‹ Dictionnaire des sciences naturelles, dans lequel on traite méthodiquement des différens êtres de la nature, considérés soit en eux-mêmes, d'après l'état actuel de nos connoissances, soit relativement à l'utilité qu'en peuvent retirer la médecine, l'agriculture, le commerce et les artes. Suivi d'une biographie des plus célèbres naturalistes (volume 4)Chapitre 34 sur 100 · AS-S · texte numérisé non relu

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pour y parvenir on ouvre la bonde; l'eau s!ècoule , et l'étang est mis à «ec, sinon en totalité, au moins en très -grande partie , ce qui dépend de sa pente, ainsi que de la facilité que l'eau trouve pour sortir de l'étang et se perdre dans la campagne' ou gagner quelque rivière.

Les étangs formés par des rivières sont moins susceptibles de cet assolement alternatif que ceux qui sont farinés par les pluies , parce qu'il est plus difficile de les mettre à sec. On ne le peut faire qu'en partie.

J'ai vu opérer de deux manières la culture des terres à étangs. Dans le Berry et la Sologne on écohue la terre , c'est-à-dire , on la pioche , on la fait sécher , brûler, et pn en répand la cendre ; on laboure à sillons élevés, et on sème du froment jusqu'à trois années de suite: il vient mal, la dernière année surtout. Le Bérry a deux sortes de terrains; l'un absolument analogue à celui de la Beauce, et c'est dans ce terrain que le froment est beau et a beaucoup de qualité. L'autre ressemble à celui de la Sologne; =c'est ua pays à seigle, et il y a des étangs : dans ces cantons on ne cultive du froment que dans les étangs mêmes, quand on en a fait écouler l'eau.

En Brie , où Yécobuage est aussi inconnu qu'il y seroit inutile, quand un étang est mis à sec, on le laboure superficiellement; on se contente, pour ainsi dire, d'égratigner seulement le limon qui en fait la première couche , et on y sème de l'avoine : l'année suivante on laboure un ])eu plus profondément pour un nouvel ensemencement. Cette manière, qui est bien moins dispendieuse, est aussi employée en Berry et en Sologne : la végétation y est d'une beauté étonnante, et le produit répond amplement à ce qu'elle promet.

On alterne les étangs de la Lorraine allemande en y seinant du chanvre ^'année où ils sont à sec. Cette plante y vient très-bien.

Le moment de remettre en eau un étang est indiqué par îe peu de produit qu'on en retire, comparé à ce qu'il rendoit en poisson. On ferme la bonde, l'eau s'y amasse, et on empoissonne.

§. IV. Un autre mode d'assolement qui a quelquefois lieu ,

est la conversion d'un bois, d'une vigne, d'une safranerie, en terres labourables.

Un bois tellement endommagé par les bestiaux ou par le gibier qu'il n'est presque d'aucun rapport, doit être arraché, défriché et changé en champs. On sait avec quelle abondance ce qu'on y sème y vient pendant plus ou moins d'années. Le repos dont a joui la surface du terrain , puisque les racines du bois vivoient aux dépens du fond; l'engrais formé par les feuilles qui le recouvrent, en font une terre neuve, capable de produire, sans interruption, pendant vingt ans. Je suis bien éloigné de penser qu'il faut indistinctement défricher les bois pour y cultiver des grains; on n'a que trop abusé peut-être de cette idée, et il en résulte des inconvéniens dont la capitale surtout ressent les effets: mais je conseille de détruire ceux qui sont en mauvais état, et de les rendre , au moins pour quelque temps , à la culture, afin de les replanter ensuite avec soin et de les entretenir mieux. Il y a aussi en France beaucoup de terres à grains qui se lassent, et qu'il serait plus avantageux de planter en bois, en n'employant que les espèces d'arbres qui leur conviennent.

Quoique la vigne se soutienne assez long-temps en hon état quand elle est cultivée et soignée, cependant il arrive une époque où elle dépérit et ne produit que très-peu de raisin : on la détruit , pour semer à la place , ou des graines céréales , ou des plantes propre» à former des pâtures artificielles. Dans les pays où les vignes font la majeure partie du produit, et où on veut profiter des bonnes expositions, on en replante, après un temps plus ou. moins long, dans les endroits où il y en avoit autrefois. Dans ceux où l'exposition est indifférente, et où les vignes ne sont qu'une culture secondaire , on choisit , pour planter de. la vigne , les pièces de terre qui n'en ont jamais porté.

