‹ Dictionnaire des sciences naturelles, dans lequel on traite méthodiquement des différens êtres de la nature, considérés soit en eux-mêmes, d'après l'état actuel de nos connoissances, soit relativement à l'utilité qu'en peuvent retirer la médecine, l'agriculture, le commerce et les artes. Suivi d'une biographie des plus célèbres naturalistes (volume 3)Chapitre 83 sur 146 · I .. ■ I ■ I .1 ■■■■■ II · texte numérisé non relu

I .. ■ I ■ I .1 ■■■■■ II

( 1 ) Yanquelin Tient de découvrir que Tagastine de M. TrouudoriF H est que du photphate de chaux. (F.)

AHÉ, Abets, mots, qui dans la kngue malgache, cVsN à-dire, des habitans de Madagascar, signifient herbe eu général ; de là vient qu'il sert de prénom à plusieurs petites plantes herbacées, dont voici les plus remarquables.

Ah i£ pàiki , espèce de sauvagesia , commune dans les marais.

Ahé dongouts, très-petite espèce d'utriculaire.

Ah^ dava , qui veut dire long , désigne assez bien une espèce de persicaire remarquable par ses feuilles longues.

A HE ta-horiocj plante aquatique, presque, congénère du valisneria. Souvent par son abondance elle bouche les canaux pratiqués par les naturels avec beaucoup d'industrie pour amener l'eau , quelquefois d'asset loin ^ dans les rizières aquatiques , qu'ils nomment horac.

Ahets boule j Ahets mangha y Rongone. Ces mots, suivant Flacourt, désignent le chanvre, que les habitans de Madagascar cultivent avec soin, pour le seul usage des feuilles , qu'ils emploient à la manière du tabac, pour fumer. Cette pratique a lieu dans une grande partie de l'Orient, quoiqu'il soit reconnu que cet usage pernicieux cause des vertiges et une espèce de frénésie terrible. Le mot boule signifie jardin ou endroit cultivé. Voyez Chanvre. (A. P.)

AHEGAST, nom d'un grand arbre des Indes orientales,* inconnu des botanistes, et dont il est fait mention , dans l'Histoire générale des voyages, comme d*un arbre dont les racines servent à teindre en rouge. ( M. )

AHIPHI , nom caraïbe d'une espèce d'érithrine, ery^ thrina corallodendron. ( L. )

AHL et Al, £el. L'anguille commune est nommée ahl en Allemagne, al en Suède, eel en Angleterre. Voyez MnaÈNE. (F.M. D.)

AHONQUË, nom que les Hurons donnent à l'oie sauvage. (Ch.D.)

AHOUAI , Thevetia , arbre du Brésil , ainsi appelé par Pison, Thevet, Toumefort et Kay, nommé thevetia par Linnœus, dans le Horlus cliffbrtianusy réuni depuis par lui ^ avec le manghas de Ceylan et Vodollam de Malabar , dans le genre Cerhtra ; séparé de nouveau par Adanson , par Gaeri*

AHO 355 : y.

aer, et récemment par Jussîeu. Les deux genres appartiens ^

sent en effet à la famille des apocinées : dans tous deux ,

la corolle a un long tube à cinq angles et fermé par cinq ^

écailles, le limbe à grandes divisions obliques, les anthè^ J^^

res rapprochées ; mais dans Icf cerbera , le style est quel- ' ^

quefois nul , Tovaire est double et devient un fruit corn»

posé de deux brous secs , renfermant chacun une espèce de

coque fibreuse à deux loges monospermes. Dans celui-ci , ^

le style existe sur un ovaire simple , qui devient un brou

renfermant une noix osseuse à quatre loges monospermes.

On distingue quatre espèces d*ahouaï, dont deux sont plus connues: ce sont des arbres laiteux assez beaux, mais très-malfaisans ; ils se plaisent dans les sables humides des pays chauds. Le plus grand , de la hauteur d*un poirier, a de belles feuilles luisantes, et des fleurs terminales en bouquets de six k sept , d'un jaune clair et d'une odeur douce. Cest le véritable ahouaï de Thevet, thevetia ahouaï^ Juss. Pis. Bres. 3o8 , cerbera ahovài'j L. , celui même dont le nom rappelle probablement le bruit que font ses noyaux employés comme grelots enfilés par paquets et pendus par les Brésiliens 'à leurs ceintures et à leurs jarretières.

Quoiqu'ils empêchent leurs enfans de manger les amandes de ces noyaux, lesquelles sont un poison sans remède, ils prennent soin de vider les coques, et font quelquefois, dit-on, entrer à leur place de petits cailloux, ce qui augmente le bruit que font les franges garnies de ces nombreux grelots , en marchant et surtout en dansant

Miller, qui donne ces détails, ajoute que Farbre répand une très-mauvaise odeur, et qu'on évite de brûler son bois ; ce qui a fait croire que l'arbre upas de Java , mal désigné dans quelques écrits sous les noms de bohon upas , hubon upas,' célèbre par les récits peut-être exagérés de sa xiAulfaisance , devoit être aussi un ahouaï.

