cette explication , qui est très-plausible pour les grains ou les simples paillettes, n'est pas aussi satisfaisante pour les grosses pépites qu'on trouve aussi dans les mêmes terrains de transport, et que l'on ne sâuroit guère supposer avoir été contenues dans des pyrites. Quant à l'or des rivières, l'on pense généralement qu'il existe dans des aliuvions qui sont traversées par ces courans d'eau dont ils forment le lit dans certaines parties; ce qui explique assez bien la richesse passagère et locale des fleuves, qui cessent d'être aurifères, quand on les remonte au-delà de tels ou tels points. Le Rhin cesse d'être aurifère quand on dépasse Strasbourg en allant vers Bàle.
A l'égard des diamans, Ton sait aujourd'hui qu'ils se trouvent en place dans une espèce de poudingue ferrugineux qui a peu de consistance; et il n'est pas fort étonnant que l'action d'un courant désunisse cette roche simplement agglutinée, qu'il isole les diamans et les charie avec les autres élémens de leur gangue : aussi une partie de ceux qu'on trouve aux Indes et au Brésil se rencontrent-ils dans le lit de plusieurs grandes rivières qu'on détourne pour fouiller leur lit. (Voyez Diamant.)
Une partie des pierres gemmes se trouvent dans des sables ferrugineux , titanifères , volcaniques ; d'autres semblent étrangères à cette origine, et appartiennent, selon toute apparence, aux terrains primordiaux. M. de Bournon, en considérant la parfaite conservation des cristaux de ces belles substances pierreuses , pense qu'elles ont été fort peu roulées, et qu'elles proviennent de la destruction d'un filon
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voisin du lieu où on les trouve aujourd'hui, et qui les auroit toutes recelées. En effet, cette brillante réunion de saphirs, de topazes, de rubis, de cymophanes, de tourmalines de toutes couleurs, ont dû nécessairement Composer des groupes, des d ruses analogues à celles que nous trouvons en Europe; car leur pureté, leur volume, la perfection de leurs angles et de leurs faces, démontrent assez qu'elles ont occupé des espaces favorables à la cristallisation, à moins, cependant, qu'on ne veuille supposer que toutes ces substances aient été engagées, comme les grenats, dans des roches talqueuses, friables , qui se seroient détruites : mais la rareté des cristaux complets exclut cette opinion , et fait revenir à l'idée des cristaux groupés ou implantés. 1
Le Brésil, le l'égu, le royaume d'Ava et Ceilan sont les principaux lieux où l'on trouve les gemmes dites orientales; on les apporte en Europe , et particulièrement en Angleterre et en Portugal, avec une telle abondance qu'il n'est point rare d'en voir des sacs remplis : ce sont surtout les topazes que l'on vend ainsi à la livre; mais l'on doit biea penser que ces parties (car c'est ainsi qu'on les nomme) contiennent peu de belles pierres , et que celles-ci se vendent séparément et à la pièce. C'est à un de ces sacs, qui arrivoit des Indes et qui étoit rempli de saphirs, que Ton doit le beau travail que M. de Bournon a publié sur la réunion de cette gemme au corindon et à l'éméril. Je ne cite ces exemples que pour donner une idée de l'abondance extrême de ces gîtes. Le petit ruisseau d'Expaiily , près de la ville du Puy, département de la Haute-Loire, présente aussi, dans son sable ferrugineux volcanique, un grand nombre de «rcons et quelques saphirs. L'on en trouve également dans le territoire volcanique de Léonédo , dans le Vicentin.
Si tous les gîtes qu'on vient de décrire étoient toujours bien caractérisés dans la nature, il ne seroit pas permis de prendre un filon pour une couche, un amas pour une masse, etc.; mais il existe tant de gîtes mixtes ou différemment embrouillés, qu'il n'est pas possible, même aux gens de "
i Le comte de Bottrnon, Catalogue du cabinet particulier du Roi,
l'art les plus exercés, de déterminer rigoureusement à quelle espèce ils' doivent Être rapportés : aussi les différens gîtes qui ont été cités ne doivent-ils être considérés que comme des types parfaits, autour desquels viennent se rattacher tous ceux qui s'en rapprochent plus ou moins.
