ABE U
cinq autres articles qui suivent sont excessireinent petits et de forme conique ; ils se terminent par une pointe trè»^ fine 9 qui se porte tout- à -fait en dehors.
La lan^e e$t souvent coudée dans la gàtne que lui forment ces palpes : elle est ordinairement de moitié plus longue , et paroit formée d^une seule pièce large et mem- Jbraneuse vers la base ; cylindrique , dans ses deux tiers antérieurs; ciliée 9 velue ou plumeuse^ à son extrémité; lui« santé et conVexe , en dessous et sur les] côtés ; canaliculéci et comme ipwnbraneuse , en dessus.
Cette seconde partie de la trompe est le véritable instru- Jtient de la déglutition. Comme dans cette bouche le liquide ne peut pas monter par la succion , puisque Tiasecte n'a pas la faculté de produire le vide , la liqueur est apportée dans le pharynx g^r un autre mécanisme, qui est analogue k celui qu'emploient les animaux qui ont l'ouverture de la bouche trop grande, ou les lèvres trop petitos, pour hu^ xner leur boisson, et qui sont, comme les chiens, obligea de laper, ou d'entraîner par un mouvement très -rapide de la langue, l'eau dans laquelle ils la plongent C'est en effet le mouvement qu'on observe dans la langue de l'abeille, lorsqu'elle suce les humeurs des végétaux. Aussitôt ^e l'extrémité velue a été plongée dans le liquide, elle s'en humecte, s'en imbibe ; le liquide monte ainsi entre les poils ou les petites écailles, jusqu'à l'origine du canal, dont les parois musculeuses , par un mouvement très-rapide et successif de bas en haut , l'élèveat jusqu'au pharynx. Parvenu là , le fluide est entraîné , ou pour ainsi dire versé , par un mouvement de bascule que fait la base de la langue. Kéaumur a indiqué un très^bon moyen d'observer ce mécanisme, en conseillant d'introduire des abeilles dans l'intérieur d'un tuj^e de verre dont les parois auront été auparavant imprégnées d'une liqueur sucrée.
Le corselet de l'abeille , ainsi que celui de tous les hyménoptères , n'a point encore été décrit par les naturalistes , qui ont donné jusqu'ici ce nom à la poitrine. Voyez Corselet et HméNOpTEREs. 11 est situé entre la tète et la poitrine. Du côté du dos, il n'en paroit qu'une très -petite portion. U soutient la première paire de pattes ^ par sa partie infé-
rieurev qui ell mince et comme tranchante. En devant il est conrexe, et reçoit la tête, dont les muscles, l'œsophage et les nerfs , passent par un très-petit tron j situé vers ftà pdrtfte supérieure. En arrière, le corselet est comme tronqué obliquement ; il présente une très-grande ouverture , titans* yersalement ovale, aux extrémités de laquelle se trouvent ^eux condyles, qui lui permettent de se mouvoir sur la poi* trine, de devant en arrière, comme sur un axe.
La poitrine porte les ailes et les quatre autres pattes. Elle est toujours plus élevée que le corselet et^ l'abdomen , .ce qui foit paroftre l'abeille comme bossue. Elle est aussi moins longue en dessous que du côté du dos. Les ailes sont articulées sur la partie latérale et mojenne , dans deux cavités peu profondes, couvertes d'un petit sourcil mobile, •corné et luisant L'une est placée au devait de l'autre, mais à très-peu de distance , et pnesque sur le même plan. Les .pattes sont attachées très en arrière, et sur les c6tés de l'ar^ ticulation de l'abdomen. Le plus souvent il y a une ride, ou une petite convexité , à la place de l'écusson ; quelquefois un enfoncement très-sensible. L'abdomen est articulé tout-afait en arrière, en dessous, par deux tubercules situés à la base d'une ouverture triangulaire par laquelle ces deux cavités comnbuniquent entr'elles.
La forme de l'abdomen varie beaucoup. En général, il est plus gtoê et comme tronqué à la hase^ et parott même aessile dans ^elques espèces. Il est toujours composé de •ix anneaux. Le premier et le dernier présentent beaucoup •de différences ; ce qui dépend de sa forme et de la manière dont il ^st terminé. Dans quelques espèces il est coupé verticalement vers la base ; dans d'autres il présente un léger enfoncement ; quelquefois il est comme arrondi ou échancré en forme de cœur. L'extrémité en est le plus souvent pointue, conique, quelquefois arrondie, simple ou dentelée. Elle èache un aiguillon rétractile dans les femelles et dans les neutres. Voyez Aiguillon.
