‹ Dictionnaire des sciences naturelles, dans lequel on traite méthodiquement des différens êtres de la nature, considérés soit en eux-mêmes, d'après l'état actuel de nos connoissances, soit relativement à l'utilité qu'en peuvent retirer la médecine, l'agriculture, le commerce et les artes. Suivi d'une biographie des plus célèbres naturalistes (volume 3)Chapitre 9 sur 146 · W INTRODUCTION · texte numérisé non relu

W INTRODUCTION

ne fera qa'accroltre les difficultés pour leur «lîstribution. lies Doureauz -groupes , formés d'après des caractères qu« chaque naturaliste a jugés assez imponans pour les établir, ne pourrout être définitivement admis que sur l'examen de$ espèces quW y aura placées ; et , tant que ces associations n'auront pas été présentées dans leur ensemble , il est k craindre que la multiplication des coupes ne serve qu'à ajouter des mots nouveaux à nue nomenclature déjà trop compliquée, et à augmenter les embarras d'une synonymie qui, en surchargeant la mémoire, finiroii par nuire k lavancement de la science plutôt qu'à en faciliter l'étude.

Les entraves qni résultent de ce défaut de fixité dans l'état d'une science sont plus particulièrement sensibles pour un Dictionnaire où Ton doit en présenter te tableau. Eu efiet , l'ordre le plus convenable étant d'y décrire les espèces sons les noms génériques , tenter de les répartir entre les divisions nouvelles des anciens genres , ce seroit entreprendre prématurément un travail que les auteurs de ces changemens pourroient désapprouver eux-mêmes; et le peu de concordance qui existe d'ailleurs eutre les divers essais ne permettroit pas encore de s'arrêter à des innovations dautant moins stables qu'elles ne se bornent pas à des sections de genres trop nombreux en espèces disparates, comme celui des faucons de Linnaens, à l'égard duquel la nécessité des coupures est depuis long-temps reconnue. En suivant cette marche, les genres auroient été moins multipliés, et leur accroissement, alors utile, auroit été bien mieux motivé ; mais, tandis que leur nombre n'excédoit pas soixante-^ dix-huit dans la dernière édition de Linnaeus^ cent quatre dans V Index de Latham, cent quinze dans l'Ornithologie de Brisson, cent dix-huit dans l'édition du Systema Naturœ A.ovmke parGmelin, il a, en i8ti , éié porté pir M. Illiger à cent quarante-sept^, et , six ans après , à deux cent soixante-treize par M. Vieillot. C'est aux savans de toutes les nations qu'il appartient de prononcer sur ces méthodes avant qu'on soit autorisé à faire l'application directe de Tune d'elles dans un Dictionnaire \ et ne pouvant^

INTRODUCnOW. U

sartont poar les espèces anciennement comiaeSy boaleverser arbitraicement les dénominations reçues jusqu'à ce jour, on devra se contenter d'indiquer les changemens proposés danç les derniers ouvrages dont on donnera une analyse déuiliée sous le mot Otikilhologie.

Cette circonstance n'aura, au surplus, qu'une influence secondaire sur la partie du Di<!tionnaire des Sciences naturelles qui sera consacrée k rapprocher des nomenclatures méthodiques, les noms vulgaires donnés, dans les départemens, aux oiseaux de France qu'on peut rapporter aux espèces linnéennes. Pour les- contrées les plus septentrionales de TEurope, et pour les autres parties du monde, on offrira également un vocabulaire comparatif, d'un usage habituel et commode, aux lecteurs de voyages qui voudront connoitre avec plus de précision des animaux sur les mœurs desquels on j trouve quelquefois des faits curieux, qui seroient perdus pour la science si des personnes plus versées dans cette sorte d'étude que les voyageurs ordinaires ne se chargeoient d'éclaircir les récits vagues, dé débrouiller les passages obscurs , et de présenter en peu de mots le résultat de recherches analogiques souvent très-longues. Ce travail a été d'autant plus considérable pour l'ornithologie que les oiseaux se montrant partout et sans cesse aux regards ^ chaque peuple leur a imposé des noms différens , tandis qu'on n'a pas cherché h en donner aux animaux qui se tenoient constamment éloignés, ou qui , par leur petitesse^ ne pouvoient fixer l'attention.

L'histoire des mœurs et des habitudes dès oiseaux est toutefois la partie dont on s'est le plus spécialement occa pé^ comme la plus propre à exciter la curiosité des lecteurs de toutes les classes ; mais,, en s'attachant surtout aux faits qui ont paru le mieux cA>n8tatés, on s'est permis de discuter les opinions hasardées ou conjecturales , et de les rectifier quand le raisonnement ou de nouvelles découvertes en ont fourni le moyen.

