‹ Dictionnaire des sciences naturelles, dans lequel on traite méthodiquement des différens êtres de la nature, considérés soit en eux-mêmes, d'après l'état actuel de nos connoissances, soit relativement à l'utilité qu'en peuvent retirer la médecine, l'agriculture, le commerce et les artes. Suivi d'une biographie des plus célèbres naturalistes (volume 4)Chapitre 33 sur 100 · ASI · texte numérisé non relu

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même genre aux environs de Paris , mais toutes sont peu connues. ( C. D. )

ASILE. {Ornith.) L'uiseau désigné sous ce nom par Arlstute et ensuite par beaucoup d'ornithologistes, est le pouillot ou chantre, MotacilLa IrochiluSf L. (Ch. D.)

ASIR AQUE ( Entom. ) , Asiraca. Sous ce nom Latreille avoit désigné un genre d^nsectes hémiptères , de la famille des collirostres, voisins des cicadelles. Fabricius ayant aussi remarqué que ces insectes différoient en. effet de tous ceux de ' cette famille par la longueur et la forme des antennes, qui ^ont un peu en masse , il les avoit séparés sous le nom de delphax. Ces deux noms ne sont pas plus significatifs l'un que l'autre , puisq[ue le dernier signifie en grec Un petit cochon, et qu'Aristb^e avoit désigné par l'autre une espèce de sauterelle à longues cuisses, sans ailes, qui nous paroît voisine.de notre sauterelle porte- selle. Comme plusieurs auteurs ont depuis employé ce nom de Delfhace , nous renvoyons à cet article la deè^iption de ce genre. (C.) '

ASJAGAN ouAsjoGAM (Bo^),nom d'un arbre de l'Inde, décrit et figuré par Rhèede, Hort. Malab. , vol. 5, p. 117, t. 59 , voisin du macrolobe et du paloué de Caïenne, dont Roxburg (Asiat. Res. 4 , p. 365), fait un genre nouveau, sous le nom <ie ionesia , adopté par Wildenow. Voyea loNésiE. Cet arbre est toujours vert , d'une hauteur médiocre, garni, sur les rameaux, de feuilles alternes , pennées , à trois paires de folioles , et de faisceaux de belles fleurs jaunâtres, dont le tube est oblong , divisé au sommet en quatre lobes étalés, au-delà desquels débordent huit étamines , dont les filets , disposés autour d'un long ovaire cylindrique et pointu, sont d'une couleur rouge et surmontés d'anthères d'un pourpre noirâtre. Rhèede ne parle point du calice.

ISi les fruits ni la famille de cet arbre ne sont connus; mais les rapports qu'il paroît avoir avec le bauhinia et le paloué , font présumer qu'il doit appartenir à la section des légumineuses, dans laquelle Jussieu a placé ces derniers genres. II est très - probable que, comme dans ces plantes €t surtout dans les hauhinia , ce que Khèede nomme tube

A^SP ait

de la fleur est le calice renflé en massue , et que les divisions du liinbe sont des, pétales attachés à son sommet.

Le suc des feuilles, mêlé avec la graine de cumin pulvérisée, est employé dans Tlnde contre la colique. (Mas.) ASK. ( Rept. ) Les Écossois donnent ce nom au lacerta palustris de Linnseus. Voyez Salamandre. ( C. )

ASKALABOTES ( Rept, ) , nom grec de l'agame galéote j tacerta calotes de Linnœus. Voyez Lézard. (C.)

ASMENI (Bo^), nom arabe de Tiris ordinaire, suivant Palecliamps. (J.)

ASMODÉE. ( Rept, ) Ce nom est donné par quelques modernes àunsei^pent malcoiinu du Japon. Ce serpent est trèsbeau et innocent ; il a les bords des mâchoires d'un jaune éclatant, le dos rouisàtre , marbré de noir et mêlé de diverses autres Couleurs ; sa tête est oblongue , et il a de grandes écailles sur sa peau. ( C. )

ASMONICH (Boi.), nom péruvien d'iin quinquina, cinA chona rosea, Ruiz et Pav. FI. 2, 64, t. 199. (J.)

ASOTAS ( Bot, ) , nom portugais du courondi , arbre dii Malabar. Voyez. Cou rondi. (J.)

ASOTÉ. ( Ichtjyol. ) C'est le nom spécifique d'un silure des Indes. Voyez Silure. (F. M. D.)

ASOUATOU (Bot,)^ nom brame du tsiela du Malabar ,(Hort. Malab. 3, t. 63), espèce de figuier, ^cwj indioa, L. ( J.) ASP ou ATT (Mamm. ), noms persans du cfieval. (G.) ASPALAT (Bo^)) Aspalatus j Linn^ , Juss. , genre de plantes de la cinquième section de la famille des légumineuses, qui comprend des sous - arbrisseaux des contrées équatorialeSé Le nombre des espèces d'aspalats connus s'élève à environ quarante. Leurs fleurs ressemblent beaucoup à celles dei genêts et des ajoncs; elles ont un calice à cinq découpures pointues i dont la supérieure est plus grande. L'étendart de la corolle est réfléchi ; les ailes sont plus petites et la carène bifide. Les *étamines sont réunies à leur base ; le fruit est une gousse ovale , petite , un peu en pointe et renfermant une à trois semences. Ce qui sert à distinguei* les véritables aspalats des genres qui les avoisinent , c'est un port tout -particulier : il ont en outre des feuilles fort petites, courtes, iuenués en général comme des épingles ,

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et naissant trois ensemble par faisceaux épars , portés chacun sur un point saillant ou une callosité.

Parmi le grand nombre d'espèces qui composent ce genre, nous nous contenterons de décrire les trois suivantes.

t'AsPALAT ASTROÏTE , Aspalatus astroiUs^ Linii. , Seb. Mus. i y t. 24, f. 6. Feuilles fasciculées, subulé^s, glabres, réfléchies; fleurs latérales. Cette plante a été observée au cap de Bonne-Èspérance par Thunberg.

UAsPALAT A FEUILLES ï>^ xsv^ KO E. S j Aspolatus ospaTagoidits y Linn., arbuste rameux, à feuilles fasciculées, filiformes, aiguës , légèrement velues ; les fleurs sont sessiles , solitaires. On la trouve au cap de Bonne-Espérance.

UAspalat a bois noir, Aspalatus chenus ^^ Linn., Sloan. iïam. hist. 2, p. 3o , t. 1769 f. 1 , est un arbrisseau de quatre à cinq pieds de hauteur : son bois est dur et d'un pourpre noir; ses feuilles sont nombreuses, ovales, elliptiques ^

presque sessiles , velues et blanchâtres en dessous. Elles viennent communément plusieurs ensemble à chaque point d'insertion. Lé fruit est une gousse renflée et qui renferme deux graines en forme de rein. A la Jamaïque et à S« Do« mingue , on coupe ce bois pour l'envoyer en Europe, où il est employé dans les ouvrages de marqueterie.

Suivant Jussieu, Linnaeus a mal à propos introduit cette iespèce dans ce genre , où l'on ne doit comprendre que des arbrisseaux , la plupart originaires du cap de Bonne - Espérance, à feuilles simples, linéaires, et à fleurs sessiles , souvent latérales , quelquefois terminales. Plusieurs d'entre eux pourroient être élevés dans nos orangeries et augmenter le nombre de nos jolis arbrisseaux d'ornement ; mais on ne leur connoît encore aucun usage particulier.

Le nom (Vaspalathus , employé par Xinnœus pour désigner ce genre, est celui que Dioscoride donnoit au cytise. (J.S. H.)

ASPALATHUS. ( Bot. ) Ce nom donné maintenant par Linna;us au genre de légumineuses décrit^i-dessus , qui a de» rapports avec les genêts épineux, spartium, désignoit anciennement quelques-uns de ces derniers. On le donnoit aussi à des arbrisseaux épineux dont le bois odorant étoit employé dans les parfums, et au lignum rhodium j que

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Ton reconhoit maintenant pour être une espèce de liseron.

ASPALAX ( Mamm» ) , nom grec de la taupe. Les anciens l'ont appliqué à une espèce de' rat, et il est devenu le nom spécifique du zocor. Voyei Rat. ( C. )

ASPAR AGINÉES , Asperges (Bot.), famille de plantes monocotylédones', apétales, àétannnes attachées au calice, qui fait partie de la grande classe des liliacées de Tournefort et de Fhexandrie de Linnaeus. Son calice , que la plupart nomment corolle, est coloré, à six divisions plus ou moins profon* des, tantôt adhérent à l'ovaire, tantôt ne faisant pas corps avec lui. Les étamines sont au nombre de six, et toujours oppo^ sées aux divisions du calice. L'ovaire, libre ou adhérent, est surmonté d'un ou de trois styles et d'autant de stigmates. Le fruit est une baie ou capsule à trois loges remplies d'une ou plusieurs graines attachées à leur angle intérieur. La capsule s'ouvre en trois valves qui portent une cloison dans leur milieu , de sorte que chacune forme la moitié de deux loges différentes. L'embryon est petit et occupe , prés .l'oihbilic de la graine, une cavité .pratiquée dans un péris^ perme de substance cornée qui la remplit entièrement. Sa tige est herbacée ou ligneuse , quelquefois grimpante.. Les feuilles , dans la plupart des genres de la famille, sont alternes, et ne forment pas de gaîne au point de leur insertion, comme dans le plus grand nombre des familles voisines. Quelques genres offrent des feuilles opposées , ou verticillées , ou engaînées par le bas. Les fleurs, dont la disposition n'est point uniforme, sont accompagnées à leur hase de spathes ou écailles florales : dans plusieurs genres elles sont dioïques par suite de l'avortement d'un des orr* ganes sexuels. ^

Cette famille , qui tire son nom de l'asperge , asparagus , un dé ses genres les plus connus, a été divisée en deux sections; l'une des fleurs à ovaire supérieur ou libre, et l'autre des fleurs à . ovîfire inférieur ou adhérent au calice. Celles de la première sont hermaphrodites dans le dragonlen, la dianelle , le ripogone , la floscope , la flagellaire , l'asperge , la callixène , la philésie , l'ecmée ^ l'herrerie, la médéole^ le Irilliumj la parisette, le mu^

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guet ; elles sont dipïques dans le fragon , la salsepa<» reille , Tigname. Les genres de la seconde section sont Voncus à fleurs hermaphrodites; Yuhium^ le taminier , et le rajania à fleurs dioïques. Quoique la réunion de ces genres soit regardée comme très - naturelle , cependant elle pourroitdans la suite être subdivisée en deux, d'après une considération de la structure du périsperiney dont la cavité destinée à recevoir l'embryon est très -petite et presque marginale , dans la plupart des genres ; centrale et trèsgrande, suivant l'observation de Gaertner^ dans l'igname et le rajania. Ces deux derniers genres ont d'ailleurs un port particulier, commun seulement à Vubium^ Voncus j Therrerie et au taminier; et si ceux -ci présentent de plus une grande cavité dans leur pérlsperme, alors on auroit pour cette famille un caractère assez tranché et de quelque valeur aux yeux des sectateurs de l'ordre naturel.