Suivant le père Labat, les fruits de l'ahouaï sont nommés , aux Antilles , noix de serpent , parce que les amandes de cet arbre venimeux , appliquées sur la morsure du serpent à sonnettes, en procurent la guérison.

Lémery dqsite beaucoup de cette vertu.

K'autre espèce, iht^tia nerîi/o/ia, Juss., est dite des An-

iilkSySaîs die ewùitmman m. CaScmmez temtMiqm^mmmihri^ seau de deux au trois nètns ; ses feailks s«ftt lÎBéaiR» et fort longues : ses fleors, axiUaîrcs Tcri rcxtréoûté des ruœaox et assez gruides , sont jamics et odoruites. Ses fndts scr- Toient aossi d'oroeneas aox aiicîeiis kaliitaos^ et portent le nom de noix de serpent. On n a pas encore m ces ariircs fmctîfier dans nos serres ckandes.

D«9 deux autres espèces à rapporter à ce genre , Fnne est le cerhera oraia , Cavan. Plant. Misp. toL 3 , p. 3S , t. 270 ; 1 antre le teihera saluiéfrisj Lonr. Cochinrh. p. i Sd. (D. de K.)

AHU. Cest, selon Olëarins , le nom persan de* Faninial que les Turcs nomment Itâranj et qui est une espèce de gazelle. Karmprer décrit aussi Taliu comme une gazelle* excepté qu'il lui donne une ]>arbe que sa figure ne montre cependant pas. Gmelîn, et d'après lui Pallas, disent, au contraire, que le mot persan aku désigne une espèce de cJierreuil, eervus pygargus. Voyez Ajstilope et Cekf. Voyez aussi Bézoahd. (C)

AHU ATOTOTL , oiseau du Mexique , que Femandez , cbap. 218, dît aroir la taille d*un étoumeau, les ailes et la queue bljenes , et le reste du corps d*un blanc tirant sur le brun. ( Ch. D. )

AHUGASy nom que porte k Ceylan une espèce de coros* solîer , anona asiatica , L. ( J. )

AI , quadrupède, autrement nommé paresseux à trob doigts, tradypus tridactUtis j L. Voyez Paresseux. (C.)

AIAIA ou AfAiA, nom donné au Mexique à la spatule couleur de rose, que Femandez et Niéremberg nomment aussi tUuiquechulj et dont Ray fait mention sous ces deux noms, page 102 de son Synopsis, et sous le dernier seulement, page 1 89. Cest le plalatea ajaja de Linnseus. ( Ch. D. )

AIARALI, nom caraïbe d*une espèce de bois jaune, ochroxylum. ( J^> )

AIBEIG, nom arabe du polypode, selon Dalechamp. ( J.)

AIDIË, AiDiA, arbre de la Cochincbine , dont le bois,

blanc, pesant et compact , est employé pour les constructions

des ponts de bois et des rez-de-chaussée déniaisons, parce

qu^il dure long-temps dans la terre et sous Feau. Loureiro ,

qui le décrit 9 dit que ses feuilles sont opposées et entières 9

ses fleurs en grappes axillaires. Leur calice est tubulé à cinq

dents ; la corolle est monopétale ^ divisée par le haut en

cifiq lobes aigus, garnie intérieurement de cinq anthèrea '^

sessHes 9 et portée sur l'ovaire placé inférieurement. Celui- ^

ci , surmonté d'un style et d^un stigmate , devient avec le

calice une petite baie ovoïde et monosperme. Ce genre pa^

roit avoir quelque rapport avec le lorantfae y dans la famille

des chèvre-feuilles. (J.) ^

AIDOURANGA. Dans un herbier de Madagascar, donné 1

par le célèbre Poivre , on trouve sous ce nom Tindigow C'est probablement le même que Tardouranga dont parle Kochon. (J.)

AI£R£BA. Ce poisson a été décrit par Marcgrave. C'estune espèce de raie qui vit dans la mer du Brésil , et qui n'est paa encore assez bien connue des naturalistes. C'est, suivant Marcgrave , une pastenague , plutôt ronde que rhomboïdale. Sa queue ronde a vers son milieu deux gros aiguillons osseux et dentelés; de plus, on voit sur le milieu de son dos de petits tubercules noirs. Voyez Raie. (F. M. D.)

