‹ Dictionnaire des sciences naturelles, dans lequel on traite méthodiquement des différens êtres de la nature, considérés soit en eux-mêmes, d'après l'état actuel de nos connoissances, soit relativement à l'utilité qu'en peuvent retirer la médecine, l'agriculture, le commerce et les artes. Suivi d'une biographie des plus célèbres naturalistes (volume 3)Chapitre 58 sur 146 · II. AcHiLLÉEs à Jleurs blanches ou purpurines · texte numérisé non relu

II. AcHiLLÉEs à Jleurs blanches ou purpurines

L'AcHiLtÉE ptarmique, Aehillea ptarmica , LÂnn. , FI. Dàn:

Cy- t. 643 , vulgairement Vherbe à éternuer , est commune en

Europe da^s les prés humides. Sa tige s'élève à environ deux

"^ pieds, et se ramifie à son sommet. Ses feuilles sont étroites y

lancéolées, acuminées, finement dentées , très-glabres et

{ d'un vert foncé ; elles ont un goût piquant comme la

-pyrèire i . anthémis p/rethrum j L. Les fleurs sont grandes,

d'un beau blanc, et disposées en petits corymbes inégaux;

• On en cultive dans les jardins une jolie variée à fleurs

doubles , à laquelle on a donné le nom de bouton d'argent;

Cette plante e$t tternutatoire , résolutive et détersive.

it-

En Angleterre, on mange au printemps ses jeunes rejetons en salade \ on se sert aussi de se^ racines pour calmer le mal de dents.

L'AckiLLEE millefeuille, Achillta millefolium ^ Linn. , FL Dan. t 737 9 vulgairement la millefeuille , Therbe au charpentier. Cette espèce , très-commune dans toute l'Europe*, crpit sur le bord des chemins et des champs, et danr les lie)|.K incultes. Ses tiges sont hautes d'un pied et demi, feuillées, cannelées, et légèrement velues. Ses feuilles sont allongées, bipennées , velues ; à pinnules nonibreuses , linéaires et très -menues. Ses fleurs, ordinairement blanches, sont d'une belle couleur purpurine dans une variété.

La millefeuille est vulnéraire, astringente et résolutive: on l'emploie en infusion et en décoction pour arrêter les hémorragies ; on applique ses feuilles pilées sur les plaies et sur les coupures ; elle est encore utile dans la guérisou de^ fleurs blanches et des hémorroïdes. ( D. P. } '

ACHILLÎÈRE. Lamarck, FI. Ts. Voyez Achill^e.

ACHIMENES , jolis arbustes des parties chaudes de l'Amé^ rique septentrionale, où on les élève dans les jardins pour ^

la beauté de leurs fleurs, d'un rouge vif et assez grandes, et à t

calice et corolle velue. On en connoit deux espèces à feuilles 1

opposées, et à feuilles temées. Sloane les avoit confondues avec le genre Rapunculus de Tournefort, et elles ont été por« téestlans les genres Sc^amum, Columnea^ Buchnera, Gcsneria^ Malgré leurs étamines didynames , elles n'appartiennent peut-être pas plus que le gesneria à l'ordre des personnes. '^

C'est Brown qui en a fait un genre caractérisé par son tube allongé, incliné dès la base, et renfermant un corps a

glanduleux, qui rend l'insertion de la corolle douteuse. ^^

Dans Wildenow il ne reste qu'une espèce, achimenes ' ^

sesamoïdesj Bahel-Tsjulli, Rheed.'g ,T. 87. L'espèce à feuilles temées y porte le nom de cyrilla pulchella^ que lui a donné ^

rHérrtier, regardant comme vacant le nom générique i

du premier eyrillaj analogue aux éricinées. (D. deK.)

ACHIOTL, nom Mexicain du rocou. (J.)

ACHIRA, nom Péruvien du balisier. (J.)

ACHIRË. Ce nom, tiré du grec, signifie manchot; il a été donné par Lacépède à un genre de «poissons qui ne 1 10

différent des pleuronectes que par Tabsence des nageoife» pectorales : les achîrcs appartiennent par conséquent îi Tordre des poissons osseux et thoracins.

CaracL gén. La tête, le corps et la queue trés-^omprîmés ^ les deux yeux du même côté de la téte^ et point de na^» geoires pectorales.

Ce genre renferme plusieurs espèces, que le professeur Lacépède a disposées dans deux sections.

La première section comprend les achîres qui ont les deux yeux à droite , la nageoire de la queue fourchue ou échancrée en croissant, ou arrondie sans échancrure : elle contient quatre espèces.

1. AcuiRE BARBU, Achirus harhatus, Pleuronecte barbue^ Bonnaterre. Ce poisson a des barbillbns aux mâchoires ^ le corps et la queue allongés, la mâchoire supérieure plu» arancée que l'inférieure , un grand nombre de tache»

r blanches et circulaires. Geoffroy Ta trouvé dans la mer rouge^

2. AcHiRB MARBRÉ , Achir, Ut armoratus. Il a soixante-douze rayons à la dorsale , cinquante-cinq à l'anale , la eau-» dale arrondie , la ligne latérale très-droite , la mâchoire

I supérieure plus avancée , , le côté droit brun , avec de»

' taches et des raies tortueuses d'un blanc de lait

B.— t5ou6* D.— 72. Th.— 5. Av— 65. C— 18.

Commerson a trouvé ce joli poisson dans la mer , auprès

, de ri^le«de-France. Ce naturaliste voyageur a remarqué un

^ fait très-curieux relativement à Fachire marbré : il a vu

à la base des nageoires dorsale et anale autant de pores

^ que de rayons , et de ces pores sortoit une liqueur laî-

^ teuse lorsqu'on pressoit un peu Tanimal.

3. AcHiRE PAVONiEN , Achirus pavoiùnus, Lacépède , qui a observé ce poisson dans la collection du Muséum d'histoire naturelle de Paris, lui donne pour caractère cinquante-^ sept rayons à la nageoire dorsale, cinquante à l'anale, la caudale arrondie, la mâchoire supérieure plus avancée que l'inférieure , la ligne latérale droite , la base des nageoires dorsale et anale garnie de petites éeailles , et des taches irrégulières blanchâtres marquées chacune d'une tache brune^

D. — 67. Th.— 6. A. — 5o. C— 17*

4- AcHtHE FASciS. Ac, fosciotus ; FleuTonecUs achirus^ Linn. PL Uneahis^ Gm. Ce poisson a cinquahte-trois rayons à la dorsale , quarante-cinq à Fanale j la caudale arrondie , des barbillons au côté gauche de la mâchoire supériei^) les écailles ciliées ; sept ou huit bandes transversales noires sur un fond brun en-dessus, blanchâtre de l'autre côté.