Les ailes sont toujours planes et étendues dans la même ligne que la poitrine. Les supérieures sont triangulaires, arrondies. Leur bord externe est formé par une grosse nervure et presque droit L'interne est un peu échancré ,
A B E ifi
et replié en-de$50us en une crête tranclianle, f «i a'aeeroche dans une rainure de l'aile inférieure. L'extrémité postérieure, plus large, ne porte point de nervures. U y a neuf maillet ou petits espaces membraneux, placés entre les nervures qui se joignent. La seconde, le long du bord externe, porte toujours , d'après l'observation de M. Jurîne , un petit* trait saillant , qui semble la partager en deux portioiis.'L'aile inférieure n'a guères que les deux tiers de la longueur de celle de dessus. Son bord externe est échancré de manière k correspondre k la partie tranchante et recourbée de la supérieure, qui s'enfonce dans une rainure tracée sur la. eàte la plus externe jusqu'à la .première maille. Ce. mémo bord se trouve garni ensuite de crochets recourbés en hame* çon, et intimement rapprochés, comme les barbes d'une plume. C'est à l'aide de cette disposition que les deux ailea ae meuvent ensemble etparoissent n'en former qu'une s^le, dont la figure est en grand la même que celle de l'aile inférieure vue séparément L'insecte a beaucoup de peine à raccrocher les ailes l'une dans l'autre , lorsque par quelque accident elles ont été dérangées. Il est obligé d'y porter les pattes de derrière, et souvent il. n'y parvient qu'après de grands efforts. L'aile inférieure est un peu échancrée 'du côté du corps et vers la base ; souvent il y a en - des» sous un rudiment d'une troisième aile, qui remplit cette' ^chancrure lorsque l'aile est ^tendu^e.
Le bourdonnement que les abeilles produisent envolant, se paroit pas entièrement dû au trémoussement des ailes. Nous avons fait à cet égard quelques expériences qui nous ont paru prouver le contraire. Ayant saisi une abeille bourdon , nous avons remarqué qu'au moment où elle ren* doit un son, la totalité de son corps étoit dans un tçé* K&oussement qui se communiquoit même aux parties voisines. Privée des ailes , qui avoient été arrachées complètement, le bruit qu'elle produisoit étoit absolument semblable. N'ayant même plus les pattes, qui avoient été coupées de très-près avec des ciseaux, le tronc s'agitoit encore et le bruij étoit très-sensible. Placé à la surface de l'eau, ce tronc , en s'agitant et ^ iaisant le même bruit , s'y mouvoit en toutes sortes de sens, et y traçoit des stries rayons
ami tes. Plongé enfin au-dessovs de la Surface, il s'échappa du corps plusieurs bulles d*air. Retir^alon, Tinsecte, quoiqu'il véeût encore ^ ne put rendre aucun son. Cette expérience, quelque incomplète qu'elle soit, tend au moins à pi'ouver que le bourdonnement des abeilles n'est point produit par une forte vibration de la partie interne des ailes supélieures , mais plutôt par une agitation , une vibration de tout le corps , et peut-être même par la sortie d'une plus grande quantité d'air par les stigmates. Ce seroit une sorte de voiv.
Les pattes des abeilles sont en général très-velues , le plus souvent même garnies de poils roides , disposés en di0é^ i*ens sens, et qui leur servent de brosses ou de cardes. Celles de devant sont très-distantes, et généralement plus courtes que les intermédiaires et les postérieures. Toutes sont composées d'une hanche, d'une cuisse, d'une jambe, d'^n tarse a cinq articles, terminé par des crochets au nombre de deux, quelquefois de quatre.