On prétend , en Gâtinois, où on cultive le safran, que cette plante épuise le terrain à tel point qu'on ne peut en pla,nter dans le même champ que vingt ans après, surtout si on l'a chargé de plus d'oignons qu'il n'en falloit. Je ne pi|is' croire que cette assertion soit fondée. On assure en-

core que la terre dégraissée par cette racine ne peut se rétablir que par le repos que lui procure le sainfoin qu'on est dans Tusage d'y jeter : je sais cependant qu'on a réussi très-bien en y semant du froment après qu'on en a ôté le safran. Ordinairement on plante de la vigne dans les terres à safran , lorsqu'on a défait le sainfoin qui l'a remplacé. La partie de la Beau ce qui , voisine du Gàtinois , cultive aussi le safran, ne l'a pas plus tôt 6té que les champs sont convertis en terres labourables. Les fromens et autres grains y viennent bien mieux , parce que la terre est plus meuble et a plus de fond.

Le houblon et la garance sont aussi deux objets d'alter% native dans les pays où on les cultive. On peut y ajouter la réglisse , le chardon à foulon , le pastel , le chanvre i l'oignon, l'anis, la coriandre, le fenu-grec, etc. Parmi ces plantes, les unes ne restent qu'un an en terre et ont des racines minces et petites ; les autres , dont les racines sont plus fortes , y restent plusieurs années : ce qui établit entre elles des différences qui entrent pour beaucoup dans l'u« sage qu'on en fait poiir assoler.

11 n'y a point d'opération d'agriculture plus importante que celle des assolemens : elle augmente les ressources du cultivateur en même temps qu'elle lui fournit le moyen de tirer le parti le plus avantageux de ses possessions , de ses champs, de son jardin; car une partie de ce que j'ai dit peut s'appliquer au jardinage. Les marechais qui cultivent des légumes à leur profit, sont, sur cet objet, de la plus grande intelligence , et devroient servir d'exemple aux autres cultivateurs. Aux gros légumes, tels que les choux, les cardons , les artichauts , on fait succéder les navets , les betteraves , les carottes, etc. Il est à désirer, pour les pro-» grès de l'agriculture, que les efforts que l'on fait en Angleterre pour perfectionner l'art des assolemens , soient imités par les cultivateurs des autres pays. (T.)

ASSONIE (Bo^) , Assoniaj Cav. , Juss., genre de plantes de la famille des malvacées , très-voisin du dombeya , et dont on ne connoît encore qu'une seule espèce , qui croît dans les forêts montueuses de l'île de Bourbon.

AssoNiE A FEUILLES DE fEUFLiER, Assonia populnca j Cuir.

Monad. , tab. 429 £g- 1. Cest un arbrisseau^ connu , par les habitans de l'île de Bourbon , ^ous le nom de bois de senteur bleu ou galeux. Son tronc est recouvert d'une écorce cendrée ; le bois est très -odorant et d'une couleur bleue dans l'intérieur. 11 acquiert par l'âge une grande dureté. Ses feuilles sont grandes, éparses, glabres, en cœur, entières ou quelquefois dentées ou ondulées , et prolongées en pointe à leur sommet. Ses fleurs sont blanches et prennent en vieillissant une teinte ferrugineuse : elles sont disposées en coryrobes axillaires et terminaux ; leur calice est double , l'intérieur à cinq divisions profondes , l'extérieur -est monophylle, en forme de bractée et à trois lobes. La corolle a cinq pétales obliques en forme de faux. Les étamines sont réunies à leur base en un petit godet ; elles sont au nombre de vingt , dont quinze fertiles , séparées de trois en trois par un filet stérile plus long.

L'ovaire est pubescent, surmonté de cinq styles et de cinq stigmates ; le fruit jcst globuleux , ombiliqué , formé de cinq capsules conniventes, uniloculaires et dispermes. •(D.P.)

ASSOUROU(Bo/.), nom caraïbe d'un myrte des Antilles, appelé aussi poivre de la Jamaïque, et figuré, t. 191 , f. i , dans l'histoire de cette île par Sloane. Linnœus le regarde comme lé même que son mjyr tus pimenta ^ qui est originaire de llnde. Dans l'Encyclopédie méthodique, vol. 4, p. 410, l'identité est regardée comme incertaine, et l'assourou est sous le nom de m^rtus citrifolia. Ses feuilles et ses fleurs ont une odeur agréable. Les premières ont un goût épicé et peuvent entrer dans les assaisonnemens. On donne à l'espèce de l'Inde le nom de toutépice. ( J. )

ASSY (Bot.)j nom que porte à Madagascar le dracana um^ iraculifsra^ Jacq., espèce de dragonier. Rochon , qui en fait un palmier, dit qu'il s'élève à la hauteur de dix pieds ; que sa tête est couronnée de feuilles semblables à celles du lys , longues de quatre ou cinq pieds et disposées en parasol. On le nomme aussi hassing hé. Cette dernière syllabe signifie grand. (J.)

