‹ Dictionnaire des sciences naturelles, dans lequel on traite méthodiquement des différens êtres de la nature, considérés soit en eux-mêmes, d'après l'état actuel de nos connoissances, soit relativement à l'utilité qu'en peuvent retirer la médecine, l'agriculture, le commerce et les artes. Suivi d'une biographie des plus célèbres naturalistes (volume 3)Chapitre 72 sur 146 · L'Agami d'Afrique» Psophia undulata^ Gmel. Cet oiseau · texte numérisé non relu

L'Agami d'Afrique» Psophia undulata^ Gmel. Cet oiseau

• décrit par Jacquin, et dont on ignore entièrement les habitudes naturelles, n'a que des rapports éloignés avec le véritable agami. 11 est de la grandeur d'une oie. Sa tête porte une huppe courte et blanchâtre. Des plumes longues

. et noires pendent des deux c6tés du cou, en forme de cra->

. vatte , sur la poitrine. Le plumage du dessus de l'oiseau e9t brun, onde de noir, et le dessous blanchâtre, nuancé de bleu. La poitrine et ,1e ventre ont des taches noires ; la bordure des pennes des ailes , le het et lès pieds , sont bleuâtres. (Ch. D.)

AGANON. Les Grecs, suivant Rondelet, donnent ce nom à une espèce de Tridacnë. Voyez ce mot. (F. M. D.) AGAPANTHUS. Voyez Crinum. (J.) AGARIC des boutiques , ou purgatif; champignon du genre Polypore. Voyçz le mot Polypore officinal. L'agaric , connu des anciens ,* et très-usité parmi eux , passe pour être une plante purgative et qui excite k vomir. Ses effets sont trèslents : par le long séjour qu'elle fait dans l'estomac, elle provoque des nausées et des vomissemens insupportables;

. ce qui a fait dire au célèbre Haller que c'étoit un mauvais remède, que l'on devroit exclure de la pharmacie. On a suivi son avis.- les m<^decins y ont presqu'entièrcment re-

aoncë ; elle entre rarement dans la composition des remèdes de la médecine moderne.

Cependant, parmi le grand nombre des vertus attribuées à l'agaric ( vertus, auxquelles on supplée aujourd'hui par d'autres spécifiques, ou moins dangereux dans l'application, ou d'une efficacité plus réelle, ou dont les effets sont plut prompt^ et plus certains, ou enfin dont les degrés de force 9ont mieux connus et mieux déterminés) il en est qui nous paroissent devoir être vérifiées et dignes de fixer l'at* tention des gens de lart.

• Si nous en croyons Dioscoride , Dalechamp et plusieurs autres naturalistes des temps reculés, l'agaric étoit regardé par Galien lui-même comme un bon contre -poison, lors-, qu'il étoit pris à la dose d'une drachme (i), infusé dans du vin : employé à la dose de trois oboles ( s } , il passoit pour un souverain spécifique contre la morsure des serpens. Voy. Math, sur Dîosc. pag. 371. Dalechamp prétend aussi que ragaric soulage les personnes attaquées du mal caduc. Mais tous les auteurs s'accordent à convenir et à prévenir que ce remède ne doit être employé qu'avec précaution et en proportionnant les doses à la force et au tempérament des malades : ce qui semble prouver que les inconvéniens de ce remède, peut-être bon en lui-même, ne proviennent que de ce que la violence de ses effets n'a pas été déterminée de manière à pouvoir en faire usage avec certitude de succès; d'où il résulte qu'une trop petite dose ne fait que fatiguer le malade sans le soulager, et qu'une trop forte est suivie d'accidens souvent funestes. Ces motifs , suffisans sans doute pour engager les médecins à renoncer à cette sorte de remède , le sont aussi pour stimuler les gens de l'art à chercher les moyens d'employer utilement un remède qui , bien combiné , pourroit devenir précieux au soulagement de l'humanité.

Une autre vertu attribuée à cette plante, ne doit pas être passée sous silence. Valmoni - Bomare, dans son

(1) La draclimc en médecine étoit composée de soixante-douze tcmpnles. (a) ii'ohole é(|uiValoit à dis grains.

Dictionnaire *d%istoire naturelle , nous apprend qu'en Pié* mont les habitans de la campagne font usage de Tagaric lorsqu'il leur arrive d*avàler une espèce de petite sangsue qui est fréquente dans leurs eaux. Ce fait nous paroft avoir quelque rapport avec un passage de Dioscoride, passage aussi singulier que difficile à expliquer, en le rap* prochant avec le fait cité par Bomare. L'agaric , dit Dioscoride, est une racine semblable à celle du Uuerpitium-y et en parlant des remèdes propres à soulager les personnes qui ont avalé des sangsues , il cite le laserpitium. Il n'y n aucun rapport sans doute entre l'agaric et le laserpitium; cependant on attribue à l'un et à l'autre la même vertu , et « Dioscoride compare le premier à la racine du second , pour la forme.