La hanche est courte, implantée presque verticalement dans le corselet ou dans la poitrine ; elle ne se meut que de devant en arrière, sa forme étant ovale et articulée dans le sens de son plus grand diamètre. La cuisse, reçue aur la hanche, s'y meut en sens contraire, c'est-à-dire de dehors en dedans. Elle est formée de deux parties : Tune^ qui en est distincte par un étranglement , semble y avoir été soudée et tient lieu de trochanter ; l'autre , beaucoup plus longue, est triangulaire et reçoit la )ambe dans une cavitié, où elle se meut en charnière de dehors en dedans. La jambe est à peu près de la même longueur que la cuisse, quelquefois plus courte. Elle varie beaucoup peur la forme : eUe reçoit le premier article des tarses , et souvent des épines mobiles, dont le nombre n'est pas constant. Les tr^ tiçlesdes tarses présentent beaucoup de différences, surtout le premier , qui tantôt est très-grand , large , triangulaire, creusé en gouttière en dedans ou en dehors ; tantôt arrondi , cilié , ou entièrement épineux. Les articles suîvans sont coniques. Le dernier porte ordinairement entre les crochets une pelotte ariiondie ou échanerée en forme de cœur.^
Tout le corps des abeilles , ainsi que nous Tavons dît plus haut, est couvert d'un duvet soyeux, diversement co-
lorë. Mais en outre plusieurs espèces ont des brosses ou d«s pelotons de poils, destinés à recueillir ou- à transporter la poussière desétamines, pour en. faire la cire. Tantôt ces brosses sont placées sur la jambe et sur le premier article .des tarses antérieurs, postérieurs, et même des intermédiaires; tantôt sous les anneaux de Fabdomen, sur le front ou sur dWtres parties du cofps, comme' nous le dirons en -traitant des espèces.
Les abeilles proviennent d^une larve sans pattes ^ dont Pœuf a été déposé par une femelle dans une cellule ou petite loge qui a été construite exprès, et dont la figure et la substance varient beaucoup, selon les espèces. Cette larve est allongée, quelquefois presqu'ovale , blanchâtre, ex tré« mement molle, et roulée sur elle-même. Elle e^i formée de treize à quinze segmens , à l'extrémité desquels on voit d*un côté la partie qui correspond à la tête , et dont la couleur , un peu plus foncée , est même souvent noirâtre. • On y remarque une petite lèvre supérieure , des mandibules très-courtes, et une lèvre inférieure, dont la langue porte une filière et deux palpes fort courts, comme dans 1» chenille. Toute cette bouche rentré dans Tintérieur du second segment à la volonté de Tanimal. A l'autre extrémité du corps est l'anus , et sur les côtés il y a autant de stigmates que de Jonctions d'anneaux. Sur le dos, on observe le vaisseau longitudinal supérieur, et sur les côtés, au travers de la peau , les ramifications des vaisseaux aériens , ou trachées.
Ce ver change plusieurs fois de peau ; mais on Ignore eombien de fois cela lui arrive. Prêt à se métamorphoser, il s'étend et file une coque d'un tissu soyeux, si serré dans quelques espèces, qu'il ressemble à une membrane desséchée. £a métamorphose se fait comme dans tous les lépidoptères. JjSl nymphe qui en provient n'est point enveloppée d'une membrane^; elle est nue, comme celle des coléoptères. Les ailes sont portées, ainsi que les antennes, du côté des pattes, qui sont allongées, dirigées en arrière, et an milieu desquelles on aperçoit la trompe. Toutes ces parties sont d'abord très-molles, mais elles acquièrent bientôt plus de solidité. De blanches qu'elles étoient, elles prennent le ton de couleur qu'elles doivent avoir. Les yeux sont les premiers
i8 ABE
à se colorer; puis les poib, ouïe duvet, lorsqu'il est d'une teinte foncée ; ensuite la poitrine , le corselet, les pattes, les antennes $ et enfin Tabdomen. La tète de Tinsecte se trouve placée ordinairement du côté où Tinsecte a le moins de chemin à faire pour parvenir hors de la cellule. 11 la brise avec les mandibules , et en sort encore humide. Bientôt son corps se dessèche, et il jouit de toutes les facultés de l'insecte pariait
Il y a dans le genre des abeilles beaucoup d'espèces qui comprenneni des individus mâles, des femelles et des neutres ou mulets. Ces espèces vivent en sociétés plus ou moins nombreuses. D'autres sont solitaires. Jusqu'ici on ne leur connolt point de neutres , et la femelle se charge souvent «eule de tout ce qui a rapport à Téducation des petits. Les mâles ont treise articles aux antennes. Ils varient pour la grosseur ; tantôt ils sont aussi longs quç les femelles , et quelquefois plus petits que les neutres, lié offrent souvent beaucoup de différences , comme nous l'indiquerons en traitant des espèces. Quelquefois leurs yeux sont très -gros et se touchent sur le sommet de la tête. Leurs tarses , leur abdomen , sont d'une autre forme que ceux des femelles. Leur couleur est différente. Presque toujours ils manquent d'aiguillon. Les organes de la génération consistent en une verge, ou partie musculeuse unique, dont la figure varie, et en lames cornées de formes diverses, toujours d'un nombre pair. Ces lames sont des crochets ou des gaines. Ces dernièrea forment un canal solide qui pénètre dans la vulve de la femelle. Les crochets sont tantôt en forme de T , tantôt ila ont la figure d'un fer de lance ou de pique; presque toujours ils sont anguleux: ils s'introduisent sur les parties latérales de la vulve, et maintiennent l'insecte accroché jusqu'à ce que l'acte de la fécondation soit accompli. Quelquefois cet accouplement se fait en l'air, les deux insectes volant, et la femelle, toujours plus grosse, située sous le mâle : quelquefois , comme dans les bourdons , Taccouplement a lieu sur la terre, dans les environs du nid , ou même dans son intérieur.
