‹ Dictionnaire des sciences naturelles, dans lequel on traite méthodiquement des différens êtres de la nature, considérés soit en eux-mêmes, d'après l'état actuel de nos connoissances, soit relativement à l'utilité qu'en peuvent retirer la médecine, l'agriculture, le commerce et les artes. Suivi d'une biographie des plus célèbres naturalistes (volume 4)Chapitre 4 sur 100 · CHAPITRE PREMIER · texte numérisé non relu

CHAPITRE PREMIER

Caractères y dwision et gisement des argiles.

L'argile n'est point, comme la chaux carbonaiée, comme le spinelie, etc., une pierre d'une nature particulière et qu'on puisse déterminer par des caractères essentiels etconstans ; c'est un mélange naturel de différentes terres dalia des proportions variables : les mélanges terreux qu'elle forme ont quelques caractères communs ^ pris plutôt dans leurs propriétés extérieures ^ dans celles qui leur assigneilt dans les arts des usages particuliers , que dans leur nature même. L'argile, comme l'observe Hajiy^ ne peut être une espèce minéralogique : elle n'a réellement aucune partie essentielle, quoique toujours composée à peu près des mêmes substances , et l'alumine qu'elle renferme constamment y est quelquefois en si petite proportion que, dans une méthode fondée sur l'analyse chimique, la plupart deà pierres nommées argiles ne pourroi^nt être placées parmi les pierres alumineuses«

On est donc réduit , pour écrire l'histoire de cette impor*. tante substance » à prendre ce nom dans Tacception qu'on lui donne vulgairement et surtout dans les arts nombreux qui l'emploient : il faut rassembler sous cette dénomination , et les variétés que les artisans y ont placées , et les mélanges terreux qui 9 par des propriétés analogues , peuvent y être rangés. 11 faut tâcher enfin de trouver à ces variétés nombreuses et si différentes , d'abord quelques caractères communs qui les réunissent, et ensuite quelques caractères distinctifs tirés de leurs propriétés les plus importantes, au moyen desquels on puisse les diviser et généraliser un peu leur histoire.

La considération et l'étude détaillée des variétés des argiles est en effet plus utile pour les arts que pour les progrès de la science minéralugique ; car ces variétés , ne pouvant être déterminées avec précision , ne pourront jamais faire nombre dans le tableau des corps qui constituent cette science : en second lieu, les différences qui les distinguent, importantes pour les arts , n'influent presque point sur le rôle qu'elles jouent dans la nature.

A la difficulté de déterminer avec quelque précision et l'argile et ses variétés, se joint l'embarras qui résulte du nombre prodigieux de ces variétés et de leurs sous-variétés. On peut dire qu'il n'existe pas deux couches d'argile qui se ressemblent parfaitement : quelquefois même les diverses parties d'une couche présentent des différences qui influent beaucoup sur l'emploi qu'on peut en faire.

11 est presque impossible de décrire les diverses argiles de manière à les faire reconnoître : leurs caractères sont vagues , ou ne se manifestent que par des moyens qu'on ne peut pas toujours facilement employer.

On ne peut donc faire connoltre par des descriptions gé« nérales les argiles et leurs variétés, comme on l'a fait pour les autres pierres. 11 est même souvent impossible de désigner çe$ variétés par des noms généraux ; on est forcé de leur donner les noms des lieux où on les trouve : ce sont plutôt des exemples que l'on choisit dans quelques localités , que des variétés réelles.

Ces difficultés expliquent pourquoi les minéralogistes mo-

AUG s

Aernes n^ont pu étsiblit dans Thistoire naturelle des afgilest cette méthode et cette précision qui rendent leurs travaux si supérieurs à ceux des minéralogistes du dernier siècle* Cependant le travail de Macquei^ sur les argiles, les variétés décrites par Wallerius , et même les Caractères donnés par Linnasus , pourront nous être utiles , et nous le prouverons par Pusage que nous en ferons.

Les argiles touchent, par la nature et la proportion des Ratières qui les constituent par leur mélange, k d*autres mélanges terreux, qu'on ne peut cependant considérer* comme des argiles , car ils n'en ont pas toutes les propriétés; ils manquent surtout de celles que les artisans recherchent dans les argiles proprement dîtes. Quoiqu'il ne suit pas toujours facile d'assigner à ces deux sortes de mélanges terreux des caractères qui les distinguent , il faut cepen-* dant chercher à «e faire. Il est essentiel de ne point augmenter davantage la série des argiles : car ce seroit ajouter à l'embarras de leur détermination en plaçant parmi elles des terres mélangées que l'usage en a constamment séparées, et qui en diSerent en effet par des propriétés assez nombreuses.

Page 1