ARU
Le ghand Abu m 9 Arum colocasia^ Linn., auquel Lamarck réunit l'arum ombiliqué, arum peltatumj L., et l'arum C(K mestible , arum eseulentum , JL 9 est aussi utile 4ux habitans du Midi que la celle des marais aux peuples du Nord ( Voyez Calle ). Sa racine contient une grande quantité de matière farineuse qui perd son àcreté par la décoction. On la cultive en Portugal et dans les lies de TArchipel, en* Syrie , dans les Indes Orientales et en • Amérique. On en mange les racines et les feuilles. Au rapport de Miller , un petit champ de ce gouet suffis pour nourrir une nombreuse famille. ^Les feuilles sont radicales , pétiolées , très-grandes , en bouclier, échancrées à la base, découpées sur les bords en sinus peu marqués. On la multiplie par les œilletons de Ja racine. Elle croît spontanément en Egypte, en Syrie et dans nie de Candie.
Il y a un arum qui présente un phénomène digne de fixer l'attention des physiciens : c'est Varum italicum de linnaeus, qui ne diffère du macùlatum qu'en ce qu'il est plus grand dans toutes ses parties ; que les oreillettes de ses feuilles sont plus longues et plus divergentes, et que son ftpadice est jaunâtre. Au moment de la fécondation, ce çpadice acquiert un degré de chaleur très -marqué. Quelle est la cause de ce phénomène P Dans cet instant où toutes les forces vitales sont en action , s'opèreroit - il de nouvelles combinaisons, d'où résulteroit le dégagement du ca* lorique P N*est-il pas probable que le même phénomène a lieu dans les plantes analogues , 'et même dans toutes les plantes qui, se propagent par le concours des sexes P Péià Gui ton de Morveau a prouvé que les parties ^ de la floraison du gouet serpentaire vicioient l'air dans leur état de vi« gueur et de santé : il faudroit examiner si ce phénomène n'a pas quelque liaison avec le premier; mais jusqu'à présent on n'a fait aucune expérience à ce sujet.
Chez nous le grand arum ou arum colocase, l'ombiliqué» le comestible et le vénéneux, sont des plantes de serre chaudç et de tannée. Ces plantes exigent beaucoup de cha<r leur , de fréquens arrosemens et une bonne terre. Il codt vient de les dépoter tous les ans avant leur pousse , c'est* à-dire j en Avril. On les obtient de graines tirées de leur
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^ys originaire» et semées à la manière des plantes délicates. Elles se multiplient par séparation de leurs racines : cette jopération se fait au printemps.
L'arum gobe -mouche est une plante d'orangerie ou de serre tempérée. Elle ne demande aucun soin particulier. On la multiplie par les mêmes moyens que les précédentes. Quant à Tarum maculé, à Tarum serpentaire et à Tarum d'Italie , ce sont des plantes de pleine terre j qui n*ont besoim pour végéter avec vigueur que d'être à l'abri du froid. Les moyens de propagation consistent également dans la séparation des racines ; mais comme ces plantas poussent de bonne heure , cette opération doit se faire aussitôt que les fortes gelées ne sont plus à craindre. Voyez Alluf, Aedabar, Colocase. (B. m. )
ARUNCO. ( Rept, ) Molina a décrit sous ce nom , dans son Histoire naturelle du Chili, un crapaud qui n'est pas suffi* «amment connu. Voyez Crapaud. (F. M* D.)
ARUSA. {Ichtyol.) Ce nom est donné en Arabie au labre girelie, selon Lacépéde. Voyez Labre. ( F. M. D. )
ARUSET. (Ichtjrol.) Ce poisson d'Arabie est une espèce d'holacanthe 9 selon Lacépéde. Voy. Holacanthe. (F. M. D.)
ARVAN (MolL)^ espèce de vis, décrite sous ce nom par Adanson, Coquill. du Sénégal, p. 4, f. i. Voyez Vis. ( Duv. )
ARYAMUCHA (Bo£.), nom caraïbe du piment, capsicum^ suivant Nicolson. ( J. )
ARZ (Bot,)^ Arzi des Arabes, A'rroz des Espagnols , Rizo des Italiens ; c'est le riz cultivé. ( J. )
AKZILLA, i^Ichtyol.) On appelle ainsi, à Rome et dans diverse» autres parties de l'Italie , la raie miralet. Voye9 •Raie. (F. M. D.)
.AS. {Bot) Voyez Aës.
ASAHASAFRA. (Bot,) Dalechamps cite sous ce nom , d'après Avicenne , une plante à racine tubéreuse «t palmée , qui parolt être une espèce d'orchis, et qui a les mêmes vertus.
