‹ Dictionnaire des sciences naturelles, dans lequel on traite méthodiquement des différens êtres de la nature, considérés soit en eux-mêmes, d'après l'état actuel de nos connoissances, soit relativement à l'utilité qu'en peuvent retirer la médecine, l'agriculture, le commerce et les artes. Suivi d'une biographie des plus célèbres naturalistes (volume 3)Chapitre 84 sur 146 · I.^® SECTION* Aigles proprement dits · texte numérisé non relu

I.^® SECTION* Aigles proprement dits

Gaand AiGtVL ^ A(pAila chrysaetos. C'est le falee chrysaèïos de Linnasus , VaigU royal ou le rot des oiseaux de fielon , et Vaigle doré de Brisson. La femelle a trois pieds et demi de longueur, depuis l'extrémité du bec jusqu'à celle de la queue, et ses ailes étendues ont plus de huit pieds et demi d'envergure. Son poids est de quinze à dix-huit livres. Lp

mâle a trois pieds de long et ne pèse qû^environ douze livres. Cet oiseau est figuré pi. A de la Zoologie brîtanniqué, et pL 410 de Bufibn. Ses yeux sont très-grands et recouverts par une saillie de Torbite qui les fait paroitre enfoncés; riris, d'un bcQU jaune clair, brille d'un feu très-vif; Thumeur vitrée est de couleur topaze, et le cristallin a Téclat du diamant. Le bec ressemble à de la corne bleuâtre, et la peau ou cire qui ea recouvre la base, est jaune. Ses plumes sont fort rudes. Celles qui couvrent la tête et le cou sont d'un fauve clair ; sur le reste du corps elles sont d'un brun fauve. Les pennes des ailes et de la queue sont noirâtres ; le dessous de celles-ci a une teinte plus grise, et présente des ondulations dans la partie moyenne ; les plumes qui couvrent les jambes et les tarses, sont d'un roux mêlé de brun. Des écailles jaunâtres couvrent les doigts ; les ongles sont noirs et pointus : celui de derrière a quelquefois jusqu'à cinq pouces de longueur..

Les aiglons, d'abord couverts d'un duvet blanc | n'acquièrent des couleurs foncées qu'avec Tâge, et en passant par toutes les nuances intermédiaires.

L'œsophage du grand aigle se dilate en une poche qui peut contenir un litre de liquide ; il supplée à la capacité de l'estomac, qui est beaucoup moins grand. Contre l'ordinaire des oiseaux de proie, il est asse^ chargé, surtt)uten hiver, d'une graisse blanche, et sa chair, quoique dure et fibreuse, n'a pas le goût sauvage de celle des autres oiseaux de rapine. ^

On trouve cet aigle dans tout l'ancien continent en-deçà du 55." degré de latitude ; mais beaucoup de faits observés depuis l'époque où BufTon a écrit l'histoire de cet oiseau, prouvent qu'il n'est point confiné , comme il le pensoit , dans les pays tempérés et chauds, et qu'il habite également dans les climats froids. Il vit solitaire dans les contrées mon tueuses de la France et de l'Europe , telles que les Pyrénées, les montagnes de Silésie et d'Irlande, en Tartarie, dans les diverses parties de l'Asie, dans la Russie occidentale , au Kamtschatka , en Sibérie. On le rencontre aussi, en Barbarie , mais c'est dans les chaînes de l'Atlas , et il ne paroit pas certain que les aigles vus en Afrique par difr<^

tens voyageurs, soient de Tespèce du grafid > aigle. Celui -ci n^existe pas dans FAmérique septentrionale , ou Ton trouve cependant Taigle commun.

