BU SUREAU. (C. D
ALOSE. On a donn% ce nom à plusieurs gros poissons du genre des clupëes ou harengs , principalement à ceux qui remontent de la mer dans l'embouchure des fleuves et des rivières : on a ensuite conservé ce nom à une seule espèce qui vit dans TOcéan et la Méditerranée , et qui remonte dans les fleuves de TEurope. Voyez CLuriiE et HAftENe. (F. M. D. )
ALOTTE ou Anaie , nom mexicain du hixa orelUmap JL Voyez Rocou. (D. P.)
ALOUATTA et Alouatts, nom d'une espèce de singe t
d'Amérique appelé autrement singe hurleur , simia senicu" ius^ L, Nous avons appliqué ce nom à une division du genre des singes, remarquable par la forme pyramidale de . ' '^ ' aa tête, la hauteur de sa mâchoire inférieure, le tambour osseux formé par son os hioïde , et qui donne k sa voix un son terrible et lugubre , mais qui pour tout le reste ressemble aux sapajous. Voyez Singe. (C) —
ALOUCAIOUA, nom caraïbe de la casse velue, caMa hirsuta , L. , selon Surian. ( J. ) .
ALOUCALOUA, nom caraïbe d^un mélastome , melastoma Umbrosa , Sw. ( J* )
ALOUCHE, nom donné dans la Bourgogne au cratagus aria, espèce d'alisier. (J. }
ALOyCHI, nom donné, selon quelcpies auteurs, à une gomme-résine tirée du cannellier blanc. (J.) ^
ALOUE, nom de l'alouette en vieux françois. (Ch. D. ) /'\
ALOUETTE, Alauda. Les Caractères attribués k ce genre ^^' . f
par les divers naturalistes^ sont d'avoir le bec cyliudrî- ^
que, en alêne, la langue fourchue à sa pointe, les narines \
k demi couvertes , quatre doigts dénués de membranes , et / -
l'ongle du doigt postérieur beaucoup plus long que lea ' , / -^
autres, presque droit ou seulement un peu courbé ça des* sous. .Ces oiseaux ont aussi le plymage gris ou sombre, marqué de grivelures plus foncées à la gorge , au cou et k la poitrine. Mais lorsqu'on examine avec soin les différentes espèces dont ce genre est composé , on est forcé de •
convenir qu'il exige des changemens. Outre que les caciques et les hoche* queues ont aussi l'ongle du pouce plus long^que les autres, le bec des alouettes proprement dites est robuste , un peu allongé ; celui de la calandre est gros , court et conique ; et les alouettes pipéies ont le bec mince et en alêne, avec une légère échancrure à l'extrémité de la mandibule supérieure, comme les hoche -queues.
* Les alouettes proprement dites , auxquelles l'éperon
^i^ droit et long donne beaucoup de facilité pour courir dans
^ les terres labourées, sont des oiseaux pulvérateurs , qui
vivent dans les champs, s'y nourrissent de graines et d'her-
\ bes, ne se perchent pas , chantent en s'élevant dans lea
I airs, et ne voyagent point. Les alouettes pipéies, dont Té-
peron est un peu recourbé , vivent communément dans les
^ ^ bois et les haies, se perchent sur les branches, font leur
principale nourriture de petits insectes , ont les mêmes habitudes et le même chant que la plupart des fauvettes, «t se rendent dans les pays chauds aux appi'oches de l'hiver.
Les formes et les mœurs présentent donc des différences essentielles dans les espèces réunies sous le genre Alouette ; mais sans s'occuper ici de le diviser, on se bornera à éta» blir des sections.
Premiers Sectioit. Alouettes ordinaires.
Caract Bec robuste , un peu conifue ; tète non Tuippée.
Alouette commune, Alauda arvensis^ Linn., pi. enluni. de Buffon, n.^ 363, fig. i. Sa longueur, depuis le bout du bec jusqu'à celui de la queue, est de six pouces dix lignes et de six pouces seulement jusqu'à l'extrémité des pattes. Le dessus du corps est couvert de plumes brunes , bordées de gris; l'oiseau hérisse quelquefois celles de la tête, qui ont alors l'apparence d'une petite huppe. Une bande étroite de blanc roussâtre passe au-dessus des yeux. La goi^e est blanche ; tout le dessous du corps est d'un blano-rouSsàtre , avec des taches longîtlidinales brunes sur la partie infé^ rieure du cou et sur les c6tés. Les pennes de l'aile sont brur.es et ont le bord extérieur fauve et la pointe blanchâtre. La queue, fort longue dans cette espèce 9 est four-
cbue; les deux pennes extérieures sont blanches en dehors; les intermédiaires ont en dedans une teinte brune qui devient plus foncée sur celles du centre. Le demi -bec supérieur est de couleur de corne j Tinférieur blanchâtre. Les pieds sont gris-brun.
Le mâle 9 dont le plumage est un peu plus brun que celui de la femelle » quoique sa queue ait plus de blanc , a une espèce de collier noir. L'un et l'autre ont l'estomac charnu et assez ample, relativement au volume du corps y et deux très-petits cœcum.
L'alouette commune se trouvé dans toute l'Europe et néme dans une grande partie de l'ancien continent On en connoit plusieurs variétés 9 dont l'une, de couleur isabelle, devient blanche en vieillissant : une autre est d'un *''
brun sombre et rougeàtre , tirant sur le noir. Voyec pour '-s^
cette dernière» les planches enluminées de Buffon, n.^ 650, fig. 1. Sonnîni pense que l'alouette k longs pieds ,. a/aud^ longipesj donnée comme simple variété pai* Latham , forme une race constante, dont le mâle chante étant posé à terre. On en a vu aussi dont les mandibules croisées faiaoient respectivement une saillie de trois lignes à leur pointe ; mais ces variétés accidentelles ne se perpétuent pas.
Le printemps commence à peine à paroitre que l'alouette célèbre son retour par des chants d'allégresse. Dès Taurore et pendant toute la durée de la belle saison, le mâle fait entendre sa voix mélodieuse , qui n'est interrompue que dans les temps de pluie ;. et contré l'usage ordinaire des autres oiseaux, c'est en volant et en s'élevant* v*'" jnéme presque perpendiculairement, ^'il produit ces sons ^^^ dont la force augmente k mesure qu'il s'éloigne et dont W-^f l'oreille est encore agréablement frappée quand les yeux ^\ jt l'aperçoivent à peine. Après s'être long-temps soutenu en ' ^ l'air, il descend lentement, eik diminuant sa voix; lorsqu'il est à peu de distance de la terre , il reste quelques instans comme suspendu, et va ensuite se poser en filant , ou se précipite avec la vélocité d'un trait, surtout quand il est menacé par les oiseaux de proie.
L'imagination se platt à ne considérer les chants de cet nusicien ailé que comme inspirés par des désirs amou-
reux, et à ne voir dans les cercles qu'il décrit pendaat son élévation verticale , que le but de découvrir des femelles'et de les exciter à de tendres ébats $ mais, sans chercher à altérer une image aussi riante , on ne peut s'epipécher de regarder comme un simple amusement ces exercices qui se perpétuent bien au - delà de Tépoque consacrée aux amours. Quoi qu'il en sort, la femelle fé- \^ condée fuit promptement son nid entre deux mottes de
4îv^ terre, et le compose d'herbes et de racines sèches. Les
champs de blé , de trèfle ou de luzerne , sont les lieux qu'elle xhoisit de préférence. Sa ponte est de quatre à cinq œufs tachetés de brun sur un fond grîsàtre, qu'elle céuve pendant quatorze ou quinze jours. La mère nourrit les petits de vers, de chrysalides, de fourmis, de chenilles, etc. Après leur avoir donné la becquée pendant quelques jours, elle les instruit à chercher eux-mêmes leur nourriture, et les fait sortir du nid avant qu'ils soient couverts de plumes; mais lorsqu'ils ne sont pas rassemblés sous 9es ailes, elle ne les perd pas de vue, et dirigeant leurs mouvemens, veillant aux dangers, elle est sans cesse occupée de pourvoir à leurs besoins. L'alouette ne 'fait en général dans notre climat que deux pontes par an , aux mois de Mai et de Juillet ; elle en fait trois en Italie, et une seulement en Silésie , suivant Schwenckfeld.
Les alouettes habitent de préférence les terres élevées et sèches pendant l'été, et la plaine pendant Thiver, saison durant laquelle elles se réunissent en troupes nombreuses : près- ^y -que toujours à terre, elles mangent alors continuellement et
deviennent très-grasses, tandis qu'en été, volant et chantant ^fy sans cesse, elles sont fort maigres. Pendant les plus grands
^ froids , et surtout lorsqu'il y a beaucoup de neige , elles
J;.^.!t . se réfugient sous des rochers , dans quelque caverne , et le
^ ^ long des fontaines qui ne gèlent point et où elles trouvent
des vermisseaux ; elles mangent aussi des brins d'herbes , et cherchent leur nourriture dans le fumier de cheval qui tombe le long des grands chemins. Une disette absolue les détermine même à s'approcher des villages, et à pénétrer jusque dans les maisons, où, maigres et exténuées, elles se laissent tuer à coups de perche.