Ventenat, d'après d'autres considérations, 'a subdivisé cette famille en deux , dont la première est celle des aspa-» ragoïdes ^ fleurs hermaphrodites, et la seconde celle -des smilacées à fleurs dioïques. ( J. )

ASPARAGOÏDES. {Bot,) Voyez Asparaginées,

ASPARAGOLITHE. (Miner,) Abildgaard a donné ce nom à la pierre d'asperge,' Spargelstein de Wernf^r. Il se rapporte aux variétés de chaux phosphatée nommées chrysolithes, qui se trq^i^nt ordinairement dans des pierres que l'on a regardées comme des Hives. Voyez Chaux phosphatée PYRAMinÉE, etc. (B.)

ASPE. ( Ichtyol. ) C'est le nom d'une espèce de cyprin qui vit dans les rivières et les lacs du nord de l'Europe. Voyez Cyi'rin. (F. m. D. )

ASPERCEITE ou Es par cette {Bot,) , nom que le sainfoin cultivé porte dans quelques provinces. (J. )

ASPERELLE (Bot.), Àsperella. Schreber avoît désigné ^'abord, sous le nom d^asprella^ une espèce d'alpiste, pha^ taris orjzoides^ L. , qui différoit de ce premier genre pay l'absence de la glume extérieure; et ensuite, dans son Supplément, il a substitué lui-même au nom asprella celui dc Uersia y adopté par d'autres botanistes, qui ont réuni à ce nouveau genre une espèce à six étamines et une autre i

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une seule. Lamarck , dans se^ Illustrations , conserve la première plante sous le nom d'asperella y genre auquel il , n'attribue que trois étamines. Ses valves ciliées, comprimées et striées, ressemblent un peu en ce point à celles du riz, qui a ile même les 'fleurs pa ni culées , et on a tiré son aom spécifique de cette ressemblance. Voyez Léersie.

ASPERGE {BoL)y Asparagus» Ce genre appartient à Thexandrie monogynie de Linnaeus , et aux asparaginées de Jussieu. Vingt espèces d'asperges sont décrites par les auteurs. Quelques-unes croissent dans l'Europe méridionale ; d'autres -sont de l'Asie.- le plus grand nombre habite l'Afrique^ Toutes aiment les climats chauds , et ne végètent qu'à forcr^e soins dans les climats septentrionaux; aucune jusqu'ici n'a^été observée en Amérique.

L'AsFERCE COMMUNE, ^5paragu5o/^cir»a/ii, Linn., dont les pousses nouvelles offrent un mets assez généralement estimé, e&t une plante herbacée à racine vivace. Elle croît en Europe dans les terres sablonneuses. Sa tige verticale, haute de deux a trois pieds , est chargée-de rameau^ écartés et disposés en pyramide comme les branches d'un sapin : ses feuilles, longues de quelques lignes, fines et grêles comme un fil, sont très-nombreuses, et naissent en faisceaux sem— blables à de petites houpes. Les botanistes ont remarqué que ces feuilles sont d'abord renfermées , au .nombre de trois ou quatre , sous trois stipules, (^ont l'une, plus grande que les autres, les recouvre et s'applique exactement contre la tige ou les rameaux. Les fleurs sont en forme de cloches 9 petites, verdàtres, pendantes, solitaires, à l'extrémité de pédoncules grêles qui partent ordinairement deux à deux du milieu des houpes de feuilles : elles sont composées d'un calice verdâtre , à six divisions égales et profondes ; de six étamines attachées au fond du calice ; d'un ovaire libre , et d'un style surmonté d'un stigmate trigone. Le fruit qui succède à cette fleur est une petite baie globuleuse , d'un rouge très -vif, à trois loges qui contiennent deux graines chacune. On a observé que sur quelques individus il n'y avoît que des fleurs à étamines , et que sur d'autres il n'y ^voit c][ue des fleurs à pistils.

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/ Il y^p une variété de cette plante qui porte des épines jnolles et recourbées à la base de ses stipules.

L'asperge commune fleurit en France dans les mois de Juin et de Juillet. Cest de toutes les espèces de ce genre celle qui redoute le moins les climats septentrionaux, et c'est aussi la seule dont on fasse usage. Dans les pays chauds la tige durcit , dévient ligneuse et ne peut plus servir de nourriture à Thomme. Cette plante est très - apéritive ; elle donne aux urines une odeur désagréable, que l'on peut changer en une odeur de violette avec quelques gouttes d'essence de térébenthine.

L'Asperge blanche, Asparagus alhus. Cette plante croît en Espagne. Elle est ligneuse et s'élève à deux ou trois pieds; sa tige et ses rameaux sont tortueux; ses feuilles; réunies en faisceaux, sont longues d'un pouce au moins, grosses comme un fil , à trois angles et d'un vef t blanchâtre. Au - dessous des branches et des faisceaux de feuilles naissent des épines solitaires, qui sont écartées de la tige, ou même s'inclinent vers la terre.

L'.^PEEGE A FEUILLES PIQUANTES , AspavagUS aCUtifoUus y

Linn. Qn trouve cette plante en Espagne et dans l'Orient ; ses figes ligueuses , très - rameuses , forment de petits buissons. Les feuilles, courtes, vertes, roides, terminées par une pointe acérée , sont réunies en faisceaux. Les fleurs sont très -petites et jaunâtres.

L'Asperge aphylle. Asparagus aph^hlus ^ Linn. Cette es-r pèce c^oit eh Espagne , en Sicile et en Lusitanie. Elle est ligneuse ; ses tiges sont sillonnées , ou même anguleuses. Ses feuilles , longues d'un demi-pouce à un pouce environ , plus ou moins fines, légèrement sillonnées, roides, acér rées comme des épines, sont tantôt solitaires, tantèt réu-» nies en faisceaux. Les feuilles qui composent chaque faisceau sont de longueur inégale et divergentes.

L'Asperge épineuse. Asparagus horriâus^ Linn. SuppL Cette espèce, dont on trouve une bonne figure dans l'ouvrage de Cavanîlles sur les plantes d'Espagne, t. 2 , p. 36 et tab. i36, a une tige ligneuse, haute d'un pied et plus , pentagone 9 sillonnée , rameuse; des rameaux épais, écartés; des épines longues comme le doigt , tétragones et très -air

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guës. lÈÊts fleurs naissent deux à deux, à chaqve côté des épines.

L'Asperge tortueuse, Asparagus retrofractus^ Linn. Voici une espèce d'Afrique qui diffère essentiellement des précédentes par la nature de sa tige , qui est -sarmenteuse et s'élève à là hauteur de cinq pieds. Les rameaux sont tortueux, renversés en arrière , et garnis à leur base de trois épines ; les feuilles sont grêles , disposées en faisceaux et divergentes.

Les six espèces que nous venons de citer suffisent pour donner une idée du genre. On peut consulter le Species de Willdeno-w pour connoître les autres espèces. Le nom d^asparagus , que l'on trouve dans les œuvres de Théophraste et de Dioscoride, vient de deux mots grecs qui signifient non-semence y parce que, suivant Athénée, les plus belles asperges ne sont pas celles qui viennent de graines. Voyez

AsPAIlACtN^ES. (B.M. )

ASPERGES. {Agric.) Un mélange de sable ou de terre calcaire et de terre franche ou d'engrais, consommé en terreau , forme le terrain le plus favorable aux asperges ordinaires. Elles se' multiplient de graines, qiîi produisent des racines appelées griffes ou pattes. La marche ordinaire de la culture des asperges est de les semer en pépinière, de relever les griffes et de les planter dans des fosses ou planches séparées.

Ensemencement»

Le moment de semer dépend du climat. Auprès'^de Paris, on choisit le mois de Mars; on sème plus tôt dans les pro-^ yinces du Midi^ et plus tard dans celles du Nord : il faut profiter des premiers temps doux après les gelées.

Le terrain destiné à être ensemencé doit être préparé d'avance,, dès l'année précédente : on lui donne deux à trois labours, et on a soin de le bien fumer. On ne fait subir à la graine aucune préparation : après l'avoir semée, on herse deux fois et on unit la terre avec un râteau ; la graine doit se trouver à un peu plus de deux pouces de profondeur.;

I^ :jcultivateurs Q\ii n'ont^ pas des semis en grand , pré-

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parent des planches comme celles des potagers, qu'îA labourent bien et qu'ils couvrent de terreau : quand ils ont semé la graine d'asperges , ils la foulent avec )es pieds pour renfoncer, et donnent par dessus un coup de râteau.