Les femelles sont toujours plus grosses que les mâles. £n général, elles ressemblent aux neutres; mais dans quelques espèces elles atteignent plus de six fois leur grandeur.
£11a ont un aiguillon , qui est ordinairement courbé , au lieu d'être droit comme dans quelques neutres. La cavité qui doit recevoir les organes mâles , est la même que celle dans laquelle est logé l'aiguillon , et où s'ouvre le dernier intestin.
Les neutres sont à peu près semblables aux femelles. 11 paroit constant, au moins dans l'abeille domestique, que les mulets sont de véritables femelles, dans lesquelles les organes de la génération ne se sont pas développés. Ce qu'il y a de plus étonnant encore dans cette observation singulière, c'est que la nature des alimens paroit contribuer à cette sorte de stérilité, comme nous le dirons en traitant de l'abeille mellifique. Les neutres sont organisés de manière à recueilli^ et à transporter les matières végétales qui doivent servir à la construction du nid et à la nourriture des petits.
Rien de plus admirable qift l'économie des abeilles. Aucun genre d'insecte ne présente à l'observateur plus d'industrie et plus de variété dans les mœurs. Cette différence même dans la manière de vivre, porte à croire que les espèces dans lesquelles on l'a remarquée, doivent former des genres que l'étude de ces animaux n'a point encore conduit k établir d'après des caractères saillans et bien distincts. Nous indiquerons seulement quelques divisions, qui paroissen€ d'autant plus naturelles, que la forme du corps est presque toujours en rapport avec les babitudes des abeilles qui y sont rangées. r
Les plus remarquables vivent en sociétés très-nombreuses. Il y a plusieurs milliers de neutres réunis avec une seul^ femelle, et deux ou trois cents mâles qui sont impitoyable* ment mis à mort lorsque la femelle a été fécondée. Ces neutres sont les seuls ouvriers ; ils construisent des gâteaux ou plans de petites cellules avec une matière qu'ils retirent des fleurs j qu'ils élaborent ensuite, et étendent de manièi-e à loger isolément, dans le moindre espace possible, le plus grand nombre de larves, auxquelles ils viennent apporter la nourriture nécessaire à leur développement. Ces espèces donnent toutes de la cire et du miel. Elles se trouvent dans les quatre parties du monde. Elles font leur nid dans les cavités de certains arbres , ou dans les trous des rochers. On les appelle mellîfiques.
ïo A B E
* Quelques espèces, asse& voisines des premières , construisent aussi des gâteaux d'une cire àsset pure ; mais leur société s'élève rarement au-delà d'une cinquantaine d'indi* vidus ; quoique logées dans la même cavité , elles ne rapprochent pas les cellules, qui par cela même conservent la formé cylindrique. On ignore encore si elles n'ont qu'une seule femelle. Elles portent le nom de rustiques.
D'autres se pratiquent, dans une terre sèche, des cavités qu'elles tapissent ensuite de morceaux de feuilles ou de pé» laies de plantes, et dans lesquelles elles déposent, successivement et par lits , de petites provisions d'une matière en même temps sucrée et onctueuse , avec la larve , qui doit s'en nourrir jusqu'à son entier développement On les nomme Goupeuses de feuilles.
Plusieurs portent elles-mêmes, autourde leursœufs qu'elles ont enveloppés isolément d'un mélange de poussière d'étamines et d'autres sucs végétaux , une certaine quantité de terre argileuse et sablonneuse qu'elles pétrissent et gâchent en la mêlant avec un suc visqueux. Ce sont les abeilles maçonnes.