Quoique les' Viîouettes ne di8p.aroiasent jamais enti : ment de nos contrées» des naturalistes prétendent < . 'S'en fait des émigrations partielles ; mais , malgré les : constances sur lesquelles ils fondent cette opinion , il ' pas encore prouvé que les alouettes rencontrées en mer : aient pas été entraînées par des coups de vent, et : celles qu*on croit avoir vu arriver en certains pays < I gnés n'aient pas été des alouettes indigènes , chang i seulement de canton. 11 suffît d'avoir la certitude qu'a > i*étre retirées pendant la plus grande rigueur du froid < i des expositions plus abritées , elles reviennent en a grand nombre dès que le temps est plus calme, et < i leur arrive même de disparoftre subitement au printen | lor^qu^aux jours doux qui les ont fait sortir de leurs traites succèdent des froids très-vifs, pour conserver q i ques doutes sur ces pttsMges réguliers et volontaires au-( des* mers, et ces voyages de long cours, bien plus di ciles à expliquer qu'une absence momentanée ^ et a : dentelle.
Les alociettes s'élèvent dans des cages que Ton couvri toile pour empêcher qu'en sautant perpendiculairen elles ne se cassent la tête , et dans lesquelles on met sable fin, où ces oiseaux aiment à se rouler pour se di vrer des petits insectes qui les tourmentent On parv assez aisément à apprivoiser celles qu'on a prises au :: dans le mois d'Octobre, et qu'on nourrit de chènevis d'autres graines. Lorsqu'on veut en élever de jeunes , faut d'abord leur donner une pâtée faite avec de la i de pain et de la graine de lin, de pavot, ou de chèni; écrasé, que l'on détrempe dans du lait. On peut suli tuer aussi de. la viande hachée aux graines. Les jeu alouettes sont susceptibles d'apprendre à chanter et d lier leur ramage naturel de tous les agrémens que ne mélodie artificielle peut y ajouter : on en a vu à Paris i qui siffloit distinctement sept airs de serinette. Le ch du mâle n'acquiert, au reste , tout son développement qi 'près la deuxième année; il en vit ordinairement nei dix en captivité , mais il est sujet à l'épilepsie.
Les alouettes grasses ^ connues sous le nom de mauvieti
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aIoaetfe»9 aa a feeoan aa auiair, poar les attirerTen IVadml oa Faa ert placé, etUt càaae derîeat plas ajiRahlt^ et faa eft à portée d*ca preadi^ Inea daraat^e. Cet iaftnnaeat est aa atoieeaa de bois de aeaf à dix de loa{9 plat et d^eariiaa deax paaccs de laigr ioas, et feraïaatea detmi le dos d^&ae, aoapasarraadi* nais partagé ea plasieafs paas étroits, de mcae qac les extrémités, qai sont coupées ea talas oa plaa très^iadiaé. Dans eliaena de ces paas soat iacrasftés dirers petits aiorceatix de glace, aiastiqoés daas des eatailks dcstiaécs poar les recTToir. Ce aiiroir est percé par dessoas , dans soa milieu f d'un troa profond d*aa ponce , daas leqael entre une lyrodie de fer, un peu moins grosse que le petit doigt, laquelle est emmancliée dans une bobine quVIle dépasse par en bas coaune par en haut. Un piquet d'an pied de long, enfoncé en terre, et percé en baut d*nn trou Tertî- ^ *«^ cal d'enriron deux pouces de profondeur, reçoit daas ce
trou Fautre extrémité de la broche; et au moyen d^ane ficelle enridée autour de la bobine, un homme assis par terre à une certaine distance dans un trou qui le cache en partie 9 ou dans une loge ourerte par dérant, tenant en main le bout de la ficelle , fait tourner le miroir à yolonté, i peu près comme ces moulinets que font les enfàas daas une coque de noix. Lorsque , attirées par les éclairs
4le lumière qui jaillissent de tous côtés , les alouettes viennent papilloter en Tair autour de rinsti^ument, on les tire SLvec facilité.
Comme le jeu de ce miroir exige la présence d'une per* Bonne occupée à le faire tourner, ou en a imaginé d'autres qui peuvent être maintenus en mouvement par le chasseur lui-même 9 soit au moyen de ressorts pareils à celui d'un tourne - broche et qui se remontent de la même manière, soit à Taide d'une ficelle placée dans la main du chasseur 9 mais qu'il n'est obligé de tirer que rarement, parce qu'un petit ressort très-flexible, attaché au plateau et âlont les deux extrémités touchent par intervalles le demicercle de fer qui le soutient en équilibre , y perpétue ua balancement études oscillations suffisantestpour le jeu de la lumière. H y a encore une autre sorte de miroir, où deux cordes à boyaux sQXkt envidées d'un senfl^ contraire sur la même bobine. A chacune de ces cordes* est attachée une iicelle de longueur égale à la distance qui se trouve entre Tendroit où est placé le chasseur et le miroir. Tandis que l'on tire une ficelle, l'autre s'envide, et il sufiBtde renou-^ vêler cette action deux ou trois fois par quart-d'heure.
Lorsqu'au lieu du fusil on emploie pour prendre les alouettes le filet qui porte leur nom, le' concours de deux personnes n'est pas nécessaire ; mais afin d'attirer encore plus puissamment ces oiseaux , on les fait appeler par d'autres alouettes attachées à un piquet, que l'on nomme moquettes. A cet effet on se transporte dans la matinée sur un terrain aplani , où l'on tend , dans la direction du vent, deux nappes à mailles en losange, de huit toises de longueur sur huit pieds de largeur. L'espace laissé entre les deux nappes doit être égal à celui qu'çiies rempliroient étant fermées. Le miroir se plante aux deux tiers du filet, et beaucoup plus près de l'oiseleur est fiché le piquet auquel est attachée la moquette. Quand on n'a pas encore pour cet effet d'alouette vivante, on emploie une fausse moquette , qui consiste dans deux ailes d'alouette attachées à une petite baguette fort légère , et qu'on remplace par la première alouette prise. A environ* trente pas du file^, l'oiseleur pratique un trou , qui se- nomme forme , dans lequel
il s'assied ; c'est à ce trou qu'aboutissent les cordeaux du filet, et. les ficelles destinées à faire tourner le miroir et à agiter la moquette .- Foiseleur trouve ainsi un appui pour ses pieds au moment où il juge convenable de renverser les nappes sur l'imprudente alouette qui a donné dans le piégCi
Lorsque, le temps est sombre et fiçoid^ les alouettes voient par troupes sans s'éleyer , en rasant , pour ainsi dire , la ^ terre, ou la rfdant, en terme d'oiseleur. De cetle expression est venu le nom de ridée, donné à une autre manière d'employer les mêmes filets. On les dispose bout à bout^ de façon k les faire agir à volonté j et l'on place des moquettes au milieu. Des traqueurs qui battent la campagne font lever les alouettes et les poussent doucement vers les nappes, où elles sont encore attirées par des oiseaux de leur espèce. L'oiseleur, placé dans sa loge, tire alors les cordes et fait tomber le filet
Pendant les nuits peu obscures du mois de Novembre | on fait une autre chasse aux alouettes avec le traîneau, filet de huit à dix toises de longueur sur environ trois de largeur, aux deux extrémités duquel s'attachent des perches. Lorsqu'on se dispose à cette chasse $ on se prpméne vers le soir le long des pièces de terre ensemencées ou en friche , pour observer les endroits où les alouettes vo-. lent par bandes ; et c*est là qu'on se transporte avçc le traîneau , que deux personnes vigoureuses , qui marchent * vî(e , portent i la hauteur d'environ deux pieds , et dont le bout traîne par terre afin de faire lever les alouettes. liOrsqu'on entend quelque chose voltiger , on laisse tombes la perche de devant et l'on visite le filet.
Si cette chasse est un peu fatigante , il n'çn est pas de ^éme de celle qui se fait, pendant les grands- froids > aux lacets ou collets. Après avoir observé les lieux où les alouettes se plaisent davantage, on y jette del'oige, du froment et de l'avoine ; on plante ensuite avec des piquets ,. le long des sillons, des ficelles de quatre k cinq toises de longueur , auxquelles sont attachés des lacets faits de deux crius de cheval , disposés en nœuds coulans et un peu «couchés sur la t^rre à quatre doigts d'éloignement i'uii
de Tautre. On se promène ensuite à quelque distance pour faire. lever les alouettes et les conduire vers les filets, où ; d'ailleurs Li vue du grain les attire et les retient. Elles s'embarrassent bientôt les pieds dans les lacets, qui se ser-rent par les efforts qu'elles font pour en sortir , et où l'on prend aussi d'autres oiseaux, qu'on ne va ramasser que lorsqu'on juge la proie assez copieuse.