Il y a de l'avantage à semer la graine d'asperges par rayons. On en espace mieux les graines ; on arrache plus facilement les herbes qui nuisent au jeune plant, et on les sarcle avec plus de facilité : mais ce ne peut être que dans les petites cultures. Les rayons doivent être à dix ou douze pouces les uns des autres , et chaque graine à six pouces. La profondeur des rajrons aura deux ou trois pouces au plus : on recouvrira la semence avec la terre qui en sera sortie. Au bout de six semaines ou de deux mois, suivant que le printemps est plus pu moins doux , la graine d'asperge lève : quelque temps après on aie les mauvaises herbes ; on continue à sarcler pendant l'été, selon le besoin , et quelquefois on arrose. Au mois d'Octobre on coupe à un pouce de terre les mon tans des semis d'asperges.

Plantation des griffes.

Un an après l'ensemencement , les griffes ou racines d'asperges sont bonnes à être transplantées , au moins lorsqu'on leur destine une terre substantielle ou fumée abondamment ; mai& si la terre est maigFe ou mal fumée , il vaut mieux que les griffes aient deux ans. L'époque de la plantation des griffes d'asperges est de la mi-Février à la mi-Mars. On prévient le premier mouvement de la sève : si on attendoit qu'elle eût commencé, ces griffes reprend roient plus difficilement, et l'interruption qu'elles éprouveroient le* empécheroit de se fortifier dans le nouveau terrain ; les sécheresses surviendroient et les feroient périr.

Pour ôter les griffes des pépinières, on se sert avec avantage d'une charrue sans contre. A mesure que le laboureur trace un sillon, les griffes sont jetées sur la surface, ^'où on les ramasse. Quelques griffes peuvent être maltraitées par la charrue ; mais cet inconvénient est bien compensé par le peu de frais de l'opération. Dans les petites cultures on cerné la terre autour de chaque pied avec une petite {ourche de fer, et on en enléye' ainsi les griffes.

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C'est'^la manière de végéter des aspergea qui a diclé celle de les plaoter. Tous les ans les griffes s'élèvent et ont besoin d'être recouvertes; il a donc fallu les placer dans des fosses dont la terre jetée à côté servit quand on en auroit besoin : on fait ces fosses de buit pouces de profondeur sur dix-buit pouces de largeur ; la terre jetée entre deux fosses forme des ados, auxquels on donne trois pieds et demi de largeur. On ne met point de fumier celte première année , ni avant de planter , ni en plantant : on place 4es griffes en écbiquier, à quatorze pouces les unes des autres" et à six ou buit pouces de profondeur. En les plantant, on rafraîcbit les racines, et on les étend de manière que Toeil soit dirigé en baut. Pendant l'été on a soin de sarcler pour ôter les mauvaises berbes. L'année suivante , on découvre les asperges le plus près qu'on peut de la tête : on met dessus trois pouces de fumier bien, pourri; on le recouvre de trois pouces de terre, on prend ordinairement celle qui est sortie des fosses. Au lieu de terre, dans un pays bumide il faudroit mettre du sable. Uaspergerie ainsi fumée n'a plus besoin que d'être nettoyée des berbes qui y poussent. Il est flécessaire de donner de la pente aux fosses pratiquées dans un terrain qui retient Teau, et de faire un fossé à une extrémité pour son écoulement.

Le sol couvert de la terre qui est sortie des fosses, et dont on a besoin pour les rechargemens annuels, ne reste pas inutile : on y plante des choux ou d'autres légumes. £n terre forte et compacte, on ne fait pas de fosses ; mais on plante les griffes d'asperges dans des plancbes bien labou- ^rées et hersées, qu'on recouvre de trois pouces de terre, et qui s'exhaussent chaque année par le fumier qu'on y ajoute.

jisperges semées en place.

Il y a des cultivateurs qui , au lieu de semer les asperges pn pépinière, les sèment dans les endroits mêmes où elles ^ doivent rester. Quand les fosses sont faites et les planches bien façonnées et fumées , on tire des lignes dans leur longueur. On y fait avec la houe, à un pied de distance les uns des autres , des trous , dans chacun desquels on met

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deux ou trois graines, au cas qu'il en périsse; s'il n'en périt pas , on en 6te une ou deux à chaque trou , pour ne laisser que la plus forte : ces trous ne doivent pas avoir plus d'un demi-pouce. On recouvre de terr^ ces graines. On peut 9 au milieu de tous les rangs d'asperges, laisser une petite allée pour les cultiver commodément : on espace les trous comme les plants, par des intervalles de quatorze pouces. Dans cette méthode, les griffes n'étant pas déplacées, elles ne sont jamais ni cassées ni endom*magées : elles ont la liberté de sVtendre et de se fortifier. S'il manque du plant dans une pépinière d'asperges, on le remplace au printemps suivant ; on reséme également de la graine où il en a manqué dans les fosses et les planches où elle doit rester en place.

Coupe des asperges*

Qyand on a mis en terre du plant d'un an , on le laisse monter sans le couper la première et la seconde année ; mais on le coupe à la troisième , pendant les' quinze premiers jours seulement de la saison : s'il y avoit des tiges foibles , il ne faudroit pas les couper. Cette eoupe est néces» saire pour faire la ièie des griffes , c'est-à-dire , pour les forcer en quelque sorte de taller et de produire un. plus grand nombre de montans ou d'asperges. Là quatrième année , on ne les coupe encore que jusqu'au mois de Juin : les années suivantes, on les coupe jusqu'à la S. Jean. Si c'est du plant de deux ans , on commence à le couper une année plus tôt , en observant le même ordre et les mêmes précautions.

Des jardiniers attentifs se servent, pour couper les asperges , d'un instrument particulier. Cet instrument , qui est de fer, a huit pouces de longueur sur six à huit lignéS de largeur : le bas est courbé , pointu, intérieurement tran* chant , et garni de dents comme une scie ; il est dans un manche de bois. On le plonge perpendiculairement le long de l'asperge , après en avoir écarté la tçrre pour découvrir les autres pousses. A la profondeur d'environ six pouces, on donne un tour de main pour embrasser l'asperge avec le bout du crochet ; on la coupe en tirant à soi }

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par ce moyen on ne froisse pas les montans qui sont prêts à percer.

Lorsqu'on ne consomme pas sur-le-champ toutes les aspetges coupées , il faut les mettre dans un vaisseau qui ait au fontl deux pouces d'eau seulement , de manière que les pointes soient en haut; ou bien les enfoncer à demi dans le sable frais : elles se conservent ainsi plusieurs jours , maïs ne sont jamais si bonnes que fraîchement coupées.

La culture de Taspergerie est , pour tout le temps de sa durée, la m^me que* celle de la seconde année. Pour la fum^ 9 chacun se réglera sur son terrain et sur la facilité qu'il aura d'avoir des engrais. Toujours est-il vrai qu'il faudra 9 chaque année , au mois d'Octobre ou de Novembre , couper les montans à deux pouces de la superficie des fosses , 6ter une partie de la terre , afin que les asperges aient moins d'humidité , les découvrir tout - à - fait au printemps pour les recouvrir de fumier et de trois pouces de terre , et enfin les sarcler plusieurs fois en été.

Récolie de la graine d'asperge.

: Lorsqu'on se propose de recueillir de la graine d'asperges , : on devroit , parmi les premiers plants qîri poussent au printemps, marquer les plus beaux et les plus gros, afin de ne pas les couper. Comme l'asperge est dioïque , il vaut mieux en réserver plus que moins ; sans cela , on n'auroit peut - être gard-é que des pieds sans graine : on seroit sûr par cette attention que les graines qui en proviendroient auroient le temps de bien mûrir. Si on ne réserve pas des pieds à cette époque ,, au moins faut-il choisir la graine sur ceux qu'on Bura^cessé de couper les premiers , et dont les racines porteront. un plus grand nombre d'asperges. On la récolte vers la. Toussaint dans le climat de Paris ; on sépare les haies des tiges en les ba4:tant légèrement avec un fléau ; on les met tremper dans un vase rempli d'eau : leurs enveloppes s'ouvrent ,et se séparent de la graine, qui , plus pesante, tombe au fond ; on la ramasse après avoir jeté l'eau et .toutes les ordures; on la fait sécher au soleil, dans un grenier, et on la suspend au plancher dans des sacs jusqu'au temps de la semer. ,

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Manière de se procurer des asperges pendant Vhivef^

Le luxe des tables a fait imaginer des moyens d'avoir des asperges avant la saison et pendant tout l'hiver. Il y en a deux principaux ) le premier consisté à faire de bonnes couches , larges île quatre pieds , chargées de six pouces de terre et de terreau mêlés ensemble, et à y planter des greffes de deux ou trois ans ; on 'les recouvre de deux pouces de terre mêlée et de fumier chaud par dessus ; on les laisse ainsi à Tair pendant quatre ou cinq jours ; on retire

' ensuite le fumier; ou remet trois pouces de terre mêlée, et on recouvre , ou la totalité de la couche avec des châssis , ou les pieds d'asperges avec des cloches , et sur ces châssis ou cloches on jette de la litière sèche ou des paillassons pendant les nuits et le mauvais temps, observant de les 6ter dans les beaux jours et lorsqu'il fait du soleil. On commence ces couches au mois de Novembre et on continue d'eu faire tous les mois. Dix ou douze jours après que les asperges sont plantées, on doit les réchauffer, et renouveler le réchaud dès qu'on s'aperçoit que la chaleur de la couche s'éteint. Chaque couche ne produit que pendant un mois : le plant qui a servi n'est plus bon à rien. Dix ou douze jours après la plantation, les griffes commencent à pousser leurs tiges ; alors on donne un peu d'air aux châssis et aux cloches. On cueille les asperges qus^nd elles ont la longueur ordinaire ; mais elles sont sans couleur : pour les

.rendre vertes, on donne de l'air aux châssis de temps en temps, ou bien on enterre à moitié des bottes liées dans des réchauds, et on les couvre d'une cloche; de blanches ou rougeàtres qu'elles étoient, elles deviennent vertes- eli deux ou trois jours, pour peu que le soleil paroisse. Placées à l'air dans un vase rempli d'eau, s'il ne gèle pas^ elles se colorent encore. Enfin, on peut les exposer pour le même effet à la chaleur du feu.