ASTACITES, AsTACOLiTEs. {Moll.) On donne ce nom ^Ux: crustacés pétrifiés. Ces animaux 3e rencontrent asse%

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communément à l'état fossile,. ainsi que toutes les autres productions marines. On en a trouvé à Mastricht dans la fameuse montagne de S. Pierre, dans des ardoises auprès d'Angers, en Angleterre, à Papenheim en Allemagne, et dans beaucoup d'autres endroits. Saussure dit avoir vu , à Bàle en Suisse, une de ces pétrifications, dans laquelle on distinguoit encore les œufs de l'animal. Voyez Fossile. (L. M. )

ASïAQUE. (Entom,) C'est le nom grec et latin du genre Écrevisse. (C. D. )

ASTARACH. ( Bot.) Les Arabes nomment ainsi VesLoraque * des Espagnols , le sLirace des Italiens , qui sont le stirâx ordinaire ou aliboufier, styrax officinale, L. (J.)

ASTATE. (Entom.) Latreille a désigné sous ce nomun genre d'insectes qu'il a établi dans notre famille des fouisseurs ou oryctéres, et dans les genres Sphége de Linnaeus etPompile de Fabricius. Ce mot est tiré du grec ArreiToç {astatos), et signifie , qui change continuellement de place , qui ne peut être en repos. ( C. D. )

ASTER (Bot.) , Jster , Linn. , Juss. , genre de plantes de l-or-' dre des corymbifères , qui renferme une soixantaine d'espèces. Presque toutes sont herbacées et vivaces, six à sept sont ligneuses et forment des arbustes toujours verts, trois seulement sont annuelles ou bisannuelles.

Les asters sont pour la plupart originaires de l'Amérique septentrionale ; les autres croissent à la Chine , dans le détroit de Magellan , et en Europe , en Sibérie : les espèces ligneuses se trouvent presque toutes au cap de Bonne -Espérance.

Les fleurs sont radiées et produisent en général un effet très-agréable par l'éclat de leurs cpuleurs. Elles sont composées de fleurons hermaphrodites quinquéfides, et de demifleurons femelles nombreux , souvent à deux ou trois dents au sommet ; leur calice commun est imbriqué d'écaillés nombreuses , dont les inférieures sont ouvertes. Les graines ont une aigrette simple, sessile ; le réceptacle e&t nu.

Les asters ont beaucoup de rapports avec les inules, les verges d'or et les érigères : on les distingue facilement des deux premiers genres, parce qne leurs demi -fleurons sont

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toujours violets ou pufpurins, bleus ou blanchâtres, tandis qu'ils sont constamment de couleur jaune dans les inules et les verges d'or ; les érîgères n'en diffèrent essentiellement que par leurs demi-fleurons linéaires, extrêmement étroits et ordinairement très- entiers.

JJaster ahnu^ts , L. , dans lequel on retrouve ces derniers caractères, appartient au genre Érigeron. Nous allons faire connoître les espèces d'aster naturelles à l'Europe , et celles qui par la beauté de leurs fleurs peuvent contribuer à la décoration des jardins.

Asters à tige ligneuse.

-Aster frutescent. Aster fruticulosus ^ Linn., Aster hyssp^ pifolius , Berg. , Commel. Hort. 2, tab. 27. C'est un arbuste qui croît au cap de Bonne-Espérance dans des lieux arides, et qui est cultivé dans le jardin du Muséum d'histoire naturelle. Sa tige est gréle , très-rameuse , haute d'un à deux pieds: ses feuilles sont linéaires, pointues, glabres, ponctuées, alternes ou éparses : les fleurs s'épanouissent au commencement du printemps ; elles naissent sur des pédoncules nus et assez longs; leurs demi - fleurons sont violets ou purpurins.

Aster soyeux, Aster sericeus, Vent. Hort. Cels. tab. 3o. Cest une jolie espèce découverte par Michaux , dans le pays des Illinois , sur les rives escarpées du Missouri et du Mississippi. Elle est cultivée à Paris chez Cels : ses feuilles sont soyeuses et argentées. Les fleurs , de couleur violette à la circonférence et d'un jaune pâle dans leur disque , paroissent vers le milieu de l'automne.