La tonnelle murée est aussi une des méthodes employées pour prendre les alouettes. Cette tonnelle , qui doit avoir au moins dix pieds de haut à son, embouchure, sie porte après le coucher du soleil sur le lieu où l'on a remarqué ces oiseaux , dont on prend le dessus de deux ou trois cents pas. On plante un fort piquet au fond d'un sillon^ et, la tolinelle étant déployée, on y attache sa queue. L'un des chasseurs marche ensuite vers les alouettes, en étendant le filet , et fait en sorte que la tonnelle soit tendue avec force. A côté d'elle il dresse ses filets en demicercle ou en biaisant, et continue dans un espace de sept à huit toises. La dernière perche s'attache au bout avec quatre à cinq cordes garnies de plumes, lesquelles, espacées l'une sur l'autre , doivent former une sorte de mur. Quand ces préparatifs sont achevés, on fait un grand tour pour aller joindre les alouettes par derrière à environ cent pas. Deux ou trois personnes marchent en serpentant de côté et d'autre \ chacune va courbée et en silence. On prend garde Surtout que toute la troupe d'alouettes se suive ; car s'il en demeuroit une derrière les chasseurs , elle prendroît son vol et seroit suivie de toute la compagnie. Quand on remarque qu'elles s'arrêtent et qu'elles lèvent la» tête , c'est un signe manifeste qu'elles ont peur ; on recule quelques pas pour les rassurer , et on se couche à terre jusqu'à ce qu'on les voie chercher à manger. On continue ensuite à les suivre jusqu'à ce qu'elles s'approchent de la tonnelle, où elles s^arrétent un moment, aussi bien que les chasseurs. Dès qu'une d'entr'ëlles y a pénétré, on court après : bientôt elles entrent toutes* On jette un chapeau dans la tonnelle , pour les faire entrer avec précipitation jusqu'au fond ; en même temps on ferme à la hâte le devant de la tonnelle, et le gibier est pris*
loo ALO
La cha»e aux fourchettes se fait arec toutes les sortes de filets 9 pourvu qu'ils soient grands et n'aient pas les mailles trop écartées. Avant de partir , on fait provision de trois ou quatre doutaines de fourchettes de bois, ai- ^isées par le bas , de la grosseur du petit *^doîgt et de la hauteur d'un pied. Muni de cet équipage, on se rend a« champ où Ton a vu des alouettes : on se promène; et dés qu*on en découvre quelques bandes, on tourne trois ou quatre fois tout autour , d'abord dans un intervalle de cent pas , ensuite on s'approche insensiblement jusqu'à trente. Tant qu^on tourne , il ne faut point s'arrêter ; car ce seroit le moyen d'épouvanter les oiseaux et de leur faire prendre leur essor. On doit encore observer qu'il faut marcher courbé, et aller de cMé et d'autre, comme une vache qui paît. Quand on a pris toutes ces précautions , on déploie son filet, et on Tétend à cent pas des alouettes, k travers les sillons d'une pièce de terre , observant que le côté ouvert regarde les oiseaux. On prend ensuite ses fourchettes, on les pique toutes droites en terre, à la distance de deux pieds les unes des autres , et on les range le long d'une corde : quelques-unes doivent servir pour soutenir le filet au milieu , et on a soin que deux de ses côtés et le derrière traînent k terre, pour empêcher les alouettes de s'échapper. Quand tout est ainsi disposé, on chasse devant soi le gibier, comme dans la méthode précédente; et quand il est sous le filet, on déplante les fourchettes qui sont sur le devant, afin- qu'il soit fermé comme dans une cage.
On fait encore en automne , surtout dans le département de la Meurte , une autre chasse avec des gluauivç mais si elle rapporte quelquefois jusqu'à cent douzaines d'alouettes, elle exige aussi de grandes dépenses. Il faut pour cela préparer quinze cents ou deux mille gluaux, qui sont des branches de saule droites, d'environ quatre pieds de hauteur, effilées d'un bout , et enduites de glu k l'autre dans la longueur d'un pied. Ces gluaux se plantent par rangs parallèles dans une plaine en jachère où il j a beaucoup d'alouettes. Les rangs doivent être assez espacés pour qu'on puisse passer entre deux sans toucher lea
gluaux, qui <rnt un piea aintervaiie enire enx, ci aoiveni être tellement plantés qu'ils restent à plomb dans la même situation tant qu'on n'y touche pas, et tombent quand l'alouette y touche. A chaque bout du csrré long que fannent ces gluaux , et dont un cAté fait face au terrain où sont les aioueltes, on place un drapeau' qui sert de point de vue aux chasseurs. Ceux-cî, partagés en deux dëtachemens égaux, qui ont chacun un chef, s'étendent en ligue circulaire, et forment à environ une demi<Ueue un cordon qui ae resserre en avançant et dont le centre doit se trouver, à l'instant où le soleil se couche , k environ trois cents pas du front des gluaux. Alors on marche avec plus de circonspection, quelquefois méoie on se couche ventre k (erre à la voix du chef, et les aioueltes, qui ne s'élèvent à cette heure- là que de trois ou quatre pieds, se jettent dans les gluaux, tombent avec eux et se prennent à la main. Quand le temps le permet, on forme du c6té opposé un second cordon de cinquante pas de profondeur, et l'on ramène les alouettes qui avoïent échappé. On attrape quelquefois des compagnies de perdrix dans ces chasses et même des chouettes ; mais ces rencontres sont désagréables, en ce que le bruit extraordinaire qu'elles occasionnent fait prendre aux alouettes un vol plus élevé. Le passage d'un lièvre enb-e les gluaux auroit le même ineonvénient.
Alovette calandke, Aiauda oaUindra, L, pi. enlum. de BufT. tt.* S65y fig. 3. Cette espèce, plus grande que l'alouette commune, est aussi nommée grosse alouette r^alouette des bruyères , et dans la ci-devant Provence, couiBssade:. Elle a sept pouces trois lignes de longueur. Son bec , d'un gris pâle , est court et beaucoup plus gros que celui de toutes les autres espèces, de ce genre. Les plumes qui couvrent h tête et tout le dessus du corps, sont brunes et bordées de gris : la gorge est blanche. Il y a sur la poitrine un collier noir, et au-dessous plusieurs petites taches de la même couleur. Dans d'autre» individus le collier et les petites taches sont remplacés par une grande plaque noire; ee qui distingue peut-être les mâles de» femelles. Le vedtre est Elanc , ainsi que les couvertures du dessons de la queue. Les tarses et les ongles sont d'un gris blanc. Cette-
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espace > ^i se trmrre dans le midi de la France , ea Italie , en Sardaigne et en Espagne y YoIe ordinairement seule -, elle nielle à terre comme 1 alouette ordinaire , pond quatre ou cinq cmfs , et ne vit qu*environ cinq ans.
Cet oiseau foint à un chant naturel très -agréable, le talent de contrefaire le ramage des autres oiseaux; mais ^ est bon qu'il y ait été exercé dans son ieune âge , et pour Ts, cela on prend au nid des petits , que l'on nourrit d'abord
avec de la pâtée composée en partie de coeur de mouton , et ensuite de graines brojées avec de la mie de pain. Il faut aussi placer dans la cage un plâtras sur lequel les ealandres s'aiguisent le bec, et du sablon où elles se roulent
Alouette a csavate jaune, Alauda capensis^ JL, pL enl. de BuflT. n.** $04, fig. a. On trouve au cap de Bonue-Espé» rance cette espèce , dont la longueur est de huit pouces et le plumage d*un brun varié de gris ; la goi^e et le haut du cou d'un bel orangé , bordé d'un cercle noir ; les sourcils jaunes ; le ventre d'un blanc jaunâtre ; les pennes des ailes brunes, avec une bordure jaune aux premières et grise aux suivantes ; celles de la queue de la même couleur, mais les quatre plus extérieures de chaque côté, terminées de blanc. Il ne faut pas confondre cette alouette avec le cacique fer a cheval de l'Amérique.
AtouÊTTE A BAUssE-coL NOIR, Alouda alpestris ^ L. , pi. 33, tom. 1*' de Catesby, Hist. Carol. Cetta> espèce, qui est de la taille de l'alouette commune, dont elle imite aussi le chant , a le bec et le sommet de la tète noirs ; le dessus du corps et les pennes des ailes et de la queue d'un rouge-bai , marqué de raies obscures. Une bande jaune, qui part du bec, passe sous les jeux , sVtend sur la gorge et le cou , et est entourée d'un cercle noir qui forme 'un hausse -coL La poitrine et tout le dessous du corps sont d'une couleur de paille foncée $ les pieds et les ongles noirs. La femelle diffère du mâle en ce que sa tète est simplement nolrâftre, et son dos gris avec des raies brunes.
Cette espèce , qu'on notnmé aussi alouette des dunes , alouette d'hiver, alouette de neige, se trouve dans l'Ame- Tique septentrionale, la Russie , la Pologne, la Mongoliie :
elle voyage ^n Ifonpes, se nourrît d'herBe», 3*avoîne ci d*autres grains , se tient à terre et chante peu ; elle est très-bonne à manger.
L'alouette à ceinture de prêtre ou alouette de Sibérie, éLlauda fiava^ L. , représentée n.^ 65o, fig. d, pi. enlum. de Buff. , et Talouette mongole, alauàa mongolica^ L., paroiâsent n*étre que deux synonymes de cette espèce.