. Cet oiseau,. par la hardiesse de. son regard , par la fierté de son maintien >par la force de ses membres et par l'élév^tioi^ de son vol, parut teUement redoutable aux anciens poè'tes , qu^ils le consacrèrent à Jupiter, et . déposèrent la foudre entre sçs griffes. On l'appela Toiseau céleste, et les augures le considérèrent comme le messager, des dieux. , Il fut pria par les Perses et les Romains pour leur, enseigne de guerre. Des. potentats plus modernes Font placé dans leurs armoiries, et il est aussi devenu Femblème du génie. C'est lui surtout qu'on peut comparer au liom sous les rapports phy-< siques et moraux. Plein du sentiment de sa force, il dédaigne les petits animaux et méprise leurs, insultes j il ne veut d'autre bien quis celui qu'il a conquis, d autre proie que celle qu'il prend lui-même. D'une extrême tempérance , il ne mange presque jamais son gibier en entier j ilenl^sse les débris aux autres animaux, et quelque afifamé qu'il soit, il ne se. jette jamais sur les cadavres. Retiré, comme le lion, dans un désert, il en bannit tous les oiseaux qui pourroient partager sa proie ; et lorsque deux paires de la même espèce se fixent dans une forêt, elles se tiennent assez loin l'une de l'a'utre pour trouver, sans se. nuire, une am-* pie. subsistance dans l'espace qu'elles se. sont départi. La couleur du vêtement, la forme des ongles, le. cri effrayant, la férocité du caractère, l'attitude droite et imposante «"«sonl encore autaift de qualités qui le rapprochent du premier des mammifères. Bufibn y a ajouté l'odeur forte de son haleine ; mais Spallanjani, qui a long -temps nourri un aigle apprivoisé , a reconnu , par de nombreuses expériences , que l'haleine de cet oiseau n'étoit puante^ en aucune manière.

Malgré l'indocilité du grand aigle , il paroit qu'anciennement on l'employoit en Orient pour la chasse au. vol ; mais il ne sert plus dans la fauconnerie, où ses caprices et ses momens.de colère exposoient à trop de dangers, et il .n'y a plus que. quelques peuples du Nord qui remploient k la chasse.^ Les Kirguis , dont le pays. est situé à l'orient

de la 4ner Caspienne, jugent à certaines marques de la bont^ des aigles, et ils achètent à un très-grand prix, auxRussea des environs de la Samara, les aiglons que eeux^i ont dénichés sur de grands arbres, pour les dresser à la chasse d« loup, du renard et de la gazelle.

L'odorat de cet oiseau étant foible, il ne chasse qtt*à vue^ Quoiqu'il s'élève plus haut que tous les autres oiseaux , il .parolt avoir de la peine à quitter la terre , surtout lorsqu'il est chargé , parce que ses jambes ont peu de souplesse. Il emporte néanmoins les oies , les grues , les lièvres , les petits agneaux et les chevreaux. On prétend même avoic trouvé en Ecosse des enfans dans s6n nid| cependant lorsqu*il attaque les veaux et les faons , c'est pour se rassasier , sur le lieu , de leur sang et de leur chair , dont il porte seulement des lambeaux dans son aire. Ce nid, qu'il place ordinairement dans des fentes de rochers, lui sert,^ dit-on f. pendant toute sa vie ; il est fait avec des perches de cin<| à. six pieds , traversé par des branches souples et recouvertes de joncs et d'herbes, et n'a pour abri que quelqueavance de roche. La femelle y fait chaque année une seule ponte de deux ou trois œufs. On a prétendu que cette mère barbare tuoit par fois le plus vorace de ses petits ; mais si l'on n'en trouve presque jamais plus de deux et sou<* vent même qu'un seul , c'est sans doute plutôt à cause de l'infécondité des cefufs , qui est un' bienfait de la nature f beureusement avare dans la multiplicalion des êtres destruc* leurs.

