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ARTOIS. {Mamm.) Voyez Chien.
ARTOLITHE, (Miner.) On a donné ce nom à des concrétions pierreuses, qui par leur forme sphéroïdale aplatie ressemblent en quelque sorte à un pain pétrifié. Ces concrétions sont ou composées de couches concentriques ou cloisonées dans leur intérieur : telles sont les pierres nommées vulgairement lu(2#i5, quelques géodes d'argiles endurcies, les gâteaux de strontiane sulfatée de Montmartre, que les ouvriers ^nomment miche, etc. (B.)
AKTKE (Ornith.), nom vulgaire donné à l'alcyon ou martinpécheur d'Europe , alcedo ispida , L. , d'après la fausse supposition qu'il chasse des étofies les insectes qui les attaqu,ent, et que l'on confond sous la dénomination commune d'artes ou artisons. (Ch.D.)
ARTURO (Bot.), nom que porte dans l'Ile de Candie une espèce de celsie, celsia arcturus, L. Lobel l'attribue aussi à un astragale, astragalus sesameusj L. (J. )
ARTY (Bot,), nom brame d'un quamoclit de Malabar,
ipomad pes ligrldis , L. , qui est le puUi - schovàdî ^ Mort. Malab. 1 1 , t. 59. (J. )
ARU. { Ornith. ) Voyez Akau.
ARUANA. ( Ichtyol.) C*est le nom donné d'après Lfnnaeus à une espèce de chétodon qui vit dans la mer des Indes. Voyez Chétodon. ( F. M. D. ) '
ARUBE DE LA GUIANE {BoL), Aruha, Aubl. 294, t. 11 5. • Cet arbrisseau , dont Aublet faisoit un genre particulier , est maintenant une espèce de quassie. ( J. }
ARUCO {Mamm.y^ synonyme du cachicame , selon Va^monb de Bomare, qui aura écrit aruco pour atuco* Voyez Tatou» (C.)
ARUM ou GOUET (Sot.), Arum^ Linn. , vulgairement appelé Pied-de-veau. On donne le nom d'arum à un genre de plantes qui rentre dans la mbnœcie polyandrie du système sexuel 9 et qui appartient à la famille des aroïdes de la méthode naturelle.
Les arums sont des plantes monocotylédones , tantôtherba^ cées, tantôt ligneuses. Les espèces herbacées n'ont point de tiges; les espèces ligneuses ont quelquefois un stîpe, sorte de tronc cylindrique ^ et d*autres fois une tige foible et grimpante. Les feuilles des arupis sont entières ou découpées, ou même composées de plusieurs folioles. La fleur est extrêmement remarquable : elle offre à l'extérieur un cornet, que les botanistes ont désigné sou^ le nom de spalhe* Ce cornet a le plus ordinairement la forme d'une oreille d'âne. Il recouvre en partie un support en forme de massue 9 nu à son sommet , portant des anthères à sa partie moyenne et des ovaires à sa base. Ce support est appelé spaÀiee ou spadix. Les anthères sont sessiles, tétragones, disposées sur plusieurs rangs. L'ovaire porte un stigmate barbu. Les fruits sont des baies globuleuses à une loge; elles contiennent une où plusieurs graines attachées à un réceptacle la* téral très-délié. On remarque un double ou triple rang de glandes , p]|icé sur le spadice entre les anthères et les ovaires. Chaque glande est surmontée d'un filet. Ce genre, fait pour exciter la curiosité sous beaucoup de rapports, habite toutes les parties du monde. Il renferme de Vingt à vingt-cinq espèces. Aucune espèce européenne n'a de tige/
Voici la description des arums qui méritent le plus d'être connus.