(J.) .ASARATH. (Boi.) Voyez Axis.
ASARERO. ( Mamm, ) Voyez Azarero.
ASARET (BqL), Asarum , Linn., Juss. j Lam. , genre de I^
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famille des arlstolochiées,quî comprend des plantes à racines tubéreuses , à tiges basses , et dont les fleurs sans aucun éclat naissent presque de la racine et sont cachées sous les feuilles* Leur calice est d'une seule pièce , en coupe, renflé 9 et divisé jusqu'à moitié en trois découpures pointues. Les étamines sont au nombre de douze environ ; elles portent des an^ théres oblongues et attachées vers le milieu des filamens. Le stylé est court , terminé par un stigmate à six divisions ouvertes en étoile. Le fruit est une capsule à six loges. >
L'AsARET d'Europe , vulgairement le Cabaret, la Rondelle, l'Oreille d'homme, l'Oreillette, le Girard-roussin , le r^ard sauvage, AsarUmeuropaum ^Linn. Flor. Dan. 663. C'est une plante très-basse, qui conserve toujours sa verdure. Ses feuilles naissent par paires : elles sont en forme de rein, obtuses , un pçu coriaces , vertes et lisses en dessus , légèrement velues en dessous. Elles sont améres et acres, et donnent la couleur rouge au. papier bleu. Dans une herblOf risation au parc de Vincennes , où j'avois cueilli et mis dans une boîte de fer- blanc quelques pieds d'asar«t avec une taupe vivante, j'observai qu'ils avoient produit sur cet animal l'effet d'un poison violent, car au bout d'un quart d'heure elle étoit morte.
Les racines sont amères, aromatiques, nauséeuses et d'une odeur assez forte. Elles provoquent fortement le vor missement ; on les donne en poudre ou en infusion , et lorsqu'elles sont administi'ées à propos , elles font Teffet d'un remède altérant et diurétique, surtout dans les maladies chroniques et les fièvres intermittentes. Les feuilles purgent plus violemment que les r.-.cines séchées et réduites en poudre : elles sont un fort sternutatoire , qui passe pou» un bon remède dans les maux de tête invétérés. Les ma-f* réchaux font prendre de la poudré de la racine aux chevaux, pour les guérir du farcin: y
On connoit deux autres espèces d'asaret, l'une du Canada^ et l'autre de la Virginie ; mais elles n'offrent rien d'intéf ressaut.
Asarum y sans ornement (ou, en grec, je nWne pas) ^ parce que, suivant Pline, cette plante n'étoît jamais em-s ployée k faire des couronnes de guirlandes, ( J. S. H. )
ASARIAPALA. ( Bot, ) Voyez Adsarxapala.
ASARINE (Bot, ), plante que Tournefort distinguoit du viuflier par sa capsule non ovale , mais spbérique. Linnœus j qui n'a pas regardé ces signes distinctifs comme suffisans , a confondu les deux genres. Voyez Muflier. (J. )
ASAROÏDES ( Bot, ) , nom donpé par quelques auteurs à la famille des plantes AeistolochiiIes. Voyez ce mot.
ASB£STE. {Miner,) Cette substance est une des plus re« marquables du régne minéral; elle prête par son aspect ^ sa textujre, sa flexibilité , à ces rapprochemens forcés que les anciens naturalistes cherchoient avec co'mplaisance à établir entre des corps souvent trés-différens par la nature : comme ils étoient moins savans que les modernes sur la composition des minéraux, qui fait cependant leur caractère essentiel, ils attacboient une grapde importance i .leurs qualités extérieures.
La texture fibreuse de Tasbeste , son éclat souvent soyeux , la facilité avec laquelle on en sépare les filamens extrêmement déliés, flexibles et élastiques, peuvent le faire comparer ^ la soie ou au lin , pour en rendre la description plus sensible ; mais les anciens ont été conduits trop loin par cette ressemblance, lorsqu'ils ont dit que l'asbeste étoit un véritable lin fossile, desséché par Tardeur d'un soleil brûlant. Si Tasbeste n'est pas toujours flexible, sa texture est toujours fibreuse; ses fibres, quelque roides qu'elles paroissent, jouissent toujours d'un peu d'élasticité: elles ne sont point assez dures pour rayer le verre, et elles donnent une poussière x^ui est douce au toucher. C'est par ces caractères que l'asbeste nommé dur se distingue de la grammâtite et de l'actinote fibreuse , les seules pierres avec lesquelles oo pourroit le confondre.
Quoique diflîcile à fondre en masse, l'asbeste se fond aisément au chalumeau , lorsqu'on n'y expose qu'une petite quantité de ses filamens; et'Ja chaleur d^ine bougie suffit même pour faire fond«re un filament isolé. Le verre qu'il donne a une teinte verdàtre.