On peut d'ailleurs citer k l'appui de cette opinion une circonstance rapportée par Lewin, quoiqu'elle ait trait k l'àîgle commun , dans le nid duquel on a trouvé en Angleterre un aiglon k peu près de ia grosseur d'une oie, et un œuf stérile. Voyez aussi plus bas l'hiséoire de l'aigle orfraie et de l'aigle pygargue. S*îl est vrai que les jeunes aigles soient chassés du nid aussitôt qu'ils sont en état de voJer j cette habitude proviendroit, sans doute, de la difficulté avec laquelle les oiseaux de proie se procurent leur subsistance ; et un acte qui semble contfe nature , d'après l'attachement durable de tant d'autres oiseaux pour leurs pe* titsj s'expliqueroît suffisamment par le besoin le plus L

pMevx de tout, eelui An maintien de sa. propre existence. Mais on sait que lorsqu'un montagnard a fait la découverte d'un nid dans lequel il y a de jeunes aiglons « il se procure pendant long-temps une ample provision de gibier en grimpant au nid pendant Talisence des père et mère ; et plusieurs auteurs prétendent même qu'il peut prolonger la durée de ses larcins en enchaînant les petits. Çutre que ces faits seroient peu d'accord avec l'expulsion précipitée du nid, Smith, dans son histoire deKerry, en cite un plus contraire encore k cette assertion. Un pauvre habitant de ce comté pourvut abondamment à la subsistance de sa fa^ saille pendant un été entier, en prenant dans le nid du grand aigle la nourriture qu'y portoient les père et mère ; et pour faire durer leurs soins et leurs secours au-4elà du terme ordinaire, il s'étoit contenté de retarder le départ Tolantaire des aiglons en leur coupant les ailes.

Quoique le grand aigle soit un oiseau fort lascif, il vit plus d'un siècle , et Klein en cite un qui a vécu à Vienne 104 ans, privé de sa liberté. Des personnes néanmoins prétendent que la mort de cet oiseau est encore accélérée par la grande courbure que contracte le bec, laquelle est cause qu'il ne peut plus prendre sa nourriture ; mais cette dernière assertion est peu vraisemblable , puisqu^on a vu des aigles gardés dans les ménageries aiguiser leur bec , dont l'accroiaaement n'étoit pas sensible.

A mesure que l'aigle vieillit ^ la couleur de son plumage devient plus claire; on y voit des teintes blanchâtres, et même des places toutes blanches. Ces changemens sont également produits par les maladies f la faim ou une longue captivité.

Le grand aigle s'apprivoise difficilement ; mais on peut le nourrir avec toute sorte de chair, même avec celle desautres aigles : à leur défaut, il mange très*bien des serpena, des lézards , et même du pain, suivant fiufibn ; mais Spallan-» tani dit, au contraire, que l'aigle a une grande antipathie pour ce dernier aliment, auquel il ne touche pas, même après un long jeûne, quoiqu'il digère fort bien celui qfi'oa 1^ force à avaler.

Uaiglç blanc de BiJsson 1 /aIco eygneus de Latham^ qu'on

trouve sur les bords dn l(hin et dans les Alpes , parott ii'étre qu^une variété du grand aigle, quoique des natura-^ ^' listes prétendent que Tàge ne peut jamais produire un blanc

aussi éclatant.

Aigle commun, Aquila fusca. La femelle dé cet aigle , qu^on nomme aussi aigle brun, faleo fulvusj L., est plus grosse qu'un dindon 5 elle a trois pieds dé longueur du bout . ifc^' du bec à l'extrémité de la queue; ses ailes étendues ont environ sept pieds. L'iris est de couleur de noisette , la cire jaune , le bçc d'un bleu noirâtre. La peau est nue entre le bec et les yeux. Les plumes du dessus de la tète et dii cou. sont d'un brun roux , et celles qui couvrent le reste du corps d'un brun plus* foncé, mais blanches à leur origine. Les plumes des ailes sont noirâtres ; le côté interne de la sixième et des suivantes est blanc {usques vers la moitié de sa longueur. Les barbes intérieures des cinq premières . ^pennes , et les barbes extérieures de la seconde , de la troisième , de la quatrième et de la cinquième , sont -beaucoup plus courtes que les autres , à partir de l'endroit où finissent les moyennes plumes. Celles de la queue sont blanches des deux côtés depuis leur origine jusqu'aux •deux tiers de leur longueur, et ensuite noirâtres. Les plu«mes laineuses du tarse sont d'un brun roussàtre ; les doigts sont jaunes et les ongles noirs. Cette espèce est figurée n.* \^ 409 des planches enluminées de Buffon, n." 1.", tome I.''