Cette plante et la précédente se cultivent dans des pots que l'on rentre l'hiver dans la serre d'orangerie. Elle^ aiment une terre sablonneuse et substantielle -, on les multiplie aisément par la voie des boutures et des marcottes.

Asters à tige herbacée et feuilles très- entières •

Aster délicat, Aster tenellus , Lin^n., Jacq. obs. 4 , fab. 88. Cest une petite plante annuelle, originaire du cap de Bonne-Espérance, dont les tiges rameuses produisent une touffe assez régulière , qui s'élève à la hauteur de sept à huit

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pouces : ses feuilles sont linéaires, d'an vert luisant, et garnies de petites pointes ciliées ; ses fleurs sont petites et ont leurs demi -fleurons d'un beau bleu. On la multiplie par ses graines , que l'on sème en pots dans une terre légère et sur couche.

Aster des Alpes , Aster alpinus^ Linn. , Jacq. Austr. tab. 88. Ses feuilles radicales sont ovales, oblongues, obtuses, velues et un peu rudes au toucher: sa tige est simple , uniflore , velue , haute de trois à dix pouces , et chargée de deux ou trois feuilles lancéolées : la fleur est grande, jaune dans le centre, bleue à I4 circonférence ou blanche dans une variété. Cette plante croît sur les montagnes de la France , de la Suisse et de l'Autriche.

Aster amelle. Aster amellus^ Linn., Jaciq. Austr. tab. 4^5, vulgairement l'Œil de Christ , l'Aster d'Italie. Sa tige s'élève à deux pieds environ ; elle est garnie de feuilles oblongues, lancéolées, rudes au toucher et ciliées en leurs bords. Ses fleurs sont grandes , terminales , disposées en corymbe ; leur couronne florale est d'un beau bleu : les écailles du calice sont obtuses , ciliées ;. les intérieures sont membraneuses et purpurines h leur sommet. Cette plante croît sur les collines arides de l'Autriche, de l'Italie et de la Sicile : on la trouve aussi spontanée dans nos départemens méridionaux , au Puy-de-Crouel , près de Clermont , et dans les lieux arides aux environs de Strasbourg. Il paroît qu'elle a été connue de Virgile , et que c'est elle dont il fait mention dans le quatrième livre de ses Géorgiques , en la désignant par ce vers :

£st etiam Jlos in pratis cui nomen amello» Aster maritime , Aster tripolium ^ Linn., FI. Dan. tab. 6j5. Cette espèce est bisannuelle ; elle croît dans les lieux maritimes et aquatiques de plusieurs contrées de l'Europe-, sur les bords des lacs,d'eau salée de l'Allemagne et de la Sibérie. Sa tige est haute de deux ou trois pieds, très -glabre; ses feuilles sont linéaires, lancéolées, glabres , un peu charnues, marquées de trois nervures et distantes les unes des autres. Sa fleur est d'un bleu pâle ou quelquefois purpurine ; son disque est jaune.

ArrsR ACRE, Aster acrisy Linn. , Garid. «Froy., tab. 11. Sa

iîge est un peu roide-, pubescente , haute d^environ un pied et demi , et terminée a son sommet par des rameaux disposés en corymbe. Les feuilles sont éparses , lancéolées , étroites; les fleurs sont petites et d'un violet pourpre à leur circonférence ; les pédoncules sont garnis de très - petites feuilles ou écailles qui les recouvrent en partie. Cette espèce croît dans la Hongrie , en Espagne et dans nos départemens méridionaux.

Aster éaicoÏDE, Aster ericoides^ Linn. , Dill. Hort. Elth. tab. 36 , fig. 40. C'est une plante originaire de l'Amérique septentrionale, dont la tige est très-rameuse et s'élève à trois ou quatre pieds de hauteur ; ses feuilles sont extrêmement petites, linéaires, longues de deux à trois lignes et ordinairement réfléchies ; les fl'eurs sont petites , de couleur blanche, et naissent en forme de grappes le long des rameaux.

Aster DE la Nouvelle-Angleterre , Aster novœ Angliœ ^ Linn. , Herm. par. tab. 98. C'est une très-belle espèce indigène de l'Amérique septentrionale. Ses tiges sont presque simples, rougeâtres, hispides, et parviennent à la hauteur ^e cinq à six pieds : ses feuilles^ sont lancéolées , pubest:entes ,-8emi-amplexicaules et munies de deux oreillettes à leur base : les fleurs sont grandes, d'un beau violet bleuâtre à leur ra^on , et ramassées en bouquet au sommet de la tige ou des rameaux.