AIERSA, nom arabe de la flambe ordinaire, iris germO' nica , L. ( J- )

AIGL£, Aquila; Linnœus a réuni en un seul genre, sous la dénomination de falcoj les aigles, les gri-fibns , les faucons , les éperviers , les milans , les buses et le messager ; mais ce genre étoit trop nombreux en espèces pour ne ^ pas chercher à en former plusieurs , et Ton a trouvé des caractères suffisans pour établir ceux qui viennent d'être désignés. On n'admet ainsi parmi les aigles que les oiseaux de proie qui ont la tête plate en dessus, emplumée ; les yeux grands, enfoncés sous un sourcil proéminent; le bec fort et crochu seulement à l'extrémité, sans dentelures , renflement ni soies , et recouvert à sa base d'une peau nue ou cire , dans laquelle sont percées les narines ; la première penne de l'aile très-courte, et la quatrième ordii^aireinent plus longue que les autres ; les tarses forts, les quatre doigts nus, les deux externes unii' à leur base par une courte membrane ; les ongles très-crochus , celui du doigt postérieur ordinairement le plus long.

Pliisieim de ces eanctèressontconaiiuis à dl autres geu^s d*accipitrcs ; Biais la coniiHiJre du bec à son exti^mité sen- Icment, est celui qui distingue les aigles d'une manière spéciale ; en sorte qu'on ne peut les confondre ni arec les Tautonis , ^ni ont la tète et une partie du cou nus pu garnis d'un simple duret ; ni arec les griffons , dont le bec est renflé ver* le bout 9 et qui ont un pinceau de soies sous le bec on le cou; ni arec les milans , qui ont le bec grêle et mince , et la queue bifurquée; ni arec les épenriers, les faucons ni les buses, dont le bec est arqué dès la base, et qui diffèrent entre eux par la longueur relatire de la queue et des pennes de Taile ; ni , enfin , avec le messager, dont la place parmi les oiseaux de proie est encore arbitraire, et qui a la queue étagée, les doigts courts, ne formant point serres, et les ongles émoussés.

Le genre de l'aigle , ainsi formé, comprend encore un asset grand nombre d'espèces , et il est conrenable de les distribuer en plusieurs sections. Si la manière de virre étoit constamment la même, la division la plus naturelle seroit celle qui sépareroit les aigles en ehasxurs et pécheurs ; mais ceux qui vivent le plus communément de poissons ne se bornent pas à cette nourriture, et d'ailleurs le% aigles ichtyophages ne sont qu'une très -petite partie du genres Au reste, les tarses gros et courts, seulement couverts en partie de plumes, paroisses t être l'attribut ordinaire des aigles-pécheurs, quoique cette nudité partielle ne semble pas d'un avantage bien important pour des oiseaux aquatiques • qui ont les ailes fort longues , tandis que d'autres espèces , uniquement terrestres , et qui ne font la guerre qu'aux mammifères , aux oiseaux et aux reptiles , ont les tarses longs et nus, et les ailes courtes. Cette dernière organisation parottroit devoir être plutôt le partage des aigles aquatiques. Ceux qui marchent dans l'eau, se rap-» procheroient ainsi des échassiers ; et ceux qui ne prennent le poisson qu*en plongeant , ne doivent pas tirer un grand avantage de la nudité partielle de leurs tarses fort courts. La nature a donc eu, à cet égard, d'autres vues que celles qui nous offrent une sorte de contradiction avec les habitudes particulières } mais nous n'hésiterons pas , malgré cela f

à former une section d^aigles-pécheurs/EUeseiVira du moins à faciliter la distinction des espèces , dont nous indique-^ rons les plus remarquables.

Le jiremier groupe sera formé des aigles qui ont les tarses gros et courts , entièrement empennés , et les ailes presque! aussi longues que la queue. Ce sont les ^aigles proprement dits.

Dans le second se trouvent les aigles qui ont , comme les précédens , les ailes longues et les tarses gros et courts j mais recouverts à moitié de plumes ou de duvet.' Ce sont les aigles-pécheurs.

Ces deux sections comprennent les plus grandes espèce^ d*aigles. On sépiire les autres, dont les tarses sont élevés et les ailes courtes, en deux groupes. Les sous-aigles ont les tarses emplumés jusqu'aux doigts, et les aigles^au tours les. ont entièrement nus.