D. — 55. Th.— 4 à 6. A.— 45. C— 16.

il habite près de la Jamaïque et dans la mer des Antilles:

La seconde section de ce genre renferme seulement deux espèces : elles ont les deux yeux à gauche , la caudalà pointue ^ et réunie avec les nageoires dorsale et aiiale.

5. AcniKE DEvX'Li G nzs ^ Ac. bilineatus ; PUuronectes id. L. Cei achire a cent soixante-quatorte rayons aux nageoires dorsale, anale et caudale, considérées comme ne formant qu'une même nageoire ; le corps et la queue allongés ; deux lignes latérales sur chaque côté; le côté gauche brun jaunâtre , et le droit blanc rougeâtre. Chaque narine a deux orifices , dont l'un est en forme de tube.

B. — 4. D. A. etc.— 174. Th.— 4.

On trouve ce poisson dans la iner pî*ès de la Chine, *^

et dans l'océan Indien, surtout vers les côtes de Sumatra: il se lioiirrit, comme presque tous les thoracins osseux, de [

petits crustacés et de mollusques. Van-Ernest a plusieurs fois vu pécher ce poisson pendant son séjour sur là côte de Sumatra, et il à toujours observé dans se^ ouies des •

vers intestinaux phdsphorîques et d'une structure assez j^*

semblable à celle des massétes. Ces vers ont le co^ petit y ^

oblong , déprimé , un peii contractile ; leur tête et leur estomac sont réunis , et résseinblent à une très-petite lentille , ^ plus large cependant que le corps ; lé bord antérieur de cette ienti'lle est muni de huit petits tubes ou suçoirs , dont les deux intermédiaires plus longs ; le dessous de là lentille tsi plat , et un peu raboteux lorsqu'on le regarde h la loupe.

Van-Ernest en forme un nouveau genre, qu'il nomme leniilier, lenticulùs. L'espèce qu'il a observée est le lentilier phosphoriqûe. Sa couleur est rougeâtre , un peu transparente.

6. Achire oRNà, ^ehir. orndtus: Cette 'derdière espèce a Quatre-vingt-quinze rayons depuis le conimencement de la Aorsaïc jusqu'à l'extrémité de la caudale 5 ^uatré-vingV^'

deux rayons depuis le commencement de l'anale jus^'a* bout de la caudale ; une seule ligne latérale sur chaque tàté', les écailles petites, arrondies et dentelées; huit ou • aeuf bandes transversales et foncées en*dessus. D. A. et C. — 177.

L'achire orné fait partie de la collection du Muséum d^histoire naturelle de Paris. (F. M. D. }

ACHIT. On donne ce nom, dans Ti le de Madagascar, à une espèce de vigne sauvage, qui appartient plus spécialement au cissu4f genre très-voisin de la vigne, et rangé dans la même famille. Voyez Cissus. (J.)

ACHOCHILLAS, nom péruvien sous lequel étoit inscrite, jpar Joseph de Jussieu, la plante nommée depuis tourrtiia lappacea. Voyez Tourretib. (J.)

ACHOCON, nom que porte, dans les montagnes du Férou, un arbre que Pavon et Ruîz ont décrit et figuré dans leur Flore, voL a, p. 69, /. 222 , sous le nom de leonia. 11 paisoft avoir un grand rapport avec le hantol des Philippines , landoricuni, dont il diffère par ses étamines réduites au nombre de cinq. Voyez Leonia. (J. )

ACHOUAVAN. Voyez Achaovax.

} ACHOUROU, AcocRou, nom caraïbe d'une espèce de

myrte. (J.) ^ '

ACHRAS, nom grec du poirier, appliqué par Liqnaeus au genre que Plumier avoit appelé sapota^ du nom de sapote on \ sapotille que porte son fruit aux Antilles. Voyez Sapotille a.

* (D. deK.)

^^ ACHVAS. Voyez Sapotille a.

^ ACHYOULOU, nom caraïbe du cerisier d'Amérique,

"^ espèce de malpighie. ( J. )

^ ACHYROPHORE , Achyropkorus. Adanson désigne 'SOus

ce nom le genre Porcelle , Hj/pocharisj L. , qui fait partie de la famille des plantes chicoracées. Gsrtner ne l'emploie que ^ pour Vhypochœris radicata^ L., dont il fuit un genre distinct,

caractérisé par l'aigrette de toutes les semences , portée' sur un pivot ; en quoi il diffère des autres porcelles, dont l'aigrette des semences marginales est sessile. (J. )

ACHYRY, nom caraïbe d'une espèce de periploca des AçtiU«%, appelée aussi corde à violon ^ k cause de la forme

4e ses tiges cylindriques, qui se prolongent «le tous c6tés sûr la surface de la terre. (J.)

AGI A. Voyez Cou pi.

AQDES. {Chim,) On prononce très-souvent , on trouve presque à chaque page, dans tous les livres de sciences et mémç d'économie, le mot acide; il est donc nécessaire de donner une notiçn exacte de ce mot et de la chose qu^il exprime^ puisque d'ailleurs les acides se trouvent très-abondamment et • jouent un r61e d'une importance très-grande dans les phénomènes de la nature, et puisqu'ils sont d'un usage^très^ /réquent et très-utile dans les procédés des arts.

Les acides sont des corps d'une saveur aigre, plus ou moins piquante, et qui rougissent plusieurs couleurs bleues végétales : toute substance qui jouit de ces deux propriétés, est nécessairement un acide. Cependant ces caractères se trouvent souvent très-variés et prononcés très-inégalement dans les divers acides: il en est -dont la saveur est si forte quïls sont placés parmi ies caustiques les plus terribles ; on ne peut connoître l'aigreur de ceux-là qu'en les éten* dant d'abord d'une grande quantité d'eau. D'autres au contraire ont une saveur aigrelette très-foible. Entre les deux extrêmes il existe une foule de degrés intermédiaires.

Le- suc de citron, de groseille, de cerise^ le vinaigre, le verjus, et une foule de substances végétales, représentent les propriétés générales des acides, et sufiîsent pour en retracer les caractères , quoique dans un degré assez foible.