Alovetye sikli, Alauàa africana ^ L., pi. enlum. de BnflT. y n.^ 713. Cet oiseau, du cap de Bonne - Espérance a hnit pouces de longoeur. 5on bec noir et allongé a unt* courbure qui avoit déterminé Lacép'ède à le placer parmî les promérops ; mais il en diffère bea;acoup et se rapproche des alouettes par la longueur de son ongle postérieur. Son plumage est varié en dessus de brun , de roux et de blanc ; la partie inférieure, blanchâtre, est parsemée de taches noU ràtres oblongues.
Deuxième Section. Alouettes huppées^
Caract. Btc robuste^ allongé.
Alouette cochevis, Alauda eristata ^ JL, , pi enlum. de BufT. n."* 5o3, fig. 1. Cette espèce, qui porte aussi les Àomi d'alouette des chemins, alouette cornue, alouette crétée, grosse alouette huppée , alouette des vignes , alouette de Brie , galcritc verdange, a six pouces neuf lignes de longueur totale. Les plumes qui couvrent la tête et tout le dessus dii eorps , ont le centré d'un gris foncé et la bordure plui claire. La huppe est formée de neuf à dotize plùitïçs éti'oi-* tes, un peu allongées, et qui s'inclinent en arrière au gré de l'animal. Sur les côtés de la tête, à la hauteur- des yeux ^ est une bande d'un blanc rôiïssâtre: tout le dessous est d'ua blanc obscur, avec des grivelures d'un brun foncé stir la partie inférieure du c6u et sur les flancs. Les ailes sont d'un gris brun : les deux pennes caudales iitterinédlaire^ sont brunâtres , lavées de roussàtre ; les autres sont d'ua., brun foncé tirant sur le noir. Lé bec , brun en dessus y blanchâtre en dessous, est long et présente une courbure qui s'augmente avec Tàge. Les pieds et les ongles sont d'uù gris blanchâtre. Vne tête plus gro9$e, un heà plus tott e%
4iit
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film âc utnr tar la poitrine, sont les maïquts distînctivcs du mile. Les alouettes cochev^is se plaisent sur le bord des ehemins et des fossés, où elles cherchent dans le crottin de cheval des crains qui n'ont pas été di^rés ; elle» fréquentent aussi les environs des villages « et se posent sor les tas de fumier , sur les murs de clôture ; on les Toit peu au milieu des champs, hk femelle fait , dès les w premiers jours du printemps, un nid qu^ellc place à terre
prés des chemins ; elle j pond quatre à cinq ceufs qui ont ttne grande quantité de taches noirâtres sur un fond cendré clair« Le cochevis ne vole pas en troupes , et ne change pas de demeure pendant Thiver. Quoique Tespèce ) soit bien moins commune que ralouctte ordinaire , on en trouve dans la plupart des contrées de FEurope, surtout dans les parties tempérées. Son chant naturel est plus doux que celui de Talouette commune, et il a une singulière aptitude pour retenir en peu de temps les airs qu'on lui a appris»
On prend ces oiseaux dans Tautomne aux collets y an tral'
' nean et avec le filet à nappes. Les petits s'élèvent avec du
coeur de bœuf ou de mouton haché menu , du chènevis
écrasé et du millet ; mais ils s'accoutument difficilement
à la captivité et vivent peu de temps en cage.
Alouette lvlxj^ Alauda nemorosa, GmeL, pi. enhim. de Bu£fl n.^ 6o3j fig. 2. Cette petite alouette huppée diffère de la précédente par sa taille , qui est d'un tiors plus petite , et par ion bec droit j un peu aminci. Sa huppe est à proportion plus longue que celle du cochevis. Son piumagC} brunâtre en dessus, est blanc en dessous, avec une rangée longitudinale de petites grivelures brunes, descendant de l'angle du bec sur chaque côté de la gorge. Ses pieds sont rougeâtres.
On la trouve dans plusieurs départemens de la France» tn Allemagne, en Italie , en Hollande, en Angleterre. Son chant ne consiste qne dans un cri désagréable, qu'elle fait entendre en volant; quelquefois elle contrefait asses mal celui des autres oiseaux. £lle court par troupes dans les champs; mais elle se tient plus ordinairement dans des endroits fourrés f dans les bruyères j et même dans les bois :
!C*e8t là qu*elle fait son nid , et presque jamais dans les blés. 5es œufs sont roussÂtres, avec des taches brunes et noires.
Alousttb coquilladb y Alaudà undatA, Gmel. , pi. enl. de Buff. n.* 66a. Cette espèce, que sa taille et ses différentes proportions rapprochent de l'alouette cochevis ^^ a six pouces neuf lignes de longueur. Ses yeux sont entou<* Tés de blanc. Sa tête est ornée de quelques plumes noires au centre et bordées de blanc » qui se redressent en huppe. Sur tout le dessus du corps le centre des plumes est d'un brun noir, et la circonférence d'un reux clair. Les gran« des couvertures des ailes sont noirâtres, terminées de blanc. Les pennes des ailes et de la queue, brunes au milieu ^ ont les bordures fauves, excepté dans quelques-unes des premières, où elle est blanche^ Le fond du plumage est blanchâtre sur toutes les parties inférieures du corps; il y a cependant une légère teinte rousse sur la gorge : mais ce qui distingue plus particulièrement cette espèce, ce sont les taches noires et transversales qui forment une sorte de plastron sur le haut de la poitrine, dont le bas, ainsi que les côtés du cou , offrent des taches longitudinales brunes. '
Cet oiseau , qui se trouve dans le midi de la France y et aurtout dans le département des Bouches -du- Hh6ne, vit de chenilles , de sauterelles et d'autres insectes. 11 chante dès la pointe du jour. Le mâle , plus fidèle que dans les autres espèces de ce genre , ne quitte pas sa femelle ; et tandis que l'un des deux cherche sa nourriture , l'autre veille à la sûreté commune.
Alouette ruppiîe du Sénégal, Alauda senfgaUnsis ^ GmeL, pi. enlum. de Buffon , n.^ 5o4, fig. i. Cette espèce, qu'on nomme aussi grise tte ou cochevis du Sénégal, est de la taille de l'alouette commune. Sa huppe ressemble à celle du cochevis : les plumes en dessus du corps sont brunes , bordées d,e gris ; le dessous du corps est blanchâtre , avec quelques taches J>runes sur le devant du cou. Les pennes des ailes sont d'un gris brun bordé de cendré. La queue ^ d'un gris roussâtre en dessus, a les deux pennes intermédiaires grises, les latérales brunes, et la plus externe de chaque côté d'un blanc roussâtre.
Elle habite au Sénégal , et se perche sur l'es arbres*
.^ ^««•!»^« du Malabar, Alamia nMlahanea^ 'GmtlL
^ ^ . ^ A «fté décrite par Sonnerat, dans son Voyage
. •. A la Chine, tom. ^^ pi. ii3, ûg. i» Elle a
.^v> '^fee«f lignes de longueur totale. Son bec c#t
:«At»pe est formée de plumes brunes, terminées
^ xaâ«le blanche ; celles du cou sont d^un roux clair,
..««; i>«iBde longitudinale noire. Les plumes ^fui coa*
« 4 partie supérieure du corps, sont brunes au centre
«a.»âàtres à la circonférence ; elles ont une tache blan^
.1 leur extrémité. La gorge et le ventre sont d'un Uanc
Tboisieme SmcTtoK. Ahnteiies pipiles.
v^amet. Bce mince , drot^ , suhulé : queue aUongée ; pas àe huppe
sur la UU,
AiOOEiTE PIPI, Alauda trivialisy L. , pi. enl. de Buffbn, a^^ 661 9 fig. 3. Elle a la taille et à peu près le port d'une bergeronette de printemps. Sa longueur est de cinq pouces et demi. Les plumes du dessus de la tête et du corps ont le fond brun et la bordure oliv&tre ; celles du dessous sont d'un blanc jaunâtre , avec quelques grivelures longitudinales noirâtres sur la poitrine et le ventre. Les ailes , d'un brun noirâtre, sont traversées par deux bandes blanchâtres. Les pennes de la queue sont brunes; l'extérieure est i moitié blanche, la seconde a son extrémité cunéiforme et blanche.
On trouve l'alouette pipi en Europe, où elle ne se noiirrît 4ne d'insectes, et voyage comme les fauvettes et les becfigues , avec lesquels on l'a même confondue , puisqu'on la nomme becfigue d'hiver dans le département de l'Ain. On l'appelle aussi sinsignotte dans le département de la Meurte , et plus généralement alouette de buisson , d'après rhabitude qu'elle a de s'y percher sur lès plus hautes branches. Le cri qu'elle fait entendre en hiver lorsqu'elle vole ou se pose, e&t l'origine du nom de pipi; mais au printemps le mâle a un ramage plus agréable : il chante avec beaucoup d'action sur sa branche, en épanouissant les ailes, et s'élève quelquefois à une certaine hauteur pour retom-
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bel* presque à la même place. I^^e nid 4e cet oiseau est caché sous une iqotte.4^ g^QU 4^ns des endroits solitaires. Sa pointe est de cipq œufs d'un blanc sale, marqué de 2>run vers le gros bqut.