D'autres tapissent de brins de mousse ou d'herbes desséchées, certaines cavités qu'elles rencontrent dans la terre au pied des arbres, ou sous des pierres. Elles j déposent leurs ceufs dans des cellules faites d'une cire grossière ; elles nourrissent leurs larves et font un miel visqueux. On les a nommées des bourdons , homhinatrices.
Enfin, entre plusieurs autres espèces qui ont une manière de vivre à peu près semblable , on a encore distingué les menuisières ou perce-bois, qui creusent dans les écôrces dea arbres morts, et quelquefois même dans leur épaisseur, des espèces de galeries couvertes, dans lesquelles elles mastiquent et construisent des cellules avec de la sciure de bois qu'elles gâchent et unissent avec un suc visqueux. Chacune des cellules renferme un ver et la totalité des provisions nécessaires à son entier développement
Description des espèces.
Nous divisons le genre Abeille en cinq sections , pour la commodité des recherches.
ABE »i
Dans la première sont rangées, sous le nom de perce-bois , les espèces qui ont les ailes colorées, l'abdomen un peu aplati et velu, principalement sur les bords. ' ' La seconde, sous le nom de bourdons, comprend toutes les espèces qui ont l'abdomen conique, très -velu, jamais •essile ; les ailes le plus ordinairement colorées.
La troisième , ou celle des tapissières , renferme toutes les abeilles qui ont le corps peu velu, la i^it large, le corselet tronqué en arrière, et qui n'ont jamais les tarses postérieurs dilatés.
Sous le nom de meUifîques, les abeilles de la quatrième section sont celles qui , semblables aux précédentes , ont les tarses postérieurs très-dilatés et jamais le corps coloré.
Enfin , dans la cinquième section sont rangées des abeil« les étrangères, auxquelles une langue presqu'aussi longue que le corps a fait donner , par Latreille , le nom de longues -langues ou euglosses.
Section pbemiâre. Les MenuUiéres ou Perce-bou*
Corps velu , principalement sur les bords de l'abdomen ; ailes colorées ; abdomen un peu aplati , souvent sessile. Il n'y en a qu'une seule espèce en France ; c'est ,
j. L'Abeille violette. {Apis violaceaj Fab. )
Réaum. Mém. sur les Insectes, tom. VI, pi. 5, 6. Geofit Insect. 2, 4^6,9. Abeille perce "bois. Panz. Faun. Gernu N.° 6 ifemina).
Caract Noire : ailes violettes métalliques; abdomen non sessiU^
On voit communément voler cette abeille au printemps. Elle s'arrête rarement sur les fleurs, dans lesquelles elle introduit sa trompe en voltigeant Réaumur en a décrit les mœurs avec beaucoup d'exactitude, dans le mémoire que nous avons indiqué. Elle pond ses œufs et fait son nid dans le bois, mais jamais elle n'attaque les arbres vivans. Elle choisit même de préférence leis pieux , les solives , qui commencent  se décomposer, et qui sont exposés a l'ardeur du soleil.
Les mandibules de cette abeille lui servent de tarière^
Cest avec cet Instrument qu'elle fait un trou, d'abor4 plus ou moins horizontal Lorsque son corps y est entièrement reçu, elle en change ordinairement la direction; elle relève aliors presque verticalement, et pratique des galeries^ plus ou moins perpendiculaires, qui ont quelquefois un pied et même un pied et demi de longueur. Ces conduits sont toujours proportionnés à la grosseur de l'insecte. U les partage en cellules par des cloisons , dans Tintervallb desquelles il dépose successivement une certaine quantité de poussière d'étamines, jde couleur rougeàtre, humectée d'une liqueur sucrée, sur laquelle il dépose un œuf. La quantité d'alimens est toujours proportionnée au temps et au développement dont la larve a besoin pour parvenir à l'état de nymphe , et elle est préparée de manière à ne pas se corrompre.
La première nymphe qui écl6t, est celle du fond de la galerie , la première pondue ; elle sort de sa cellule par un trou qui lui a été ménagé d*avance pour qu'elle ne fût pas obligée de traverser les autres loges.
Il parolt qu*il n'y a que des individus mâles et femellea dans cette espèce. Le mâle se reconnoft en ce qu'il manque d'aiguillon, et qu'il aies deux avant - derniers articles des antennes, de couleur fauve ou rousse, transparens. Lorsqu'on rapproche les deux sexes , on voit aussi que le premier article des tarses postérieurs et la jambe sont beaucoup plus gros et plus velus dans la femelle.