•d'Edwards, et planche 3" de Lewin.

Bufifon donne l'aigle noir comme une simple variété de l'aigle commun, mais il cite à cet égard la planche enluminée de Frisch, n.^ 69, qui représente l'orfraie. Au reste , cette variété, dont Linnœus fait une espèce sous le nom de 'falco melanaetos^ diffère de l'aigle brun par des marques très -constantes et qui se perpétuent. L'aigle noir, moins gros que Taigle commun , a en général le plumage d'une teinte plus foncée. Les couvertures inférieures de «a ^eue sont blanches, terminées de brun, et entièrement brunes dans Taigle commun. Les échancrures ne suivent pas le même ordre dans les pennes de Faigle. Les six premières de l'aigle noir sont échancrées du côté interne, et la seconde seule Vest aussi du côté externe. L'aigle brun a les cinq première^

plumes de l'aile noirâtres, et l'aigle noir n'a. que les deux prexaiéres de cette couleur. Celui-JÂ a la cire jaune,. tandis qu'elle est rougeàtre dans celui-ci , qui à les plumes des pieds d'un blanc sale et- non d'un brun roussâtre. Si la £gure d'Albin, tome 2, pi. 'a, est exacte, elle offre» enjcore une circonstance particulière dans la couleur de la queue , sur laquelle on ne voit pas de blanc : mais , d'une autre part , les descriptions de plusieurs auteurs s'âccor- * ■dent à représenter comme blanches et semées de taches noirâtres jusqu'aux deux tiers, dans l'aigle noir, les plumes caudales , qui sont entièrement blanches dans cette partie chez l'aigle brun ; et cela contribuer;)it à annoncer le passage d'un état à l'autre. Comme d'ailleurs le sexe , l'âge et la mue produisent dans les oiseaux de très -grandes différences, il suffit qu'on trouve l'aigle brun et l'aigle noir dans les mêmes lieux , pour attendre de nouvelles observations avant d'établir deux espèces , et il n'est pas même certain que l'oiseau auquel on applique aiijourd'hui la dénomination d'aigle noir , soit l'espèce ainsi nommée originairement -par Aristote , puisque cet auteiir l'annonce comme le plus •petit des aigles ,' après avoir parlé du balbuzard , qui n'a .que deux pieds de longueur, et que suivant lui la couleur de cet oiseau est effectivement noire. Cette double circonstance est un motif de plus pour rapprocher sous un seul nom les principaux traits de Thistoire des aigles dont on vient de parler.

L'aigle commun, dont l'çspèce est plus nombreuse que

celle du grand aigle , se trouve dans toute l'Europe- et

-dans rAmérique septentrionale. Il est assez commun dans

■les hautes montagnes de France , en Suisse , en Allemagne ,

en Pologne, en Ecosse, et descend dans les plaines pen-

:dant l'hiver. Poiret l'a vu en Barbarie, et il paroît qu'il

existe aussi en Arabie et en Perse. On Ta trouvé à la

Louisiane, dans les Flo rides , à la Caroline et à la baie

•d'Hudson. Il ne quitte pas les montagnes pendant l'été ,

mais il descend dans les plaines lorsque l'hiver devient

«rigoureux, et les grandes forêts lui servent alors de retraite.