Le second moyen est de hâter la pousse des aspeiges qui sont en pleine terre. Quand on a cette intention, on ne donne aux planches que trois à trois pieds et demi de largeur; on n'y met que deux rangs de plant : il4aut qu'il ait trois ou quatre ans ; s'il en a cinq ou six , il en vaut

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mieux. On fait «autour des tranchées de deux pieds de profondeur, d'environ autant de largeur, bien foulées, propres à donner de la chaleur; on laboure les planches pour dresser les terres; on répand quatre à cinq pouces de fumier sec par dessus. On les laisse en cet état jusqu'à ce que les tiges des asperges commencent à paroi tre ; c'est ordinairement quinze jours ou trois semaines après : aussitôt on renouvelle âes réchauds , et on continue de les renouveler to'us les quinze jours , lorsqu'il en est besoin. Si le froid est considérable, on augmente la quantité de fumier par dessus : la tige , pressée par la chaleur du fond , se fait jour au travers. On soulève le fumier tous les jours pour lui donner de l'air, si le temps le permet ; on doit aussi le changer , ^s'il est trop mouillé par les pluies ou par la neige. U y a des particuliers qui couvrent de châssis et de cloches des- planches entières ainsi réchauffées; elles don» nent des asperges pendant six semaines ou deux mois : on ne les doit couper que pendant trois semaines , la première fois qu'on les réchauffe, pour ne les pas épuiser en en tirant davantage.

La conduite de ces deux sortes de couches demande beau- • coup d'attention. Elle ne procure que des asperges petites, peu colorées, sans goût, et qui coûtent très -cher.

Ennemis des asperges.

\5n des plus terribles e&t la larve de hanneton , appelée turc ; elle s'attache à la racine et la rend languissante : dès qu^on s'en aperçoit\« il faut arracher la plante et tuer l'insecte. La courtilière n'est pas moins redoutable : pour la détruire , on remplit d'eau les trous où elle se trouve ; mais cette eay même, trop abondante, fait périr les pieds ou pattes d'asperges. Les limaces ou limaçons , dans les anné'es pluvieuses et dans le^ terrains frais , se jettent sur les jeunes liges d'asperges ] on en voit aisément la trace par le luisant de la bave qu'ils laissent .- on les prend le soir ou le matin à la lumière ; c'est le temps où ils cherchent leur nourriture.

Les années sèches donnent naissance aux 'chenilles , aux pucerons , aux scarabées. On détruit les chenilles en se-

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couant les tiges sur un linge. Il n'y a pas de moyen hieU sûr pour débarrasser les asperges des pucerons : il faut sa* crifier les pictds qui en sont infestés. Les scarabées se distinguent facilement ; il ne s'agît que de les* ôter et de les écraser. ( T. )

ASPERGILLE ( 5o^ ) , Aspergillusj genre de plantes de la famille des champignons , formé. par Micheli, confondu par Linnœus avec le mucor , et que Persobn a compris dans son genreMonilie. Voyez MtJGOR, Momlie. (P. B.)

ASPÉRULE {Bot, ) , Asperula , Linn. , genre de plantes à fleurs monopétales , de la famille des rubiacées 9 et qui ont des rapports avec les caille-laits ou gaillets^ Leurs caractères t:onsistent en un calice très - petit et à quatre dents ; une corolle d'une seule pièce , dont le tube est cylindrique, et le limbe partagé en quatre parties réfléchies en dehors ; quatre étamines courtes , et un ovaire inférieur, didyme et muni d'un style fourchu au sommet.

Le fruit est composé die deux capsules globuleusear, légèrement charnues, appliquées Tyne contre l'autre, non couronnées des dents du calice , et renfermant chacune une graine presque ronde. Les aspérules sont des herbes à feuilles ^ verticillées ou disposées par anneaux , et à fleurs ramassée» en faisceaux terminaux ou axillaires. On en connoit dix ou douze espèces, qui sont toutes européennes. Elles viennent dans les lieiix secs des bois , ou dans les moissons ; leurs racines tracent beaucoup et sont toutes susceptibles de donner une couleur rouge. Quelques-runes de ces espèceaf méritent d'être distinguées ; ce sont :

L'As FÉRU LE ODORANTE , Aspcrula odoratu y Linn. , que l'on nomme aussi petit muguet des bois ou hépatique étoilée , croit dans les bois. Ses tiges sont simples, garnies de fenilltffr lancéolées , et au nombre de six par verticille. Les fleurs sont blanche^ et disposées en un faisceau terminal , pédoncule. Cette plante, verte et à demi-fanée, exhale une odeur agréable; on l'emploie comme tonique, vulnéraire, apéritive et emménagogue. On s'en sert principalement pour dissiper les obstructions du foie.

L'AspÉRULE DES CHAMPS, AspcTula avvensisj Linn., ainsi nommée parce qu'elle croit dans les èhampsv Ses feuilles'

ASP «^

sont au nombre de six ou huit dans chaque veHicille, et êes fleurs sont terminales, sessiles et rapprochées. Sa ra-» cine donne une belle couleur rouge*

L'AspéauLE auBéoLB , l'Herbe à Tesquinancie , Aspe* tula Hncùoria et eynanchicaj Linn. , dont on emploie les feuilles contre Tesquinancie , et les racines pour teindre en rou^* Elle croit dans les prés secs , les bois arides , et sur les collines de la France et de toute r£uro.pe. Ses feuilles varient de quatre à six par verticille : les supérieures sont opposées ; elles sont allongées , étroites et d'un vert blan-^ châtre. Les fleurs sont disposées en petits faisceaux pé-* doncMlés ; leur corolle n^a quelquefois que trois décou-* pures. (Lem.)

ASPÉRULE ou ASPRE. {lùhtjroL) Ce nom a été employé par plusieurs naturalistes anciens , tels que Jonston , Rai , etc. ^ pour désigner diverses espèces de poissons que Linnœus et Daubenton ont rangées dans le genre des perségues, sous les noms de zingel ou cingle , et d*apron. Lacépède , dans son Histoire naturelle des poissons, a réuni ces deux espèces dans un genre nouveau, qu'il a nommé D;[ pré ao don. Voyez ce mot (F. M. D. )

ASPHALTE. (Mirt^r.) Voyez Bitume solide.

ASPHIXIE. (Chim.) L'asphixie ou la mort apparente des animaux étant sous quelques rapports un phénomène chimique, il est utile d'en donner ici une notion générale* Lorsque l'air est assez altéré, par quelque cause que ce soit^ pour avoir perdu les deux tiers de son gaz oxigène ; lorsque surtout l'homme ou les animaux se trouvent plongés dans àes gaz qui ne contiennent pas assez de ce dernier ou d'air vital , tels que le gaz acide carbonique , le gaz azote , le ^az hydrogène , et surtout les gaz hydrogéné, carboné et sulfuré , leur respiration est d'abord languissante , bientôt interrompue ; et la circulation , qui ne peut avoir lieu sans cette première fonction , venant à se ralentir ou à s'arrêter , la vie est quelque temps suspendue, et promptement détruite û ce manque d'air continue.

Les circonstances où ces gaz sont substitués à l'air sont malheureusement très - multipliées , tantôt par des phénomènes naturels , tels que leur développement da^s des 3 i5

a26 ASP

mines, des carrières, des antres souterrains , des cavités creusées pour des travaux divers ; tantôt par des causes d'imprudence, d'impéritie ou d'inhumanité, comme du charbon allumé dans des lieux étroits -et fermés, des hommes entassés dans des salles trop petites, des prisons, des hospices, des Taisseaux. Dans tous ces cas les hommes et les Animaux résidu t d'autant plus qu'ils sont plu» vigoureux , >et il y a à cet égard une très -grande différence entre eux: les uns périssent sans retour presque aussitôt qu'ils sont asphixiés ; les autres sont rappelés k la vie quelques heures après l'asphixie commencée.

Le plus sûr et le meilleur moyen de guérir les asphixiés , c'est de les porter au grand air , d'agiter ce fluide autour d'eux, de leur faire inspirer du gaz oxigène ou respirer du gaz ammoniaque comme stimulant, de les frotter , de leur jeter de l'eau froide au visage. Si la chaleur de leur corps est encore assez grande , si le sang n'est pas coagulé , si le cœur n'est pas paralysé, on les voit revenir à la vie.

Il faut observer que l'efièt général du gaz asphixiant est d'ôter aux cavités du cœur leur force contractile ,' de manière que le sang ne peu^ plus être poussé dans les artères par le viscère musculeux. L'acide muria tique oxigéné , employé avec prudence et modération, peut aussi être utile pour ranimer la force contractile du cœur ; mais il ne faut en faire aspirer qu'une très-petite quantité.