Les anciens chimistes avoient des idées très-inexactes et ^■

même très-fausses sur. la nature des acides. L'imagination les avoit plus guidés que l'expérience. Ils regardoient les •>^

acides comme des sels simples. Quelques-uns attribuoient leur ^

.nature au feu fixé. Le plus grand nombre les croyoit formés d'eau et de terre. Ils admettoient un acide élémentaire, principe de tous les autres, £i les formant tous par des modifications diverses. Toutes ces idées étoient ei*ronées : on n'a commencé à trouver la vérité, et à construire une doetrinç générale sur les acides, que depuis les découvertes sur l'air , les fluides élastiques , la combustion. Ce qu'on sait aujourd'hui sur la nature générale de ces corps, peut Être réduit . aux propositions suivantes , , toutes, appuyées.

i3o , AGI

$nr des expériences positives et multipliées autant qu-exactes.

].^ Tout acide est un corps composé, provenant d'une ' combustion , et formé par Funion d'un ou de plusieurs corps combustibles avec la base de la partie de l'air qui sert 9eule à la combustion.

2.^ D'après cela, tous les acides ont un principe commun, qu'on nomme acidifiant ou oxigène, qui provient originairement de l'air, et auquel ils doivent leur propriété acide.

3.^ Si tous les acides ont un principe commun, source de leurs propriétés communes , ils doivent contenir chacun une matière particulière, source de leurs propriétés indivifluclles ou de leurs caractères spécifiques.

l\.*' Cette matière particulière à chaque acide, est nom* mée radical, parce qu'elle est la cause première, la racine de ses propriétés particulières.

5.^ D'après cela, chacun de ces composés ou.de ces corpâ brûlés porte deux noms, celui d'acide, qui ei^prime son état de matière oxigénée ou acidifiée, et un second nom qui désigne son radical : ainsi les mots, sulfuriqne, phosphori* que, carbonique, ajoutés au mot acide, indiquent que le soufre , le phosphoi*e , ou le carbone, sont combinés k l'oxi-* gène dans les acides ainsi dénommés.

6.** La portion de l'acidifiant ou de Foxigène ne varie pas seulement dans ses combinaisons avec les divers radicaux acidifiés f mais elle varie encore dans le même acide, et fait varier d'après cela sa nature acide et sa force. Pour exprimer un acide peu oxigéné, fpiblement acidifié, on ^rminc sa dénoinination en eux; et lorsque l'acide est complètement oxigéné , fortement acidifié , son nom se termine en iqiu. On dît dans ce sens, acide sulfureux et acide sulfurique, acide phosphoreux et acide phosphortque.

'j.° Beaucoup d'acides sont décomposés par des corps combustibles, tantôt à laide de» la chaleur, tantôt par le seul contact a toutes les températures ; il suffît pour cela qu'on emploie un corps combustible qu\ ait plus d'attraction pour l'oxigène que n'en a le radical de Tacide : ainsi le charbon rouge de feu décompose l'acide sulfurique, etc.

8.^ 11 y a trois classes ou trois ordres d'acides , relative^ ment à la diversité de leurs radicaux. Le premier prdre com«

AGI i5i

prend ceux dont le radical est simple , on îndécomposë Jusqu'à présent, comme les acides sulfurique , phosphorique , carbonique, dont le soufre, le phosphore, le carbone, forment les radicaux. Ces espèces d'acides appartiennent aux minéraux.

Le second prdre renferme les acides dont les radicaux sont composés de deux corps simples unis ensemble ; c\ st ainsi que Thydrogène et le carbone constituent, par leur union simultanée avec Toxigéne, les acides végétaux. Le troisième ordre contient les acides à radicaux ternaires : les matières animales contiennent des acides de cet ordre , dont le radical est composé d'hydrogène , d'azote et de carbone 9 unis tout à la fois à l'oxigène.

9.° Outre ces trois ordres d'acides, il en est quelquesuns, à la vérité en très-petit nombre, puisqu'il n*y en a que trois espèces sur plus de trente aujourd'hui connues, qui n'ont point été décomposés, dont on ignore les radi* eaux , dans lesquels on n'admet même l'oxigène que par ana< l<^ie : ce sont les acides muriatique , fluorique et boracique,

10.*^ Ces quatre ordres d'acides ont des caractères généraux qui les distinguent , et qui , en les séparant les uns des autres , les font facilement et sûrement reconnoltre.

Les acides du premier ordre , ou à radicaux simples , sont tous décomposables parle charbon rouge, et ne peuvent pas être changés les uns dans les autres. On les fabrique aisément^

Les acides du second ordre se «décomposent spontanément et par leurs propres forces : l'art, comme la nature, les convertit les uns dans les autres, parce que cette couver^ 4"

sion n'exige qu'un changement de proportion entre leurs principes constituans. ^

Les acides du troisième ordre sont les plus décomposables de tous : ils se changent facilement, et surtout à l'aide ^ d*une haute température , en ammoniaque et en acide car-« bonique, par l'échange de leurs quatre principes et par leur union en deux composés binaires ; ils peuvent aussi passer à l'état de quelques acides végétaux.

Enfin, les acides du quatrième ordre résistent à tous les procédés de décomposition ; ils conservent leur nature acide et identique , de quelque manière qu'on les traite.

1 1 .® £n décomposant les acides à radicaux simples , on brûle

i5« AGI

par leur oxigéne, qiii s^en sépare, les corps combustibles qui servent de moyens pour cette décomposition ; de sorte qu'on débrûle les acides et qu'on les ramène à Tétat de corps combustibles, en isolant leurs radicaux, et qu'on brûle» que souvent môme on acidifie , les matières employées pour les décomposer. Ce phénomène est très-fréquent dans la nature et dans l'art.

On doit concevoir, d'après ce qui vient d'être exposé, que les acides sont des agens très-utiles pour les opérations de chimie, et très-propres à faire connoitre la nature et les propriétés des corps sur lesquels on les fait agir, et qu'on fait agir sur eux en même temps. Leur action sur les corps consiste, soit dans l'altération qu'ils leur font subir en se décomposant eux-mêmes et en leur cédant de l'oxigène, ^ ' soit dans la simple dissolution qu'ils en opèrent ea s'y

unissant, sans décomposition de part et d'autre.

1 Z,"* Cette double action , et tous les phénomènes qu'elle fait naître, ainsi que les composés qu'elle produit, existent dans le vaste laboratoire de la nature, comme dans les laboratoires des arts. Il faut savoir exactement les apprécier pour bien concevoir la production d'un grand nombre de composés naturels , soit parmi les fossiles , soit dans les inatières végétales e^ animales. Ils font partie nécessaire des connoissances acquises sur la minéralisation, la végétation et l'animalisatioift. (Voyez ces mots.)