Wj INTRODUCTION.

Des Reptiles et des Poissons.

Lors de la pablicalion des premiers ▼oloines de cet OQTrage^ M. Daudia, dont le:» sciences oat à regretter la

E r te ; avoît fait, comme coopératear de MM* Cuvier et icépède, le plus graad nombre des articles d'erpétologie et d'îchlhyologie. Aujourd'hui MM. Lacépede et Duméril veulent bien se charger de cette rédaction , ec sont secondés dans ce travail par M. Hippol/te Cloquet, docteur en médecine, élève particalier de Tun d'eux.

Cette partie de l'histoire naturelle a fait des progrès considérables depuis un petit nombre d'années: on tâchera de ne rien négliger pour en présenter l'ensemble d'une manière complète : le grand ouvrage de M. Lacépede 8ur les poissons ; la Zoologie analytique de M* Duniéril ; les travaux de Schneider ; richthyologie de Mioe^pu"» bliée par M. Risso ; la nouvelle édition du Tableau élémentaire de M. Cuvier ; les Mémoires particuliers de M. G. Cuvier, Geoffroy- Saint- Hilaire, de Humboldty Oppel , François de la Roche ; un grand nombre de vojages jrécenSy et Içs collections et reoneils périodiques , seront les sources où l'on puisera, et dont les richesses viendront se Xéunir à celles auxquelles il avoit d'abord fallu se borner. Chaque classe^ chaque ordre, chaque famille, chaque |;enre, se trouveront traités avec soin sous leur nom particulier. Les espèces les plus importantes seront décrites à la suite de chacun des genres , auxquels on renverra lorsque ces espèces porteront des noms différons : il en sera absolument de même des variétés.

On aura soin aussi d'indiquer, toutes les fois que la chose sera possible, l'étymologie et l'histoire du nom employé, et de placer, à la fin de la description des fa* milles, des tableaux synoptiques, propres à faire parvenir facilement à la détermination des genres.

Les expressions techniques et les principales méthodes employées pour l'étude des reptiles et des poissons serout exposées aux mots Erpétologie et Ichihjrologie, On traitera

INTRODUCTION. Ivij

ilioa générale ^ de la physiologie et des habités à ces aaimaux» aux ariicles Reptiles et

lescriptioEi sera faite , aatant que possible , ire; et la riche collection du Muséum dliis- Ile, qui est à la disposition des collaborateurs, érer d'arriver à un plus haut degré de per«

^es Insectes , par M. Duméril.

M. Duméril est seul chargé de la partie entooiologique de ce Dictionnaire. Il a profité de cette circonstance favorable pour publier une méthode nouvelle de classification des insectes, à laquelle il travaille depuis très^long temps, et dont il n^a encore fait connoitre que quelques fragmens.

Tous les articles ont été écrits sur les insectes même , autant qu'il a pu le faire , et sur les individus conservés dans sa nombreuse collection ; cependant il a consulté les livres et les autres cabinets. Quand les observations des auteurs sont intéressantes , il a soin de les faire connottre; mais souvent il se permet de discuter leurs opinions.

Voici à peu près l'ordre qu'il a suivi dans la rédaction des articles.

Au mot Insecte j on trouve l'histoire générale de cette classe d^animaux, Texpôsition de divers systèmes et de la méthode qu'il adopte, et dans laquelle les ordres sont à peu près les mêmes que ceux indiqués par Aristote et corrigés par Dégeer.

Le nom de chacun des ordres fait le sujet d'un article détaillé^ oJSi Ton peut apprendre l'histoire générale des insectes compris aans cette division, reconnoitre leurs caractères, et arriver par une véritable analyse à leur arrangement en familles naturelles, qui toutes sont désignées par un nom particulier*

L^histoire, les caractères et les mœurs des insectes compris dans les àiyexses /amillcs ^ sont exposés aussi d'après

MTi INTRODUCTION.

l'ordre atphAbâiqtie des déDomi aations qu'idies ont reç Qm'f et les genres qu'elles comprenoeat sont de mèfne indiqué» dans une table analytique, qui ue laisse de choix qu'entre deux propositions.

Lorsque Tautenr traite d'un genre d'insectes , il a soin de rappeler Tordre et la faoulle auxquels il se rapporte. On y trouve constamment Tétymolojie du nom , une criti** que raisonnée des divers changemens que la science a subia à ce sujet, l'exposition des caractères essentiels, la comparaison de ce genre avec ceux qui en sont naturellement les plus voisins, les divisions établies parmi les espèces, et spécialement l'histoire générale de leurs mœurs.