Le vol de cet aigle est si haut qu'on le perd souvent de vue. De

cçtte grande distance on entepd encpre sa vojx, qui ressdm-

ble alon k Vahoiement d'un petit chien. Cet aigle fait, sur lea rockers les plus escarpés ou les arbres les plus élevés f un nid plat d'environ cinq pieds en carré, où il élève ses petits, qu'il conduit ensuite dans leur jeunesse. Ses œufs, figurés dans Lewin, plandie i , sont d'un roux brun arec des raies noirâtres. Les lièvres « dont il est friand , forment sa principale nourriture. Les divers oiseiaux, et même les ^/.«•"agneaux, deviennent également sa proie. L'aigle mâle ne chasse seul que dans le temps où la femelle ne peut quit» ter ses œufs ou ses petits ; dans les autres temps de* l'année , le mâle et la femelle paroissent chasser en commun , et les habitans des montagr.es prétendent que l'un des deux bat les buissons » tandis que l'autre se tient sur quelque endroit élevé pour saisir le gibier au passage. Suivant Marcf Paul , on lui apprend en Tartarie à chass'er les lièvres , et même les renards et les loups. Au reste, l'aigle commun n'est plus d'usage dans la fauconnerie

Spallanzani a observ'é , relativement à cet oiseau , que lorsqu'il avaloit des morceaux de viande , on royoil sortir y des ouvertures de ses narines, deux jets de liqueur qui couloient sur la partie supérieure du bec, se réunissoient à sa pointe, et de là entroieni, pour l'ordinaire, dans le bec et se méloient aux alimens.

Les oiseaux décrits sous les noms d'aigle de la baie d'Hudw son et du Canada, se rapportent à l'aigle commun»

Petit Aigle, Aquila navia. Cette espèce comprend les faleo nœ^us etfaleo nuLculaku.^ de Gmelin* La grosseur de cet aigle, nommé aussi aigle iaeheié ou canardierf n'excède pas celle d'un fort coq ; il a deux pieds sept pouces de Textrémité du bec à celle de la queue t et quatre pieds de voL Son plumage est en général d'un brun obscur, mais d'un blanc sale sur la gorge.. Le bec est noirâtre, la cire et l'iris sont jaunes. Les plumes des jambes et celles des côtés sous les ailes sont parsemées de plusieurs tai^hes blanches , ovales. Les pennes des ailes sont rayées transversale* ment de brun , et blanchâtres à leur extrémité ; celles de la queue sont blanches à leur origine et à leur pointe. Lea tarses sont laineux, les doigts jaunes et -les ongles noirs.

Daudin soupçonne que le faleo maeuUUus , plus petit que

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le fùieê nmrimty est le mâle de eette etpèee , dont il ne •eroity dans tous les eas, qu'une variété ; mais CuTÎer doute même que le petit aigle soit une espèce réelle , et la figure de Frischy planche 71 , lui fait croire que ce pourroit être le mâle de l'orfraie. Quoi quHl en soit, on trouve cet oiseau dans les trois parties de Tancien continent 9 mais l'espèce n'en est tibondante nnUe part. Les bois de plaine sont ceux qu'il préfère. 11 se nourrit le plus ordinairement de canards j ^-' -*.^ mais il attaque aussi d*autres moindres oiseaux , et mange même des rats et des mulots. Il pousse continuellement des cris plaintifs. Le plus foible et le moins courageux des aigles proprement dit» 9 c'est aussi celui qui s'apprivoise le plus aisément. Il n'est pas impossible de le dresser pour la chasse y mais on ne l'emploie pas dans la fauconnerie , où un éper^ vier pourroit le vaincre et l'abattre.

Aigle gxiffard, Aquila helUcosa, Cet aigle y décrit par Daudin et Latham sous le nom àe falco helUeosus^ est une grande espèce découverte en Afrique par Levaillant, qui l'a iiguré planche 1 de son Ornithologie. La taille du griffard est à peu près la même que celle du grand aigle ; mais il a les jambes plus longues, les serres plus. fortes; sa tête 9 plus ronde 9 est couverte , ainsi que le cou , de plumes blanches, dont l'extrémité seule est noire; le bec, bleuâtre & son origine, est noir au bout. Les plumes d^ l'occiput, un peu plus longues que les autres, forment par derrière y^

une petite huppe pendante. Le dessous du corps eat blanc , et le dessus brunâtre. Le jabot proéminent est couvert d'un duvet fin et lustré. Les grandes pennes des ailes sont noires ; les moyennes et les pennes de la queue sont rayées transversalement de blanc sale. Les plumes du tarse , blanches comme celles du haut de la jambe, sont beaucoup plus courtes ; les ongles sont très-arqués et noirâtres.