Tous les autres moyens de traitement, successifs et variables suivant les cas et les individus, regardent l'art de f;uérir et lui appartiennent exclusivement. ( F. )

ASPHODÈLE {Bot, ), Asphodelusj Linn., genre de plantes monocotylédones, qui rentre dans l'hexandrie monogyniede Linnœns , et qui appartient à la famille des asphodélées. Il n'est parvenu jusqu'ici à la connoissance des botanistes qu'un très -petit nombre d'espèces d'asphodèles : ce sont des plantes herbacées qui croissent en Europe. Leurs racines, souvent vivaces, sont fibreuses ou formées d'une multitude de tubérosités semblables à des navets. Leurs feuilles et leurs tiges varient selon les espèces. Leurs fleurs sont disposées en épi et accompagnées chacune d'une petite bractée : ces fleurs offrent un calice à six divisions

ASP ^27

elliptiques, ouvertes, épanouies sous ToVaife; six ëtamines opposées aux divisions calicinales, et attachées à leur base) un ovaire arrondi; un style grêle, un stigmate plus ëpdis* L'oraire devieut une capsule charnue à ti^ois loges, les^ celles contiennent un petit nombre de graines. Lors de la germination le cotylédon développé se prolonge ed un filet recourbé , charnu à son extrémité. • Deux espèces d'asphodèles sont cultivées dans les jardins à cause de la beauté de leurs fleurs : Tune est 1* asphodèle rameux ; Tautre est l'asphodèle jaune > vulgairement appelé verge de Jacob.

L'Asphodèle rameux, Asphodelus ratnosusj Linn., croit dans la Carniole, l'Italie, la France méridionale et l'Es-* pagne. Elle a deux ou trois pieds de haut; sa racine est tubéreuse, vivace. Ses feuilles partent de la base de la tige; elle sont allongées en glaive, douces au toucher, lui-^ santés et d'un beau vert : sa tige est nue, cylindrique, de la grosseur du petit doigt, simple ou rameuse, lisse et luisante. Ses fleurs forment au sommet de la tige des épiA très-serrés ; chacune est munie d'une bractée membraneuse^ aiguë, de couleur brune. Les calices, aussi grands que la fleur de l'oranger, sont blancs et marqués longitudinale-* ment de lignes brunes* Souvent, sur le même épi , les fleurs de la base sont en fruit i celles qui Viennent immé-* diatement au'-dessus sont défleuries i plus haut, elles sont CD pleine floraison : au sommet , elles sont encore isn bou-» tons. Cette plante est commune dans les environs de Nar-*^ Lonne : on la. trouve aussi dans les Pyrénées ; elle y couvre quelques montagnes de moyenne hauteur ^ et ne descend point dans, les vallées.

Les racines de cet asphodèle ont une àcreté qu'elles perdent dans l'eau bouillante* Dans les temps de disette > on eu a quelquefois extrait une farine avec laquelle on a fait du pain.

Les anciens plantoieUit l'asphodèle rameux auprès des tombeaux y le vulgaire croyoit que les mânes des morts se nourrissoient de ses racines.

Ce nom d'asphodèle, consacré par Pline et par DioSco« ride , vient du grec et signifie sceptre : il fut donné sans

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doute à cette plantç à cause de la forme de sa tige, et de la disposition de ses fleurs.

L'Asphodèle jaune ou Verge de Jacob, Asphodelus ht- Uusj Linn., est originaire de Tltalie et de la Sicile : ses racines sont jaunes, charnues, réunies en faisceaux; sa tige est simple, verticale, droite, feuillée, haute de deux; à trois pieds. Les feuilles- sont nombreuses, grêles, allongées, trigones, pointues à leur sommet, membraneuses à leur base , et d'autant^ plus longues qu^elles sont plus voi-. sines de la. racinç. Les fleurs, à calice jaune avec une ligne rerte au milieu de chacune de ses divisions, forment un long épi qui termine la tige. Chaque fleur est accompagnée d'une bractée blanche. Quatre des six divisions du calice sont disposées en crpix ; les deux autres sont attachées entre les trois divisions supérieures : troi^ étamines sont plus courtes que les trois autres ; toutes sont arquées. Voyez Abo , Afrodille, Axeras. (B. M. )

ASPHODËL££S ou Asfhodéloïdes {Bot.) y famille de plantes monocotylédones apétales , à étamines attachées au calice , ^i fait partie de la classe des liliacées de Tournefort et de rhexandrie de Linnœus. Son calice , que ces deux auteurs nomment corolle, est à six divisipns plus ou moins profondes, au bas desquelles sont insérées six étamines. L^ovaire libre ou supérieur, surmonté d'un seul style, devient une capsule à trois loges remplies de plusieurs graines, et à trois valves, dont chacujie porte dans son milieu Tune des cloisons qui séparent les loges. L'embryon est très-petit, logé dans une cavité pratiquée au sommet d'un périspenne de substance cornée qui remplit la graine. On réunit dans cette famille quelques plantes à tige feuillée, ligneuse, ou plus souvent herbacée, à racines fibreuses ou tubéreuses, et un plus grand nombre de. plantes herbacées, à racinebulbeuse, de laquelle sortent des feuilles radicales et des hampes chargées d'une ou plusieurs fleurs. Les feuilles sont tputes alternes, e.ngatnées par le bas. Les fleurs, presque tpuj oif rs terminales, accompagnées chacune d'une spathe ou écaille florale, sont disposées rarement en panicules, quelquefois ei) /ombelle enveloppée de deux grandes spathes, plus 0T4iAairjement. en épi. . , ,

ASP ^29

Cette disposition des fleurs concourt, avec la àtructure de la racine et laforine du calice, à caractériser les sections de la famille. La liriope, Taletris, la salmie, la sausevière,. Taloés, ont les fleurs en épis ou panicules, le calice tubulé et la racine fibreuse. L'anthëric, la phalangère, Vecheandia et Fasphodèle , diffèrent des précédens par le calice divisé jusqu'à sa base. Les fleurs en épis sur une hampe sortant d'une racine bulbeuse, ont un calice tubulé dans Teucome, la jacinte, \è phormium^ le masso^ 'nia; - d irisé profondément dans la cyanelle, l'albtica, là scille et l'ornithogale. 'Une dernière section, qui. ne )renferme que l'ail, mais composée de beaucoup d'èsjpèces, se distingue des précédentes par ses fleurs en ombelle.

La famille des asphodélées n'est peut-être pas parfaitement naturelle, et sera susceptible de nouvelles divisions tirées de la différente geripination des graines. Dans l'asphodèle et plusieur$ autres , la plantule sortant de tefrë emporte avec elle la coque composée des inembranés dé la graine germée, qui reste pendante à l'extrémité amincie de la première feuille ; dans l'aloès et le^ genres de sa section , cette coque est appliquée immédiatement contré la gaine qui entoure la pousse des premières feuilles ; la coque de Fanthéric tient à la même gaine par un filet plus ou moins long : cette différence dans la geritiination , qui est l'indice d'autres caractères essentiels , annonce la nécessité de former de nouvelles coupes, soit dans éelté famille , s^oit dans celles qui l'avoisinent , lorsque èette germination aura été mieux observée dans toutes les zndnocotylédones. (J. )

ASPHODÉLOÏDES. Voyez Asphodélées.

ASPIC ( Rept. ) , nom du colubir aspis de Linnasus. Voyez Couleuvre. (C. )

ASPIC {Bot.) ^ on donne ce nom à Vailpiste y phalaris, genre de plantes graminées. (J.)

ASPIC, SPIC (Boi.), espèce de lavande. (J.)

ASPIDÔPHORE. (Ic%o/. ) Ce nom, formé de deux mots grecs qui signifient porte- bouclier, a été employé par Lacépède pour désigner son quatre-vingt-troisième genre des poissons. Les aspidophores sont des poissons otfséiïx,

^3# ASP

munis d'un opercule branchial et dNine membrane braschiale et thoracine ( a/sous^lasse, i/'diyision, 3.* ordre).

C(^ract, gen. Ils ont le corps et la queue couverts d'une sorte de cuirasse écailleuse; deux nageoires sur le dos; moins de quatre rayons aux nageoires thoracines.

Ces poissons ont été rangés jusqu'à présent, dans une sec«> tion particulière 9 parmi les chabots ou cottes. Lacépéde n'en fait connoître que deux espèces, qu'il est facile de distinguer des cottes , parce que leur corps et leur queue sont couverts^ d'un bouclier, composé de plaques dures et disposées de manière à former un grand nombre d'anneaux solides , dont l'ensemble imite un long fourreau à plusieurs faces; aussi les aspidophores qnt-ils beaucoup de rapports avec les syngnates et les pégases par leur conformation extérieure. On ne sait , rien sur les habitudes qui leur sont propres; ils paroissent seulement se plaire beaucoup sur les rivages. sablonneux de la mer.

1.^ AsFXDOFBOaE ARMÉ, Aspiiophorus armahâSj Cottus eatom fhraetus , Linn. Sa mâchoire inférieure est munie de plur sieurs barbiUons ; sa cuirasse e&t à huit pans ; spn museau est armé de deux verrues échancrées, j.''D. — 6. 2.'D,— 7. P.— i5. Th. -—3, A, — 6. C— 10.

Longueur, deux ou trois décimètres.

Il habite dans l'Océan atlantique, et il n'est pas rarç sur les côtes au nqrd de l'Angleterre.

a.** AsFiDOFHORE LisizA, Aspidophorus lisiza^ Cotlus JapOf niçus^ Linn. Sa cuirasse a huit ou plusieurs pans, et ellç est garnie d'aiguillons.

B.— 6. i."D. — 6, a.'D. — 7. P. — ^ 12. Th. — a, A. — 8.

Longueur, trois ou quatre décimètres.

On le trouve, suivant Pallas, auprès du Japon et désoles Kurilles ; il a beaucoup de rapports avec l'armé. .