C'est sous le nom du genre que* les espèces sont décrites, et toutes les autres dénominations renvoient à cet article. Après le caractère essentiel, indiqué en lettres italiques, on trouve une description plus détaillée et des particularités sur la manière de vivre, quand elle est connue, et sur les variétés^

Les expressions techniques^ ou les termes entomologiques, sont exposés d'une manière générale au mot EntO" mologie^et plus particulièrement ensuite sous le nom de chacun d'eux.

Enfin on trouve des détails anatomiques et physiologiques sur chacune des parties des insectes, et sur le sens précis qu'on doit attacher k chacun des mots qui les concernent.

Il résulte de cet arrangement que ce Dictionnaire peut en même temps instruire celui qui ne connott point encore les insectes, et diriger les personnes qui sont déjà familiarisées avec cette étude.

ÏNTRODUCTION; lît

Des Mollusques , des p^ers et des Zoophytes (i) ,

par M. DE Blainville.

M. H* de Blainville est entièrement cliargé de la con^ tinuation de la parité du Dictionnaire qui doit traiter : i^ des animaux mollusques et de leurs enveloppes , ou de la concbyologie , les fossiles exceptes ; a^. d'une section des animaux articulés^ de ceux qu'on désigne sous le nom de yers proprement dits, extérieurs ou intérieurs; 3^ de tous les animaux rayonnes , ainsi que de lear$ dépouilles non- fossiles ; 4^. enfin des infusoîres.

Chargé depuis plusieurs années de professer celte partie de la zoologie à la faculté des sciences de Paris, il a pu juger jusqu'à quel point l'entreprise est ingrate et difficile. On peut dire en effet que^ malgré les travaux de plusieurs zoologistes , et surtout de ceux de l'Ecole française^ c'est encore celte qui , faute d'observations bien faites, ce qui est plus V9/ce qu'on ne pense, est la moins avancée^ celle dont les classifications sont encore les plus arbitraires, à défaut de principes généraux; mais, les nouveaux travaux de plusieurs zoologistes, et surtout ceux de MM. Guyier et de Lamark, qui se publient en ce moment, ou ne doivent pas tarder k l'être , et peut-être les siens propres, permettent au rédacteur d'espérer qu'elle ne sera pas tout-à-fait indigne des autres parties de ce Dictionnaire.

En considérant les animaux qu'elle renferme comme appartenans à l'ensemble du règne animal, il commencera dans les articles généraux Mollusques , Vers y Zoophyiesy etc. par faire connoltre les différentes manières dont les zoologistes les disposent dans le système général, le rang

(i) M. G. L. DuTemoy, aoteur des arlîdes, Mollusjties , Ven tï Zoophitês^ daa9 les six premiers volumes, n'élaonA plus i Paris, n*a pu concourir à la reprise Je cet ouvrage. M. de Blainville s*est chargé de ce travail pour les supplémens , et il doit le continuer pour les voluiuei siHvans.

Ix INTRODUCTION.

qu*on leur assigne^ c'est-à-dire les nouvelles classifications de M M. Cu vier, de Lamark , Duméril , et la sienne propre : classifications qui toutes ont paru depuis rimpressio'i des Tolumes publiés, et qui sont toujours pour les personnes nui peuvent sViever assez liaut pour les comprendre y ' 1 expression la plus claire en onéme temps que ta plus concise de l'état de la science à une époque donnée.

En envisageant ensuite ces animaux sous un point de Tue moins général , il fera connoltre , dans chaque groupe ou type particulier, Torganisation d'une manière suffisante pour que dans les divisions secondaires , tertiaires, etc. , il n'ait que peu de chose à ajouter; mats comme les rapports des êtres sont une des études les plus philosophiques et les plus satisfaisantes, il ne négligera pas de faire observer les affinités qui peuvent exister entre dîffi6rens groupes; les modifications que certains organes ont éprouvées , leur transformation pour ainsi dire qui a fait que souvent on a méconnu, et désigné sons des noms trës-différens , des organes tout-4i-fait identiques.

C'est en se basant ainsi sur l'organisation, qu'il parlera ensuite des mœurs et des habitudes d'une manière de moins en moins générale et étendue, à mesure qu'il descendra des groupes primaires aux espèces; il fera cependant une attention particulièreà celles qui sont de quelque usage à l'homme dans lëlat de société, et qu'il a intérêt de propager ou de détruire.