Alouette sfifolette, Alauda campeUrisj L. Cette espèce , qui est vraisemblablement la même que l'alouette 4e ] es^op , dans rOrnithologie de Willughby , a six pouces six lignes de longueur. Le demi-bec supérieur est noirâtre , et rinférieur de couleur de chair. Le dessus du corps est d'un gris brun , mêlé d'une teinte olivâtre ; les sourcils et tout le dessous du corps, d'un blanc jaunâtre, avec des taches brunes oblongues Sur le cou et la poitrine ; les pennes et les couvertures .des aUes brunes , avec une bordure pluâ claire ; les pennes de la queue noirâtres , excepté les deux intermédiaires; qui sont d'un gris brun, et la plus extérieure de chaque côté, qui est blanche extérieurement dans toute la longueur et intérieurement dans la dernière moitié. La plume qui suit a aussi une tache blanche à son extrémité. Toutes les pennes de la queue , à l'exception des deux intermédiaires, étoient blanches Jusqu'au milieu de leur longueur dans l'individu décrit par Linnseus. Les pieds et les ongles sont bruns.
Cet oiseau, qu'on trouve dans la plupart des contrées de l'Europe, se plaît dans les bruyères et les friches, et se rassemble en troupes , après la moisson , dans les chaùmjes d'avoine. Sa queue a le même mouvement que celle de la lavandière. 11 vit de petites graines et d'insectes. Le mâle se perche au printemps , et s'élève quelquefois en Tair en chantant de toutes ses forpes; mais il ne tarde pas à re* venir se poser à terre auprès de sa femelle. Lorsqu'on approche de son nid , la mère se trahit bientôt par ses cris. Wiltighby a vu un de ces nids placé sur un genévrier , fort près de terre,' et composé de mousse en dehors et de paille et de crin de cheval e^ dedans.
Ces alouettes vont de compagnie avec les pinsons; il paroft même qii*elle8 partent et reviennent avec eux. Comme elles sont très -bonnes à manger, surtout quand elles sont grasses ^ on les prend avec des gluaux placés «ur les arbres par elles fréquentés, ou &u i^let traîné,
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comme les alouettes ordinaires. Les jeunes, qu'on est quelquefois curieux d'élever à cause de leur ramage, se metlent dans des cages couvertes d'étoffes vertes, où on les nourrit d'abord de chrysalides de fourmis , et ensuite de chénevis écrasé , mêlé avec de la farine et des jaunes d'œufs.
Alouette locuste lie , Alauda ohscura , Lath. Cette >%. alouette, différente de celle à laquelle Gmelin donne la
« même épithéte, avoit d'abord été regardée comme iden*
tique avec Talouette pipi» ou cojnme une variété à pieds cendrés de la farlouse ; mais des observations ultérieurement faites par Montagu ne permettent presque plus de douter qu'elle ne soit une véritable espèce. Sa longueur totale est d'environ six pouces. Son bec long et effilé est de couleur d'olive foncée. Le dessus du corps est d'un brun olivâtre , parsemé de taches d'un noir terne ; le dessous d'un blanc jaunâtre , avçc de grandes taches cendrées sur la poitrine , et des raies de la niême couleur sur les flancs. . La queue est longue et noirâtre ; les tarses et les doigts sont d'une couleur cendrée un peu rougeàtre et les ongles noirs. Cette alouette , qui semble confinée en Angleterre , habite les rochers des bords de la mer, ce qui lui a fait donner par les pécheurs le nom d'alouette des rochers. Elle Teste constamment dans les mêmes lieux, et ne se rassemble point par troupes dans la rude saison. Triste et solitaire, elle chante fort peu dans le printemps ; son cri a du rapport avec le bruit aigre que la grande sauterelle verte fait entendre dans les soirées d'été. Les insectes aquatiques font son principal aliment. Elle construit sur les rochers, k l'abri de* quelque buisson , un nid composé d'herbes sèches , de plantes marines et intérieurement de mousse. La première ponte, qui a lieu à la fin du mois d'Avril, est de quatre ou cinq œufs d'un blanc sale , marquetés de taches brunes au gros bout. 11 paroit que cette espèce est la même que celle décrite par Lewin, sous le nom d'alouette sauterelle, tom. 3 de son Histoire des oiseaux de la Grande-Bretagne, page 58, pi. 90.
Alouetië cujelier, Alauda arhoreaf L., pL enlum. de Buff. n."* 660, fig. -j* Sa longueur totale est de six pouces.
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Les plumes du dessus du corps sont brunes, bordées de roux jaunâtre; quelques-unes des sci^)ulaîres sont terndnées de blanc -, le bas du dos et le dessus de la queue sont d^un gris olivâtre ; elle a les sourcils blancs et une bande annulaire de la même couleur à Tocciput ; la gorge est blanche , ainsi que le ventre ; le devant du cou , la poitrine et les flancs sont d'un blanc teint de jaunâtre, avec le milieu des plumes brun. La queue, très-courte, a la penne. la plus extérieure blanche en dehors et à son bout. Le bec est brun en dessus, teint de rougeâtre en dessous, ainsi que les pied?. Les ongles sont noirs.
La femelle a des taches brunes moins nombreuses sur la poitrine. Les plumes du sommet de la tête sont d'un brun plus dair , et les grandes pennes des ailes bordées de gris , tandis qu'elles le sont d'olivâtre dans le mâle.
Ou trouve cet oiseau en Europe, depuis l'Italie jusqu'au Kamtschatka , et même à Madère : il n'est pas rare en France , où on lui donne les noms de cochellvier, cochelirieuy piénu , pirouot , flûteux , alouette flûteuse, turlut , turlutoir, . treius, coirelus , .muset-te , couirioux , alouette de montagne. 11 est presque toujours perché sur d'assez grosses branches d^arbre, à l'entrée ou près des bois, dans lesquels il ne s'enfonce jamais. C'est de là, ou du haut des airs, que le jour, et même la nuit, il fait entendre un chant fort agréable. Il est très— avide d'insectes, mais iî aime peu les grains. Dès la fin du mois de Février 'il place par terre, dans de jeunes taillis exposés au midi , ou dans leur voisinage, un nid construit sous une motte de gazon avec de l'herbe sèche , et garni en dedans de poils fins ; la fe» melle y pond quatre ou cinq œufs , qui ont des taches brunes sur un fond gris blanchâtre. Ces oiseaux sont assex gras en automne , et leur chair est alors un mets fort délicat. Dans les fbrtes gelées ils forment des volées peu nombreuses, pour aller chercher leur nourriture. *
Quoique Talouette cujeliervive fort peu en captivité, on parvient à élever*'les petits pris dans le nid en les nourrissant de cœur de mouton hacfié , de jaunes d'œufs , de vers, de farine, et leur donnant ensuite du millet. On en prend aussi aux collets et aux traîneaux^ et les jeunes
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cujeliers attrapés pendant l'hiver sont ordinairement les meilleurs pour le chanta
Alouette FAHLovsE^Alauda pratensis^ L.^ pi. enlum. de BufT. n." 660, fig. 1. Cette espèce, qu'on nomme aussi alouette bâtarde , bretonne , buissonniére 9 courte , folle, percbeuse , alouette de bruyère, des jardins, des prés, a)(.iki, alouettine, bedouide, fallope , piroton , tique, kique, est de là taiUe de Talouette pîpi< Les sourcils sont d'un blanc jau* sAtre ; la partie supérieure du corps est olivâtre , variée de noir sur la tête , le cou et le dos , et saus mélange de noir sur le croupion: La poitrine est jaunâtre, surtout dans lé mâle, avec des taclies noires longitudinales; le ventre et le dessous de la queue , d'un blanc sale* Les pennes des ailes et de la quelle sont noirâtres, bordées d^olive : la première penne de l'aile est presque égale aux suivantes ; les deux extérieures de la queue sont blanches en dehors. La mandibule supérieure est noirâtre , et l'inférieure de couleur de chair. Les pieds sont d'un jaune lavé et les ongles 2>runs.
L^alouette farlouse vit dans les prés , en Europe : elle se perche sur les arbres, mais avec quelque difficulté. Les vermisseaux , les insectes et de menus grains forment sa^ nourriture. Son chant, qui approche de celui du rossignol, sans être aussi suivi, est assez flatteur, quoiqu'un peu triste. La femelle chante comme le mâle et par terre. Elle •pond cinq ou six œufs d'un brun rougeâtrc , avec «de petites taches d'une teinte plus foncée, dans un nid affermi de crins et très -bien caché dans les prés bas et marécageux. Les farlouses ne vivent que trois ou quatre ans, et leur espèce est peu nombreuse. Elles se réunissent en bandes pendant l'automne , et se mêlent à d'autres petits oiseaux ; mais il paroît qu'elles abandonnent en hiver les contrées trop froides. On les élève difficilement en captivité. La nourriture qui» leur convient dans leur- jeune âge, est la même qu'on donne aux rossignols ; elles n'ont ensuite besoin que dé petites graines.
Valauda minor de Linna*us est une jeune farlouse.