Pline attribue à l'agaric les mêmes propriétés à peu présumais il ajoute : « L'agaric croît principalement sur les arbres « glandiféres qui se trouvent dans les Gaules. C'est un cham- « pignon blanc , odoriférant : il croît à la cime des arbres et « reluit dans l'obscurité; aussi est-ce la nuit qu'on le « cueille , car on le reconnof t à cette lueur nocturne. * Hist. nat. de Plin. par Poinsinet de Sivry , vol. V, liv. XVI, chap. 8, pag. 435.

Les anciens distinguoîent deux espèces d'agaric : le mâle , c'est celui dont on fait l'amadou (voyez Amadocvibr), et le femelle, dont la substancç est blanche; c'est l'agaric des boutiques, l'agaric du melèse , de Laraarck , agarieas tarin. Suivant cet auteur, on s'en sert au lieu de noix de gale pour teindre la soie en noir. Quoiqu'il ne soit pas employé communément pour faire lamadou, nous pensons que , comme tous les champignons subéreux , il est propre k cet usage.

Agaric amadouvier. Voyez Amadou visa et AmadoU'

Agaric astringent. Voyez Amadouvier.

Agaric de chêne. Voyez Polypore.

Agaric (genre), Agaricus^BoUtusj Linn. , Sui/jux , Juss. 9 genre de la famille des champignons.

Les agarics ont un chapeau sessile ou stipité , hémisphérique ou semi-orbiculaîre ; un support latéral ou placé au cçntre du chapeau, en dessous. Ce chapeau est lisse en

dessus '9 quelquefois velu et marqué de sones de différente» couleurs. Le dessous est couvert de tuyau¥ ou pores contigus à la substance, de diverses couleurs, presque réguliers , pour l'ordinaire pentagones ou hexagones. C'est entre les pellicules de ces pores ou tuyaux , et non pas à leur surface extérieure , que se trouvent de petits corps ovales que BOUS pensons être des graines. Michel! a observé sur le bord de ces mêmes tuyaux de petits corps oblongs, atta* ehés à un filament y et qu'il croit être les fleurs mâles. Voyez Champignon.

Il y a des agarics dont la substance est subéreuse et solide , et d'autres qui sont charnus. Les premiers sont vivans et attachés par le côté ; les seconds se décomposent promptement et ne subsistent que quelques jours : il en est parmi cette dernière sorte qui sont sessiles et attachés par le côté ; 'd^autres sont stipités et fixés par le centre au support. Ce genre contient soixante-seixe espèces décrites par Gmelin , parce qu'il a confondu les polypores avec les agarics. Cependant ces deux genres ont des caractères bien différens : outre la forme des pores, toujours réguliers dans les agarics, les tubes ou tuyaux sont con tigus à la chair; dans les polypores, au contraire, et les favolins, ils n'en font qu'une continuité diversement divisée.

Le mot agario, très-diversement employé par les botanistes , parott dériver du nom d'une ville de la Sarmatie oh l'agaric croit en abondance, ou d'Agar, nom d'une rivière de la même province, ainsi appelée par Ptolomée. Dalechamp nous apprend, d'après Appien Alexandrin, que les Agariens , peuple de Scythie , jouîssoient de la réputation de savoir guérir la morsure des serpens. C'est d'après cette renommée que Mithridate avoit toujours auprès de lui plusieurs Agariens. Ce fait nous a paru intéressant à recueillir, pour engager les physiciens à faire des essais sur l'agaric , que les anciens nous ont présenté comme un souverain contre - poison , dont les Agariens faisoient sans doute usage.

Depuis Linnœus les botanistes connoissent sous le nom d'^agarieus un genre de xharopignons différent de Vagarieus des anciens, auquel on avoit substitué celui de hoUtus,

•» Il

Jussieû a rétabli la homenclature aociebiiey 4111 nWroif pas dû être altérée ; nouA nous ' empressons de suivre son exemple. Mais ce botaniste a divisé le genre d'après la nature de la substance et la direction du support : il nommé uUllus ceux qui vsont charnus ef dont le chapeau est attaché par le centre 9 en conservant le mot agaricus pour ceux qui sont subéreux sessiles, ou attachés par le côté. Ces caractélres nous paroissent insuffisans^ et propres uniquement à diviser les espèces entre elles. Nous réunissons donc sous nn même nom générique les suilUis et les agaricus de Jussieu , c'est-à-dire 9 tous les boUtus de Linnaeus , qui ont en dessous du chapeau des tuyaux contîgus à la substance et dont les ouvertures sont égales. Ce genre se divise en deux aeciions. ...