3.** AsFiDOFuoRE NEZ 0BTT7S, Aspidophorus truncatus. Son inuseau est élargi et tronqué; les narines sont un peu sailli^ntes et placée^ chacune dans une verrue ; sa mâchoirç inféx'ieure est sans barbillons •' sa cuirasse est à huit panf

ASP a3x

B.— 6. i."D.— 4. 2.*D. — 7. P. — 10. Th. — 2. A.— 8. C. — 10.*

Longueur, deux décimètres.

Cette espèce nouvelle a été trouvée par Vavemet dans la mer près de Sumatra , et il Ta envoyée à Bloch ; sa couleur est entièrement d'un vert foncé : elle ressemble à l'armé. ( F. M. D. )

ASPIDOPHOROÏDE. (lehtyoL) Cestle quatre-vingt-quatrième genre des- poissons décrits dans Touvrage de Lacé* pède; il ne diffère du genre précédent que par les caractères suivans.

CaraeL gen. Le corps et la queue sont couverts d\ine sorte de cuirasse écailleuse^ il n*y a qu'une nageoire dorsale 9 et les nageoires thoracines ont moins de quatre rayolis. "

Ce genre ne comprend qu'une espèce.

AsriDOPHOjLOiDE TRANQUEBAR, Aspidophoroidcs tranque" lar j Cotlus monoplerygius , Linn. I^ mâchoire supérieure a deux piquans recourbés en arrière; sa cuirasse es^ i huit pans, réunis en six vers la queue; l'opercule des hranchies est formé d'une seule lame.

B.— 6. D.— 5. P.— 14. Th.— 2. A.— 5. C— 6.

Il habite dans l'Inde prés de Tranquebar; il s'y nourrit, suivant Bloch 9 de jeunes crustacés, de petits mollusques et de vers aquatiques : sa couleur est brune en dessus, grise, avec des bandes transversales et des points bruns sur les côtés : il a des taches blanches en dessous, et des taches brunes sur la nageoire caudale et sur les pectorales. (F. M. D. )

ASPINALSACH (Bot.), nom arabe du cachrjs lihanotisj L.^ espèce d'armarinte, au rapport de Dalechamps. (J.)

ASPISURE. {Ichtjyol.) Ce mot générique, tiré du grec et qui indique que les côtés de la queue sont munis d'un ^bouclier, a été employé par Lacépéde pour désigner un poisson qu'il a séparé du genre des chétodons, et dont on doit la con<i> noissance à Forskal, qui l'a trouvé dans 1^ mer d'Arabie, et qui l'a nommé sohar^ d'après les Arabes. Carnet, gen. Le corps et la queue sont très -com primés ; il

y a de très-petites écailles sur la dorsale ou sur d'autres

nageoires ; la hauteur du corps est supérieure ou du

moins égale à sa longueur ; l'ouverture de la bouchf ^esi

234 ASP

et rhomboïde; l'extréipîté des folioles est crénelée. Dans cette espèce, la fructification est souvent si abondante qu'elle recouvre toute la feuille, et alors il est difficile de la distinguer de celle du genre Acrostique : cependant on on ne s^y méprendra jamais si on l'examine dans sts premiers développemens. Il en est de même des autres espéce9 qui offriroi^nt ce caractère.

Uasplénion des murailles est employé dans les affections catarrhales. On le fait infuser comme du thé, et on j ajoute un peu de sii^cre. Il est connu vulgairement &ous le nom de Sauve -vie. Voyez ce mot.

L'AsFLÉNiON TRiciËOMANEy AspUmum trichomancs ^ Unn. qu'<^n trouve fréquemment sur les vieux murs humides, dans les puits, les fontaines et les fentes de rochers, a ses feuilles pennées ; ses folioles sub - orbiculaires , crénelées, sessiles. Cette plante a la propriété des autres capillaires;' elle est béchique, indiquée dans les affections catarrhales de la poitrine.

AspUnium vient du grec et signifie rate. Uasplénion a été ainsi nommé à cause des grandes propriétés qu'on lui attribuoit autrefois contre les maladies de la rate. Voyes le mot Scolopendre. (B. M.)

ASPREDE. {Ichlyol. ) Ce nom est donné à un silure qui vit dans les fleuves de l'Amérique méridionale , surtout k Sor rinam. Voyez Silure. (F. M. D.)

ASPRÊLE. (Bot.) Voyez Prêle.

ASSAD. ( Mamm, ) Quelques écrivains arabes ont employé ce mot pour désigner le lion. ( G. )

ASSA - DOUX. ( Bot, ) Dans quelques livres on trouve sous ce nom la résine de benjoin. ( J.)

ASSA - FQSTIDA {Bot.) , gomme -résine roussàtre, remplie de grumeaux blanchâtres , acre , amère et d'une odeur d'ail insupportable. Elle nous vient de Perse , où elle est extraite de la racine d'une ombellifère nommée par Linnacus fenUa assa "fœtida. On lit dans Kaempfer, qui a vu récolter cette substance , qu'au printemps les Persans abandonnent leurs villages et se portent en masse sur les montagnes où croit en abondance la férule résinifère. lia la débarrassent de •es feuilles inférieures qui sont fanées, et mettent à an la

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partie supérieure de la racine , dont la grosseur égale celle du bras. Après cette opération préliminaire j ils reviennent au liout de quarante jours et coupent transversalement le sommet de la racine. Un suc laiteux couvre bientôt la blessure ; on le recueille : on opère une autre section transversale; on recueille de nouveau le suc qui a coulé , et on continue ainsi jusqu^à ce que la racine soit épuisée. Le suc prend au soleil la consistance solide.

Les Européens et les Asiatiques sont différemment affectés par Todeur et la saveur de cette substance. Les premiers trouvent Tune et l'autre si repoussante, qu'ils lui ont donné le nom vulgaire de stereus diaholi. Les Asiatiques au contraire, qui la connoissent sous le nom de hingh , la trouvent si fort à leur goût et la mangent avec tant de plaisir pour aiguiser leur appétit , qu'ils lui donnent par excellence le nom de manger des dieux. On lit dans l'Histoire générale des voyages , vol. 9 , p. 44 , que son usage à Surate est si général que l'air en est infecté.

L'assa-fœtida est employé en médecine principalement pour exciter . la transpiration , et contre les affections nerveuses. A l'extérieur c'est un très -bon résolutif. On l'emploie fréquemment dans les maladies des bestiaux. ( Mas.)

A5SAPAN1CK {Mamm.)j nom du polatouche d'Amérique chez les sauvages de Virginie, selon La^'t. Voyez Polatouche. (C)

ASSASI. ( îehtyol, ) Ce nom est propre à une espèce de baliste , que Forskal a trouvée dans la mer Rouge. Voyez Baliste. (F. M.DJ n

ASSÉË ( Ornith, ) , nom vulgaire de la bécasse commune , scolopax rusticola , L. ( Ch. D. )

ASS1LI5. (Bol,) La plante que les Arabes nomment ainsi , au rapport de Dalechamps, paroît être le selinum sylvestre f L. , espèce de selin. (J. )

ASSIMILATION. ( Chim. ) C'est le nom que l'on donne à )'effet manifestement chimique qui a lieu dans le changement des matières alimentaires, depuis l'époque où elles ont été reçues dans l'estomac, jusqu'à celle où elles font partie des liquides et des solides coijstituant les animaux. Il est évidçu^ que cçs matière^ ^ quelque différentes qu'elles

soient de la nature du composé animal , doivent y être assimilées par la puissance même de la yie j pour pouToir faire partie de ce composé, en réparer les pertes continuelles et remplir les fonctions. Cette assimilation, qui est nécessairement une opération chimique , puisqu'elle consiste dans un changement de la nature intime de la substance assimilée, est aussi nommée Animalisation; et j'ai indiqué dans ce dernier article comment on pouyoit la concevoir et l'expliquer. J'y reviendrai encore aux articles Composé animal, Chyle, Sang, Chaik , Muscles , Os, etc. (F.)

ASSIMINIER (Bot.) y nom vulgaire de Vanonatrilohaj L. Voyez Corossolier trilobé. (D. P.)

ASSOLEMENT. ( Agric. ) Cette expression , qui devroit signifier l'action de partager ^les champs cultivés en plusieurs divisions qu'on appelle soles^ tsi aujourd'hui employée en agriculture pour désigner la rotation des récoltes , ou l'action de faire succéder les récoltes les unes aux autres. Duhamel , dans ses Élémens d'agriculture , s*étoit déjà servi du mot assoler dans le sens qu'on lui donne aujourd'hui, c'est-à-dire, au lieu du mot alterner, employé depuis par la plupart des auteurs. On a trouvé que le sens de ce dernier terme étoit trop restreint, qu'il n'expliquoit que le remplacement alternatif de deux sortes de productions, et qu'il ne répondoit pas parfaitement à celui de cropping ou course of crops des Anglois , qui donne l'idée d'une rotation, d'une révolution complète dans laquelle il peut entrer une assez grande variété de productions ; et on a substitué aux mots alterner et alternatives ceux d'assoler et d'assolement.

Le but des assolemens est de faire donner par les terres, en les conservant en bon état , les produits les plus favorables aux intérêts du laboureur.

Peut-on remplir ce but dans toute espèce de terrain, en suppHmant entièrement les jachères? c'est ce qui sera discuté et approfondi en son lieu. Je me contente d'exposer ici comment on assole dans la France et dans divers autres

pays-

§. I.*' Un premier mode d'assolement est cehii par lequel

on ciiltivie} dans le même champ , da grains de diverse nature, de façon que les uns succèdent aux autres et reyienneii.t à leur tour, soit sans interruption , soit après une qu quelques années de repos.