Aster crandiflore. Aster grandiflorus y Linn., Mill. ïc. tab. 282, Dill. Elth. tab. 36, fig. 41. Cette plante, à laquelle les jardiniers anglois donnent les noms d'aster de Virginie , d'aster de Catesby , parce qu'elle a été rapportée de la Virginie par ce naturaliste . est remarquable par la beauté et la grandeur de ses fleurs : sa tige est garnie de feuilles oblongues , un peu étroites , presque obtuses , amplexicaules et chargées de poHs roides ; elle est haute de trois pieds, hispide, et se divise en plusieurs rameaux , terminés chacun par une grande fleur d'un bleu pourpre : les écailles extérieures du calice sont réfléchies.

Aster a tige rouge. Aster ruhicaulisj Lam. Dict. n.^25. Cet aster est originaire de l'Amérique septentrionale. Sa tige est lisse, d'un rouge riolet, ou d'un pourpre noirâtre;

« parmi les planfes de cette famille^ son éclat, et la grandit deur de cette fleur, fixèrent l'attention des amateurs ; et « dans un comité qu'ils tinrent au couvent des Chartreux , « où ils se rassembloient souvent, ils convinrent de lui <c donner le nom de reine-marguerite, en considération de « sa beauté et de sa ressemblance avec nos marguerites.

« Vers Tannée i734î on obtint la variété à fleur violette: « mais toutes ces fleurs étoient simples ; elles n'avoient qu'une « rangée de demi-fleurdas à leur circonférence, et le disque « ou le centre de la fleur étoit composé de fleurons de cou- « leur jaune. Cependant, quelque temps après cette époque y ^ on trouva , dans les semis , quelques individus dont les « fleurs avoient un plus grand nombre de rayons ; leur « nombre augmenta chaque année , et en 1760 on avoit i< déjà obtenu des fleurs doubles , des variétés à fleur rouge , ^ k fleur violette, et enfin à fleur blanche. La culture de « cette plante s'étant étendue dans un grand nombre de « jardins, le soin que Ton prit de choisir les graines sur les <c plus beaux individus, et plus encore le mélange qu'on fit <s dans les parterres des variétés de couleurs, donnèrent « bientôt naissance aux fleurs panachées, en même temps « qu'aux teintes intermédiaires entre le rouge, le blanc « et le violet, telles que la couleur de rose, le lilas, les « bleues, purpurine . etc.

<» En 1772 parut, |*ou^ la première fois, dans le Jardin « du Roi, à Trianon , une nouvelle variété de reine-margue- « rite, dont tous les fleurons, terminés par une languette, « étoient rangés les uns sur les autres et bombés dans le-mi-^ « lieu, comme les pétales des anémones; ce qui fit donner ^ à cette nouvelle variété le nom de reine -marguerite ané-** « mone. Bientôt elle donna des fleurs de toutes les cou- « leurs , et même des panaches de difi(érentes nuances.

« Quelques années après, la marguerite naine d'été fut <ic trouvée dans les jardins du maréchal duc deBiron, à « P.aris. Cette jolie variété est plus précoce que les autres, « d'environ trois semaines : elle est également variée par « la couleur de ses fleurs j mais aussi elle s'élève moins « haut et meurt plus tôt.

« Enfin, la reine. - marguerite à tuyaux est la dernière

« que nous ayons faite. C'est encore à M. Moissy , jardi* « bier du maréchal de Biron,#que nous devons cette sin-<* « gulière variété : elle est remarquable en ce que, au lieu « de languettes qui terminent les fleurons dans les autres « fleurs de cette espèce, ce sont les fleurons eux-mêmes « qui s'allongent et forment des tables posées circulairement « les unes sur les autres , et qui diminuent de longueur à me-* « sure qu'ils approchent du centre de la fleur. Cette dispo« « sition lui donne une forme hémisphérique qui , jointe à la « diversité de ses couleurs , en fait une fleur très*agréable*

« Nous espérons, ajoute Thouin, qu'on voudra bien « nous pardonner ce long historique en faveur d'une plante « née au Jardin du Roi et qui a fait une si grande for-» « tune dans le monde. ^

La reine - marguerite à petites fleurs a ses demi -fleurons très-courts et débordés parle calice. Elle est assez jolie; mais elle fait moins d'eflet comme ornement que les autres variétés dont nous venons de parler.