UArum gobe- mouche, Arum muscivorum ^ Linn. Suppl. Son odeur ressemble à celle de la viande en putréfaction ; ses couleurs affectent désagréablement la vue. Cette plante croît spontanément aux îles Baléares. Elle s'élève à la hauteur d'un pied environ ; les feuilles sont radicales , pétio- Jées , à trois lobes ; les lobes des côtés se subdivisent inégalement , et quelquefois d'une manière très - bizarre 3 les pétioles son*t accompagnés, à leur base de membranes latérales qui embrassent la hampe ; celle-ci est courte. La spathe est grande, d'une couleur verdâtre , marbrée de rouge ^ comme la peau d'un serpent : à sa parties supérieure elle est large, ouverte, terminée en pointe et courbée en arrière ; à sa base elle est roulée sur elle-même et ventrue; l'intérieur est rouge et garni de longs poils plongeant vers le fond du cornet , et fermant son orifice en convergeant de toute la circonférence vers le centre. Le spadice, couvert de poils d'un pourp^re violet, est moins long que la spathe ; il est grêle à sa base et renflé en massue à son sommet. Les mouches, attirées par l'odeur cadavéreuse que répand la spathe, se précipitent dans sa cavité en écartaat les poils divergens , qui cèdent à leurs efforts ; mais lorsqu'elles veulent sortir, les poils résistent, et, présentant leurs pointes roid^ , les retiennent dans cette espèce de piège, où elles périssent.
Presque toutes les aroides contiennent un suc vénéneux.* celui que l'on retire de l'arum vénéneux, arum seguinum, L. , plante qui a l'aspect d'un bananier, est d'une àcreté et d'une odeur détestables. Il brûle et corrode la peau. On
' s'en sert pour purifier le sucre. Le gouet vénénçux croit aux Antilles.
Notre arum maculé^ arum maculalum^ IL, vulgairement
^ appelé pied-de-veau", plante qui croît dans les haies et dans les bois des environs de Paris, a une racine d'une. saveur
' acre et brûlante lorsqu'elle est fraîche. Les feuilles sont radicales, pétiolées en fer de hallebarde , quelquefois veinées de blanc ou de violet foncé , ou tachetées de noir. La spathe est fort ample, en cornet, d'un blanc jaune^ quelquefois
marquée de veines pourpres. Le spadice est pourpre. Sa racine bouillie et mêlée avec du miel est, dit- on, un anti-asthmatique ; macérée dans du vinaigre, elle est antiscorbutique. Les feuilles infusées dans du vin ont la même propriété. Les tranches de la racine encore fraiche , ap^ pliquées sur la peau fine et délicate de^ enfans et des femmes, y font naître des ampoules. Ces tranches et les feuilles pilées peuvent fournir un excellent rubéfiant , applicable dans les fièvres malignes et la petite vérole, lorsqu'il s'agit de ranimer les forces et* de ramener les humeurs vers la peau. Les feuilles, appliquées sur les ulcères des hommes et des chevaux, les modifient en peu de temps. Dans le Poitou , on fait avec toute la plante une pâte qui sert à blanchir le linge.
La racine desséchée ou bouillie perd son àcreté , due uniquement au suc laiteux qu'elle contient. On peut en retirer une fécule très-nutritive, qu'on emploie avec succès dans les maladies qui ont pour principe l'atonie des fibres. En Italie on se sert de cette fécule pour faire disparoitre les taches de rousseur de la peau.
L'Arum SERPENTAIRE, Arum dracunculus j Linn. , a les mêmes propriétés que le pied-de-veau. Cette plante s'élève à la hauteur de deux ou trois pieds ; les feuilles sont radicales, portées sur des pétioles longs et grêles , dont le sommet se divise en trois nervures principales. Celle du milieu soutient une foliole longue et lancéolée ; les deux autres se jettent sur les côtés en s'arrondissant , et portent, à quelque distance les unes des autres, des folioles semblables à celle du milieu ,] mais qui sont d'autant plus petites qu'elles sont plus éloignées d'elle. Cette feuille est du nombre de celles qu'on nomme pédiaire, La spathe forme un grand cornet. La hampe est marquée de taches comme la peau d'un serpent : c'est à cç caractère que ce gouet doit son nom spécifique, et c'est aussi ce qui a fait croire qu'il étoit propre à guérir les morsures des serpens ; car c'étoit une doctrine reçue autrefois , que lorsqu'une plante avoit dçs rapports de forme, d'odeur ou de couleur avec un animal ou une partie d'un animal, il en résultoit des vertus et des propriétés sympathiques.