Alouette rousseline, Alauda mosellana , Gmel. , pi. enlum. de BuJO^ n.''66i, flg. 1. EUe est longue de six pou-
ALO 5i»
ces trois lignes. Sa couleur t%i rousse en dessus, d*un blane jroussâtre en dessous ; lès joues sont marquées de trois raies' brunes ; la poitrine a des taches de la même couleur, fort étroites 5 les pennes des ailes et de la queue sont noirâtres » bordées de roux ; le bec et les. pieds* jaunâtres.
Cette alouette, qui porte aussi les noms d'alouette d(^ marais , alouette d'eau, grande farlouse des prés , grande ^ïH" signotte, se tient près des eaux et se voit souvent sur la grève. Elle niche quelquefois sur les bords de la Moselle. On en trouve aussi en Allemagne et en Pologne, où Rzac« xinski dit qu'elle fait entendre dès le matin un ramage fort agréable*
Alocbtte aux 70UES BauifEf , Alaudn rulraj Omel. , Glan. d'Edwards, part. 2, p. i85, pi. 227, et pi. 89 de Lewin, sous le nom d'Alouettie de Pénsylvanie. Cette espèce est remarquable par une bande noire qui , partant du bec , couronne les yeux jusqu'à Tocciput, et une tache d'un brun roux aux joues. La tête, le co^ et le dos sont d'un brun rouge semé de traits noirs ; la poitrine est d'un bruat. rougeâtre pâle , avec quelques taches noires oblongues ; le ventre d'un blanc sale. Cet oiseau , qui habite ordinaire* ment l'Amérique septentrionale , s'^est trouvé dans des hi^ vers rigoureux en Angleterre près de Londres. Ne ^eroiU ce pas la même espèce que la farlousanne de Bufibn', aUtu-* da ludoviciaiui de Gmelin P
On a en général peu de connoissances sur les mœurs et les habitudes des autres espèces d'alouettes , qui ne sont pas même bien déterminées ; et l'on se bornera à leur égavd à de simples notices.
L'alouette noire a dos fauve, représentée sous le nom ' ^^-^ d'Alouette noire de la Encelada , pi. enlum. 738 , fig. 2 , laquelle a été trouvée à Buenos - Aires , est remarquable par la couleur d'un brun presque noir qui couvre la tota^ lité de son corps, à l'exception du derrière du cou, du •do6 et des scapulaires, qui sont d'un fauve orangé. Si la figure est exacte, on peut être surpris que Buffon ait été tenté de regarder cette alouette comme une variété dans l'espèce; de l'alouette commune ; le bec effilé et écfaancré de la première établissant une différence essentielle entre *
««» ÂLO
elle et la vanéfé de la seconde, représentée plandie 65«, fig. 1. Aussi Latkam en a-t-ii fait une espèce sons le nom à^alauda ful^a. Gmelin en a également donné la phrase ca- , ractértstique ^o^u Tépithète rraisembiablement erronée de
ru/a, qu'il répète en l'appliquant arec plus de fondement k la variole de Buffbn.
Cette alouette variole , dont la figure se trouve sons le
. nom de petite alouette de Buénos-Aires dans la même plan-
. ', che 7389 n.* 1, et qui est Valauda rufa de Latham et de
Gmelin, a le plumage très-agréablement varié de noirâtre
et de roux sur toute la partie supérieure du corps et sur
le devant du cou : le reste est blanchâtre. La forme du
âH^ y bee de cette alouette et de la précédente les range natu-
'^ / rellement Tune et l'autre parmi les alouettes pîpèles. Cest
l'alouette noire à dos fauve qui est figurée sous le nom de
' variole, pi. i36 de l'édiiion de Buffon par SonninL
Ualouettb aouGEATEE , Alouda Ustaceaj Gmel. , est, suivant Pennant, qui Ta trouvée aux environs de Gibraltar, d'un rouge de brique en dessus et blanchâtre en dessous , avec des taches noires sur la tète et sur les couvertures des ailes.
Les Anglois Ont trouvé sur les côtes du détroit de la Reine-Charlotte, une alouette dont les parties supérieures ëtoient couvertes de plumes brunes au milieu et cendrées à leur extrémité , avec une nuance plus foncée sur la tête , et les inférieures d'un plumage blanc, avec une teinte cenrlrée au cou et au bas-ventre. Les naturels l'appeloient liogou-aroure ; c'est Valauda novce Zelandiœ de Gmelin et de Latham. Ce dernier auteur fait aussi mention, dans son deuxième supplément au Synopsis ^ d'une alouette d^un brun ferrugineux avec des taches noires en dessus , de la même couleur en dessous, avec le ventre blanc, et dont la queue est noirâtre, à l'exception d'une partie des pennes extérieures , qui est blanche. Il la nomme alouda gorensis. [ L*oiscau donné sous le nom d'alouette de Gingi par Son-
(~ nerat, et dont Gmelin et.Latham ont fait l'espèce jilauda
gingica, ne paroît point, d'après la description ni la figure qui se trouvent pi. 1 13 du Voyage aux Indes orientales, être une véritable alouette. Ses formes , et sa couleur, cendrée
ALO «lî ,
ftur lef corps , et noire àUx joues et sur toutes les parties inférieures, le rapprochent bien plus du hoche- queue.
Le genre n'est pas encore déterminé avec une plus grande précision à l'égard de l'alouette de Tartarie et de Falouette d^Yelton, qui sont Tune et Tautre de la grandeur de Té-'' tourneau y et dont le plumage est presque entièrement noir. Cependant Latham en fait deux espèces sous les noms ^ • d^aUtttda satarica et à'alauda yeltoniensis. ,
Il y a d'autres espèces dont l'existence même n'est pas '«*'
très-bien constatée. La girole d'Italie n'a été décrite que d'après Aldrovande, qui n'en a jamais vu qu*un seul individu y et qui a pu être induit en erreur par des circonstances tenant & l'âge ou à une variété. La cendrille du cap de Bonne-Espérance ne l'a été par Bufibn que sur un dessin ; et quoique Latham déclare avoir vu un oiseau de cette espèce dans la collection de Sir Lever, cela ne suffit pas pour mettre à portée de consigner des détails sa tis faisans sur des oiseaux si peu connus , dans un ouvrage qui n'est pas destiné à former un répertoire de phrases purement descriptives et sans intérêt, surtout lorsqu'il s'agît d'oi« seaux peu remarquables par la beauté de leur plumage# (Ch. D.)
ALOUETTE. {Foisson,) Rondelet , Gesner et d'autres anciens auteurs ont donné le nom d'alouette crétée , alauda eristcUa, au blennie cOquillade, et celui d'alouette sans erête^ alauda non cristala^ au blennie pholis. Voyez Blennie. (F. M.D. )
ALOUETTES de mer. On a intproprement donné ce nom à des oiseaux qui fréquentent Jes bords de la mer, et. qui sont du genre Vanneau , Tringa cinclus de Linnasus f et de celui du bécasseau de Brisson. ( Ch. D. }
ALOUETTINE. Les fiabitans des V6ges donnent ce nom à la farlouse, alauda praUnsis, L. (Ch.D. }
ALOUGOULI , nom caraïbe de la clématite dioïque i elemalis tUoCcaj L. , figurée dans Sloane. Jum. t. 128 , f. i. (J^)
ALOUTIBA, nom caraïbe, cité par Surian^ du mimosA latifolia^ L.J espèce d'acacia« (J. ) .,
ALP„ nom égyptien du céraste^ viptra etrasUs* Voyen YipàaE. (C. )
ALPAC9 Alpaca oa Paco. Cest le lama sauvage. Voya Chaxeau. ( C. ) ALPAGNE. Voyct Alfac
ALPAM , arbrisseau de Tlnde, ainsi nommé par les ^fa-> labares, et cité parRhéede, HbL Malab. 6, p- 419 t 28. Il porte, dans la langue brachmane, le nom à^ofoma^ qui a été adopté par les botanistes. Sa tige Se divise ordinaireinent en deux ou trois branches principales ; %t% rameaux noueux et garnis de feuilles alternes , semblables «a celles des lauriers, portent à leur aisselle quelques petites fleuri pendantes, composées d^un calice à trois découpures, de douze étamines réunies quatre à quatre à la base de chaque découpure , et d*un ovaire à plusieurs styles , qui devient un fruit plein de graines très-menues et allongé comme une ailique. On lit dans Rhéede qu'un mélange de diverses parties de Talpam «dans de Thuile , forme un onguent propre à guérir la gale , et que le suc de %it^ feuilles, mêlé avec celui 4lu calamus , est employé contre les morsures des serpens. ( M. )
ALPE. On appelle ainsi en Laponîe Tortolan de neige» emberiza nivalisy L. ( Ch. D. )
ALPHANET. On donne ce nom et ceux d'alphanesse ou alphanette a un oiseau de proie de Barbarie , qui est estimé pour le vol de la perdrix. Cest» le faucon tunisien, qui, suivant Belon , est un peu plus petit que le faucon pèlerin, et a la taille et le plumage du lanîer. (Gi.D. )
ALPHÉE, Alpheus j nom appliqué par Fabricius à un genre des crustacés. Les quatre espèces qu'il a décrites sont des Indes et peu conni^s. Ce genre a été établi par Daldorf. Son nom est grec , etX^uoç (alpheios ) ; c'est celui d'un fleuve dont on trouve l'origine dans la mythologie ; Virgile en parle au huitième livre de PÉuéide : Alpheum fama est hue Elidis amnem, (CD.)