Cette plante aime un terrain meuble , substantiel et lé« ger, et elle préfère les expositions découvertes à celles qui sont ombragées. On la multiplie par ses graines, que Ton sème au printemps sur couche , ou simplement dans une terré mêlée de terreau. On repique le ^pjant quand il est assez fort, et vers la fin de Juin on le .met en place. Quand la reine - marguerite est reprise, Uec<i 'exige que de légers arroseAens. ( D. P. ) •

ASTERELLE (Bot.)^ Asterella^ genre de plantes de la famille des hépatiques de ma méthode.

Caract. Fleurs mâles : ombelle arrondie, portée sur un pédoncule charnu, privé de périchèse ; plusieurs fleurettes sessiles , de six à dix divisions, renfermant un amas de filets élastiques où sont attachés les grains de la poussière fécondante.

Fleurs femelles , membraneuses, capuliformes , sessiles , adhérentes à l'épiderme , contenant plusieurs semences rondes, aplaties et échancrées.

Ce genre est un démembrement du genre Marchantid de Linnœus. Il contient deux espèces :

' 1.*^ ASTERELLA TENELLA , Dîll. , fab. 76, fig. 4»

2.** ASTEAELLA HEMI5PHERICA, Dîll. , tûb. 76 , fig. 2. ( P. B. )

ASTER lAS. ( Ornith. ) L'oiseau désigne sous ce nom par Aldrovande, est Tautour , falco palumbarius y L. C'est aussi lui que désigne Marc-Paul dans son Voyage de'Tartarie, où il rapporte que sur les bords de l'Océan, à une certaine distance du pays des Mécris, grands chasseurs , on vend des astoris . et faucons d'une espèce extraordinaire , qui se transportent à la cour du Kan. Astore est le nom de l'autour en Italie, patrie du voyageur. ( Ch. D. )

ASTÉRIE. (Miner.) D'après la description que Ton trouve de cette pierre dans les ouvrages des'^anciens et daus ceux des minéralogistes du moyen âge , il paroît que l'astérie étoit une pierre susceptible de poli, qui faisoit voir, lorsqu'on la présentoit au soleil , l'image d'une étoile : ses rayons changeoient de place suivant les diverses inclinaisons que l'on donnoit à la pierre.

On connoît une variété du corrindon qui offre ce phéno^ mène avec toutes les circonstances décrites par les anciens. Il y aussi une variété de silex calcédoine , qui réfléchit PiiTiage du soleil: on la nomme ordinairement girasol, et quelques minéralogistes l'ont aussi nommée astérie.

Mais^ premièrement, cette calcédoine ou opale diffère de la véritable astérie, parce qu'elle ne réfléchit que l'image rougeàtre du soleil et non une étoile à six rayons très -distincts, comme la variété du corrindon mentionnée plus haut : en second lieu , et comme le fait très-bien remarquer Boetius de Boot, l'une des astéries connues étant beaucoup plus dure, plus éclatante que l'autre, elle doit en être distinguée ; et il est aisé de voir que celle-ci est un corrindon.

Saussure et Lapotterie pensent également que l'astérie est une variété du corrindon, qui ne présente ce phénomène que lorsq^ril est taillé en. cabochon. .Galitzin donne à cette variété le nom de girasol. Voyez Corrindon et Giraso*L.

ASTERIE (Zooph.), Asterias , Linn. , Etoile de mer , Encyd. pi. 96 — i3o, genre dezoophytes, de la section des Échino- DEHNEs (voyez ce mot), dont les espèces, très-multipliées dans toutes les mers connues , sont remarquables par leur

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folrme eti étoile. Leur corps est revêtu d'une substance cd->> riace , hérissée de tubercules ou d'épines , ou recouverte d'écaillés. lia, dans quelques espèces , la figure d'un pentagone aplati ; dans d'autres les angles du disque s'étendent en lobes , ou s'allongent en rayons , le plus souvent au nom** bre de cinq, d'autres fois plus nombreux, simples où divisés en ramifications.