Il j a en. France des cantons oii tous les ans les terres sont ensemencées : j'en connois même qui produisent deux récoltes dans la même année. On conçoit quWles doivent avoir du fond , ou qu'on n'y épargne pas les engrais. Ces cantons sont privilégiés et peu nombreux, et les fermages y sont fort chers. Les pays de culture commune ont aussi quelques champs qui ne se reposent qu'après un certain temps, ou qui ne se reposent jamais: ce sont des terrains où il y avoit du bois qu'on a arraché, ou des terrains situés auprès des habitations, appelés courtib, ouches. etc.; la proximité de ces derniers étant favorable pour le transport des engrais, sans frais on y conduit et on y jette toutes les ordures de la maison. Les grains y viennent si forts qu'911 est souvent obligé de les efianer, afin qu'ils ne versent pas. -

Parmi ces champs , les uns rapportent du froment plusieurs années de suite ; les autres produisent sans cesse différentes sortes de plantes. Dan^ un canton de la vallée d'Anjou, après qu'on a récolté dans un champ toutes les raves d'hiver, on y sème^du chanvre au inois de Mai, et en automne du froment ; quelquefois deux années de suite du froment, puis une espèce de lathyT%s ou gesse appelée jarrosse j que les bestiaux mangent en vert, et sans perdre de temps, du blé de Turquie , qu'on nomme Italie dans le pays.

Dans la chatellenie de Lille en Flandres , la première année c'est de l'avoine , la seconde du lin , la troisième du^ froment, la quatrième de l'hivernage, c'est-à-dire un mélange de vesce et de seigle qu'on sème avant l'hiver; la cinquième, du colza, et la sixième du froment, avec lequel on sème ou de la tranaihe, qui est le trèfle, où du sainfoin , ou de la luzerne : ces dernières plantes ne restent en terre que l'année suivante et sont remplacées par l'avoine. Ce cercle se répète et varie quelquefois, puisqu'on combine de diverses manières les grains que je viens de

désigner , et qti^on cultive en outre dans ces riches terrains les fèves, l'olie tte, les choux et les navets. Plusieurs autres parties de la Flandre , une grande partie du Brabant, de la Normandie, du Tirol, du Piémont, de la Lombardie^ de la Toscane, de l'Alsace, etc., ne laissent point reposer leurs terres.

Les cultivateurs des environs de la Châtre^ en Berry^ sèment deux fois de suite du froment dans la même terre < Communément, la première année ib retirent soixante et dix boisseaux, mesure de Paris ( 9 hectolitres, 7 décalitres) d'un arpent de cent perches , la perche étant de vingt-quatre pieds ; la seconde récolte leur en donne quarante : en réunissant ces deux produits, celui de chaque année est de cinquante^cinq boisseaux, qui font quatre setiers et trois quarts de setiers. L'orge de Mars, appelé marseiche^ succède au froment; et le terrain reste un an en jachères, pour être de nouveau ensemencé en fromeùt.

On voit des terres rapporter deux années de suite du froment, et se reposer. la troisième seulement, sans qu'on y cultive autre chose que ce grain. On en voit qui alternativement portent du froment une année et se reposent l'autre^

L'usage ordinaire de la Picardie, de la Beauce, de la Brie, et de beaucoup d'autres fertiles provinces, est de partager les terres en trois soUes ou saisons ; savoir : celle des fromens, celle des mars et celle des jachères ou guérets. Les campagnes même qui environnent les villages offrent à l'œil ce partage bien marqué et bien tranché. Les paysans comptent leurs années par les saisons des grains , et fixent les époques des événemens qui les ont intéressés, en se rappelant le canton où étoient alors les fromens. « Les. « fromens , disent-ils , étoient là. ^ Le seigle fait partie de la saison des fromens ; la saison des mars comprend l'orge f l'avoine , les menus grains ou grains ronds , enfin tout ce qu'on sème après l'hiver. Quand la terre est de bonne qualité , l'orge succède au froment ; le plus souvent c'est l'avoine. La troisième année est celle des jachères. Si la terre est médiocre , au lieu de froment on y met du seigle $ et ensuite ou de l'orge ou de l'avoine , selon le degré de médiocrité.

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Le laboureur intelligent, qui s'aperçoit qu'un terrain ne produit guères en froment, y sème, dans l'année des jachères, des pois, ou des vesces, ou des lentilles, auxquels il fait succéder de l'orge ou de l'avoine : cette manière de cultiver est nommée refroissL II arrive que dans les terres de la meilleure ^qualité , oki fait porter aux jachères même des plantes légumineuses ou de la moutarde , destinées à être mangées en vert par les bestiaux, ou de gros navets ; ce qui n'a pas lieu cependant dans ces terres chaque fois qu'elles sont en jachères, mais de^ temps en temps. Dans ce cas , on leur donne un dernier labour , après les avoir fumées ou parquées , et on y sème du froment , pour j recommencer l'ordre des saisons.

La Sologne, dont le sol n'a pour ainsi dire aucune substance, cultive le seigle et le sarrasin l'un après l'autre. L'année de repos qui suit est remplacée par une nouvelle culture de seigle , et ainsi de suite pendant huit à neuf ^ns. Ce temps écoulé, les champs restent, incultes autant d'années ; on les défriche après pour un même espace de temps. On assure que dans beaucoup d'endroits de la Bretagne le même ordre s'observe.

Une partie de la Champagne est presque entièrement consacrée à la culture de l'avoine, qui y est d'autant plus belle et d'autant plus abondante , que ce qu'on peut mettre d'engrais dans les terres est pour cette plante.

Il y a, dans les provinces méridionales, des manière» d'assoler qui se rapprochent plus ou moins des précédentes ; les grains qui forment les assolemens sont le froment , l'orge f le maïs , le lupin , les haricots , etc.

Beaucoup de laboureurs raisonnent plus qu'on ne croit leur agriculture. Quand ils s'aperçoivent qu'un terrain, si on l'ensemence à l'ordinaire en froment et en ayoine ensuite, ne rapporte pas ce qu'on enpourroit tirer, ils sèment, dans l'année des jachères , de la vesce ou des pois, et la seconde année de l'orge, la troisième de l'avoine; et voici comme ils calculent.

Ce terrain dans lequel on ne pourroit mettre que du méteil , c'est-à-dire , un mélange de froment et de seigle i^ Tannée d'après celle des jachères, n'en produiroit pas plus

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de deux setiers , ni l'année d'après , plus d'un seller d'à* voine par arpent, mesure de Paris : on peut estimer le méteil à vingt francs , et l'avoine à seize ; ce qui donneroit cinquante - six livres. Mais en intervertissant Tordre de l'assolement , on auroit trois setiers de pois ou de vesces k douze francs , et ensuite cinq setiers d^orge à treize francs, et six setiers d'avoine à neuf francs ; ce qui rapporteroit cent cinquante - cinq francs. Il y a donc un avantage de quatre-vingt-dix-sept livres. A ce profit il faut ajouter le gain du fumier , dont on n'a pas besoin pour la vesce où les pois , et qu'on reporte sur d'autres terres , et les frais qu'il en coûteroit pour le charger , le transporter , le répandre* D'ailleurs les pois et les vesces o£frent pour les chevaux un fourrage , sinon préférable à la paille du froment, au moins égal ; et ce fourrage est en surcroît de produit, puisque la terre devoit rester en jachères. Enfin l'année qui suit celle où on a récolté l'avoine, on peut ensemencer le même champ en froment, qui, k la vérité, est peut-être d*un tiers moins abondant que dans les bonnes terres ; mais il est pur et souvent sans herbes : d'où il suit, comme on le voit , que le fermier qui , en conséquence de ces réflexions , cultive ainsi ses mauvaises terres, leur fait rendre beaucoup plus qu'elles ne rcndroient, et que rien n'est plus illusoire et plus étrange que la clause insérée dans la plupart des baux , que le fermier ne pourra refroissir ses terres , c'est - à - dire les dessaisonner. Aussi l'exécution n'en est-elle presque plus demandée par les propriétaires sensés , qui la regardent comme une clause imaginée dans l'enfance de l'agriculture.

En Angleterre , la rotation des récoltes présente beaucoup de variétés, suivant les pays et la nature des terrains.

Dans les terres légères, sablonneuses et de peu de fond^ du district de Norfolk , les assolemens sont de six ans. On cultive la première année du blé, la seconde de l'oife, la troisième duturneps, la quatrième de l'orge, la cinquième du trèfle , la sixième du ray-grass , que l'on rompt au milieu de l'été pour semer du blé en automne , et ainsi de sii'*" ^^ cours de récoltes est adopté depuis peut-être plus

Mais dans les terres fortes et dont le fond présente une certaine profondeur, comme celles des arrondissemens du sud du même district, le blé revient tous les quatre ans. Après l'avoir récolté la première année, on sème la seconde du tumeps, la troisième de Forge, la quatrième du trèfle, et Ton revient ensuite au blé.

Il faut remarquer que cet ordre dans la succession des récoltes ne peut être suivi invariablement, car toute Fhabi-^ leté d'un fermier de Norfollt ne petit pas assurer une récolte de turneps ou de trèfle , et quand Tun ou l'autre manque > la régularité de la succession est altérée.

Si c'est la récolte de turneps qui manque, le fermieit laisse son terrain en jachère jusqu'au printemps : il sème alors de l'orge ; ou plus souvent encore il sème du blé en au^ tomne , puis au printemps du trèfle , mêlé de reygrass , par dessus le blé, de manière qu'il rentre dans son cours de récoltes.

Si c'est le trèfle qui manque, le remède est plus difficile^ et on répare cet accident de diverses manières : quelquefois on sème des pois la même année, et l'année suivante du blé sarrasin , que l'on enterre à la charrue ; quelquefois encore on sème de l'avoine avec du trèfle, et le blé vient k la troisième année reprendre son tour dans la rotation.