ALPHEISTAS ou Alphestes. Aristote , Athénée ^ Gesner, Charleton, ^Yillughby et Ray, ont employé ce mot tiré du grec , qui est synonyme de cynœdus , pour désigner une espèce de labre dont les individus nagent deux à deux et à la queue Tun de Tautré. Lacépède rapporte ce mot alphestes au labre canude , labrus cynadusj X. Voyez Labab. ( F. M.D. )
ALP 5i5
ALPINIE, Alpinia,j L., J. , genre de plantes de la famille iSes amomées', composé de trois ou quatre espèces dlierbes aromatiques de l'Amérique méridionale. Elles ont la racine rivàce , épaisse et charnue ; les tiges simples j ^droites et engainéeS par les feuilles , qui ressemblent à celles des graminées, et enfin les fleurs ceintes d^cailJes membraneuses et disposées en épi à Textrémité des tiges. Chaque fleur offre un ovaire au-dessus duquel s'épanouit un calice double. L'extérieur est à trois découpures ; l'intérieur, nommé corolle par Linnseus , est tubulé, ventru à la base et divisé en quatre parties. Les trois supérieures sont égales entr'elles ; la quatrième , nommée nectaire par Linnseus , est divisée en trois à son bord. Un large filet d'étamine, portant le long de son sommet une anthère, est attaché au tube du calice intérieur, et embrasse le style qui surmonte Vovaire; celui-ci devient une capsule charnue, divisée en trois loges pleines de graines. Les alpinies ont à peu près les propriétés des amomes. (M.)
ALPISTE, PluilariSj genre de plantes de la famille des graminées, dont les fleurs sont disposées en une panicule, ou en épi, rarement munies de barbes. La glume est composée de deux valves égales, comprimées, munies d'une carène, ne renfermant qu'une seule fleur, dont le calice est bivalve, plus court que la glume, et à valves inégales* On y compte trois étamines, deux styles, dont les stigmates sont velus. Les semences sont ovales ou arrondies, aiguës , adhérentes au calice.
La plupart des espèces qui composent ce genre , produisent de bon fourrage, et les semences de quelques-unes servent à la nourriture des petits oiseaux. Les espèces les plus remarquables de ce genre sont:
L'Alpiste de Canarie , Phalaris canariensis^ Linn., Moris. , Hist. 3 , s. 8 , t. 3 , f. 1 , qui a des tiges droites, munies de feuilles larges et molles , les fleurs disposées en un épi ovale , épais , ^ panaché de vert et de blanc. Cette plante, originaire de Canarie ,/8e cultive dans les jardins , et les graines sevendent sous le nom de graine de Canarie , escayole ou graine d'aspic ^ pour la nourriture des petits oiseaux. Réduites en farine ^ on en fait des galettes et des bouillies assez nourrissantes*
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Alpistb phl^oïoe, Fhalaris phUolides, Moris. Hist 3 , s. 8, t. 4} f. 2. Cette plante n'appartient aux alpistes que par ses épis formés par le rapprochement contre la tige des pédoncules courts et rameux qui portent les fleurs. Tous les autres caractères conviennent aux fléoles. Les bàles calicinales sont étroites, terminées par deux pointes, une à chaque valve, et ciliées sur le dos. L'épi est grêle, cylindrique , très-long. Cette plante est commune dans les prés et les champs.
Alpi ste jbn ao s eau , Phalans arundinacea , L. , Moris. Hist Z , s. 8, t. 6 , f. 4i> Cette plante a ses tiges fort garnies de \ / feuilles très-larges , aiguës , rudes à leurs bords ; ses fleurs
forment une panicule longue, rameuse, rapprochée contre la tige. C'est un très^bon fourrage , pourvu qu'on le fauche plusieurs fois , et qu'on ne donne pas à ses tiges et à ses -feuilles le temps de durcir. »
On en cultive dans les jardins une très -belle variété, dont les feuilles, rayées longitudinalement de vert et de jaune , ressemblent à des rubans panachés. ( P. )
ALQUE. Linnœus a compris sous la dénomination d'alea les Pingouins et les Macareux. Ces oiseaux présentent ea •efiet plusieurs caractères communs. Ils n'ont tous que trois doigts dirigés^ en avant et joints ensemble par une membrane ; les jambes de chacun d'eux sont placées tout-â-faif derrière et cachées dans Tabdomen : mais le bec des ]ùngouins, plus long que haut, estt droit et déprimé à sa base, qui est recouverte de plumes jusqu'au point où la mandî- Jmle supérieure se renfle et devient convexe ; celui des macareux est aussi haut que long , et c*est dès son origine que la mandibule supérieure , qui part immédiatement du front , s'arrondit en arc de cercle , et la portion de cet arc la plus élevée forme une > saillie qui dépare souvent le sommet de la tête. La mandibule inférieure , plus haute dans le macareux que dans les pingouins , présente aussi vers son centre un angle plus saillant.
Lacépède a réservé le nom générique de Linnœus aux macareux , qu'il a appelés alques ; mais comme la première dénomination est depuis long-temps reçue en françois, on la conservera dans ce Dictionnaire, et l'histoire par-
(Ch. D.)
AL^UIFOUX. C'est le nom que l'on donne dans plusieurs ateliers, et notamment dans ceux des potiers et desfayenciers, àla galène ou Plomb sDLFOfté. Voyez ce dernier mot.
Le nom d'alquîfoux est surtout employé dans les départemens méridionaux de la France. Ch. Coquebert croit qu'il vient du mot alcool , qui est le nom que l'on donne en Espagne au plomb sulfuré. C*est aussi sous le nom d'alquifoux ou d'arquifoux qu'est connue cette mine de plomb dans le commerce du Levant. (B.)
ALSADAH, Sabak, noms arabes du micocoulier, qui est un des lotus des anciens. (J.)
ALÀËBRAN, ScEBftAN, noms arabes de la pityuse des anciens , qui est une espèce commune d'euphorbe ou lithymale, euphorbia eyparissias; L. Le même nom est donné à la grnnde joubarbe, atmpervivum teetorum , L. (J.).
ALSEGIEM, Selcbh. Les Arabes nommoienl ainsi la rave des provinces méridionales, iroMi'ca râpa, L., que l'on cultive aux environs de Paris sous le nom de turneps. (J. ) ■- ALSTONE,ulIitonia , genre d'arbrisseau de l'Amérique méridionale, à corolle monopétale, insérée au calice et dé' coupée à son limbe en buit ou dix lobes, À étamines nom- .breuses attachées au tube de la corolle , à ovaire supérieur surmonté d'un seul style et d'un stigmate en tête. Quoique son fruit ne fût pas connu, les autres caractères, auxquels se joignent des feuilles alternes et des fleurs axillaires, ont paru suffisans pour porter l'alstone dans la seconde section de la famille des ébenacées ou plaqueminiers , qui se distingue de la première par un nombre indéfini d'étamines, et pour la placer à c6té du fymploeoi, de l'hopea, du eiponima; mais en examinant avec plus d'attention ces quatre genres ainsi rapprochés , on croit reconnoEtre entr'eux une telle affinité qu'ils doivent être confondus en un seul,' qui conservera le nom plus ancien de symploeùs , donné par Jacquin. Il en résulte que le genre AUtonifi doit £tre supprimé. Voyei Svhflocos. (J.)
ALSTROEMËRE , AUtroemeriaf Lion. Les abtroi^mérM sont des plantes monocotylédones, de l'Iievandrie monogynie
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de linDflras, et qui Tiennent se ranger , dans les familles na« furelles de Jnssiea , auprès des narcissées. Le genre ^Utroè^ meria de Unnsus forme deux genres très -distincts, que nous avons cru devoir séparer ; nous nommons l'un Bom^ïrea , * du nom du respectable Bomare, dont la vie laborieuse est consacrée à l'étude et à renseignement des sciences naturelles ; et nous laissons à l'autre le nom d^Alsirœmeria : ^ c'est de ce dernier genre que nous allons parler. Il com-
^ é. prend trois espèces, savoir : les alstroemeria peUgrina^ Ugtu
i. et pulchella y L. Ces plantes sont originaires de FAmé-
rique méridionale ; leur racine est vivace ; leur tige est herbacée^ droite, verticale, feuiilée. Ces feuilles sont al* ternes , sessîles , lancéolées , rétrécies à leur base , et ne forment point de gaîne autour de la tige , caractère par lequel ce genre diffère des vraies narcissées. Les fleurs sont grandes, brillantes, pédonculées , solitaires ou» peu nombreuses, et situées au sommet de la tige. Le calice adhère à l'ovaire par la base ; il offre k sa partie supérieure six divisions inégales , pélaloïdes , dont trois supérieures , redressées et renversées en arrière. Il y a six étamines ; elles sont longues , courbées , pendantes , attachées • sur Tovaire à la base des divisions calicinales. Du centre de la fleur s'élève un style droit , délié , surmonté d'un stigmate fendu' en trois. Le fruit est une capsule oblongue i six c6tés, à trois loges et à trois valves, s'ouvrant inférieurement avec élasticité. Cette capsule contient plusieurs graines globuleuses.