La bouche, armée de cinq dents de matière calcaire, es^ placée au centre et en dessous de l'animal : on n'y remarque aucun tentacule ; elle aboutit à un sac membraneux peu éteu''' du, qui sert d'estomac , et d'où reviennent les excrémens pour en ressortir par la même ouverture. O. Fabricîus et Bosc pensent à la vérité que les excrémens se filtrent à tra^ vers un tubercule osseux qui se remarque sur le dos de^s astéries , un peu sur le côté : (fctte opinion ne pourroit être fondée qu'autant que ce tubercule existeroit dans toutes les espèces ; il nous a paru manquer généralement dans les ophiures. D'ailleurs on ne connoîtroit, k ce que nous pen** sons , aucun autre animal dans lequel les excrémens se-* roient obligés de passer à travers un filtre pour sortir du sac ou canal alimentaire. Peut-on donner au tubercule en question un usage si opposé à la règle générale P Des tentacules courts, cylindriques, rétrac tiles , très -nombreux, rangés par paires en dessous ou sur les côtés des divisions de l'animal , se développent à l'instant où il veut se cram-^ ponner ou marcher. On voit à sa partie supérieure, mais seulement lorsqu'il est dans l'eau , une infinité de petits tubes' coniques , d'où Réaumur a fait jaillir de l'eau en comprimant une astérie. Ils servent, d'après Cuvier, à pomper ce liquide, qui passe ensuite, suivant le même auteur, dans des tubes extrêmement branchus , au nombre de deux à chaque rayon , qui le portent à la bouche. C'est une sorte d'organe respiratoire qui constitue , avec l'estomac et l'ovaire, divisé en autant de paires de branches qu'il y a de bras, tous les organes apparens des astéries. Des tiges osseuses , articulées , forment le squelette de chaque branche } un réseau de même nature renforce le reste de l'enreloppe» *

Les astéries sont très-voraces ; elles marchent avec peiutf

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iet fort lentement. Lorsqifelles nagent, on les voit présenter leur corps obliquement à Faction de l'eau et agiter légèrement leurs rayons. Pour descendre , elle^ «suspendent tout anouvement et se laissent tomber perpendiculairement au fond. Lorsqu'elles ont atteint quelque coquille, elles en sucent l'animal par l'ouverture. Bosc, qui a trouvé une crevette sous l'une d'elles, pense que les crustacés leur servent aussi d'aliment.

Les astéries ont une grande force de reproduction : elles tint réparé en peu de jours, dans la belle saison, les membres qu'elles perdent; il leur faut beaucoup plus de temps «n hiver. Nous les diviserons en deux sous-genres, qui ré;pondent aux genres de Lamarck.

Premier sous -genre. Les Astéries proprement dites ^

Asterias, Lam.

Elles ont des tubercules et des épines nombreuses , implantées par séries, ou disposées irrégulièrement, en dessus €t sur les bords des rayons , ne tenant que foiblement à la peau : les plus grandes tombent facilement, au moindre «ffort que fait l'animal-; elles sont remplacées, dans peu de temps, par les petites, dont l'accroissement est alors très-prompt. En dessous est un sillon profond , garni d'une peau' mince et unie , qui s'étend depuis la bouche jusqu'aux angles, aux lobes, ou à l'extrémité de chaque branche. Les tentacules y sont rangés par paires en trèsgrande quantité ; Réaumur en a compté jusqu'à quinze cents : il a vu l'astérie les sortir, et se cramponner, pour marcher V au moyen des plus voisins de l'endroit où elle vouloit aller. Les espèces qui ont des rayons bien divisés, les fléchissent un peu pour s'aider à changer de place. Les astéries de cette division se fixent, en général, contre les rochers, où elles vivent de préférence.

On peut les grouper, d'après leurs formes, en

*' Espèces simplement anguleuses,

!•** L'Astérie- OREILLER, Asterias puvillusy MilL, Zool. Dan. 3, tab. 19, f. i , 2; Encyclop. pi. 97, f. 5 et 98, f. 3, Unie, le bord entier et sans épines.

Vit dans la mer du Nord.

2.* L'Astérie granulaire, Asterîas granularîs j Mill. , tab. 93 y f . 1 , 4 ; Linck. , tab. i3 , f. 2s ; Encycl. pi. 96 , f . 1 et 2, Fèlitagoiie, sans épines; granulée en mosaïque des deux côtés; le bord articulé.

De rtle Sainte-Croix.

3.** La patte d^oie, Asterias memhranacea ^ Cuvicr, Tab., ëlém. esp. 3. Aplatie , mince , de forme pentagone. Le dessus couvert de tubercules hérissés de petites soies. Cinq sillons en dessous , du centre aux angles.

4<^ L'AsTiÉRiE ARANTiAQUE , AsttricLs avahtiaca j Linn. ; Linck. de Stell. t. 4, f. 14 ; Mill. ZooL Dan. 3 , tab. 83 , f. 1 , 2. Comprimée, de forme pentagone, les bords épineux, articulés.

De la mer Méditerranée.