L'asbeste plongé dans l'eau absorbe ' ce liquide avec plus 011 moins de faciUté ^ sçIod l^ çature de9 variétés que l'on
soumet à cette épreuve ; il se gonfle et se ramollit ua peu.
Quoiqu^on ne Tait pas encore vu cristallisé nettement, les filamens de Tasbeste dur sont assez gros pour que HaUy ait remarqué que c'étoient des prismes rhomboïdaux.
Tels sont les caractères généraux de l'asbeste ; sa pesanteur spécifique est trop différente selon les variétés pour qu'on la donne ici : nous indiquerons celle de chaque variété.
1.° AsBESTE FLEXIBLE. 11 cst cn filamcus longs, déliés et très-flexibles ; il a presque toujours l'aspect soyeux, et quelquefois même il est brillant comme de la belle soie blanche: ^a pesanteur spécifique varie entre 2,67 et 0,908, d'après Brisson. Chenevix a trouvé dans cette pierre :
Silice*. ••• •••• 59
Magnésie 26
Chaux 9
Alumine 3
Fer ...li 3'
2.^ AsBESTE ENTRELACE. Ccst Ic uom général qu'HaOy a donné aux pierres désignées sous les noms de cuir fossile, liège fossile, liège de montagne, papier fossile, chair fossile, selon leur texture, leur épaisseur, leur consistance. Ses fibres ne sont plus parallèles, mais mêlées, entrelacées, en sorte qu'elles forment de nombreuses cavités qui rendent cette variété plus légère que les autres et lui donnent la faculté de surnager. Sa pesanteur spécifique varie «ntre 0,9^ et 0,68. 11 t&t toujours plus mou que les autres espèces, et s'imbibe d'eau plus facilement : tantôt il est en morceaux épais et spongieux, c'est la chair fossile; tantôt il a presque la texture du bois , c'est le liège fossile ; il est d'autres fois ' membraneux et dur, c'est le cuir fossile; ou membraneux, mince et très-flexible, c'est alors le papier fossile des minéralogistes. L'entrelacement des fibres de cette variété paroît être la cause de la plus grande difficulté que l'on éprouve pour la fondre au chalumeau.
On la trouve particulièrement : en Saxe, dans les mines
d^argeftt de Johaim-Georgenstadt ; en Carinthie, k Blejberg; dans le Frioul, à Idria ; enSuéde^àSahlberg, àDannemorai etc.
En France 9 entre les villages de Mandagont et du Vigan, prés d'Alais , département du Gard ; il est épars k la surface du sol 9 en morceaux Blancs et allongés que Ton a pris pour des os humains. Le terrain qui le contient est une terre ocreuse 9 mêlée de quartz et de mica.
3.** AsBESTE DUR. Cest le plus pesant des asbestes. Sa pesanteur spécifique est à celle de l'eau comme 2,99 est à uo. Il est en filamens roides et courts, mais toujours élastiques ; il approche quelquefois de la couleur verdàtre $ enfin , il est plus fusible que les autres variétés. Il faut de Tattention pour ne point le confondre avec la grammatite.
4."* AsBESTE LiGNiFOAMEy Bcrgholz^ Emmcrl. SesfiÉimens, sans être aussi roides que ceux de la variété précédente 9 sont fortement agglutii^és, et quand on brise les masses qu'ils forment, on obtient des fragmens qui ressemblent assez bien à des éclats de bois, lia couleur «dominante de cette variété est le roux ou le brunâtre.
On la trouve au Schneeberg , prés de Stertzingen , dans le Tyrol.
Outre ces variétés de forme et de consistance , l'asbeste eii présente en>;o^e quelques-unes de couleur. Il est tantôt d'un beau blan0 soyeux , quelquefois gris , plus rarement brun 5 vert ou même noir.
On peut dire avec raison que l'asbeste est une pierre d'une formation trés->récente parmi les pierres qui composent les terrains primitifs. On ne le voit jamais dans la niasse de ces terrains; il n'entre point dans la composition des roches qui les forment. Quand il se trouve dans les montagnes granitiques , où il est rare , et dans celles de roche micacée 9 ou Gneiss , où il est p|us commun , c'est toujours dans des filons : il en tapisse les parois ; il se mêle avec les cristaux de différentes espèces qui les remplissent; il les traverse de toutes manières et leur donne souvent un aspect soyeux ou fibreux particulier 9 sans cependant altérer leur forme. Il traverse indistinctement le quartz ou la chaux ^arbonatée ^ cris^lUsés 9^ et se trouve surtout mêlé avec le