Cet aigle habite dans le pays des grands Namaquois^ entre le vingt-huitième degré sud et le tropique , peut-être même dans les difiérentes parties de TAfrique que les blancs n'ont pas encore défrichées. Quand il est perché, oa l'entend de fort loin pousser fréquemment des cris perçans et aigus, mêlés de tons rauques et lugubres. Il vole les ïambes pendantes , ei s'élè;^ k une hauteur si censidéral^ .

qu'on le perd de vue sans cesser néanmoins de l'eniendre. Plein de courage, il ne soufifre aucun grand oiseau de rapine dans le domaine qu'il s*est choisi et où il chasse les petites gazelles et les lièvres.

Les griffards se trouvent ordinairement par couples , et le temps de la couvée est le seul où le mâle pourvoie séparément à Tentretien de la famille. Ils établissent sur . ,-^^ la cime des plus grands arbnes, ou entre des rochers escarpés , leur nid dont la base , formée comme c^lle des autres aigles, est surmontée d'une grande quantité de menu bois, de mousse , de roseaux , ce qui lui donne une épaisseur d'environ deux pieds. Mais cette couche, qui auroit une certaine mollesse, est recouverte de petits morceaux de bois sec, sur lesquels la femelle pond deux œufs presque ronds , entièrement blancs , dont le diamètre a plus de trois pouces.

a.® SECTION, biglas ^pêcheurs^

Aigle orfraie , Aquilu ossifraga j Briss. Falco, ossifragus, Linn. Le nom d* orfraie ou ossifrague^ briseur d'os , a été donné à cet oiseau parce qu'on a trouvé dans son estomac des portions d'ossemens d'une assez grande étendue. Il est représenté, planches enluminées de BufioujU.**' 112 et4i5; planche 69 de Frisch, et 1." de Lewin. Presque de la taille N^ du grand aigle , il a environ trois pieds et demi de lon-

gueur, et sept pieds de vol. L'individu décrit par Lewin a voit même huit pieds d'envergure, et les ailes s'étendant en effet jusque vers l'extrémité de la queue , il ne semble pas naturel qu'elles aient , relativement à celles du grand aigle, une disproportion telle que celle dont parlent plusieurs auteurs. Le bec est d'une couleur de corne bleuâtre, la cire est jaune ; il a sous le menton des plumes effilées, qui lui ont fait donner le nom d'aigle barbu. Les yeux sont d'un brun foncé. Le manteau est formé de plumes blanches à leur base, d'un gris brun dans le milieu, et d'un brun noirâtre à Textrémité. La teinte est plus pâle sur la poitrine et le ventre , qui sont parsemés de tâches blanches. Les ' grandes plumes des ailes sont noirâtres ; celles de la queue sont moins foncées. La partie des tarses qui n'est point

laineuse est couverte de petites écailles d'un jaune vif. La couleur des doigts est la même ; les oYigles , forts et très» crochus , sont d'un noir brillant Les jeunes ont sur la peau un duvet blanchâtre très- touffu.

On trouve Taigle orfraie dans! les différentes contrées de TEurope et dans FAmérique septentrionale ; quoiqu'il sem^ ble jpréférer les pays froids et même glacés, et qu'il soit commun en Russie , en Sibérie, au Kamschatka, Poiret l'a vu en. Barbarie. Son habitation ordinaiire sur les bords de la mer, des grandes rivières et. des lacs, sur lesquels il plane fréquemment , l'a fait nommer grand aigle de mer. Le poisson qu'il saisit en fondant dessus , lorsqu'il est à fleur d'eau, et même en plongeant, est sa principale nourriture ; mais il prend aussi des oiseaux de mer, de jeunes phoques, des lièvres et même des agneaux. Il chasse et pêche de nuit et de jour, voyant mieux pendant le îour que les oiseaux nocturnes, et de nuit, que les oiseaux diurnes ; mais le matin et le soir sont les momens où il se livre'^plus particulièrement à cet exercice. Son vol n'est jamais aussi élevé ni aussi rapide que celui du grand aigle, et il ne vise ni ne poursuit sa proie d'aussi loin.