Les auteurs modernes qui ont écrit sur l'agriculture an» gloise i prétendent que ce système de rotation des récoltes , qui ramène le blé tous les quatre à six ans seulement dans la même terre , y assiire une abondante moisson ^ parce que , disent - ils , dans l'intervalle d'une récolte de hlé à une autre , la terre a donné des productions qui , par leur variété même , ont soutenu sa fertilité et ont fourni en même temps les moyens de nourrir, d'élever, d'engraisser de nombreux bestiaux , qui la rendent plus féconde ; ainsi ils conseillent de semer peu de blé, afin d'en recueillir une quantité plus grande.

On a vu que, dans le district de Norfolk^ on ne laisse reposer la terre que lorsqu'on y est forcé par la non-réussite de la récolte qu'elle devoit produire; mais il existe beaucoup de provinces d'Angleterre dans lesquelles , malgré les efforts d'Arthur Yung et de plusieurs autres écrivains 3 i6

cëlèhres, l'usage des jachères est encore conservé après 'un' cours de récoltes qui signale la routine la plus ignorante. ■

C'est ainsi que, dans le Westmoreland , on sème de l'avoine d'abord , puis de l'orge , puis de l'avoine encore ; après quoi on abandonne la terre à elle-même pendant quelques années. En Cumberland on sème aussi, pendant neuf à douze ans , des grains blancs sans interruption ; puis on laisse reposer la terre pendant sept ou huit ans. Dans là Carmarthen , on sème de l'orge et de l'avoine jusqu'à ce que le sol ne donne plus rien et soit devenu un mauvais pâturage. Dans le Cardigan enfin , l'on prépare , par une jachère, huit récoltes successives de grains blancs. En Somerset', on cultive les fèves dans les terres argileuses et on leur fait succéder la jachère, puis à celle-ci du blé et deux récoltes d'avoine. Dans beaucoup d'autres cantons d'Angleterre on suit à peu près, dans la succession d^s récoltes, un senb> LJable système , que Pictet blâme avec raison dans sou excellent mémoire sur les assolemens. Suivant cet auteur, l'usage des jachères est un préjugé qu'il faut abolir, et on ne doit jamais semer dans la même terre les mêmes espèces de grains pendant plusieurs années de suite. Il con^ dut des expériences d'Arthur Yung, de Marshall , du duc de Grafton, d'Arbuthnot, que la féverolle, lorsqu'elle est houée ou sarclée , prépare dans les terres argileuses une 'j belle récolte de blé, avec autant de certitude qu'un beau trèfle dans une terre légère.

La botanique et l'agriculture étant propres à s'aider réciproquement , je crois devoir placer ici une remarque de botanique que j'ai faite relativement à l'ordre dans lequel on doit semer diiTérens grains dans le même champ. Il m'a semblé qu'en général plus les espèces , surtout parmi les graminées , se rapprochoient par les caractères botaniqnes ou par les organes de la fructification , plus il étoit désir vantageux de les semer immédiatement les unes après I0 autres, et t'ice vcr^â ; par exemple, un terrain dans lequel on a récemment récolté du seigle ou du froment , ne pt^ duit pas ordinairepent du froment ou du seigle, ou n'ei| produit que très-peu ; mais il produit de l'orge , qui vieiUfl s'il succède à du méteil, en plus grande abondance fM;

s'il succède à du froment pur. L'avoine y prospère encore mieux. Les caractères de cette dernière plante sont plus éloignés de ceux du froment que les caractères de l'orge et que ceux du seigle, qui n'en diffèrent que très -peu. Les plantes légumineuses et les crucifères, telles que les hari* cots, les fèves, les lentilles, etc., et la sanve, d(jm les feuilles ne ressemblent point à celles des graminées, croissent et rapportent beaucoup plus que les précédentes, qiîand t>n les sème immédiatement après le froment , comme on

]e pratique dans les environs d'Arpajon et d^Orléans. Sou- Tent même on les cultive, dans une bonne terre, aux années de jachère, sans lui faire un tort notable, ainsi que je l'ai observé.

En 1779, je cultivai, dans une terre de qualité médiocre,. du froment qui vint arsez bien. En 1780, je fis ensemencer le même champ en dilTérentes espèces de grains. Le blé de mars , qui en occupoit une partie , fut foible et ne produisit presque rien : j'eus beaucoup plus d'orge à l^roportion ; l'avoine y étoit plus abondante encore ; la récolte en pois fut la meilleure de toutes. Plusieurs fois j*al semé du blé de mars dans les champs où on avoit récolté du froment ordinaire , sans les fumer ; il n'en est venu que quelques épis, qui ne contenoient que peu de grains. On ne peut espérer de voir bien prospérer ce blé que dans les terres qui auroient été propres à produire le froment d^automne, et où l'on n'auroit pu en semer, soit à cause d'un retard dans les labours, soit pac^e que la gelée auroit détruit les grains d'automne, soit pour le soustraire aux fontes de neige , ou aux inondations , ou aux avalanges d'eau qui' ont lieu dans quelques pays ; ou bien il faudroit préparer la terre parles engrais les meilleurs et les plus abondans.

Ce que j'ai remarqué a l'égard des plantes céréales, peut se remarquer à l'égard des arbres, tant de ceux qu'on destine à former des avenues ou des quinconces, que de ceux qu'on cultive dans les potagers ou dans les vergers pour en avoir du fruit. Lorsqu'on abat une avenue d'ormes, il ne faut pas la remplacer par d'autres ormes ; car un peut être assuré que la plantation ne réussira pas, comme j'en ai des preuves, à moins que les nouveaux arbres ne soient

plantés dans les intervalles qui éloient entre les anciens, ou qu'on ne renouvelle la terre si on les plante dans les mêmes places. De même, une plantation de pins doit être remplacée par des mélèzes , ceux - ci par des chênes , et cjs derniers par des châtaigniers, etc. Chaque fois que,'(lans un potager, j'ai fait remplacer un poirier par un autre poirier, il est mal venu : mais le pommier, quoiqu'il s'éloigne peu du poirier par ses caractères botaniques , réussit mieux s'il lui succède ; et l'on doit encore attendre plus de succès des arbres dont les fruits sont à noyau , lorsqu'on les met à la place des arbres dont les fruits sont à pépins.

Il n'est pas aisé de trouver la cause de ces phénomènes d'agriculture. Croit-on qu'on la trouvera uniquement dans les degrés de profondeur où s'enfoicent les racines des diverses plantes P Cette circonstance peut y influer; on voit clai-r Tement sans doute que les racines du navet, de la carotte ou de la betterave, qui pivotent et se nourrissent dans les couches profondes du sol , n'empêchent pas que , dans les •champs où ces plantes auront végété , on n'en cultive de celles qui ne fonit que tracer et ne vivent qu'aux dépens de la surface : mais cette cause ne seroit pas la seule. Croit-on que , malgré l'opinion de quelques physiciens , la terre qui fournit les sucs aux plantes, en a de diverse nature ; que ceux qui conviennent à une espèce ne conviennent pas à l'autre , et ne sont pas pompés par lés vaisseaux de celle-ci j et que quand une espèce a épuisé ce ique la terre receloit de sucs pour elle , elle n'y trouve plus rien et n'y peut plus végéter avant qu'ils soient renouvelés par les engrais et les influences atmosphériques P Je ne le décide point, et je me contente de rapporter des expériences.

§. II. Il est souvent utile de mettre des terres labourables en prairies, et de convertir de nouveau celles-ci en terres labourables quelque temps après : mais les prairies exçmptes d'inondation sont les seules qui soient susceptibles d'être labourées et ensemencées en grains. On a recours à ce mode d'assolement quand leur produit en foin diminue , ou qu'elles n'en produisent que de mauvaise qualité. A la

foreur des hibonrs, les herbes qui ne forment pas de bon fourrage périssent ; Tétat du sol change ; des récoltes abondantes en grains dédommagent amplement des frais de défrichement, jusqu'à ce qu'on remette le terrain en prairie , soit en y semant de l'herbe , soit en ne le cultivant pas ^ comme il arrive aulc environs de Phalsbourg, où les terres , ayant été ensemencées pendant deux ans , redeviennent ensuite un bon pâturage : il suffit pour cela de les laisser incultes, parce que le terrain étant frais, il pousse beaucoup d'herbes.

La raison qui détermine à former une prairie d'une terre 9 grains, c'est son épuisement. On lui choisit le genre d'herbe qui convient à sa nature et qui produit une plus grande quantité de fourrage : aussitôt que la prairie languit, pu qu'elle se couvre de mousse, ou se remplit de mauvaises herbes, de larves de hannetons, il est nécessaire de la défricher pour la mettre en état d'être ensemencée en grains.

L'alternative des champs en prés et des^prés en champs est généralement établie en Suéde et surtout en Angleterre , où elle a plus contribué que toute autre chose à porter le prix des fermes et l'agriculture au point où ils sont aujourd'hui. On suit cette pratique en divers lieux de la Suisse , sur les montagnes qui ne sont pas trop élevées pour produire des grains.

§. III. 11 existe un mode d'assolement qui consiste à met-f ire en culture des terrains couverts d'eau et à les laisser ensuite en eau : c'est un usage connu dans les pays où il y a des étangs qu'on empoissonne et qu'on pêche de temps «n temps. On pense que , pour la nourriture du poisson , il est nécessaire qu'il croisse dans l'eau certaines plantes que /avorisent des labours et une culture de quelques années. A ce motif sans doute il s'en joint un autre, c'est qu'en cultivant ainsi de temps en temps un sol qui se repose pendant qu'il est en eau, et qui s'engraisse des débris des végétaux et des corps des insectes qui s'y putréfient, on en retire plus de profit que si on le laissbit toujours en eau, la vente du poisson à certaines pèches ne pouvant égaler le revenu, d'unie ou de deux récoltes. Quoi qu'il en soit ,

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