Les différentes modifications des gîtes en apportent nécessairement dans le mode d'exploitation qui leur est propre. Tantôt le mineur se traîne dans des couloirs de quelques pouces de hauteur, pour n'enlever que la partie utile et diminuer les frais d'extraction : tantôt il divise son travail en massifs, qu'il attaque ensuite de front ou par échelons; il ménage des piliers qui partent de la partie la plus profonde des travaux, et qui se prolongent à de grandes hauteurs, mais dont les intervalles sont soigneusement remblayés. Ailleurs il s'élève sur ses propres déblais, en laissant dans l'intérieur toute la gangue stérile, et n'envoyant au jour que les minérais déjà choisis. Il traverse les masses solides dans tous les sens, les excave avec une hardiesse dont il est souvent victime; produit des vides immenses que de légers piliers, réservés à regret, soutiennent à peine, et qui donnent à ces antres souterrains cet aspect pittoresque et architecturel que les voyageurs décrivent et qu'ils embellissent souvent du fruit de leur brillante imagination.
Le feu, le fer, la poudre et l'eau même sont employés pour arracher à la terre les minérais contenus dans leurs gites. Avant la découverte de la poudre , et à l'époque où les forêts étoient plus communes qu'elles ne le sont aujourd'hui, on attendrissoit avec le feu les roches qui résistoient à l'effort du pic et des coins; peut-être même les faisoit-on éclater en jetant de l'eau dessus avant qu'elles ne fussent refroidies. La tradition, l'histoire du rocher d'Annibal; l'examen des vieux travaux, où la trace du feu est encore évidente; et, enfin, l'usage que l'on en fait encore dans quelques exploitations d'Allemagne, ne laissent aucun doute à ce sujet. Le tirage à la poudre a remplacé trèsavantageusement cette ancienne méthode, qui devoit entraîner les plus grands inconvéniens dans les travaux souterrains ; mais on ne doit pas , cependant , la considérer comme étant tout-à-fait dépourvue d'avantages, puisqu'on
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s'en sert encore dans un pays où Fart des mines est porté à un point de perfection qu'on chercheroit vainement ailleurs.
La poudre est employée avec le plus grand succès pouf briser les roches vives et entières, ou pour ébranler celles qui sont crevassées. Lorsque l'explosion a eu lieu (ce que l'on opère , comme on le sait, au moyen d'une cartouche de deux à trois onces que Ton serre dans un trou rond , fait au moyen d'un fleuret), l'ouvrier reconnoît toutes les parties qui ont été ébranlées au son qu'elles rendent sous le marteau. L'effet plus ou moins grand d'une mine tient beaucoup plus à l'intelligence avec laquelle le mineur Ta dirigée, qu'à la quantité de poudre employée. Toutes les pierres ne se cassent pas avec la même facilité : aussi doit-on proportionner la profondeur du trou, la force de la cartouche, et l'épaisseur du bloc que l'on veut détacher, à la qualité de la roche. Les outils du mineur varient aussi avec le gîte qu'il exploite; mais les principaux, ou ceux qui sont communs à presque toutes les localités , sont , pour l'usage de la poudre, les différentes sortes de burins, de fleurets ou pistolets aciérés, les bourroirs simples ou à terre grasse, les curettes, les épinglcttes et les petites masses . pour les roches crevassées , ce sont les pics aciérés, les coins, les leviers et les batterans ou grosses masses ; pour la houille, ce sont de petits pics très-pointus et effilés, des coins pyramidaux, des pelles, etc. Les pointes et les pointerolles ne sont guère employées qu'à entailler les cavités carrées qui sont destinées à recevoir l'extrémité des pièces de bois servant à consolider les différentes parties des travaux souterrains.
L'eau ne sert qu'à extraire directement le sel qui est contenu dans les gypses et les terres argileuses où il se trouve souvent mélangé. On pratique, à cet effet, dans ces terrains salés, de grandes excavations souterraines qu'on nomme salons : l'on y amène de l'eau douce ou de l'eau peu salée, détournée de quelque source intérieure; on l'y fait séjourner jusqu'à ce qu'elle ait acquis le degré convenable de salure, et on la conduit ensuite aux ateliers, où l'on en opère l'évapo ration.
Je ne puis entrer dans les détails techniques-de l'art d'exploiter les divers gîtes des minéraisj j'en ai dit assez pour