L'aigle orfraie fait son nid dans les rochers qui bordent le rivage de la mer , ou sur les plus hauts chênes , et il y pond deux œufs ronds et très-pesans, d'un blanc sale. Il aoigne ses petits avec la plus grande affection ; mais comme souvent un des œufs est infécond, l'espèce, quoique très* répandue , est partout peu nombreuse.

Aigle PTGAaGUS , Aquila jfygargus, Lesfalco albicaudusy albieilla et kucocephalus de Gmel. sont des doubles emplois applicables à cette espèce , qui est aussi décrite par Brisson , sous les noms d*aigle à queue blanche y petit aigle à queue hlanche , et 04gle à tète blanche. L'aigle pygargue , repré»sente par Buffon , planch. enlumin. , n.® 411 , et par Catesby , tome 1 , planche 1 , est un balbuzard adulte ; celui de Frisch, planche 70, est un jeune.

L^aigle pygai^e a trois pieds de longueur et sept pieds d'envergure. Le bec et l'iris sont jaunâtres , la cire est jaune ; il y sk entre les yeux et les narines une peau nue, bleuâtre;

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parscaée de poils aolfs et de petiics pfanM* Uamekes et rues. La tfte et le^cov, d'wi cendré pile dans les jeunes» sont blancs dans les Yieux. La teinte générale du plumage est bmne, les pennes cavdales sont blanches. Le hant du tarse est laineux ; le reste dv taise et les doi^ sont jauaes, les ongles noin.

En décrivant les nuances du plumage suirant les dlFéitsns âges de cet oiseau , Daudin a expliqué les causes des crrenn dans lesquelles sont tombés les auteurs qui en ont fait trois espèces ou Tariétés. L'oiseau trés-jeune a la tête et le cou d'un cendré foncé, le corps d'un brun ferrugineux , le bout des ailes noirâtres et la queue blanchâtre : c'est alors le faleo alhieaudus , petit pjgargue de Buffbn. Lorsque Toiseau a atteint environ dix mois , la nuance cendrée de la tête et du cou s'éclaircit, le pluipage du corps est d^in brun mêlé de cendré ; la queue blanchît davantage : c'est le faleo albieilUiy grand pjgargue de Buffon. Le plumage acquiert ensuite une teinte brune plus uniforme ; la tête et le cou deviennent blancs comme la queue : c'est daifs cet état qu'on Ta nommé faleo UueoeephaltK ^ pjgargue à tête blanche.

On trouve Taigle pjgargue dans le nord des deux con« tinens. Pallas en a vu une quantité prodigieuse dans les montagnes du Volga. Il fréquente les côtes de la mer, et •'j nourrit de poissons, de jeunes phoques, de canards, de grèbes etc. et de cadavres d'animaux rejetés par les flots. Four se rendre maître des oiseaux plongeurs, il se perche sur le sommet des écueils ou sur la pointe des rochers , et jugeant, par le frémissement de l'eau, de l'endroit où ces oiseaux doivent reparottre, il les saisit à l'instant même où ils se montrent à sa surface. Lorsqu'il s'est emparé d'une proie trop pesante pour être enlevée de Teau, il la tire à terre en volant à reculons ; mais quand ses serres sont entrées dans le corps de quelque grand phoque, d'où •il ne peut les dégager, il est entraîné dans l'eau par l'animal , et on l'entend alors pousser des cris perçans. Aristote dit que cet oiseau fait aussi sa proie des faons, des daims et des chevreuils , et l'on a observé que les aigles pjgargues qui fréquentent les lieux habités , chassent seulement quel*

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