14.^ Ce qui a été dit dans les treize numéros précédens, auffit pour faire entendre les différentes manières de classer les acides, qui ont ^té adoptées par les divers chimistes. ^ La distinction des acides en minéraux, végétaux, et ani-

maux, rappelle les différentes compositions binaires des ^ premiers , ternaires des seconds , et quaternaires des troi-

sièmes. Le partage et la distribution des acides suivant le nombre de leurs principes cpnstituans , tiennent aux mêmes considérations.

}5.^ En classant les acides suivant leur formation dae à la nature ou à l'art , on suit une marche plus intéressante pour l'histoire naturelle, et qui exige que nous y insistions' un moment.

Tous les acides que Ton connoft n'existent point dans la

AGI i5$

nxCure ; que1qiies*un8 sont les produits d'agens chimiques :

mais le plus grand nombre sont des composés qu'on doit à

sa puissance toujours active et montrant partout des actions

comme des phénomènes chimiques. A la vérité , on n*en

trouve que quelques-uns dans un état pur et isolé, comme

Facide carbonique, l'acide sulfurique, l'acide boracique:

la plupart ne se rencontrent que combinés avec des terres ,

des alcalis, des métaux j et les trois précédens existent aussi ^

dans cet état. Les acides végétaux sont masqués et enveloppés

de mucilages, d'extraits, au milieu des plantes. Sur tous

ces faits , et relativement à leur intelligence , comme à leur

explication, les connoîssances chimiques sont indispensables

au naturaliste 7 et elles lui servent à concevoir une foule

d'efiets naturels qui resteroient toujours obscurs s'ils

n'étoient éclairés par le flambeau de la chimie. (F.) '

Agi de acbteux. {Chim,) On nomme acide acéteuxla liqueur aigre qu'on obtient ordinairement du vinaigre par la distillation. Cet acide , très-employé dans les expériences de chi-^ mie el dans les préparations pharmaceutiques, est un dea plus utiles réactifs ou agens des laboratoires. Il doit être compté au nombre des productions naturelles, puisqu'on le retire par la distillation des sucs des plantes, des eaux de fumier, des liqueurs aigries, etc. Voici les principales propriétés qui le caractérisent , et les principaux usages auxquels il est consacré. »

Les premières portions d'acide acéteux qu'on extrait du vinaigre par là distillation, sont très-aromatiques , un peu alcooliques et souvent voisines de l'état éthéré. Ce qui passe ^

après est moins odorant et plus acide ; c'est un liquide «^

blanc, piquant, très-aigre , qui n'a qu'une pesanteur spécifique un peu plus grande que celle de l'eau, qui rougit très-fortement le tournesol et très-fo iblement lé sirop de violettes , qui est assez volatil , et qui ne se décompose pioint seul « dans des vaisseaux fermés , comme le vinaigre commun.

Il forme des sels très - solublcs , décomposables par le feu, etc., avec les bases terreuses et alcalines. On en a énoncé les principales propriétés à l'article Ac^tites. Ses composés avec les oxides métalliques sont aussi très-dislincta de tous le0 autres sels métalliques. Tous les acides

minéraux décomposent les sels et en dégagent l*aeld# tcéteur.

L'acide acéteux agît sur les métaux très-oxidables et qui décomposent facilement Teau , surtout sur le fer et le fine. Il se dégage du gaz hydrogène pendant cette action.

Cet acide est susceptible de quelques modifications, soit lorsqu'il se volatilise arec Talcool, qu'il rapproche de Tétat éthéré , soit lorsque, dégagé de seê bases par Faction du feu ou d'un acide plus puissant , il devient très-concentré , très-odorant, très-âcre, et passe à Tétat de vinaigre radical •u d'acide acétique. (Voyez ce mot )

L'acide acéteux est, comme tous les autres acides végé-» taux, un composé d'hydrogène et de carbone, acidifié par l'oxigène. Il est le dernier terme de l'acidification végé«« talc; il se forme par la fermentation ou la décomposition, k l'aide des acides nitrique ou sulfurique, de beaucoup de substances végétales et animales, même de plusieurs acides végétaux, soumis eux-mêmes aune décomposition lente; et lorsque toutes ces matières se sont acéti fiées, soit par la nature, soit par l'art, elles ne peuvent plus éprou* ver qu'une dernière et totale décomposition , qui les réduit en eau et en acide carbonique.

Outre les combinaisons salines que Tacide acéteux forme, il s'unit k plusieurs substances végétales et animales, dont il modifie les propriétés et qui modifient les siennes. 11 dissout les extraits, les mucilages, les gommes résines et les fécules. Il s'unit aux huiles, surtout aux huiles empyreumatiques, qui lui donnent une couleur rouge brune, et une odeur plus ou moins fétide et acre. C'est ainsi qu*il forme les acides empy reumatiques , que la distillation k feu nu dégage des gommes et du bois, et que Ton croyoit autrefois être des acides particuliers. Il s'unit de même aux mucilages et aux gelées des animaux ; c'est une pareille combinaison qui paroft former l'acide zoonique.

L'acide acéteux sert dans la chimie pour analyser les terres , les résidus d'eaux minérales , les cendres , et pour en séparer la craie et la magnésie. £n pharmacie on l'emploie à la préparation des acétites de potasse, de soude et d'ammoniiique , qui forment des médicamens très-usités*

AGI j55

Ses combinaisons avec le cuivre et le plomb consl&hient des sels qui fournissent des couleurs bleue , verte «t blanche, d*ui^ usage extrêmement fréquent dans la peinture. (F.)

Acide acétique. {Chim.) On'a déjà vu, au mot Acétique, que c'est par ce nom qu'on a distingué le vinaigre radical de l'acide acéteux. Cette dénomination , qui suppose l'acide acé-f tique plus acidifié , plus oxigéné que l'acide acéteux, paroissoit fondée sur les trois faits suivans : i.^ quand on distille l'acétite do cuivre pour obtenir le vinaigre radical , l'oxide de cuivre repasse à l'état métallique , perd de l'oxigène, qu'il cède à l'acide, et se trouve de plus mêlé de charbon; 2.** le vinaigre radical est suffocant, acre et brûlant, beaucoup plus lourd que l'acide acéteux ; il change l'alcool en éther, ce que nfr fait pas l'acide acéteux ; 3.^ les acétates , ou sels formés par le vinaigre radical avec les bases , ont des propriétés différentes de celles des acétltes.