Les trois espèces d'alstro^mères sont cultivées, et méritent par conséquent que nous indiquions leurs caractères distinctifs.
L'AisTROEMibRE FJ^LÉGRiNR , OU Lys dcs Incas, .^. peU' grinay L. , Feuill. 2, 711, t. 5, a une tige de deux| pieds , surmontée de deux ou trois grandes (leurs , dont les divisions calicinales sont alternativement plus larges et plus étroites, les unes étant très -dilatées à leur sommet, terminées par trois dents ; les autres éfant lancéolées. Ces dîi visions sont marquées, dans leur milieu, de lignes lon-
gitudinales d'un rouge plus ou moins vif, et parsemées sur le reste de leur plan de taches rouges et jaunes.
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distribuées avec symétrie. Le nom de pélégrine» qiii^ s été donné à cette plante par les Espagnols , signifie ileur superbe .* en effet , aucune ileur n'a plus d'éclat
L'Alstroemëre jolie, A> pulchella^ L., diffère peu de la précédente ; ses feuilles sont plus étroites ; sa tige est ter« minée par un involucre de feuilles un peu plus grandes que les autres , du milieu desquelles naissent quatre à six fleurs grandes , penchées , irrégulières. Les six divisions calicinales sont aiguès , ouvertes et recourbées en arrière : trois d'entr^elles sont rouges à leur sommet, et striées ou f
ponctuées de rouge à leur base ; les trois autres ^ alternes avec les premières, sont plus petites et blanches.
L'ALSTROEMèRE LLGTU , A. Ugtu y L. , FcuilL 2. 710, t. 4» produit des tiges stéritcs, de sept à huit pouces , terminées par une rosette de Quilles qui ont la forme de spatulea oblongues. Les tiges qui portent les fleurs ont des feuilles beaucoup plus étroites , et s^allongent environ à un pied et demi. L'involucre pl^cé au sommet de ces tiges est coin* posé de folioles courtes. Les .fleurs sont au nombre de trois ou. quatre. Les trois divisions calicinales supérieures sont grandes , blanches , et tachetées de rouge ; les trois infé> rieures sont petites , étroites et rouges. Les fleurs de cette plante, moins belles à la vérité que celles de Falstroëmère pélégrine, ont, sur ces dernières, Tavantage de répandre une odeur très-suave. ( B, M. )
ALTAMISA, plante du Pérou ,' décHte par Feuillée, 3, p. 745 , t. 33 , qui paroit être uue espèce de coriope. ( J.)
ALTAVELLA ou Altavelle. On a quelquefois désigné «ous ce nom la raie pastenague. Voyez Kaie. (F^M. D,)
ALTERNANTHERA. C'est VilUcebrum sessiUy L. , dont Forskal avoit fait un genre particulier. (J.) #
ALTERNATIF, Altcrnus, 11 faut employer ce mot, quand, au lieu d^étre dans une direction verticale, les parties dont on compare la disposition sont dans une situation circulaire : ainsi le pétale est alternatif avec les parties du calice , quand il est inséré à Tun àes points qui séparent les lobes de ce même calice; Tétamine est alternative, quand elle \
est insérée entre deux pétales, ou entre deux divisions de î.
U corolle. ( L. P. R. )
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ALTERNE , AUtrnus, Voyez le mot Gradvei , que nous substituons comme plus françoîs, et exprimant mieux la disposition respective des parties de la plante dans la direc* tion verticale. (L.P. R. )
ALTHJSA pRUTEx , mot latin , adopté en françois par
les jardiniers pour désigner un arbrisseau connu des bo*
tanistes sous le nom d^hibiscus syriacus^ L, Voyez Ketmie
DE Sykie. Le nom d^althiea est aussi donné k la guimauve^
qui a été réunie au genre Al ce e. Voyez ce mot. (D.P.)
ALTlQUK Commerson a prétendu qu'on doit ranger le
."> blennle sauteur dans un genre particulier, qu'il a nommé
' >^ ^' Altique, Altieus; mais Lacépède a prouvé au contraire que ce
poisson est un véritable blennie. Voyez Blennib. (F. M.D.)
ALTJSE, Alticaj nom donné par Geoffroy à un genre de
petits insectes coléoptères, de la 'famille des phytophages
ou herbivores , prés des chrysomèles , qui ont la faculté de
«auter, et qu'on nomme, à cause de cela, en quelques
^ PAyS) sauteurs ou puces de terre.
Ce mot vient du grec ^Ktiko^ ( altiaos ) , agile 9 sautant. On reconnoit les altises aux caractères suivans. Leurs tarses sont composés de quatre articles ; leurs antennes filiformes ne sont pas tout-à-fait de la longueur du corps; leur corselet court , inégal , est un peu rebordé ; enfin , 1/eurs cuisses de derrière sont renflées , propres au saut.
Ces petits insectes sont en général très-lisses et très-brillans. On les trouve sur les plantes, dont ils se nourrissent essentiellement On les reconnoit facilement à la facilité qu'ils ont de sauter à de très-grandes distances , au moyen. ^"% de leurs cuisses postérieures qui sont très - renflées. Leurs
.| lârves vivent aussi sur les végétaux et font beaucoup de
n^ ' W tort au4^ plantes potagères ; elles ont à peu près la même f * • ^\ forme et la même allure que celles des criocères et des I chrysomèles. Quelques espèces même fonf suinter À volonté de la superficie de leur corps et des tubercules qui se remarquent, sur leur dos , de petites gouttelettes d'une humeur très-odorante et acide, comme on l'observe dans la larve de la chrysomèle du peuplier.
11 y a en effet de très-grands rapports entre les insectes qui composent les seize ou dix-sept genres de cette famille.
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Ces larves virenf en société , ainsi que les insectes parfaits. Les nymphes sont semblables k celles des coccinelles ; on les trouve , comme elles , accrochées sur les plantes ou V;ontre les murailles : elles passent dix ou vingt jours ^ plus ou moins , dans cet état d'immobilité.
Fabricius avoit adopté d*abord ce genre Altise, d'après Geoffroy et Schaefier; mais ensuite il les rangea parmi les chrysomèles, dans le sous-genre qu'il désigna sous le nom de saltatoriœ^ sauteuses. Depuis, dans son Système des Éleuihérates, il les a dispersées dans cinq ou six genres, d'après les parties de la bouche : maintenant on les retrouve parmi les adories, les colapsides, les chrysomèles, les criacères , les lèmes , les galéruques , les cyphons.
Quoiqu'il y ait quelques différences dans la forme du corps entre les diverses espèces qui composent ce genre nombreux, comme la manière de vivre est absolument la jixéuie et que la ;forme des cuisses postérieures est trèsbien caractérisée, nous rapprochons toutes ces espèces pour en faire le genre que nous allons décrire.
La forme du corps est tantôt hémisphérique , comme dans les coccinelles , tantôt allongée ovale , comme dans la g^léruque. La tête e^i petite , engagée dans le corselet : les parties de la bouche sont peu saillantes : les antennes insérées entre les yeux sont filiformes, quelquefois insensiblement renflées vers l'extrémité; elles atteignent trèsrarement la longueur du corps : leurs articles sont coniques, portés sur leur sommet; leur nombre est de dix à quatorze, en général; le premier est plus long, et le second court, globuleux. La tête est tellement engagée dans le corselet que, les yeux en sont recouverts en partie ; elle a peu de mouvement sur le corselet.
Le thondt e^i court , un peu plus étroit en devant qu'en arrière, où il tsi comme tronqué et appliqué contre les élytres .* en général , il est lisse , poli , sans enfoncement et légèrement rebordé ; il supporte la paire de pattes antérieures très-près de la poitrine.
Les élytres sont lisses , brillantes , pplies , de couleur '
très -variable quelquefois, mais rarement pointillées. Elles ^
iiont séparées, 4 leur base, pat un écusson trèsrpetits elles'
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recouvrent deux ailes aMmbraneuses dans toutes les espèce» connues.
l^s pattes sont courtes, grêles, les postérieures sont un peu plus longues ; toutes ont quatre articles , dont l'avantdernier est bilubé, garni en dessous d^une sorte de brosse de poils serrés ; le dernier porte deux crochets.
Les cuisses postérieures sont très-renflées, ovales, aplaties : elles forment un très - gros volume sous le corps , de loaniére à gêner beaucoup Tinsecte dans sa marche. Les trochanters sont très-petits et forment un petit étranglement vers la base.
Nous divisons les espèces de ce genre comme il suit :
A) à ély très, d'une même (* ^""g^»' '*""" *"* *"-
couleur. { *»<="*•
J** Noires, bleues ouver-
Altises^ l tes, métalliques.
r%\ ' XI A J J f ••• A taches arrondies, ta-
B) a élytres, de deuxV , , I chetées ou ponctuées,
couleurs ou plus. . . < „^. ^ , '^ „
'^ V*** A taches allongées ,
V ou rayées,
• AUises à élytres dune seule couleur ^ lestacics^
jaunes ou rouges*