Quant à ce qui regarde la partie systématique , d'après le plan général adopté pour toutes les parties de ce Dictionnaire, les diflférenies espèces seront toujours décrites à l'article du genre auquel elles appartiendront. On ne fera mention^ en citant constamment Une bonne figure, que des espèces les plus remarquables sons les ditlérens rapports d'organisation, de mœurs, d'usage, ou même d'identité présumée avec des espèces fossiles. On ne négligera cependant aucuns des noms vulgaires, marchands ou de pays , en renvoyant constamment au nom du genre.

Quant à ceux-ci , on les trouvera toujours sous leur nom latin, avec la précaution de mettre toujours le nom français à côté, et de plus à sa place , avec un renvoi* L'on

INTRODUCTION; hj

citera tou)Ours et l'on décrira Tespèce qui aara servi h soa établissement.

Le rédacteur a cru ne devoir négliger aucuns des genres établis, quelque peu importans qu'ils soient , ne prétendant pas pour cela qu'on dût les conserver dans un véritable Traité de zoologie; mais il faut considérer un Dictionnaire pour ce qu'il est.

Il s'est fait une loi de décrire chaque genre sous le nom donné par l'auteur qui l'a établi, a moins que par inadvertance, celui-ci n'ait choisi un mot déjà employer au moins en zoologie, ou que celui qu'on propose pour le remplacer ne fasse partie d'une nomenclature raisonnée. Les autres noms donnés a chaque genre n'en seront pas moins rapportée scrupuleusemenft chacun à leur rang.

Dans la conchyologie proprement dite, et dan^ les polypies, toutes les fois où un genre contiendra des espèces vivantes et d'autres fossiles, les caractères du genre et la description des espèces vivantes seront donnés par M. de Blainville, les autres seront décrites à la suite par M. de France , et les considérations de géologie auxquelles leur gissement pourra donner lieu, traitée par M. Brongniart. Mais quand, un genre ne contiendra que. des espèces fossiles , les caractères n'en seront pas moins donnés par le rédacteur de la conchyologie, afin de conserver luuité du système; mais toutes les espèces seront décrite^ par M. de France, etc.

Dans le cas de doute ou de dissidence d'opinions , on /rapportera a^ec soin l'opinion de chaque auteur avec les principales raisons sur lesquelles il s'appuie, mais sans la discuter ni porter un jugement.

Voilà les règles principales qui seront suivies dans la rédaction de la partie du Dictionnaire qui est confiée à M. de Blainville , et qu'il a cru utile d'exposer : venons maintenant à Ténumération rapide des principaux auteurs qui serviront à cette rédaction.

Pour les animauJL mollusques ^ quant à leur organisation : Fabius Columma , Lister, Swamerdam , Boadsh et MM. Poli, Cuvier , Lesueur, Desmarest , Savigny et Henri de Blainville ; quant à leur classification et spé-

liîj INTRODUCTION.

! cialemeni à celle de leurs enveloppes ou coquilles :

Adenson, Mûller, Geoffroy reQtoinoiogiste,BrugDières, Lamark y Rose, Denys de Monfort ^ Poiret , d'Audebard de Ferassac, de Roissel , Donavent , Moniaga, Megesle, Cuvier et le gênera molluscorum de l'Encyclopédie Bri* tannique , que Ton publie en ce moment.

Dans la partie des animaux articules , appelés vers à sang rouge , par M. Cu^ier ;annélideSy par M. de Lamark; et setipodeSj par H. de Blainville, nous aurons recours aux travaux de Pallas, de Mùller et de ses continuateurs, d'Otbon FabricinSy de MM. de Lamark et Cuvier, da docteur Leacb , et aux nàtres*

Pour les i^ers intestinaux on entozosiues , on pense bien que l'ouvrage classique de Rudolpbi sera la, base princi* pale de. la plus grande partie de nos articles : nous ne négligerons cependant aucuns des autres observateurs.

Dans le type des animaux- rayonnes , nous puiserons dans les ouvrages de Pallas, de Klein et de son éditeur Leske, de Linke, de Mûller, d'Ot. Fabricius, du docteur Spix , de*Meckel , etc. Les Méduses seront principalement extraites de la belle monographie de ces animaux , par MM. Peron et Lesueur. Pour les polypes simples ou agrégés^ ou composés j les ouvrages Trembler^ Roësel, Pallas y Ellis y Solander , Donati , Carolini , de MM. Lamouroux^ Savignj, Lesueur et Desmarest, Lamarck, etc., nous offrirons des sources précieuses.

Enfin pour les animanx connus jusqu'ici sous les noms très-impropres dV7j^5oire5 ou de microscopiques ^ Mûller, Spalanzani, et en général tous ceux qui ont traité cette matière , fourniront la base de nos différens articles.

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