Mais depuis quelque temps on révoque ces faits en doute. On assuré que l'oxigène de cuivre , qui se réduit pendant la production du vinaigre^radical, s'unit au carbone et forme de l'acide carbonique : les caractères du rinaigre radical, sa force, sa pesanteur, ne sont dus qu'à un plus grand état de concentration. £n effet, en distillant plusieurs fois de suite de l'acide acéteux sur du muxiate calcaire bien se<^ on obtienit un acide plus fort et plus concentré , très-rapproché du vinaigre radical ; et en ajoutant de l'eau à du vinaigre radical, on le rapproche singulièrement de l'acide acéteux ordinaire. On fait avec le dernier de l'éther acéteux. Darracq, à qui sont dues ces dernières expériences, ajoute encore que les acétates, examinés soigneusement , ne diffèrent pas des acétites. Quoique la plupart des chimistes modernes soient de cette dernière opinion , elle doit être encore appuyée de nouvelles expé* riences pour pouvoir être adoptée avec certitude. ( F.)

Acide AKRiEN. (C^im.) Bergman., célèbre chimiste suédois, a nommé acide aérien celui que nous nommons acide carbonique, soit parce qu'il est le premier qu'on ait reconnu sous la forme d*air , soit parce qu'il est contenu dans l'atjnosphèré. Voyez l'article Acide carbonique. (F.)

Acide amnique. fi^Chim.) Je donne ce nom à un aéide

i56 AGI

particulier trouvé par Vauquelin dans Teau * de Tamniot de la vache. Il se dépose de ce liquide évaporé à un quart de son volume et refroidi. Il est en eristaux blancs , briU laos, aigrelets,' rougissant le tournesol, plus isolubles à chaud qu*à froid ; il se boursouffle, exhale de Tamnionia* que et de Facide prussique, en noircissant sur les charbons allumés. L'alcool le dissout. Ses sels sont trés-sohibles. On le précipite de leurs dissolutions en poussière par \^% aiftres acides. Il n*est d'aucun usage. On ne le trouve paa dans l'eau de Tamnios de la femme. ( F. )

Acide animal. (Oùm^ On distingue par Texpression d'acide animal, tout acide qui ne se troufe que dans les composés animaux. L'acide urique, par exemple, ^i un acide animal, parce qu'on ne l'a encore trouvé que dans l'urine de l'homme , dans les calculs de sa vessie , et dans les concrétions des goutteux. L'acide lactique e^t encore un acide animal, par la même raison. Il n'j a encore qu'un très-petit nombre de ces acides, exclusivement appartenans aux animaux, qui soient connus. Le plus grind nombre de ceux qu'on leur àvoit attribués comme tels, se trouvent dans des végétaux, ou sont obtenus dans leur analyse » tels que les acides sébacique, prussique, formique. On sait que l'acide phosphorique , qu'on croyoit autrefois propre au règne animal, existe fréqifemmeat dans les végétaux , et abondamment dans les minéraux.

Si l'on donne pour caractère à un acide animal de con-* tenir un radical ternaire formé d'hydrogène» d'asote et de carbone, aucun acide n'est peut-être particulier au règne animal ; et tous ceux de ce genre , appartenant en même temps au règne végétal , peuvent être indiqués comme dea acides dépendant du règne organique en général ^ en sorte que la chimie fournit , comme l'histoire naturelle , des. moyens de réunir ou de rapprocher la masse des espèce» de ces deux règnes. (F.)

Acide aas en i eu x.(C^i0t.) Je nomme acide arsenieux, l'oxide d'arsenic blanc, i.° parce qu'il a , comme acide, les pro~ prîétés de rougir quelques couleurs bleues foibles, d'exciter une sensation de saveur acre, de s'unir aux bases salifia-» Lies, de décomposer les sulfures, les |iydro-sul£ures et les

AGI i57

«avpns ; fi.* parce qu'en le considérant comme acide , o*est le plus foible qu'on puisse obtenir de l'arsenic acidifié , et parce qu'il est à l'acide arsenique ce que sont aux acides phospliorique 9 sulfurique et nitrique, les acides phosphoreux ) sulfureux et nitreux. Voyez pour connoUre cet acide le mot Arsenic (F.)

Aci D £ A as BN I Q u B. {Chtm,) L'arsenic , après avoir passé , par deux combustions successives ou par une combustion prolongée , à l'état d'oxide d'arsenic et d'acide arsenieux , devient beaucoup plus fortement acide par le nouveau degré d'oxigénation que produit sur lui l'action de l'acide nitrique et de l'acide muria^ique oxigéné. Par cette action il se convertit en un acide fixe^ fusible en verre 9 très-caustiique , rougissant fortement toutes les couleurs bleues, plus dis- ^oluble et même déliquescent, formant avec les bases salifiables des sels trés-différens et plus permanens dans leur composition que ceux qui sont formés par l'acide arsenieux. Voyez les articles Arseniates et Arsenic. (F.)

Acide artificiel. (Chtm.) On doit nommer acide artificiel tout acide formé par l'art, soit qu'il imite un des acides existans dans la nature, soit qu'il n'ait point d'analogue connu dans la nature. Sous ce rapport il, y a deux genres d'acides artificiels.

Le premier genre renferme les acides que l'art fabrique et qui sont analogues à ceux que la nature présente ; comme les acides carbonique, sulfureux, sulfurique, nitrique, nitreux, phosphoriqu'e , arsenique, t;jnstiquc, molybdique, chromique, oxalique, malique, acéteux, prussique. On les prépare pour tenir lieu de ces acides naturels trop peu abondans ou trop difficiles à obtenir.

Le second genre con^prend les acides qu'on fait artificiellement, et dont la nature n'a point encore donné de modèles : tels sont les acides phosphoreux , muriatique oxigéné, camphorique , subérlque , muqueux ou sachlactique. ' On conçoit qu'en* ajoutant k ces deux genres un troisième pour ceux que l'art ne peut pas imiter et que la nature seule prépare, on aura le dénombrement de tous les acides connus.- Ce troisième genre - contient presqu'au-* tant d'acides que les deux précédens ensemble, puisqu'on

iU A C t

y compte comme espèces les acides muriatiquc, fluoriqiie^ boraclque, citrique, gàllique, benxoique , tartareux , suc* ciniquej lactique, sébacique, urique.

Four i)ien entendre les applications de cet article, il faut lire ceux des mots suivans : Agidb, Acioes natifs » Acidification 9 Combustion. (F.)