Première Sectiok*

Chapeau hémisphirique supporté par le centre.

Toutes les espèces de cette section sont molles , et ne vî^ vent, une fois hors de terre, que quelques jours. Parmi les 'espèces connues on distingue :

%, L'agaric parasite, {Agaricus parasiticuSj BoUtus parada ticus. Bull. Champ, de la Fr. pi.' 461 9 fig. 1.)

Chapeau hémisphérique , convexe en dessus et couvert dé mamelons à plusieurs facettes , et dont la surface supérieure est d'une couleur différente. Le support est court et se déchire souvent' en plusieurs lanières.

BuUiard a trouvé ce champignon sur une espèce de Vesse-loup, en Provence et dans la Lorraine; c'est pourquoi îl lui a donné pour nom spécifi^^e celui de parasite. Je Tai rencontré, rarement à la vérité, dans les bois de Meudon et de Bondi, mais isolé, non parasite» et d'une couleur moins jaune que celle que 'lui a donnée Bulliard ; ce qui nous porte à , croire que son surnom de parasite devroit être changé.

j. L'agaric hrùnzé. {Agaricus œreus ^ BoUtus œreus, Bull.

Champ, de la Fr. pi. 385.)

Chapeau hémisphérique , très - convexe , lisse f d'un noir

luronté en dessus « les pores sont Jaunitrcis ; le support rond , veiné et réticulé à sa surface.

Ce champignon, coiîmi. sous le nom de ceps noir dant cubiques pays » se trouve dans les bois en Octobre et Novembre. BuUiard le donne comme très - agréable au goût, et susceptible d'être mangé sans inconvénient Quand on le casse 9 sa chair a une teinte vineuse immédiatement bu« dessous de Tépiderme.

3. L'agaric comestible, {Agarieus edulis, BoUhis edulîs* Bull. Champ, de la Fr. pi. 60. )

Chapeau hémisphérique, jaunâtre en dessus; pores blancs 1

support gros, rond et blanc.

Ce champignon est bon à manger, et en usage dans certains cantons. Sa chair, quand on l'entame, ne change .point de couleur; elle est ferme et blanche. Les plus jeu- ,nes sont préférés pour l'usage , parce que la chair est moins compacte et iPait moins éponge dans l'estomac, défaut qui appartient à tous les champignons et qui les rend tous dangereux.

Cette espèce, connue sous le nom de ceps^ varie beaueoup par la couleur. Le dessus du chapeau est plus ou moins grisâtre ou roussÂtre ; les pores sont quelquefoiftî aunes, et le support plus ou moins renflé à sa base.

On le trouve dans les bois sur la ^n de Tété et en automne.

4. L'agaric tuhereux. {Agarieus luheronuij Boletus tuterosusj:

Bull. Champ, de la Fr. pi. 100. }

Chapeau hémisphérique , convexe , grisâtre en dessus ; pores rdugeâtres ; support marqué d'une teinte rouge, très^ renflé à sa base ; chair d'un jaune paille et prenant une teinte verte lorsqu'on le casse.

Ce champignon croît avec le précédent, dont il n'est qu'une variété. La teinte rouge dont il est couvert, est plus ou moins foncée. On le mange quand il est jeune.

$. L'acaaic indigotier, {Agariqus cyaneseens^ Boletus çyom' nesaens. BulL Champ, de la Fr. pi.: 369. )

-Chapeau l^émisphérique ,. grisâtre en dessus : support aminci

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et comme étranglé k sa partie supérieure : pores blajscs« Sa chair est blanche ; mais sitôt qu'en la cassant elle est frappée du contact de Tair, elle prend une couleur bleue comme le plus bel indigo. Le même effet a lieu sur le chapeau, sur les pores ou sur le support, si on froisse ces parties avec le doigt.

Ce champignon est commun dans nos bois. Il commence k paroi tre en Juillet et Août

DxiTxiiME Section. i

Chapeau sessile attaché par le côté.

Ceii^ section contient des espèces molles et fugaces en petit nombre , et d'autres solides et vivantes : dans le nombre on distingue les suivantes, dont quelques-unes sont des plus usitées, soit dans la chirurgie, soit dans les art^. Quoiqu'il y en ait une particulière dont on se sert pour faire l'amadou , il est bon d'observer que toutes celles dont la Substance est solide, peuvent servir au même mage.

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