Les oiseaux dont nous nous occupons ici, tiennent le premier rang parmi les volatiles , comme le lion dans l'ordre des mammifères. La qualité de carnassiers , et les idées de cruauté, de férocité^ qu'on y attache communément, ne doi* vent pas faire hésiter à accorder cette place à.Faigle, ches lequel on troiive aussi la force et la magnanimité. S'il vit de chair, c'est parce qu'il y est obligé » d'après la confirmation-de son estomac et de ses intestins. Loin de violer les lois de la nature, il les accomplit, en mettant ea usage des appareils de destruction , au défaut d'organes internes suffisans pour broyer la substance alimentaire dont se nourrit la famille paisible des frugivores. Chez les animaux, comme chez les peuples sauvages où le défaut de civilisa-^ tion n'a pas permis le développement des facultés in tel-* lectuelles, les qualités physiques, telles que la force, sont les attributs les plus remarquables, ceux qui établissent une suprématie ; et si la possession au degré le plus émi-« nent des facultés propres à leur espèee, si la manièrcf dont les divers animaux les exercent dans l'élément qui constitue particulièrement leur domaine , sont encore de» titres de primauté , quel autre oiseaii pourroit, sous ce rapport,' disputer l'empire à l'aigle qui fend l'air d'un vol rapide., et s'élance avec impétuosité à des distances incom* 1 a2

mensurables ? Cc8t da haut de la voAte éChéréc 9 où il plane . majestueusement, que Faille assigne lui-même sa place parmi les êtres ailés. Aucun autre oiseau ne peut franchir i les mêmes espaces; ils restent tous humblement dans des

régions inférieures , et forment une échelle de gradation }us<pi'au manchot 9 qui ne présente qu'une ébauche des organes les plus essentiels aux volatiles.

L'aigle a la contenance fiére» le regard vif» la démarche hardie , et Ton concevra difficilement que la fauconnerie ait classé parmi les oiseaux de proie ignohUs^ celui qui refusoit de se plier à ses caprices, tandis qu'abusant de la valeur des expressions, elle a départi la noblesse à d'autres oiseaux plus souples , ches lesquels elle a trouvé une docilité plus grande.

1jc% aigles sont monogames ; ils ne se nourrissent en général que d'animaux vivans , et ne se jettent sur les cadavres qae lorsqu'ils sont affiunés 1 une vue très-perçante leur permettant de distinguer leur proie de fort loin ^ ils fondent sur elle avec l'impétuosité d*un trait, la déchirent et l'emportent dans leurs serres, lorsque son poids n'est pas trop considérable.

Le nid large et plat que les aigles construisent entre des rochers ou sur de grands arbres, s'appelle aire; la femelle y pond ordinairement deux et rarement trois œufs , qu'elle eoQve pendant trente jours. Ce nid subsiste et continue de servir à l'aigle pendant sa vie, à moins qu'il n'y arrive quelque accident

Chez les aigles, comme ehes tons les autres oiseaux de proie, la femelle est plus grande que le roàle, et semble être aussi, dans l'état de liberté , plus hardie, plus courageuse et plus fine. Elleparolt, dans plusieurs espèces , s*entendre avec le mâle pour la chasse, et hors le temps oà la femelle ne peut quitter 9t% oeufs ou ses petits, on les voit presque toujours à peu de distance l'un de l'autre.

L'aigle, surtout dans l'état de captivité, peut se passer long-temps de nourriture. Buffon a eu connoîssance d'un de ces oiseaux de l'espèce commune , qui ^ après avoir été pris dans un piège, avoit vécu environ quarante jours sans aucun aliment, et n'avoit paru afibibli que les huit

Âemfefi , au bout desquels on le tua, L*aigle y qui a le moyen d^étancher sa soif dans le sang de ses victimes , peut aussi se passer pendant long-temps de boisson : maia on a eu tort de prétendre qu^il ne buvoit pas du tout; car, lorsqu'on lui présente de l'eau, il %^y baigne et en boit à la manière des autres oiseaux.

Spallanzani a fait une remarque singulière sur la confor-* mation du canal intérieur de Taigle. La capacité du jabot ^%i à celle du ventricule dans la proportion de trente-huit i trois , et cela explique comment un seul repas suffit à ces oiseaux pour plusieurs jours ; car si un grand animal devient leur proie, ils remplissent leur jabot, et la digestion ne se fait que successivement, à mesure qu'il passe quelque partie de cette nourriture du jabot dans le ventricule oik. l'estomac.

Les aigles aiment les montagnes et les déserts : on en trouve peu dans les lies , et surtout dans celles qui ne sont pas d'uiie grande étendue , parce qu'elles sont moins peuplées d'animaux que la terre ferme ; et ceux qu'on y ren* contre le plus fréquemment, et qui font leur nid sur le bord des eaux, sont de l'espèce des aigles de mer, qui vivent plutôt de poisson que de gibier. Le premier aigle qu'on ait vu dans l'Ile de Rhodes, se posa sur la maison de Tibère 1, et lui présagea l'empire.

Le professeur Reisner a publié dernièrement en Alle« magne une brochure dont l'objet e%i de prouver qu'on peut se servir d'aigles pour diriger un ballon ; il indique le nombre de ces oiseaux par lui jugé nécessaire suivant les dimensions de la machine , et donne la majiière de les dresser, de les atteler et de les guider.

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