Acide îiENZotQtC. ((/?"«•) L'acide benzdSque, ainsi appelé parce qu'on le retire le plus facilement et le plus abondamment du benjoin yhen2oè\ existe dans plusieurs autres substances , spécialement dans le storax , le baume du Pérou , la vanille , la canelle ^ et jusques dans les urines des enfans et des mammifères. On Textrait du benjoin par la distillation , et comme il se sublime et s'attache en petites ai* guilles blanches et brillantes sur les parois du cône qui sert de récipient, on le nommoit autrefois fleurs de benjoin. On l'obtient encore en traitant le benjoin en poudre par le lait de chaux bouillant : en filtrant la dissolution, et en y versant de Tacide muriatique^ qui précipité Tacide en petits cristaux pulvénilens blancs , il reste dtf muriate calcaire dans Teau. On peut Tavoir encore par le même acide muriatique versé dans Tùrine des mammifères évaporée.

Cet acide est volatil ; il cristallise en prismes aiguillét irès-fîns et satinés; il a une odeur aromatique et douce quand il est froid, et qui devient acre et piquante quand il est réduit en vapeur. 11 se fond en une sorte d^huilé épaisse et brune ; il s'enflamme quand il est fortement chauffé. Il est inaltérable à Tair, peu dîssoluble, plus dans Teau chaude que dans la froide; il cristallise par le refroidissement; Talcool le dissout facilement , et en dépose iiue partie par l'addition de l'eau. Les acides puissans le dissolvent presque sans altération. Il forme avec leê bases alcalines et terretises des sels difféfens de tous les autres , et dont on n'a point encore étudié les propriétés. Les caractères de l'acide benzoïqùe le montrent comme un acide huileux et gras , dans le radical duquel l'hydrogène prédomine.

Cet acide sert peu dans les expériences et dans les recherches de chimie, nullement dans les arts. En médecine on le range parmi les béchiques incisifs , et on le prescrit

ÀCt lij

dAiSf les maladies des poumons. C'est lui qui se dégage et qui aromatise Tair dans Tencens et les parfums préparés que l'on brûle. ( F.)

Acide békoardique. {Chim*) C'est le premier nom que Guyton a donné à l'acide animal qui est actuellement connii sous celui diacide urique. Ce premier nom étoit tiré de celui de bézoard, que l'on donne en général aux concrétions des animaux; et c'est une des plus fortes raisons d'aban-* donner la dénomination d'acide bézoardique, puisque la plupart des calculs, même parmi ceux de la vessie humaine ^ ne contiennent cette espèce d'acide que dans quelquesunes de leurs espèces ^ et puisque les calculs des animaux , les véritables bésoards , ne le contiennent jamais. Voyez les mots Acide LiTHiASiQUfi, Acide LiTUiQUECt Acidb uaique. (F.)

Acide bom biqu e. (Chim,) L'acide bombique , nommé aupa* l'avant acide bombicin , est la liqueur acide que Chaussier a extraite de la chrysalide du ver à soie, soit en coupant les derniers anneaux et en faisant couler la goutte de liquide qu'ils recèlent.; soit en pilant, en exprimant le suo de ces chrysalides, et en le purifiant dans l'alcool; soit en les faisant infuser dans ce dernier réactif. Cet acide liquide est ambré, très-aigre; il rougit le tournesol et fait effervescence avec les carbonates alcalins^ Chaussier n'a point examiné ses propriétés ,sa nature , ni ses combinaisons : il s'esft seulement assuré que cet acide existe dans les œufs , dans la chenille , dans la chrysalide et dans la phalène du bombix.

Je soupçonne que l'acide bombicin , comme celui de la chenille du saule , des punaises , des sauterelles et surtout des fourmis, est un mélange d'acide mallque et d'acide Acéteux , ou peut-être le premier , seul , uni à des mucilages. Il faut de nouvelles -recherches pour confirmer ou détruire ee soupçon. (F.)

. Acide bo&acique. {Chim.) L'acide boracique a long-temps été nommé sel sédatif. Il a été découvert vers la fin du dix*» septième siècle par Homberg. On a cru d'abord qu'il étoit formé dans l'expérience ; mais les chimistes ont bientôt reconnu qu'il n'est que séparé du borax , où il est tout formé. Il existe dans quelques eaux naturelles , et surtout dans celles àe plusieurs lacs de Toscane ; on le trouve aussi combiné à

la magnésie dans une montagne près de Lunebourg. (t.)

Celui qu'on emploie quelquefois en médecine et qu'on I prépare pour les expériences de chimie , est extrait du

borax ou de sa combinaison saline avec le soude en excès. Pour cela on verse dans une dissolution bouillante du sel de l'acide sulfurique concentré, en agitant la liqueur, et on ajoute peu à peu cet acide jusqu'à ce que le mélange toit avec excès d'acide. L'acide boracique se précipite par le refroidissement en paillettes brillantes, qu'on lave soigneusement sur le filtre où on les rassemble.

L'acide ainsi préparé est en lames brillantes , hexaëdres , d'une saveur aigrelette, rougissant le tournesol. Il est fixe et se fond au feu. Il se fige par le froid en une masse vitreuse transparente , qui blanchit à l'air. Il est dissoluble • dans douze parties d'eau froide et dans moins de la moitié bouillante. Il cristallise par le refroidissement ; il se «> * sublime à l'aide de l'eau : il est inaltérable à l'air. Aucun

corps combustible n'a d'action sur kii ; il favorise et accélère la fusion des métaux. Les acides puissans le dissolvent sans Taltérer et sans changer sa nature. Il se combine avec les terres par la fusion, et peu ou point par la voie bumide. Il s'unit aux alcalis, avec lesquels il forme des borates , dont il sera parlé dans leur article. Ses attractions sont foibles , et voilà pourquoi la plupart des acides le séparent des bases et décomposent le borax.

On ignore absolument la nature intime de l'acide bora* ^ cique ; c'est à tort que quelques chimistes ont cru l'avoir

^ décomposé ou fabriqué artificiellement II est reconnu que

l'une et Vautre de ces assertions sont également erronées.

L*acide boracique a été pendant plus de soixante ans employé comme calmant en médecine. Il y a bientôt un demi-siècle qu'on a presque cessé de le prescrire après avoir * confirmé ses propriétés peu actives ou mcme huiles. On ne le prépare que pour des expériences de chimie ; il n'a encore aucun usage dans les arts. Cest une des productions de la nature-dont on ignore absolument la formation. (F.)

Acide CAMPHoaiguE. {Chim.) Ce qu'on nomme acide camphorique dans la nomenclature actuelle des chimistes, est le produit artificiel de la distillation , répétée trois fois, de btfit

A C t ifil

parties diacide nitrique sur une partie dé camphre. Après cette opération il se sépare de la liqueur refroidie deé cristaux en octaèdres ai^us , amers et un peu aigres ^ rougissant le tournesol , peu solubles dans Teau froide, beau- Coup plus dans l'eau chaude, qui le volatilise , et formant avec les bases des sels difi'érens^ dit-* on, de tous ceux qui sont connus.