On trouve l'abeille violette dans toute l'Europe. Il paroit que les auteurs ont confondu dans la même description des insectes très- voisins, venus des Indes et d'Amérique. Ce sont des espèces fort différentes. Il nous semble même que les individus qui ont les tarses très-dilatés , sont des femelles, et que ceux qui les ont simples, sont des mâles. Telles sont les espèces décrites sous le nom de lai^e-pa ttes et de morio, qui viennent de la Chine. Les deux sexes d'une autre espèce de la même famille, dont le mâle a été décrit par Fabricius comme venant d'Afrique, sous le nom d'olivâtre (olivatra) j pourroient également être considérés à tort comme deux espèces r car la femelle, toute noire,* a les ailes bleues et la poitrine seule couverte en dessus
d^un duvet jaune très- brillant, tandis que le mâle est couvert entièrement en dessus d'un duvet jaune verdàtre»
• Section seconde. Les Bourdons*
Corps velu et couvert ordinairement d*un duvet coloré; ailes eolorée^ ou transparentes; abdomen conique ^ jamuâ sessile.
^ jé anus blanc.
â. AbeiIiLb terrestre, (^pû terrestrisj Fabr. )
Kéaum. Mém. tom. VI, pL 3, fig. i. Schœff. Icon. aSi, fig. 7. Insect Ratisb. tab. a5i, fig* 7- Élém. pL ao, fig. 6. Pans. Faun. Germ. N.^ i6.
Caract Noire : une hande de poils jaunes sur le dos de la pot» triney et une autre sur le second anneau de V abdomen^ anui blanc,
Geoffroy a décrit cet insecte, qui est fort commun, soua le nom d^Abeille à couronne du corselet et haut du tfentre citron j et V extrémité du ventre blanche.
Il y a trois sortes d'individus dans cette espèce. Les femelles sont en général plus grandes que les mâles , et la bande jaune de leur poitrine est plus pâle ; les mâles n'ont point d*aiguillon et sont plus colorés ; les neutres sont sou« vent quatre fois plus petits que les femelles.
Jls vivent en société au nombre de quarante à cinquante individus. Ils se creusent une habitation dans une motte de ter)re d'une prairie sèche , ou d'un champ de luzerne ou de sainfoin. L'intérieur est rempli de mousse, que Tinsecte y porte en assez > grande quantité pour qu'U y en ait toujours pour garnir l'entrée du nid, en manière de calotte ou de voûte plus ou moins convexe.
L'entrée du nid est quelquefois à une distance de plus d'un pied. C'est une galerie souterraine, tapissée de mousse dans toute sa longueur, et par laquelle les insectes ne peu* vent entrer ou sortir que deux à deux.
Dans l'intérieur du nid on trouve des masses irrégulières p composées en partie d'espèces de cellules de forme à peu près ovée, appliquées les unes contre les autres. Jl y en a de trois grandeurs. Ce sont les coques qui ont été filées par lea
larves des individus des trois sexes. Le plus ordinairement il y en a d'ouvertes , dont les insectes sont sortis ^ et d'autres qui renferment encore des nymphes. Sur la surface de cette masse irréguliére , formée de cocons , on remarque des tubérosités produites par une matière noirâtre, molle > qui est une sorte de pâtée, dans l'intérieur de laquelle on trouve ordinairement une vingtaine de larves. Il est probable que ces larves se nourrissent de cette pâtée jusqu'à l'époque o& elles se changent en nymphes , et que les abeilles ailées leur en portent de nouvelle à mesure qu'elles en ont besoin.
On trouve ordinairement dans ces sortes de nids, deux, -^rois et souvent même cinq petits alvéoles ou cellules , formés d'une cire très-brute , lesquelsicon tiennent du miel assez agréable au goût, mais qui est toujours liquide et porte une odeur toute particulière. Pçut-étre ce miel est-il destiné à la provision d'hiver; peut-être, ainsi que le pense Réaumur» sert -il à humecter la pâtée des larves- ^
Les individus mâles, femelles et neutres, travaillent éga«lement dan^ cette petite société. Ils prennent la mousse dans les environs de leur habitation; ils la divisent, la nettoieut, et la trafnçnt vers le nid plutôt qu'ils ne l'emportent,