Espèces à rayons coniques^ le plus souvent au nomhre de

cinq,

5.* L'Étoile de mer commune, Asterîas rubens^ Linn.; Encycl. pi. 112, f. 3 et 4 ; Cuv. Tab. élém. esp. 1 ; Fabric. Faun. Groenl. n.** 362. Cinq branches coniques,, dont la surface est hérissée de très-petits tubercules et garnie de petits lobes calcaires mobiles , d'où sortent les bouche^ charnues qui aspirent l'eau. On remarqué sur le dos , près de l'angle de deux rayons , une v.errue blanchâtre , testacée, sillonnée , qui semble trouée, suivant O. Fabricius : cet auteur soupçonne qu'elle sert d'anus. Cette espèce est d'un beau rouge ; elle marche avec les nombreux tentacules qui sont placés en dessous dans les sillons', et par le moyen des cinq rayons, qu'elle fléchit un peu. Elle vit dans les mers d'Europe , et se trouve en si grande quantité dans quelques endroits des côtes de la France, qu^on la répand sur les terres au lieu de fumier.

6.** L'Astérie aigretée , le Soleil, Cuv. Tab. élém., Aster, papposa ^ Linn. , O. Fabric. Faun. Groenl. n° 364» Le dessus hérissé de tubercules soyeux ; des houppes soyeuses terminent les épines qui bordent les rayons , dont le nombre varie de douze à treize.

Vit dans toutes les mers d'Europe et d'Asie.

. y.* L*AsTi£ RIE GLACIALE, Astcrias gldcialis , Enoycl. pi. li 7 çt 118; Linck. tab. 38, 39. Cinq rayons' anguleux., des séries de verrues couronnées d'une épine dans leur milieu.

Cette espèce vit dans la mer du Nord.

8.** V AsTÉ RIE ÉQVESTViE ^Asterias equeslris^ Linn. ; Enoycl. pi. 1 10, f. 1 , 5 ; Linck. de Stell. marin, tab. 6, f. i3. Cinq rayons ; le disque réticulé , percé iç trous ; dçs rangées d'épipes aux bords et en dessoys,

Pe la Méditerranée.

Deuxième sous-gemre. Les Ophiures , Ophiura , Lam.

Les ophiures n'ont point de gouttière sous les rayons , qui sont d'ailleurs asse^ souvent écailleux et sans épines^ arrondis , grêles , cirrheux, simples ou ramifiés. Des tenta^ cules extrêmement courts sortent de leurs bras , à la jonction des écailles inférieures av^c les supérieures. Les ophiures sont aussi très -sujettes à perdre leurs rayons ; mais ils repoussent avec promptitude. Il paroît qu'elles peuvent les replier sous elles pour envelopper leur proie. Ils servent aussi plus 9 la marche que ceux des astéries. L'ophiure y. q^and elle veut marcher , recourbe en crochets l'extrémité de ceux qui sont le plus en avant , ^e cramponne au sable et attire ainsi le reste^e son corps , aidée par les bras, postérieurs, qu'elle replie sous elle et dont elle se sert comme de leviers,

On trouve les ophiures principalement sur les cô^tes sa-v blonneuses,. où elles s'enfoncent dans le sable dés que la mer devient un peu agitée.

1.^ L'Ophiure lézard, Ophiura lacer ta , Lam. ; AsUrias. ophdura yhinn. ; Encyclop. pi. 122 , f. 4 et i23 , f. 1 ; O. Fabn Faun. Groenl. n.^ 366. Cinq rayons arrondis , le disque et les ^yons écailleux , les écailles des angles deatelées.

Vit dans toutes les mers. Fabricius, qui l'a observée dans; celle du Groenland , dit qu'elle se tient entre les rochers et les racines de fucus.

2.** OpâiURE CORDIFÈRE, Asterios oordifera^ Bosc-, Hist< nat. des vers, tom. 11 , pi. i6, f. 3. Les rayons presque cylindriques , Iç disque écailleux , les -écailles des anglea çordif ormes.

Très-commune sur les côtes de la Caroline.

3.° Ophiure TÊTE de Méduse, Aslerias caputMedusœ ^ Lînn. ; Cuv. Tab. élém. 2.; Encyclop. pi. 128 et 129. Les xayons, au nombre de cinq ou de dix à leur origine, se subdivisent ensuite à Tinfini , toujours en se bifurquant. Les dernières ramifications sont extrêmement fines.

Cette espèce vit dans toutes les mers. (Duv. )

ASTERISQUE {Bot.) , Asteriscus , genre de plantes radiées établi par Tournefort , qui le caractérisoit par un calice

dont les écailles débordoient les demi- fleurons. Linnœus

les a réunies à son genre Buphthalmum, Voyez Buishthal-

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