On n*a point encore assez examiné ce^ produit pour assurer qu'il soit véritablement iin acide particulier. Les propriétés qu'on y a indiquées sont encore trop incertaities et trop vaguement énoncées poUr qu'on puisse classer avec précision cette espèce d'acide. Aussi ne le prépare- .j

t-on point encore dans les laboratoires et n'est-il d'aucun usage. ( F. ) . . •

Acide CARBONIQUE. (C?»'m.) On nommé, depuis 1787, acide Carbonique l'espèce d'acide qu'on aVoit nommé auparavant air fixé, air fixe, acide méphitique, acide aérien , acide? Cray eu jc. Sa dernière dénomination , d'accord areC celles qui sont données aUx autres acides aussi bien connus que lui dans leur nature intime , lui vient de ce que son ra- \

dical est le carbone.

Il n'y a pas d'être qui ait donné lieu à plus de j'echer- Ches et qiii ait conduit à tant de découvertes que l'acide. Carbonique. Connu comme un acide depuis 177a j il a ou-» vert, comme matière gazeuse , une carrière immense aux recherches des chimistes ; il a fait découvrir et distinguer , tous les autres fluides élastiques ; il a dirigé les découter'» « tes modernes sur la causticité des alcalis, sur la Combus- ^ tion , la calcination des métaux, la nature des acides^ *^ celle de l'air , de l'eau ; et il a fait changer la face en- * tière de la chimie, en y produisant une révolution qui eil a renouvelé toute la théorie et qui en a perfectionné la partie expérimentale. On doit donc une reconnoissancé étemelle à Black, qui Fa le premier étudié ; à Cavendish et & Pries tley , qni se sont illustrés par tant de beaux travaux dont il a été la source commune; à Lavoisîer, qui, en le prenant pour le premier sujet de $e$ recherches, a reconnu %es propriétés par un grand nombre d'expériences ingé-^ liieuses, et qui par elles a été conduit à de très-grandei

ica A c r

découvertes et à une théorie aussi lumineuse que nouvelle.

L'ficide carbonique a d'abord frappé les chimistes par son état de fluide élastique 9 qui Tavoit pendant si long-temps fait confondre avec l'air ordinaire. Séparé de plusieurs matières salines ou terreo-salines qui le contiennent, soit par le feu , .soit par des acides plus forts que lui; extrait des matières végétales en fermentation ; formé par la combustion du charbon dans le gaz oxigène, il e^t constamment sous la forme aérienne ou gazeuse. En cet état, dans lequel la nature l'offre dans des cavités souterraines ou dans l'atmosphère, dont il fait constamment le deux-centième, il est invisible, compressible et dilatable, comme l'air; il a le double de pesanteur; il rougit la teinture de tournesol , il éteint les bougies allumées , il asphyxie les animaux. On peut le faire «couler d'un vase dans un autre sans le voir descendre et déplacer l'air.

Le calorique le raréfie sans le dénaturer : l'air le dissout couche par couche, de manière à l'enlever entièrement d'un vaisseau qui le contient : il n'éprouve aucune altération de la part des combustibles simples ; il n'y a qu'un cas où le phosphore le décompose, comme je le dirai à l'article des Carbonates. Il agit aussi sur quelques métaux , spécialement sur le zinc et le fer, mais seulement à l'aide de l'eau.

. L*acide carbonique s*unît aussi aux oxides métalliques et à l'eau. La nature le présente souvent dans ces deux états de combinaison ; le premier forme les mines qu'on nomme spathiques, le second, les eaux acidulés. Si l'on réunit à ces états celui de cet acide gazeux existant dans quelques cavernes et dans l'air; celui de son union avec la chaux , qui forme toutes les matières -calcaires , ainsi que les mIs naturels, qu'il constitue avec la barite, la soude et la strontiane, on reconnoîtra que l'acide carbonique est une des productions les plus abondantes dans le règne minéral , et que son (histoire e%i une des plus importantes parties de l'application de la chimie à l'histoire naturelle.

L'art est parvenu non-seulement à imiter les eaux gazeuses naturelles, en dissolvant, par le contact et l'agitation, du

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gaz acide carbonique dans de Teau pure , mais encore à les surpasser, en introduisant dans ce liquide , par une pression assez forte, une beaucoup plus grande quantité de cet . acide qu'il n'y en a dans aucune eau de la nature. L'eau gazeuse artificielle , ainsi préparée , est plus légère que l'eau ordinaire ; elle bout par une légère chaleur et par I4 soustraction d'une partie du poids de^ l'air dans une znaphine pneumatique. Elle rougit la teinture de tournesol. On en extrait l'acide gazeux par la distillation.

L'acide carbonique, comme un des plus foibles acides , est dégagé de toutes ses combinaisons , même de sa dissolution dans l'eau , par le plus grand nombre des autres acides , et il cède toutes les bases à chacun d'eux.

Il s'unit promptement et facilement aux bases salîfiables, avec lesquelles il forme des sels , qui seront décrits aine articles Ca&bonates. Trois de ces bases, la chaux, la barite et la strontiane , fournissent au chimiste un moyen trèsprompt et très - sûr de reconnoltre la présence et de déterminer la quantité du gaz acide carbonique contenu dans des mélanges gazeux. Il suffit pour cela d'agiter en contact avec ces gaz de l'eau tenant en dissolution l'une ou l'autre de ces bases; tout à coup il se fait un nuage et un précipité, qui, recueilli et séché , indique 1& proportion du gaz absorbé par le poids.

Il n'y a d'autre action sur les sels , de la part de l'acide carilonique, que celle de rendre plusieurs carbonates terreux ou alcalins, solubles dans l'eau, lorsqu'ils ne le sont pas par eux - nrémes , ou plus solubles , lorsqu'il» le sont.

L'acide carbonique, soit sous forme de gaz, soit soùs celle de liquide, préserve de la putréfaction les matières végétales et animales. Il se forme néanmoins et se dégage du milieu de ces composés, à l'époque où ils se décomposent spontanément ou par l'action des acides puissans, surtout des acides nitrique et muriatique oxigéné.

Les usages de l'acide carbonique sont spécialement de servir aux expériences et aux démonstrations chimiques , et d'être employé comme médicament rafraîchissant, antifébrile et antiseptique. On* le donne le plus souvent «ous

la forme liquide ; quelquefois on le fait respirer mélii k rair.

C'est aussi , sous d'autres rapports , un être malfaisant et dangereux, qui agit comme un poison subtil, et dont il est important de savoir éviter ou détruire les pernicieux effets. Il existe dans quelques mines ; il se forme et s'accumule dans des chambres trop étroites oà l'on brûle du charbon et où l'air ne peut pas se renouveler. Les aspersioni d'eau froide, l'eau de chaux, les lessives d'alcalis caustiques , l'ammoniaque , sont les véritables moyens de corriger son influence. (F.)

AcïDB cHaoMiQUc (Chim,) Le nom d'acide chromîque désigne lân acide colorant, parce que c'est le seul des acides dont les combinaisons soient colorées; il résulte d'un métal dbssant, nommé lui-même chrome, complètement brûlé. La nature le présente uni à l'oxide de plomb dans le plomb rouge de Sibérie , à l'alumine , dans le rubis spinelle. Vauqueiin Fa découvert dans la mine de plomb en la traitant par la dissolution' de carbonate de potasse, qui forme du carbonate de plomb indissoluble pulvérulent, et du chromate de potasse dissous dans la liqueur. Il a séparé l'acide chromique de celle-ci par l'acide nitrique, qui Ta précipité en poussière.

Cet acide est reconnoissable par les propriétés suivantes : couleur rouge -orangé, saveur âpre très-forte; changement en oxide vert, par le feu, qui en dégage du gd% oxigène ; réduction en métal gris par le charbon rouge; dissolution dans l'eau, et cristallisation par le refroidissement en prismes rouges de rubis ; décomposition par l'acide muriatîque , qui le verdit en passant à l'état oxigéné ; union avec les alcalis*, qu'il colore en orangé, et avec les terres, qui en font des sels peu ou point solubles ; formation de sels trèscolorés et très-brillans avec les oxides métalliques. Aucune autre matière ne présente des propriétés semblables, ni même rapprochées de celles-là.

Cet acide n'est point encore employé , comme rare et peu abondant. Il promet de belles couleurs à la peinture, aux émaux , et même à la teinture. ( F. )

Acide citrique. (C^'At.) Quoique la dénomination d'acide

citrique semble désigner exclusivement la malice aigre du citron , elle ne s'applique cependant , en chimie , ni au sue de ce fruit , tel qu'il y est naturellement contenu , ni au seul acide qui lui appartient Son expression s'étend plus loin , sous les deux rapports. D'une part , elle désigne l'a* cide purifié et séparé des matières étrangères qui lui sont mêlées ; de l'autre , elle représente collectivement un acide qui se trouve dans un grand nombre de productions végé-» taies. On n'a donc adopté le nom d'aeide citrique , que parce que cet acide est très^abondant, et plus près de. sa pureté, dans le citron.

Il existe de plus dans l'orange , la bigarrade , la poncire , le cédrat j et dans tous les fruits des espèces du citrus ; il> existe encore ^ans les cerises, les groseilles , les fraises, les framboises, l'épine-vinette, l'airelle, le sureau,, le sor« bier, etc. : il est mêlé dans tous les fruits avec des mucilages, des fécules, du glutineux, d'autres acides végétaux^ de la matière sucrée, etc.

Pour le séparer de ces corps étrangers et l'obtenir pur, il ne suffit pas de filtrer, de purifier, de déféquer, ûi même d'évaporer ou de concentrer ces sucs par la gelée ; il faut encore avoir recours à un procédé chimique, pro« pre à le débarrasser, à l'isoler de toutes ces matières : voici celui qu'on emploie d'après Schèele.

On jette dans le suc du citron, ou de tout autre fruit* qui contient cet acide, du carbonate de chaux en poudre, #

jusqu'à ce que la liqueur soit saturée et ne fasse plus eifer^ t

vescence. On lave le dép6t de citrate calcaire qui s'est formé , jusqu'à ce que l'eau sorte sans couleur ; on décompose ce sel pulvérulent par l'acide sulfurique étendu de dix fois son poids d'eau. Il se forme du sulfate de chaux, qui prend la place du sulfate décomposé ; la liqueur qui le surnage contient l'acide citrique avec un peu d'acide sulfurique en excès, £n l'évaporant en consistance de sirop clair, et en laissant refroidir lentement la liqueur, il s^j forme des cristaux prismatiques rhomboïdaux, terminés par des pyramides quadranguiaires , qui sont l'acide chrique pur. Voici les propriétés qui le caractérisent

Saveur très-forte , quand^ il est solide ; aigre ^ agréable ,

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quand il est étendu d*eau ; difficile décomposition par le feu ; déliquescence à Tair ; dissolution dans trois quarts de son poids d'eau ; lente décomposition spontanée de sa dissolution gardée ; conversion en acide acéteux par le feu , la fermentation, Taction des acides sulfurique et nitrique; formation de sels particuliers avec les bases salifiables, terreuses ou alcalines ; foible action sur les métaux , excepté le sine et le fer ; seule action décomposante sur les borates et les carbonates , dont il sépare les acides en séparant les ]>ases ; ne cédant qu'aux acides oxalique et tartareux parmi les acides végétaux; dissolvant le mucilage, le sucre, la fécule >t le glutineux des plantes , ainsi que la gélatine et la fibrine animales. Telles sont les propriétés qui caractérisent l'acide citrique , et qui le distinguent de tous les autres acides végétaux.

^i Se& usages économiques et domestiques sont très -mul-

tipliés; comme suc.de citron et de fruits aigres , c'est un des assaisonnemens les plus agréables et les plus abondamment employés. La médecine en tire aussi un grand parti, comme rafraîchissant , antiseptique , antifébrile , diurétique ; on prépare "l'acide citrique pur, pour le conserver et l'employer à la place du suc de citron. (F.)

Acides concrets. (Chim.) C*est l'expression dont on se sert . pour désigner l'état naturel de quelques acides qui sont sou-

vent sous forme solide, tandis qu'il y en a d'autres qui ne

^ peuvent jamais prendre cet état , et qui restent constam-

V ment à l'état liquide ou gazeux.

L'acide boracique , les quatre acides métalliques , les

acides benzoïque, gallique, urique , appartiennent au pre*

mier ordre de ces acides -, et les acides carbonique , nitrique,

muriatique, fluorique, acéteux, appartiennent au second.

L'état concret ne doit pas être toujours confondu avec

4 l'état cristallisé : il y a quelques acides cristallisables ,

comme les acides citrique, tartareux, oxalique; et ce ne sont pSLS de véritables acides concrets , comme les premiers , quoique ceux-ci puissent aussi quelquefois être cristallisés. Au reste, cette propriété est décrite à l'article de chaque acide. (F.) Acide DE L^Aïa. (Chîm.) Il existe toujoursdansrair.de Ta-

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